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Retour vers le passé

Un déclencheur : la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme

Dans les années précédant l’adoption de la Loi sur les langues officielles en 1969, le Canada peine à concilier ses « deux solitudes », un terme popularisé par l’auteur Hugh MacLennan dans un roman du même nom. Publié en 1945, son roman décrit les relations tendues entre francophones et anglophones au Québec à l’époque.

La Commission en bref

  • Elle se compose de 10 commissaires, qui sont tous bilingues.
  • Pendant six ans, les commissaires voyagent d’un bout à l’autre du pays pour recueillir les commentaires des premiers ministres des provinces, des chercheurs et des citoyens.
  • Plus de 400 mémoires leur sont présentés.
  • Le rapport final de la Commission compte six volumes, qui portent sur les langues officielles, l’éducation, le monde du travail, l'apport culturel des autres groupes ethniques, la capitale fédérale et les associations bénévoles.

De nombreux francophones, qui constituent la majorité de la population au Québec mais une minorité ailleurs au Canada, ont le sentiment que leur langue est sur le déclin. Il faut dire que dans les années 1960, l’anglais prédomine largement au pays. En 1965, à peine 9 % des postes dans la fonction publique sont désignés bilingues, les services sont offerts en anglais seulement, et les francophones comptent pour seulement 21 % des effectifs des institutions fédérales, alors qu’ils représentent environ 28 % de la population canadienne.

Lester B. PearsonPréoccupé par cette situation, le premier ministre de l’époque, Lester B. PearsonSite du gouvernement du Canada, crée en 1963 la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Il la charge de lui soumettre des recommandations sur « les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d’après le principe de l’égalité entre les deux peuples qui l’ont fondée, compte tenu de l’apport des autres groupes ethniques à l’enrichissement culturel du Canada ».

Les commissaires, présidés par A. Davidson Dunton et André Laurendeau, sillonnent le pays à la recherche de solutions pour préserver la dualité linguistique unique au Canada et permettre aux deux solitudes de se protéger et de s’ouvrir l’une à l’autre.

Dans le rapport préliminaire qu’elle publie en 1965, la Commission constate l’inégalité du français et de l’anglais et sonne l’alarme : « Nous croyons qu’il y a crise : c’est l’heure des décisions et des vrais changements; il en résultera soit la rupture, soit un nouvel agencement des conditions d’existence. »

Pour remédier à la situation, la Commission recommande que l’anglais et le français soient déclarés langues officielles du Parlement du Canada, de l’administration fédérale et des tribunaux fédéraux. En quelque sorte, elle propose l’établissement d’un nouveau partenariat entre les francophones et les anglophones. 

L’un des legs les plus importants de la Commission est sans doute la Loi sur les langues officielles, qui sera adoptée en 1969. Elle a aussi contribué à construire une nouvelle façon de voir le Canada, un pays qui souscrit aux valeurs d’équité et de respect, résolument engagé à accorder à tous les mêmes droits et des chances égales. 



 

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