ARCHIVÉE - 7. La voie à suivre

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Page 9 de 12

Les constatations de l’étude font ressortir un certain nombre de domaines essentiels où le Canada doit améliorer l’apprentissage en langue seconde dans les universités. L’étude a également permis de recueillir des renseignements sur ce qui fonctionne, sur les éléments nécessaires à la réussite, sur les désirs des étudiants ainsi que sur les principaux enjeux et défis.

Quelle direction allons-nous prendre? Existe-t-il des modèles possibles et des exemples que d’autres pourraient adapter? Quelles sont les prochaines étapes? Qui devrait faire quoi?

La présente section du rapport regroupe les principales orientations proposées, présente les grandes lignes d’une variété de modèles et d’approches qui se sont dégagés au cours de l’étude et résume les nombreuses suggestions formulées par différentes parties concernant les mesures à prendre et les prochaines étapes.

7.1 Les orientations générales pour l’avenir et les aspects à examiner en priorité

Cette étude suggère plusieurs orientations générales et des aspects à examiner.

La voie de l’avenir – Orientations générales et aspects essentiels à examiner

  • Augmenter le nombre d’occasions d’apprentissage intensif en langue seconde.
  • Exploiter le potentiel des établissements de langue minoritaire.
  • Améliorer les partenariats, la collaboration et l’utilisation de la technologie.
  • Augmenter le nombre d’échanges et d’occasions concrètes d’utiliser la langue seconde.
  • Adopter des politiques et des exigences plus strictes relativement aux langues secondes.
  • Intensifier les efforts se rapportant à l’information, à la promotion et au marketing.

Premièrement, le Canada doit augmenter le nombre d’occasions d’apprentissage intensif de la langue seconde.

Deuxièmement, les établissements de langue minoritaire (ainsi que les établissements bilingues) sont en mesure d’offrir des occasions du genre aux jeunes Canadiens, et il faut exploiter davantage ce potentiel.

Troisièmement, l’amélioration des partenariats et de la collaboration, notamment avec les établissements de langue minoritaire et les établissements bilingues, ainsi que de l’utilisation de la technologie, sont très prometteuses dans le sens où elles permettraient d’en faire davantage et de mieux faire.

Quatrièmement, l’une des priorités devrait consister à augmenter le nombre d’échanges et d’occasions concrètes qu’ont les étudiants d’utiliser la langue seconde.

Cinquièmement, l’adoption de politiques et d’exigences plus strictes relatives aux langues secondes devrait s’inscrire dans une stratégie générale visant à améliorer l’apprentissage en langue seconde à l’université.

Finalement, il faut intensifier les efforts visant à mieux informer les étudiants des avantages associés aux compétences en langue seconde et des occasions d’améliorer ces compétences à l’université.

7.2 Des modèles et des approches possibles

Au cours des discussions en groupe et des interviews menées auprès d’intervenants clés, les participants ont amené de nombreuses idées de modèles et d’approches possibles concernant l’apprentissage en langue seconde à l’université.

Les participants estimaient qu’il était nécessaire de trouver une variété de modèles et d’approches pour augmenter le nombre d’occasions d’apprentissage en langue seconde. Aucun modèle ni aucune approche ne peut s’appliquer dans toutes les circonstances. Chaque université compose avec des facteurs particuliers, dont les suivants :

  • la situation d’un établissement : taille, mission, ressources, emplacement;
  • le contexte de majorité ou de minorité linguistique dans lequel se trouve l’université; 
  • la proximité d’établissements et de collectivités de l’autre langue.

De plus, les objectifs, les besoins et les niveaux de compétences des étudiants jouent un rôle important dans l’équation.

Les participants ont signalé qu’il y avait déjà un grand nombre de modèles et la possibilité de les adapter ou de les personnaliser en fonction de situations ou contextes particuliers.

Ils sont tous présentés ci-dessous.

Il faut souligner que ces modèles ne sont pas nécessairement complets, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas entièrement développés.

Modèles et approches possibles

  • Le modèle de l’établissement de l’autre langue
  • Le modèle de l’établissement bilingue
  • Le modèle buffet
  • Le modèle central
  • Le modèle du partenariat
  • Le modèle ciblé
  • Le modèle sur mesure

Certains constituent plutôt des concepts ou des approches. Bien que certains décrivent une approche ou un style de gestion, d’autres décrivent une approche à la prestation de programme.

Il faut également souligner que les différents modèles présentés ne sont pas incompatibles; les établissements qui désirent augmenter le nombre d’occasions d’apprentissage en langue seconde pourraient décider d’intégrer des éléments de différentes méthodes de gestion ou de prestation du programme.

7.2.1 Le modèle de l’établissement de l’autre langue

Dans ce modèle, les étudiants fréquentent des établissements où la langue d’instruction est l’autre langue officielle, c’est-à-dire que les étudiants anglophones étudient en français dans des universités de langue française au Québec ou dans d’autres provinces, et que les étudiants québécois francophones étudient en anglais dans des établissements de langue anglaise au Québec ou dans d’autres provinces.

Le plus grand avantage de ce modèle réside dans le fait que les étudiants vivent une immersion presque complète dans le milieu universitaire, communautaire, social et culturel de l’autre langue.

L’un des enjeux importants de ce modèle se situe dans la volonté et la capacité des étudiants à fréquenter un établissement où la langue d’instruction est leur langue seconde. Comme nous l’avons déjà mentionné, peu d’étudiants semblent vivre cette expérience à l’heure actuelle. Différents facteurs semblent expliquer cette situation dont les suivants :

  • Les étudiants ne veulent pas tous suivre la totalité de leurs cours dans leur langue seconde.
  • De nombreux étudiants doutent de leur capacité à réussir leurs études postsecondaires dans leur langue seconde ou à se mesurer à des étudiants dont c’est la langue maternelle.
  • Les étudiants qui fréquentent un établissement situé à l’extérieur de leur province ou loin de leur domicile assument des dépenses supplémentaires.
  • Des étudiants peuvent désirer fréquenter un établissement en particulier ou un établissement reconnu pour son excellence dans un domaine d’étude.
  • Certains établissements limitent parfois le nombre de places ainsi que le choix de programmes et de cours.

Les établissements devraient peut-être offrir des services de soutiens ou des accommodements visant à faciliter l’intégration et la réussite de ces étudiants, et réaliser des activités de marketing et de promotion particulières destinées à attirer des étudiants.

7.2.2 Le modèle de l’établissement bilingue

Dans ce modèle, les étudiants fréquentent une université qui se dit bilingue, où le bilinguisme constitue un élément fondamental de la mission et du mandat de l’établissement.

De tels établissements offrent une gamme de programmes et de cours donnés dans les deux langues. Ce modèle n’est pas monolithique. Certains établissements peuvent offrir l’intégralité ou presque des programmes et des cours dans les deux langues. D’autres offrent seulement certains programmes ou certains cours dans la langue seconde, ou s’efforcent de le faire dans certains domaines d’étude. Des établissements décident également d’utiliser une approche d’instruction bilingue où le français et l’anglais sont employés dans les classes.

Les étudiants d’un établissement bilingue qui décident de suivre quelques cours ou la totalité de ceux-ci dans leur langue seconde ont parfois besoin de services d’aide ou d’accommodements, comme dans le modèle de l’établissement de l’autre langue.

Certains établissements bilingues peuvent également offrir un programme d’immersion structuré comprenant un environnement d’apprentissage protégé et d’autres services d’aide, comme un professeur de langue qui accompagne les étudiants en classe et des cours de langue supplémentaires.

Comme pour le cas du modèle de l’établissement de l’autre langue, l’un des enjeux peut résider dans la volonté et la capacité des étudiants à suivre des cours dans leur langue seconde. Le coût peut également s’inscrire parmi les enjeux, puisque offrir ces cours entraîne parfois des frais additionnels, en plus des frais administratifs.

7.2.3 Le modèle buffet

En vertu de ce modèle, les établissements proposent aux étudiants la possibilité de suivre différents cours dans leur langue seconde. La gamme de cours varie selon les domaines d’étude et en nombre. Parmi les facteurs pris en considération se trouvent l’intérêt des étudiants et la demande, la disponibilité des professeurs qui désirent enseigner dans la langue seconde et qui sont en mesure de le faire, ainsi que le mandat et la mission de l’établissement.

Ce modèle peut être adapté au contexte et à la capacité des établissements, et constituer un moyen de répondre aux objectifs d’apprentissage linguistique des étudiants qui ne désirent pas nécessairement suivre tous leurs cours ou la majorité de ceux-ci dans leur langue seconde.

Les enjeux associés à ce modèle comprennent les coûts, principalement liés au petit nombre d’étudiants par classe et au besoin de soutiens à l’apprentissage, ainsi que l’efficacité de cette approche en matière d’apprentissage en langue seconde si les étudiants s’inscrivent uniquement à quelques cours.

7.2.4 Le modèle central

Il est possible de percevoir ce modèle principalement comme un modèle de gestion servant à créer et à offrir des occasions d’apprentissage en langue seconde de façon intensive.

Il se caractérise par l’importance de son mandat et par le soutien des plus hauts dirigeants de l’université qui incitent l’établissement à prendre des mesures à cet égard, ainsi que par un noyau administratif solide qui se consacre à la planification, à l’organisation et à la mise en oeuvre des nouvelles occasions d’apprentissage d’une langue. Il peut également comprendre des services de soutiens bien établis et regrouper les ressources et les services d’aide en un seul et même endroit afin de favoriser les occasions d’utiliser la langue seconde.

Dans ce modèle, le nombre et la variété de cours pourraient être limités, à tout le moins au début, et concentrés dans un ou deux domaines d’étude. La méthode de gestion de ce modèle pourrait être accompagnée de différents modes de prestation des programmes et des cours.

Les enjeux associés à ce modèle comprennent le coût de la gestion, de la conception et de la prestation du programme, le choix limité de programmes et de cours ainsi que le nombre restreint de places.

7.2.5 Le modèle du partenariat

Ce modèle se fonde sur le partenariat et la collaboration avec des établissements qui emploient l’autre langue.

En vertu de ce modèle, un établissement n’offre pas lui-même de cours donnés en langue seconde, et les étudiants ne s’inscrivent pas non plus à temps complet dans un établissement représentant l’autre langue.

Un établissement conclut plutôt des ententes avec un établissement de l’autre langue qui répondra à la demande des étudiants concernant des cours donnés dans l’autre langue. Différentes solutions pourraient être envisagées, notamment l’inscription pour une partie de l’année ou pour toute l’année dans l’autre établissement; des cours donnés en ligne, par vidéoconférence ou à distance; l’offre de cours par l’établissement de l’autre langue sur le campus d’attache des étudiants.

Les enjeux associés à ce modèle comprennent les coûts, la reconnaissance et le transfert des crédits, la facilité d’accès pour les étudiants et l’efficacité de l’apprentissage en langue seconde si les étudiants suivent uniquement quelques cours dans leur langue seconde.

7.2.6 Le modèle ciblé

Ce modèle nécessite la sélection des domaines d’étude et des champs d’intérêt professionnels où les capacités liées à une langue seconde sont particulièrement pertinentes et importantes, puis l’utilisation d’une variété d’outils et d’instruments destinés à favoriser l’apprentissage amélioré en langue seconde dans la discipline ou le domaine en question.

Il pourrait entre autres s’agir de conditions relatives à la langue seconde pour l’obtention du diplôme; de cours de langue seconde axés sur le contenu et le vocabulaire de la discipline; de certains cours donnés en langue seconde, que ce soit dans l’établissement même ou au moyen d’ententes établies avec un établissement de l’autre langue; des occasions de vivre, de travailler ou d’étudier dans le contexte de la langue seconde, ou l’intégration d’exigences à ce sujet.

Ce modèle peut mener à une approche très cohérente pour les établissements qui s’efforcent, par différents moyens, d’intégrer entièrement la dimension de la langue seconde dans le programme d’étude.

Les enjeux associés à ce modèle comprennent les coûts et la portée. L’efficacité peut également constituer un enjeu, selon la nature des approches et des outils choisis et leur importance.

7.2.7 Le modèle sur mesure

Ce modèle comprend une méthode d’enseignement et d’apprentissage de la langue seconde axée sur le contenu et le vocabulaire de différents domaines d’études, par exemple le français des affaires. Le choix des disciplines refléterait les intérêts et la demande des étudiants ainsi que leur pertinence par rapport aux études futures et aux choix de carrières.

La portée et la méthode de ce modèle sont plus limitées que celles des autres modèles – par exemple, il est axé sur les cours de langue seconde, et non sur l’étude en langue seconde – et pourrait être utilisé de façon indépendante ou intégré à d’autres modèles et approches dans le cadre d’une stratégie générale. La reconnaissance des compétences linguistiques, notamment au moyen de certificats particuliers, de diplômes mixtes ou d’une mineure, pourrait constituer une caractéristique importante.

Les enjeux associés à ce modèle comprennent les coûts de conception du programme, la nécessité de travailler en étroite collaboration avec d’autres départements et l’efficacité générale du modèle s’il est utilisé à titre de stratégie indépendante, sans être coordonné avec d’autres mesures et initiatives.

7.3 Des suggestions relatives aux prochaines étapes et aux mesures à prendre

Au cours des discussions en groupe et des interviews menées auprès d’intervenants clés, les participants ont formulé de nombreuses suggestions concernant les prochaines étapes et les mesures à prendre. Ces suggestions se divisent en quatre groupes :

  • les universités;
  • les gouvernements;
  • le commissaire aux langues officielles;
  • d’autres organisations et parties intéressées.
  • 7.3.1 Des suggestions de mesures pour les universités

    De nombreux participants estimaient que les établissements universitaires étaient les mieux placés pour examiner les modèles et les approches, et pour élaborer des plans et des propositions de nouvelles initiatives en fonction de leur propre situation ainsi que des besoins et des objectifs de leurs étudiants.

    Cependant, certains participants ont laissé entendre que les établissements intéressés devraient former un groupe ou un consortium en vue de se pencher sur les enjeux et de formuler des propositions relatives aux mesures à prendre.

    Ils ont suggéré que les établissements de langue minoritaire examinent ensemble les enjeux qui les concernent et élaborent des propositions relatives aux mesures à prendre et aux nouvelles initiatives, possiblement par la création d’un groupe de travail formé de représentants de ces établissements. De plus, advenant la création d’un consortium d’établissements intéressés, il importerait d’inviter des établissements de langue minoritaire et des établissements bilingues à s’y joindre puisque leur situation leur permet de jouer un rôle de premier plan dans l’amélioration des possibilités d’apprentissage en langue seconde.

    Plusieurs participants ont proposé que les établissements envisagent la possibilité d’établir de nouvelles exigences relatives à la langue seconde ou de rehausser les exigences en vigueur. Celles-ci pourraient s’inscrire parmi les exigences générales d’admission ou d’obtention d’un diplôme universitaire, ou être axées sur certains domaines d’étude où la connaissance d’une langue seconde est particulièrement pertinente et importante, comme l’administration publique, le journalisme, les affaires internationales ou le commerce international. Ces exigences pourraient faire partie d’une stratégie générale visant à améliorer l’apprentissage en langue seconde dans ces disciplines et être associées à d’autres mesures comme des cours de langue seconde adaptés, des cours dans des disciplines enseignées en langue seconde ou encore le renforcement des occasions ou des exigences d’échanges au sein d’un programme.

    Les participants ont suggéré que les établissements – de façon individuelle, ou peut-être conjointement ou en collaboration avec l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) ou d’autres parties – devraient mener des sondages sur la volonté et la capacité des enseignants à donner des cours dans la langue seconde.

    Une autre suggestion consistait à proposer aux établissements de réaliser des sondages sur les préférences et la volonté des étudiants à poursuivre des études en langue seconde ainsi que sur les types d’occasions, de solutions et de programmes qu’ils aimeraient se voir offrir.

    Nombre de participants ont mis l’accent sur l’importance de voir les établissements élaborer et mener des initiatives de promotion et de marketing accrues. Comme nous le mentionnons dans la section 6.6, ils estimaient que ces activités devraient être intégrées plus tôt, au cours des études secondaires, et qu’elles pourraient comprendre le recours à des ambassadeurs ou la formation d’un bureau des conférenciers. À ce sujet, les participants ont soulevé la possibilité que les gouvernements ou le Commissariat aux langues officielles facilitent et soutiennent une initiative du genre à l’échelle nationale.

    Certains participants estimaient qu’il était préférable de favoriser la création de centres d’excellence dans l’apprentissage en langue seconde au lieu d’utiliser une approche d’application générale. Les établissements devraient être incités à exploiter des créneaux, par exemple dans les domaines d’étude où les compétences dans une langue seconde sont particulièrement pertinentes.

    7.3.2 Des suggestions de mesures pour les gouvernements

    Les participants ont suggéré des mesures que pourraient prendre les gouvernements à l’échelle fédérale, provinciale et territoriale.

    De nombreuses suggestions portaient sur le financement et sur le soutien financier, mais des participants ont insisté pour que les gouvernements défendent fermement cette question et en fassent la promotion au moyen d’énoncés de politique et de communications destinées au public, et qu’ils réunissent les différents intervenants en vue d’adopter des mesures.

    Un grand nombre de participants jugeaient que le gouvernement du Canada devait faire preuve de leadership à l’échelle nationale et promouvoir activement l’importance et la valeur de l’apprentissage d’une langue seconde durant les études universitaires et postsecondaires.

    Ils ont également souvent relevé le fait que le gouvernement du Canada, qui a besoin de recruter de plus en plus de candidats bilingues dans le cadre du renouvellement de la fonction publique, devrait travailler plus étroitement avec les universités afin de contribuer à la constitution d’un effectif bilingue pour l’avenir. La nécessité d’établir des liens entre les exigences linguistiques de la fonction publique et les tests linguistiques ainsi qu’entre les programmes universitaires et l’évaluation des connaissances linguistiques revenait souvent parmi les exemples d’éléments à améliorer.

    Le projet pilote mené actuellement par l’École de la fonction publique du Canada pour offrir ses ressources d’apprentissage de la langue seconde à différentes universités a été cité parmi les réalisations positives. Les participants ont aussi mentionné les efforts déployés récemment par le greffier du Conseil privé afin de favoriser une meilleure collaboration entre les universités et la fonction publique au moyen de l’initiative des « champions » visant à jumeler des recteurs et des sous-ministres. Cependant, ils estimaient que les langues officielles doivent constituer une partie importante de cette collaboration.

    En ce qui concerne le financement public et l’aide financière, de nombreux participants croyaient fermement que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient octroyer de nouveaux fonds destinés à soutenir les initiatives actuelles et les nouvelles initiatives lancées par les universités.

    En lien avec l’importance que de nombreuses personnes attachaient à l’augmentation du nombre d’occasions qu’ont les étudiants d’utiliser leur langue seconde dans des situations de la vie courante avec des personnes employant l’autre langue, les participants ont suggéré que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux augmentent le financement accordé aux activités d’échanges. Ces activités comprendraient une coopération au sein du gouvernement ainsi qu’avec le secteur privé et le secteur sans but lucratif. Bien des participants sont d’avis que le gouvernement devrait envisager la possibilité de créer un programme semblable au programme Erasmus qui existe en Europe.

    Programme Erasmus

    • Ce programme permet aux étudiants de poursuivre leurs études durant un semestre dans un autre pays de l’Union européenne.
    • Le programme est avantageux parce que les participants continuent de s’instruire, en plus d’acquérir des compétences linguistiques et interculturelles.
    • Ce programme soutient les établissements d’enseignement supérieur qui collaborent au moyen de programmes intensifs, de réseaux et de projets multilatéraux.
    • Quelque 90 p. 100 des universités européennes situées dans 31 pays prennent part au programme.
    • Depuis la création du programme en 1987, 1,9 million d’étudiants y ont participé. Chaque année, en moyenne, 200 000 étudiants participent au programme.
    • L’un des objectifs d’Erasmus consiste à recruter un total de 3 millions d’étudiants d’ici 2012.
    • Le nouveau programme Erasmus Mundus, une extension du programme Erasmus, vise les échanges à l’échelle mondiale.

     

    L’augmentation des possibilités d’échanges à l’intérieur du Canada avec des établissements de l’autre langue grâce à un tel programme pourrait inciter les étudiants à participer à ce type d’activités où ils auraient l’occasion d’employer la langue dans différentes situations de la vie courante. Comme le nombre d’étudiants qui participent à ce type particulier d’échanges demeure actuellement inconnu, il importera de compiler des données afin d’évaluer les progrès effectués.

    Les participants ont aussi proposé que le gouvernement du Canada augmente le financement et la promotion des programmes nationaux, notamment les bourses d’été de langues et les moniteurs de langues officielles, qui sont considérés comme des programmes très utiles, dont le financement est inadéquat ou précaire. L’abolition récente du programme Accent, qui visait les emplois de moniteurs de langues à temps partiel, illustre la précarité de ces programmes.

    7.3.3 Des suggestions de mesures pour le commissaire aux langues officielles

    De nombreux participants estimaient que le commissaire devait jouer un rôle de premier plan en ce qui concerne la sensibilisation du public à l’importance et à l’utilité de l’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes.

    Ils ont fait valoir qu’il serait important que le commissaire publie les résultats de la présente étude, en plus d’en faire la promotion, et qu’il profite de ses apparitions publiques et des événements auxquels participe le public pour s’acquitter de cette tâche.

    De plus, ils considéraient que le commissaire devrait peut-être jouer un rôle de champion; il devrait en effet prouver aux gouvernements la nécessité de prendre davantage de mesures dans ce domaine et d’accorder du financement supplémentaire destiné à cette fin.

    Le commissaire devrait également travailler en collaboration avec les établissements et les parties intéressées afin de faire avancer la question dans son ensemble. Entre autres, il pourrait créer des groupes, favoriser la poursuite des travaux et des études, par exemple au sujet des différents modèles et approches, et soutenir la mise à l’essai d’approches novatrices ainsi que la diffusion de renseignements sur les pratiques exemplaires.

    7.3.4 Des suggestions de mesures pour les autres parties

    Voici des exemples des mesures suggérées par différents organismes et des parties intéressées :

    • Une conférence ou réunion devrait être organisée afin de rassembler les parties intéressées, entre autres les universités, les étudiants, les spécialistes de l’apprentissage d’une langue seconde et les gouvernements.
    • L’AUCC pourrait examiner différents modèles et approches en collaboration avec les universités, et se pencher sur les moyens de promouvoir les partenariats et la collaboration.
    • Le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada), devrait définir des objectifs généraux concernant une politique sur l’apprentissage en langue seconde durant les études universitaires, et se pencher sur les questions entourant les exigences en matière de langue seconde.
    • L’organisme Canadian Parents for French pourrait travailler en collaboration avec les gouvernements, les établissements et d’autres organismes établis dans chacune des provinces et chacun des territoires afin de les inciter à élaborer des propositions adaptées à leurs besoins.
    • Il est nécessaire d’améliorer la documentation relative à la demande des employeurs concernant la connaissance d’une langue seconde.


    Page précédente | Table des matières | Page suivante