ARCHIVÉE - 5. Ce qui fonctionne… et ce qui pourrait aller mieux

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Page 7 de 12

Même si l’apprentissage en langue seconde au niveau universitaire au Canada a fait l’objet de moins d’études et d’évaluations que l’apprentissage de la langue seconde aux niveaux primaire et secondaire, un fort consensus se dégage chez les participants aux groupes de discussion et aux interviews avec des intervenants clés sur ce qui est important et efficace en matière d’apprentissage en langue seconde et ce qui pourrait être fait pour améliorer les programmes universitaires actuels.

5.1 Les étudiants ont clairement indiqué ce qu’ils aiment des programmes actuels et ce qu’ils aimeraient y trouver

Il y avait d’importants dénominateurs communs dans ce que les étudiants ont déterminé comme éléments efficaces de leurs programmes en langue seconde.

La plupart des étudiants ont insisté sur le fait que l’élément qui importe le plus dans une classe est le professeur. Les classes de plus petite taille de plusieurs cours de langue seconde ont aussi été considérées comme un élément de grande valeur, permettant davantage d’interaction entre le professeur et les étudiants.

Comme on l’a déjà noté, de nombreux étudiants ont souligné l’importance du contenu dans l’apprentissage de la langue seconde, qu’il s’agisse de contenu culturel ou davantage de contenu lié à leur programme d’études et à leur champ professionnel. De l’avis des participants, le contenu rend l’apprentissage de la langue seconde plus pertinent, intéressant et stimulant. Les étudiants ont également indiqué qu’ils souhaitent suivre des cours dans d’autres matières dans leur langue seconde. Ils trouvent que l’alliance de l’apprentissage de la langue seconde et de l’apprentissage du contenu lié au programme d’études et au champ professionnel constitue une combinaison gagnante.

« On ne peut pas dissocier l’apprentissage d’une langue de l’apprentissage de la culture qui y est liée ... C’est ce qui donne un sens et de la substance à l’apprentissage de la langue. »

« Je veux plus que de la linguistique et de la littérature. »

« J’aimerais bien prendre un cours de langue seconde lié à ma discipline, comme un cours dans le domaine des affaires ou de l’ingénierie … Beaucoup de jeunes en profiteraient! »

Étudiants ayant participé aux groupes de discussion

Les étudiants ont aussi parlé de l’importance des appuis et de l’aide à l’apprentissage, comme les tuteurs, les moniteurs et l’aide à la rédaction, de même que les activités sociales et culturelles.

Toutefois, les étudiants sont plutôt partagés en ce qui concerne les autres aspects de leur expérience en matière d’apprentissage en langue. Pour ce qui est des appuis et de l’aide à l’apprentissage, certains étudiants aiment avoir la possibilité de rendre des travaux et de faire des examens dans l’une ou l’autre des deux langues; d’autres ont l’impression que cette façon de procéder nuit à l’objectif de l’apprentissage linguistique. Certains estiment que l’attribution d’une mention de passage ou d’échec était avantageuse, éliminant ainsi les préoccupations liées aux notes qui pourraient décourager certains étudiants de suivre un programme ou un cours donné en langue seconde par exemple; tandis que d’autres n’étaient pas d’accord, pensant qu’il importe d’obtenir une note dans tous les cours et de prouver que, même s’ils avaient choisi un parcours universitaire plus exigeant, ils avaient quand même réussi.

5.2 Les spécialistes de l’apprentissage des langues ont ciblé plusieurs facteurs clés de réussite

Les spécialistes de l’apprentissage des langues ont reconnu que l’apprentissage fondé sur le contenu s’est avéré très efficace. L’étude d’une matière universitaire dans sa langue seconde peut donner de meilleurs résultats en matière d’acquisition et d’approfondissement des compétences dans cette langue.

« Nous savons que l’acquisition d’une langue seconde est facilitée si les étudiants apprennent de nouvelles notions tout en faisant l’apprentissage de la langue, ce dernier s’avérant plus stimulant, intéressant et très motivant. »

Spécialiste de l’apprentissage des langues

Des spécialistes en langue ont également indiqué que diverses mesures de soutien à l’apprentissage devraient être offertes aux étudiants, compte tenu des besoins des établissements et des personnes. En voici quelques-unes :

  • l’évaluation précoce, le placement et le groupement par aptitudes;
  • un milieu d’apprentissage protégé, particulièrement dans les premières années, par exemple un professeur de langue qui accompagne les étudiants en classe;
  • des cours de langue supplémentaires liés au contenu des cours;
  • du tutorat et de l’aide en rédaction, en grammaire et en expression orale;
  • l’apprentissage préparatoire ou intensif d’une langue au début de l’année scolaire ou durant l’été.

Voici d’autres facteurs de réussite importants ciblés par les spécialistes en langue :

  • Les possibilités d’apprentissage en langue seconde doivent être offertes dans des conditions favorables, c’est-à-dire respecter les paramètres et l’horaire du programme d’études et ne pas exiger d’investissement supplémentaire démesuré en argent, en temps ou en efforts pour que les étudiants soient intéressés à poursuivre l’étude en langue seconde.
  • Des possibilités devraient être offertes aux étudiants au début de leurs études universitaires, car ils peuvent perdre leurs compétences linguistiques et leur motivation dans les années qui suivent.
  • La reconnaissance et les titres de compétences (diplôme, diplôme conjoint, certificat) sont des facteurs de motivation essentiels pour les étudiants.
  • Un lieu physique donnant facilement accès à des ressources et où il est possible de pratiquer la langue seconde peut se révéler très utile.
  • L’aspect pédagogique de l’enseignement et de l’apprentissage d’une langue est important. Bien que cela soit nécessaire, il ne suffit pas que le professeur maîtrise la langue seconde.
  • Les professeurs qui donnent un cours universitaire dans la langue seconde doivent assumer une double tâche (contenu du cours et apprentissage de la langue), et ils peuvent avoir besoin de soutien (par exemple, la présence d’un professeur de langue adjoint dans la classe).

5.3 Les professeurs, les administrateurs et les représentants du gouvernement ont déterminé d’importants enjeux dans l’organisation et l’exécution des programmes en langue seconde

Les questions financières et celles qui se rapportent au financement sont cruciales. Il faut affecter des ressources supplémentaires afin d’élaborer des programmes efficaces et de les exécuter avec succès.

On a soulevé à plusieurs reprises la question du leadership et de l’engagement qui devaient provenir des échelons supérieurs et qui sont absolument essentiels. Les universités doivent démontrer qu’elles valorisent l’apprentissage en langue seconde, qu’elles le reconnaissent et en font la promotion aux plus hauts niveaux.

La coordination et la logistique constituent des éléments essentiels et exigent du temps et des efforts. Elles comprennent la planification et l’organisation des programmes et des initiatives, la négociation avec d’autres établissements et d’autres facultés au sein de l’université ainsi que le marketing.

Certains participants ont fait état de l’importance des exigences d’admission et de départ en langue seconde, indiquant que ces conditions envoient un message relatif à l’importance de l’apprentissage des langues et peuvent influer sur les décisions des étudiants.

Des programmes réussis doivent également être élaborés selon une démarche ascendante, grâce à la participation de la collectivité. Mener des consultations auprès des parents et y faire participer les responsables des écoles et les professeurs, les organismes communautaires et les autres parties intéressées est essentiel pour cibler les questions, les besoins et les façons d’y répondre de manière à améliorer les programmes et à établir des mesures de soutien.

« Les échelons supérieurs des universités doivent faire savoir qu’ils valorisent l’apprentissage de la langue seconde et lui accordent de l’importance. Cela doit faire partie du mandat et de la mission des établissements. »

« Quelqu’un doit en prendre la responsabilité et s’assurer que c’est fait. »

« On ne peut pas simplement inscrire un programme à un calendrier de cours et l’"offrir au hasard". Il faut définir et connaître la clientèle étudiante, planifier et organiser, mettre des appuis en place; il faut s’occuper du marketing et de la promotion… »

Participants, interviews avec des intervenants clés

5.4 Tous s’entendent sur l’importance des possibilités concrètes d’utiliser la langue seconde et d’interagir avec des personnes de l’autre groupe linguistique

Les étudiants, les professeurs, les représentants du gouvernement et les spécialistes de l’apprentissage en langue seconde ont tous souligné l’importance cruciale et la valeur des possibilités concrètes d’utiliser cette langue, par l’entremise d’une interaction avec des personnes de l’autre groupe linguistique, d’activités sociales et culturelles, ainsi que des échanges, de même que des possibilités d’étudier, de vivre et de travailler dans un environnement où l’on utilise la langue seconde.

Beaucoup de participants ont désigné cet élément comme étant le plus important facteur de succès d’une expérience d’apprentissage en langue seconde. Une aisance réelle dans une autre langue ne peut être acquise que si l’apprentissage en classe est combiné avec une expérience extrascolaire et de l’interaction avec des personnes qui parlent cette langue.

« Si une chose pouvait être considérée comme la plus efficace aux niveaux primaire et secondaire – et, par extension, au niveau universitaire – ce serait de faire davantage afin que les étudiants participent à des programmes d’échanges… Cela rend la langue seconde vivante. Cela les motive. Ils peuvent apprendre davantage, dans un laps de temps relativement court en utilisant la langue avec des locuteurs d’origine… Les échanges sont la solution idéale… Ils peuvent donner des résultats saisissants! »

Spécialiste de l’apprentissage d’une langue seconde

« Peut-être devons-nous nous rendre à l’évidence… nous ne pourrons jamais parfaitement maîtriser notre langue seconde à moins de vivre, d’étudier et de travailler dans ce milieu linguistique. »

« Il faut vivre et étudier ou travailler dans un contexte réel où la langue seconde est utilisée… Il faut s’approprier la langue et apprendre à la parler en l’utilisant. Ce n’est pas comme étudier l’histoire. »

Étudiants ayant participé aux groupes de discussion

Lorsque les spécialistes de l’apprentissage linguistique font référence à l’apprentissage par l’entremise de possibilités d’interaction avec des personnes qui parlent l’autre langue, ils utilisent les termes communications authentiques ou apprentissage naturaliste. Ils insistent sur le fait que l’éducation formelle et l’apprentissage informel sont essentiels6.

Notes

6 Consulter par exemple : www.ilob.uottawa.ca/symposium09.htmlSite externe



Page précédente | Table des matières | Page suivante