ARCHIVÉE - 6. Principaux enjeux et défis

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Dans les sections précédentes du présent rapport, on a ciblé des lacunes et des faiblesses dans les possibilités actuelles d’apprentissage en langue seconde au niveau universitaire, déterminé la nature de la demande et la nécessité d’offrir davantage de possibilités améliorées, de même que ce que nous savons de l’efficacité des programmes actuellement offerts et des façons de les améliorer.

Cette section sera axée sur certains des principaux enjeux et défis soulevés dans le cadre de l’étude en ce qui a trait à l’amélioration de l’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes.

6.1 Les coûts et le financement

Il n’est pas surprenant de constater que tous les participants, administrateurs d’université, professeurs, étudiants, représentants du gouvernement et spécialistes linguistiques, ont soulevé la question clé des coûts et du financement des programmes d’enseignement en langue seconde.

Beaucoup de participants ont fait remarquer que l’apprentissage d’une langue exige de plus petites classes, ce qui entraîne des coûts plus élevés. La formule classique du financement par personne des programmes universitaires n’est pas jugée adéquate dans le cas de l’apprentissage en langue seconde. On a également souligné que l’élaboration des programmes de langue peut demander beaucoup de travail, d’efforts, de temps et de ressources supplémentaires.

Dans le contexte économique actuel, la plupart des participants sentaient que tous les programmes universitaires se trouvent dans une situation précaire et que tous les ordres de gouvernement devront faire de nouveaux investissements précis qui seront essentiels si les universités sont tenues d’en faire plus.

« Pour les étudiants, il y a trois approches possibles à l’apprentissage amélioré et plus intensif d’une langue à l’université : étudier dans un établissement bilingue, étudier dans un établissement d’enseignement dans "l’autre" langue ou étudier dans un établissement d’enseignement dans sa "langue maternelle" en suivant des cours dans la langue seconde.

Ces trois approches comportent des coûts additionnels : elles signifient un moins grand nombre d’étudiants, ce qui se traduit par des coûts supplémentaires, et toutes les trois nécessitent du soutien. »

Administrateur supérieur d’une université, interview avec des intervenants clés

6.2 Les établissements de langue française hors Québec

Les représentants des établissements de langue française à l’extérieur du Québec ont parlé des possibilités et des défis qui les attendent alors qu’ils tentent d’attirer plus d’étudiants anglophones, en particulier des diplômés des programmes d’immersion.

Plusieurs ont soutenu avec énergie que ces établissements offrent le meilleur potentiel d’apprentissage en langue seconde parce qu’ils ont déjà l’infrastructure nécessaire et parce que leur environnement socioculturel et leur milieu d’apprentissage offre aux étudiants la possibilité de faire une immersion plus ou moins complète dans l’autre contexte linguistique.

« Les établissements de langue française à l’extérieur du Québec sont en position pour jouer un rôle de premier plan dans les domaines de l’éducation et de l’apprentissage en langue seconde au Canada.

Ces établissements ont le mandat et l’infrastructure nécessaires, de même que l’avantage suprême d’être en mesure d’offrir un apprentissage ainsi qu’un milieu social et culturel en langue française, ce qui représente peut-être le principal déterminant du succès de l’acquisition d’une langue seconde. »

Administrateur supérieur d’une université, interview avec des intervenants clés

Certaines personnes ont exprimé des préoccupations quant aux répercussions possibles sur les établissements et leur contexte culturel et linguistique si un nombre important d’étudiants anglophones s’y inscrivent.

On a également soulevé des préoccupations quant à l’octroi de ressources additionnelles aux établissements de langue anglaise aux fins d’élargissement des possibilités d’apprentissage d’une langue seconde, ce qui minerait les ressources et la stabilité financières des établissements de langue française. Cette préoccupation fut également formulée par les représentants des établissements bilingues.

« Certaines préoccupations ont été soulevées selon lesquelles une amélioration des possibilités d’apprentissage en langue seconde ne devrait pas mener à un questionnement du financement des langues officielles dans l’enseignement déjà prévu, et que les ressources affectées aux établissements de langue française en souffriraient.

Nous devons miser sur ce qui se fait déjà dans les établissements de langue française et les établissements bilingues. Investir d’importantes sommes dans les établissements de langue anglaise dans le but d’offrir quelques cours en français entraînerait une diminution du financement des établissements bilingues et des établissements de la minorité linguistique, aurait peu de répercussions et ne serait pas très efficace. »

Administrateur supérieur d’une université, interview avec des intervenants clés

La plupart des observateurs ont insisté sur le fait que des efforts particuliers doivent être déployés sur les plans du marketing, de l’information et de la promotion pour que ces établissements attirent des étudiants anglophones et pour que ces derniers y poursuivent leurs études, et sur le fait que des mesures de soutien spéciales et de l’aide sont nécessaires pour assurer leur succès et leur intégration.

6.3 Le rôle et la situation des départements de langues; méthodes d’enseignement dans les universités

Les professeurs et les administrateurs intervenant dans les programmes de langue seconde ont critiqué la manière dont l’apprentissage des langues et les départements de langues sont perçus et valorisés dans le contexte universitaire.

Il y a une perception commune selon laquelle les départements de langues sont les cousins pauvres de la communauté universitaire, et sont considérés comme inférieurs aux véritables disciplines universitaires.

Plusieurs sont fortement convaincus que l’apprentissage d’une langue n’est pas valorisé ou perçu comme important par les administrateurs supérieurs des universités et que, dans les établissements de langue anglaise, le français n’a que peu ou pas de reconnaissance ou de place officielle.

Parallèlement, bon nombre de participants ont soulevé la question des méthodes adoptées par les départements de langues des universités pour l’enseignement et l’apprentissage d’une langue seconde. Les étudiants ont sévèrement critiqué l’utilisation d’une méthode trop axée sur la littérature plutôt que sur l’enseignement et l’apprentissage de la langue en soi.

Les étudiants souhaitent que l’accent soit davantage mis sur les capacités de communiquer de vive voix et par écrit et sur les possibilités d’utiliser la langue dans des situations quotidiennes et concrètes, et que des liens plus étroits soient établis entre le contenu de la matière enseignée et les secteurs d’intérêt professionnel.

6.4 Les partenariats, la collaboration et l’utilisation de la technologie

Beaucoup de participants jugent que les partenariats et la collaboration, de même que la technologie, sont très prometteurs pour l’amélioration des possibilités d’apprentissage en langue seconde dans les universités.

Selon la majorité des participants, la collaboration entre les établissements est sous-exploitée à l’heure actuelle. Plus précisément, les participants croient fermement qu’on pourrait faire plus avec des établissements de l’autre langue, y compris les établissements de langue minoritaire et les établissements bilingues.

Quoiqu’une majorité des universités ayant participé au sondage (65 p. 100, 55 établissements) ait déclaré avoir établi un certain lien ou pris certaines dispositions avec des établissements de l’autre langue, le plus souvent, on faisait référence à la possibilité, pour les étudiants, d’obtenir des crédits pour des programmes et des cours suivis dans d’autres établissements. Peu d’établissements ont affirmé avoir pris des mesures officielles ou spéciales avec d’autres établissements, mesures précisément conçues pour promouvoir ou faciliter l’apprentissage en langue seconde.

Ces mesures pourraient comporter des ententes et des arrangements pour aider les étudiants à suivre des cours de langue seconde ou des cours dispensés dans leur langue seconde, dans ou par l’entremise d’un établissement qui donne des cours dans l’autre langue.

Nombre de participants estiment que la collaboration entre les établissements doit être centrée en priorité sur la promotion d’activités et de possibilités d’échanges plus grandes à l’intention des étudiants afin qu’ils étudient, vivent, travaillent et interagissent avec des personnes de l’autre groupe linguistique et qu’ils profitent du milieu universitaire de type immersion et de l’environnement social et culturel offert. Parmi ces possibilités notons des programmes d’étude à long et à court termes, des programmes d’été et d’alternance travail-études.

On voit également la possibilité d’avoir recours à la technologie comme élément à développer davantage, simultanément avec une plus grande collaboration entre les établissements. Cela pourrait comprendre des logiciels, des vidéoconférences, des cours en ligne et de l’apprentissage à distance.

 

Quelques exemples de collaboration et d’utilisation de la technologie

  • Le Collège universitaire de Saint-Boniface offre aux étudiants une formation en enseignement du français sur place à l’University of Manitoba.
  • L’University of Alberta a établi une liaison vidéo avec le Campus Saint-Jean pour soutenir l’University of Manitoba dans le cadre des cours de français langue seconde offerts aux étudiants.
  • L’University of Prince Edward Island a conclu une entente d’échanges avec l’Université de Moncton pour les étudiants en formation des enseignants.

Une collaboration accrue dans les établissements a également été désignée comme élément devant être favorisé. Les départements de langues, par exemple, pourraient travailler en étroite collaboration avec d’autres facultés pour élaborer des cours de langue seconde adaptés au vocabulaire et au contenu de disciplines précises, et pour aider à l’élaboration et à la prestation des cours du programme enseignés dans la langue seconde.

6.5 La continuité et la cohérence dans les possibilités d’apprentissage en langue seconde

Les étudiants, les professeurs, les administrateurs d’université, les représentants du gouvernement et les spécialistes de l’apprentissage linguistique ont tous observé d’importants liens entre les différents niveaux du système d’éducation et ont souligné la nécessité d’assurer une cohérence et une continuité entre ces derniers.

L’expérience des étudiants au primaire et au secondaire, de même que leur niveau de compétence dans la langue seconde, acquis à ces niveaux, peuvent influer sur leur décision de poursuivre leur apprentissage en langue seconde à l’université, leurs besoins linguistiques et le genre de programmes que les universités peuvent leur offrir.

En raison de la diversité des programmes au niveau secondaire, comme les programmes d’immersion, les programmes de français de base ainsi que les programmes intensifs, le niveau de compétence dans la langue seconde des étudiants qui commencent des études postsecondaires peut donc être très différent d’une personne à l’autre. En effet, certains étudiants sont réellement unilingues et d’autres sont à l’aise dans les deux langues. Satisfaire aux besoins de ces deux groupes est très difficile et peut représenter un défi de taille pour les universités dans la conception de programmes et de cours en langue seconde.

En outre, beaucoup de participants ont indiqué que le manque de possibilités diversifiées d’apprentissage en langue seconde au niveau universitaire de même que la décision des universités d’abolir les exigences en matière de langue seconde ont eu une incidence défavorable sur l’étude de la langue seconde au niveau secondaire et que davantage d’étudiants abandonnaient le programme tôt.

Bien des professeurs s’entendent pour dire que les compétences dans la langue seconde des étudiants qui commencent des études universitaires se sont dégradées au cours des dernières années, et que de plus en plus d’étudiants commencent leurs études universitaires sans expérience récente en langue seconde et voient leurs compétences en la matière se détériorer rapidement.

Les spécialistes de l’apprentissage de la langue seconde et les chercheurs ne partagent pas nécessairement cet avis quant aux capacités des étudiants, même s’ils soulignent le peu de succès des cours de base de langue seconde. Les spécialistes avancent que même si les connaissances en grammaire et les compétences en rédaction des étudiants ayant suivi un programme d’immersion peuvent être un peu faibles, ces étudiants ont généralement des compétences impressionnantes en ce qui a trait à la compréhension et à la capacité de penser et de traiter de l’information complexe dans leur langue seconde. Ces éléments sont très importants dans le contexte des études postsecondaires.

La principale constatation faite par un grand nombre de participants a été la nécessité de considérer le système d’éducation comme un continuum et d’offrir une gamme cohérente de possibilités variées et intéressantes d’apprentissage en langue seconde à tous les niveaux d’enseignement.

« Ce que nous devons comprendre, c’est que le système d’éducation n’est que cela, un "système"; il fonctionne "en bloc". Ce qui se produit à un niveau du système a des répercussions sur tous les autres niveaux. Ce que nous faisons – ou ne faisons pas – au niveau secondaire entraîne des conséquences au niveau universitaire. Et ce que les universités font – ou ne font pas – entraîne également des conséquences aux autres niveaux d’enseignement.

Nous devons transmettre à tous les niveaux un message clair à savoir que nous tenons à l’apprentissage linguistique, que c’est important.

Et nous devons offrir une vaste gamme de possibilités dans tout le système, à tous les niveaux. »

Spécialiste linguistique

6.6 Le marketing, la promotion et l’information

Les participants de presque tous les groupes de discussion et bon nombre de personnes interrogées ont insisté sur l’importance du marketing, de la promotion et de l’information. Les étudiants doivent en savoir plus sur les possibilités offertes. Ils doivent en outre connaître la valeur et les avantages des compétences en langue seconde, particulièrement en ce qui concerne les possibilités de carrière.

Plusieurs stratégies clés ont été relevées :

  • Les universités attireraient davantage d’étudiants en diversifiant le nombre et le genre de programmes en langue seconde qu’elles proposent.
  • Il est nécessaire de communiquer plus tôt avec les étudiants de niveau secondaire qui sont poussés à prendre hâtivement des décisions quant au choix d’une université et au cheminement de carrière.
  • La touche personnelle – communication directe avec les universités, salons d’information, recours à des ambassadeurs ou à des personnes pour qui, professionnellement, la connaissance de la langue seconde a été avantageuse – fait une différence.

6.7 L’apprentissage en langue seconde et l’administration publique

Plusieurs participants ont indiqué que des liens plus étroits devaient être établis entre l’apprentissage en langue seconde et les programmes universitaires en lien avec l’administration publique.

Actuellement, peu de programmes universitaires en administration publique et dans des domaines connexes témoignent de l’importance de nos deux langues officielles, à l’exception, notamment, de programmes au Campus Glendon de l’Université York et à l’Université Simon Fraser.

Par exemple, peu de programmes universitaires dans ce domaine comportent des conditions d’admission et de départ en matière de langue seconde ou offrent des possibilités d’échanges. En outre, peu d’établissements donnent des cours de langue seconde liés à l’administration publique et au vocabulaire qui s’y rattache. En fait, peu d’établissements offrent des cours dans ce domaine dans la langue seconde. Aucun lien n’a d’ailleurs été établi entre les tests ou les exigences linguistiques des universités et ceux de la fonction publique.

Dans le contexte du renouvellement de la fonction publique fédérale, plus que jamais, le gouvernement du Canada se doit d’avoir accès à un plus grand bassin de candidats bilingues.

Et tous les Canadiens, sans égard à l’endroit où ils habitent au Canada, devraient avoir la possibilité de travailler pour leur gouvernement fédéral, dans des postes dont les fonctions exigent une aisance dans la langue seconde ou non. Par conséquent, les personnes qui le veulent devraient avoir accès à des possibilités adéquates d’apprentissage en langue seconde dans le système d’éducation, y compris au niveau universitaire.

Certains participants ont également noté la nécessité, pour certains gouvernements provinciaux, notamment au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba, et les gouvernements territoriaux de recruter du personnel bilingue.

Beaucoup étaient d’avis que les universités se doivent d’en faire davantage en ce qui a trait à l’apprentissage en langue seconde dans les programmes d’administration publique. En outre, nombre de participants ont réitéré le fait que plus une personne est jeune, plus il est facile et efficace d’apprendre une autre langue. Ce seul élément devrait guider le gouvernement fédéral et le convaincre d’accroître son appui pour que de plus grandes possibilités d’apprentissage soient offertes dans les universités. La poursuite de l’apprentissage en langue seconde à l’université, dans le cadre de divers cours, activités et interactions concrètes, permet également de renforcer les compétences interculturelles qui facilitent le travail dans un milieu de travail bilingue et diversifié ainsi que sa gestion. Beaucoup s’entendent pour dire qu’il y a un besoin, mais qu’il est aussi dans l’intérêt supérieur des gouvernements, et surtout du gouvernement du Canada, de travailler plus étroitement avec les universités en ce sens.

Maîtrise en affaires publiques et internationales du Campus Glendon

  • Programme de maîtrise interdisciplinaire de deux ans pour préparer les étudiants à assumer différents rôles dans le domaine public.
  • Approche bilingue; personnel bilingue de l’université, cours donnés dans les deux langues officielles. 
  • Études dans le domaine des politiques, de l’administration et des affaires publiques, dans le contexte canadien et international.
  • Soutien au renforcement des capacités des étudiants dans leur deuxième langue officielle, y compris par l’entremise de cours offerts dans la langue seconde et de mesures d’aide à l’apprentissage.
  • Stages rémunérés dans des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux.


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