ARCHIVÉE - Chapitre 2 – L’étape de la sélection : De grandes attentes

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L’immigration au Canada est, en soi, une entreprise complexe. L’immigration dans une communauté minoritaire vient compliquer davantage le processus. Une intégration réussie se prépare en fait à l’étape de la sélection : il faut informer l’immigrant de ce qui l’attend. Il faut lui parler entre autres de ce que la communauté minoritaire a à lui offrir en matière d’éducation, de services et d’activités communautaires. La communauté doit toutefois également informer l’immigrant des défis qui l’attendent, comme la nécessité de connaître la langue de la majorité et la difficulté à trouver un emploi adéquat. Souvent, les membres de communautés minoritaires ne se rendent pas compte à quel point le fait d’être bilingue les aide sur les plans social et économique. Si, d’un côté, les francophones minoritaires associent l’anglais au risque d’assimilation, de l’autre, ils tiennent leur connaissance de l’anglais pour acquis. Il faut qu’ils soient davantage conscients des problèmes auxquels un immigrant fait face lorsqu’il n’arrive pas à communiquer dans cette langue.

Notez bien

Bilinguisme fonctionnel, emploi et intégration communautaire : les éléments essentiels d’un établissement réussi au sein d’une communauté minoritaire de langue officielle.

On a tort de penser que le risque d’assimilation d’un immigrant par la communauté linguistique majoritaire est moins grand si ce dernier ne parle pas la langue de la majorité. Si on se fonde sur les entrevues réalisées dans le cadre de l’étude, ce serait plutôt l’inverse. Un immigrant francophone qui s’établit dans une communauté francophone minoritaire et qui connaît très peu ou pas du tout l’anglais se fera dire avec tant d’insistance qu’il faut apprendre cette langue qu’il est plus susceptible d’envoyer ses enfants à l’école de langue anglaise, simplement parce qu’il craint, à tort, que l’école de langue française ne leur permettra pas d’acquérir une connaissance adéquate de l’anglais. Par contre, un immigrant francophone qui parle l’anglais aura de meilleures chances de s’établir avec succès et sera mieux en mesure de reconnaître qu’il est important que ses enfants continuent de parler le français.

Si on explique la situation telle qu’elle est à l’immigrant, celui-ci ne se créera pas d’attentes irréalistes. Il faut à tout prix établir un contact entre les immigrants potentiels et les membres de la communauté minoritaire le plus tôt possible pour qu’ils puissent échanger de l’information de part et d’autre. La communauté est ainsi en mesure d’aider les immigrants et leur famille bien avant qu’ils arrivent au Canada.

Renseignements à jour sur les communautés (Recommandation 2)

recommandation

En 1999, la commissaire recommandait à Citoyenneté et Immigration Canada de veiller à ce que les agents d'immigration détiennent des renseignements sur les communautés minoritaires de langue officielle qui soient à jour. Elle réitère cette recommandation et propose la création d'un site Web qui servira à fournir des renseignements sur les communautés minoritaires de langue officielle et pourrait être utilisé comme outil de communication entre les représentants de ces communautés, les agents d'immigration et les immigrants potentiels.

 

Éducacentre : Compétences linguistiques et capacité d’établissement pour les nouveaux arrivants francophones sur la côte ouest du Canada

De nombreux immigrants francophones de la Colombie-Britannique ont recours à Éducacentre, le principal établissement d’éducation et de formation en français pour les adultes de la province. Créé en 1992, Éducacentre compte maintenant un campus dans quatre villes de la province : Vancouver, Victoria, Abbotsford et Prince George. Tous les clients d’Éducacentre font l’objet d’une évaluation individuelle qui vise à déterminer leurs besoins. Par la suite, on leur propose un choix de cours appropriés (offerts soit par Éducacentre soit par un autre établissement). Éducacentre répond aux besoins des divers immigrants francophones qui s’établissent en Colombie-Britannique, principalement originaires du Québec, d’Europe ou d’Afrique.

« Éducacentre devient un carrefour culturel et nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous constatons que la langue française est parfaitement maîtrisée par des personnes originaires de pays où le français n’est pas une langue officielle. » (Chevalier, 2000)

    Éducacentre offre des activités dans trois grands secteurs :

  • Aide à la recherche d’emploi

  • Cours d’anglais langue seconde

  • Introduction à l’informatique et formation dans des domaines professionnels donnés

Le programme Prendre sa carrière en main (PCM), qui existe depuis 1996, est assurément le plus important programme offert par l’organisme sur le plan de la participation. Ce programme, qui est financé en totalité par Développement des ressources humaines Canada (DRHC), offre une formation de base en informatique, permet aux participants d’accéder au centre de ressources de la bibliothèque municipale de Vancouver, les aide à rédiger et actualiser leur curriculum vitæ, et prévoit l’enregistrement vidéo d’entrevues simulées. Toutes ces composantes comportent un cours d’anglais intensif. Plus du tiers des clients d’Éducacentre qui cherchent un emploi en trouvent un après leur formation.

Les cours d’anglais sont un volet important des activités d’Éducacentre. Plus de la moitié des clients s’expriment difficilement en anglais. Ce sont surtout des professionnels, par exemple des ingénieurs/ingénieures ou des infirmières/infirmiers qui suivent ces cours, car ils doivent passer un test d’anglais pour être reconnus par leur association professionnelle.

Le programme de tourisme Superhost Fundamentals, établi en collaboration avec le ministère du Tourisme de la Colombie-Britannique, offre une formation dans cette industrie, qui est la deuxième en importance dans la province. Tous les cours sont en français, mais préparent les participants et participantes en vue des tests d’accréditation (en anglais) exigés dans l’industrie du tourisme.

Éducacentre travaille aussi avec d’autres organismes francophones. Par exemple, il offre, en collaboration avec la Société de développement économique de la Colombie-Britannique, un cours destiné aux jeunes entrepreneurs (Initiation à l’entrepreneuriat). Les participants et participantes y apprennent à dresser un plan d’affaires et ils rencontrent un conseiller de la Société pour mettre la théorie en pratique.

Malgré cela, de nombreux clients d’Éducacentre qui réussissent leur cours occuperont un emploi qui n’est pas du même niveau que celui qu’ils occupaient dans leur pays d’origine. Une des conseillères de l’Éducacentre parle de la frustration qu’elle ressent lorsqu’elle doit dire à ses clients que leurs attentes professionnelles sont trop élevées. Ce qui est encore plus frustrant, c’est lorsque des clients enthousiastes qui utilisent nombre des ressources et services de consultation d’Éducacentre, cessent de fréquenter l’organisme du jour au lendemain. Un tel comportement peut démotiver le personnel qui se demande alors s’il vaut la peine de s’investir comme il le fait sur les plans personnel et émotif. C’est pourquoi le suivi est essentiel. Le personnel d’Éducacentre s’efforce de rester en contact avec les anciens étudiants pour savoir comment ils se débrouillent. Il est alors plus facile d’évaluer l’efficacité des programmes et d’apporter les correctifs nécessaires pour s’assurer que les nouveaux arrivants francophones enrichissent la vie de leur communauté sur la côte ouest.