ARCHIVÉE - Chapitre 3 – Régionalisation

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Notez bien

Voici ce qui fait la force de la communauté francophone de Sudbury : les immigrants n’ont pas à se plonger dans l’environnement majoritairement anglophone dès leur arrivée, comme c’est parfois le cas ailleurs. Ils peuvent parler français dans leur vie professionnelle et sociale, tout en découvrant l’anglais et en se familiarisant progressivement avec cette langue.

Lorsque les nouveaux arrivants cherchent à s’établir, leur premier choix ne se porte pas sur les communautés rurales, mais celles-ci peuvent constituer un autre choix intéressant si les conditions offertes sont satisfaisantes. Un immigrant ayant passé quelques années dans le nord de l’Ontario a déclaré ceci : « Je préfère vivre dans une petite communauté où je ne passe pas inaperçu qu’être sans emploi dans une grande ville. » Même si elles n’offrent pas toute la gamme de services qu’on trouve dans les grandes villes, les collectivités rurales peuvent par contre accorder aux immigrants une attention plus personnalisée. Un rapport commandé par CIC (Harry Cummings & Associates, 2001, p. 21) se fait l’écho du sentiment des immigrants; il indique que, dans les régions rurales du Manitoba, « malgré le manque de ressources, de nombreuses communautés (...) souhaiteraient aider les immigrants sur le plan de la langue, de l’emploi et des services sociaux. (...) Notre étude révèle que les communautés souhaitent vivement offrir les services de soutien et l’aide qui permettront d’attirer des immigrants et de les garder dans les régions rurales. » [traduction]

Le rapport cite Montgomery (1991, p. 108) en poursuivant ainsi : « Si les petites municipalités peuvent offrir des emplois intéressants aux immigrants et loger les membres de leur famille élargie, il se peut qu’en bonne partie la migration secondaire vers les centres urbains cesse. » [traduction] Les immigrants sont très mobiles aux premiers temps de leur établissement au Canada. S’ils ne trouvent pas d’emploi satisfaisant durant cette période, que ce soit dans une petite ou dans une grande ville, ils n’hésitent pas à déménager. Cependant, avec le temps qui passe, les immigrants cessent de se déplacer constamment et deviennent même plus sédentaires que la moyenne des Canadiens.

Notez bien

Pour garantir que les immigrants resteront au sein des collectivités rurales, il faut veiller à ce que leur installation initiale se déroule le mieux possible.

Les communautés minoritaires de langue officielle en région rurale qui souhaitent attirer des immigrants devraient profiter du fait que CIC s’intéresse de nouveau à une dispersion géographique accrue des immigrants. Il est fort probable que le gouvernement fédéral annonce des mesures précises visant à multiplier le nombre d’immigrants s’installant en région rurale; le Manitoba accorde déjà, dans le cadre du Programme des candidats d’une province, des points aux immigrants qui s’engagent à s’établir en région rurale. En effet, ces derniers peuvent obtenir des points au chapitre du « développement régional » s’ils démontrent qu’une ou des caractéristiques les lient à une collectivité rurale. Il peut s’agir de la religion, comme dans le cas de la communauté mennonite, mais les collectivités rurales francophones peuvent aussi utiliser le français comme argument de recrutement des immigrants francophones, à condition, bien sûr, de pouvoir leur offrir certaines perspectives d’emploi.

Immigrants francophones à l’extérieur des grandes villes : Les professionnels africains à Sudbury

Il est très tentant de déménager dans une ville où on peut trouver un travail et s’acheter une maison. Peut-on toutefois se passer de la grande ville et de ses réseaux d’organismes et associations ethniques s’adressant aux immigrants? M. Kabatakaka se met à rire. Selon lui, pour la plupart des immigrants, l’important c’est de participer à la vie de la communauté locale, et Sudbury compte un certain nombre d’organisations regroupant des francophones, dont certaines visent précisément les Africains francophones, par exemple l’ACPAS (Association culturelle et professionnelle des Africains de Sudbury). De plus, voici ce qui fait la force de la communauté francophone de Sudbury : les immigrants n’ont pas à se plonger dans l’environnement majoritairement anglophone dès leur arrivée, comme c’est parfois le cas ailleurs. Ils peuvent parler français dans leur vie professionnelle et sociale, tout en découvrant l’anglais et en se familiarisant progressivement avec cette langue.

Les immigrants francophones sont-ils préoccupés par le fait que Sudbury ne soit proche d’aucune région métropolitaine? Pas selon M. Kabatakaka. Il affirme que Sudbury a bien des choses à offrir, et le fait qu’on n’y trouve pas un grand nombre des distractions offertes dans les grandes villes est selon lui un avantage. Par exemple, le Collège Boréal a établi des partenariats avec des établissements d’enseignement en Tunisie et en France. Lorsqu’il faut convaincre des étudiants potentiels et leurs parents de porter leur choix sur le Collège Boréal, M. Kabatakaka leur explique que Sudbury offre aux jeunes la possibilité d’étudier en français, loin des distractions de la grande ville, tout en apprenant l’anglais. D’après lui, cette combinaison a attiré un nombre croissant d’étudiants étrangers à Sudbury dans les domaines des sciences de la santé et de la technologie de l’information.

« Toutefois, le fait est que de nombreux immigrants francophones finissent par quitter Sudbury », ajoute-t-il. De nombreux professeurs d’université et autres professionnels sont mariés à des personnes tout aussi qualifiées qu’eux, et ces personnes-là sont souvent incapables de trouver un emploi, ce qui pousse alors le couple à chercher du travail ailleurs. Des organisations comme Contact interculturel francophone et l’ACPAS ont néanmoins créé un réseau qui permet de faire connaître aux immigrants les débouchés qui se présentent à Sudbury, de manière à ce que la communauté des nouveaux arrivants francophones continue de prendre de l’expansion.