ARCHIVÉE - 4. Y a-t-il une demande… et un besoin réel?

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Page 6 de 12

Les constatations de l’étude révèlent qu’il y a une demande à la fois actuelle et potentielle pour de meilleures possibilités d’apprentissage en langue seconde.

4.1 Pourquoi, selon les étudiants, les possibilités d’apprentissage en langue seconde au niveau universitaire sont-elles importantes?

« L’apprentissage d’une autre langue ouvre de nombreuses portes et vous fait découvrir un nouveau monde … Il permet d’établir des liens avec les autres… C’est un immense avantage. »

« Cela semble banal, mais l’apprentissage d’une autre langue élimine les obstacles. Cela élargit votre façon de penser et vous donne accès à une autre façon de voir le monde. »

« La connaissance d’une autre langue permet de comprendre d’autres personnes, une autre culture, un autre mode de vie… C’est comme un pont, une autre manière de se rapprocher des autres. »

« Cet apprentissage offre de nombreuses possibilités; vous n’êtes pas confinés à une région, à une ville ou à une culture… »

Étudiants ayant participé aux groupes de discussion

Les étudiants participant aux groupes de discussion ont mis l’accent sur un certain nombre de raisons pour lesquelles ils croyaient que l’apprentissage de leur langue seconde était important.

Beaucoup ont parlé des compétences en langue seconde comme d’un véritable atout pour ce qui est des possibilités d’emploi et de carrière.

Les étudiants ont également qualifié les deux langues officielles d’éléments fondamentaux de la citoyenneté canadienne et de l’identité nationale, d’où l’intérêt et l’importance qu’un plus grand nombre de Canadiens parlent ces deux langues.

Les étudiants francophones du Québec ont souligné l’importance de l’anglais pour le commerce et les affaires internationales.

Étonnamment, bon nombre d’étudiants ont également indiqué que le perfectionnement et l’enrichissement personnel étaient les raisons pour lesquelles ils voulaient apprendre une deuxième langue. Ils considèrent la nécessité de maîtriser d’autres langues comme allant de soi dans la société moderne de plus en plus axée sur la mondialisation et, par conséquent, comme une partie intégrante de l’éducation postsecondaire.

4.2 Les étudiants ont des besoins variés qui ne sont pas comblés en matière d’apprentissage en langue seconde

Les participants aux groupes de discussion et aux interviews avec des intervenants clés ont clairement indiqué que les étudiants ont des besoins multiples et variés en matière d’apprentissage linguistique, lesquels ne sont pas entièrement comblés.

Bon nombre d’entre eux ont avancé que les étudiants universitaires ou ceux qui font leur entrée à l’université veulent maintenir ou perfectionner leurs connaissances de la langue seconde acquises aux niveaux primaire et secondaire. S’ils ne le font pas, ils ont l’impression que le temps et les efforts consacrés antérieurement à cet apprentissage, de même que l’investissement d’importantes ressources publiques, auront été vains.

Les besoins des étudiants varient considérablement en fonction de la connaissance et de l’expérience qu’ils ont de la langue seconde, par exemple la participation à des programmes d’immersion ou d’apprentissage intensif ou à des programmes d’apprentissage réguliers.

Plus particulièrement, les diplômés des programmes d’immersion cherchent des possibilités pour continuer à étudier dans leur langue seconde à l’université, au moins dans le cadre de certains programmes et cours.

D’autres étudiants, faisant leur entrée à l’université, veulent acquérir le niveau de compétence qu’ils souhaitent dans la langue seconde, mais qu’ils n’ont pu atteindre auparavant. Souvent, ils expriment leur frustration à cet égard et une volonté d’apprendre maintenant.

« Je n’arrive pas à croire que j’ai suivi des cours de français de temps à autre tout au long de mes études primaires et secondaires, parfois dans le cadre de programmes d’immersion, mais le plus souvent des cours de français de base, et que je ne suis toujours pas en mesure de parler cette langue correctement! Tout ce temps et tous ces efforts… Comment est-ce possible?

Et maintenant que j’étudie à l’université, je me rends compte à quel point ce sera important pour moi dans l’avenir.

C’est pourquoi je tiens à maîtriser le français d’ici à ce que j’obtienne mon diplôme et que je commence ma recherche d’emploi. »

Étudiant ayant participé aux groupes de discussion

Beaucoup de participants aux groupes de discussion ont souligné qu’ils souhaitaient vivement plus de contenu dans l’apprentissage de la langue seconde, qu’il s’agisse de contenu culturel ou de contenu lié à leur programme d’études et à leur champ professionnel.

Quelques participants ont exprimé le désir de suivre des cours dans différents domaines d’études donnés dans leur langue seconde, afin de répondre à deux objectifs du même coup : acquérir davantage de compétences dans la langue seconde tout en étudiant dans un domaine en particulier.

« C’est passionnant d’étudier une matière dans une autre langue… C’est stimulant au plan intellectuel. »

« J’aime l’idée de combiner l’apprentissage de la langue seconde avec l’étude d’une matière qui vous intéresse vraiment… C’est du "deux pour un"… Un vrai boni! »

« Le meilleur moyen d’apprendre une langue seconde est d’étudier dans cette langue… Lorsqu’on étudie une matière dans sa langue seconde, on doit le faire à un niveau intellectuel plus profond et plus intime… Il ne suffit pas d’apprendre à dire : "J’ai vu un chien" dans votre langue seconde! »

Étudiants ayant participé aux groupes de discussion

Les étudiants ont tous dit qu’ils cherchaient davantage d’occasions d’utiliser leur langue seconde, d’entrer en communication et d’interagir avec des pairs et des personnes de l’autre groupe linguistique, et d’étudier, de vivre ou de travailler dans un milieu où leur langue seconde est utilisée.

4.3 Il y a une demande à la fois réelle et potentielle pour davantage de possibilités d’apprentissage en langue seconde

Même s’il est clair que les étudiants ont de multiples objectifs d’apprentissage en langue seconde et que certains de leurs besoins ne sont pas comblés, il existe peu de données objectives sur l’ampleur de leur demande relative à des possibilités d’apprentissage plus nombreuses ou sur les exigences des employeurs en ce qui a trait aux compétences dans ce domaine.

Quelques études contiennent des données analytiques et statistiques sur la demande du secteur privé et sur les avantages liés aux compétences linguistiques et à la connaissance de la langue seconde.

  • Selon une étude effectuée par le Conseil canadien sur l’apprentissage (Carnet du savoir, octobre 2008), le taux d’emploi au Canada est plus élevé chez les personnes qui parlent le français et l’anglais (70 p. 100) que chez les personnes qui ne parlent que l’anglais (un peu plus de 60 p. 100) ou que le français (un peu moins de 60 p. 100), conformément aux données du recensement de 2006.
  • Toujours selon la même étude, le revenu médian des personnes parlant le français et l’anglais est de près de 10 p. 100 supérieur à celui des unilingues anglophones et de 40 p. 100 supérieur à celui des unilingues francophones (recensement de 2001).
  • On y fait aussi état d’une enquête menée auprès de 63 entreprises de partout au Canada selon laquelle 84 p. 100 des employeurs considèrent la connaissance du français et de l’anglais comme un atout ou disent accorder la préférence aux personnes bilingues.
  • Une autre étude publiée récemment (Canadian Parents for French, Enquête auprès des superviseurs d’employés bilingues, 2008) a révélé qu’à l’extérieur du Québec et de la fonction publique fédérale, 81 p. 100 des superviseurs d’employés bilingues considèrent ces derniers comme un « précieux atout » pour leur organisation.

De nombreux étudiants, membres du personnel enseignant et administrateurs d’université, représentants du gouvernement et autres participants aux groupes de discussion et aux interviews croient que les compétences linguistiques constituent un net atout sur le plan de la carrière. Ils sont fortement convaincus que cette tendance s’accentuera.

« Le secteur privé considère de plus en plus les capacités langagières comme des compétences d’ordre mondial… Il ne s’agit pas uniquement du français et de l’anglais, mais de multiples langues… Elles font partie de la "marque" Canada, de notre avantage concurrentiel… Sur le plan individuel, les capacités langagières signifient un accroissement de la mobilité et des possibilités… En outre, le secteur privé considère les compétences linguistiques non seulement comme une indication non seulement de compétences particulières, mais aussi de l’attitude, des capacités, de la volonté et de la capacité d’apprendre… Ces capacités sont primordiales dans l’économie mondiale actuelle, fondée sur le savoir… »

Représentant du secteur privé

Bon nombre des personnes interrogées traitent la question de la demande comme le problème de l’« œuf et de la poule ». Comme les possibilités ne sont pas très variées en ce moment, les universités n’enregistrent pas une forte demande.

Plusieurs personnes croyaient qu’en redoublant d’efforts, on attirerait davantage d’étudiants et que l’on accroîtrait ainsi les inscriptions dans les universités.

« Si les universités offraient une gamme de possibilités et de choix "intéressants" aux étudiants, si des appuis appropriés étaient accessibles, si l’apprentissage d’une langue seconde était valorisé et jugé utile, si l’information était accessible et si l’on faisait valoir les possibilités… il y aurait une forte demande. »

Spécialiste de l’apprentissage linguistique

« Sans contredit, il existe un tel marché… De nombreux diplômés de programmes d’immersion et d’autres personnes cherchent un lieu où aller… »

Représentant d’un gouvernement provincial

« Si vous diversifiez le nombre et les types de programmes que vous offrez en français, vous constaterez que vous attirerez un plus grand nombre d’étudiants! »

Étudiant ayant participé aux groupes de discussion

4.4 Des arguments économiques et sociétaux pour en faire plus

« Dans un marché de plus en plus mondialisé et axé sur le savoir, la dualité linguistique représente un avantage concurrentiel clé, susceptible de favoriser l’essor économique du pays. Comptant à son actif deux langues d’envergure internationale, le Canada est à l’avant-plan des sociétés dont les économies sont axées sur le savoir. Cet atout permet aux entreprises canadiennes d’avoir un meilleur accès aux marchés et aux partenaires à l’échelle internationale. Les compétences linguistiques de la main-d’œuvre canadienne, en particulier chez les jeunes, représentent également un atout important pour l’économie, renforçant les avantages du capital humain canadien et permettant aux Canadiens d’établir des liens économiques plus solides avec leurs partenaires internationaux. »

Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne 2008-2013 : Agir pour l’avenir

De l’avis de plusieurs, la mondialisation, l’économie fondée sur le savoir et la concurrence internationale valorisent davantage des nouvelles compétences, y compris les compétences linguistiques, dans le monde d’aujourd’hui.

Les participants aux groupes de discussion et aux interviews avec des intervenants clés ont souvent indiqué que le Canada prend du retard sur d’autres pays dans la reconnaissance de l’importance des compétences linguistiques et la mise en oeuvre de mesures à cet égard.

L’UNESCO a déclaré que « l’apprentissage intensif et transdisciplinaire d’au moins une troisième langue vivante […] devrait constituer l’éventail normal des connaissances linguistiques pratiques au XXIe siècle. »

UNESCO, Mise en œuvre d’une politique linguistique mondiale fondée sur le plurilinguisme, 2000.

L’Union européenne (UE) a établi qu’à long terme, chacun de ses citoyens devra maîtriser sa langue maternelle ainsi que deux autres langues.

Journal officiel de l’Union européenne, 25 juillet 2006.

L’apprentissage de la langue seconde est considéré comme important pour l’identité et la citoyenneté canadiennes, et pour une meilleure compréhension entre les Canadiens.

Plusieurs participants ont indiqué que le Canada avait besoin d’un plus grand nombre de personnes bilingues, et ce, dans divers domaines, afin de fonctionner efficacement en tant que pays. Ils ont insisté sur le fait que cela ne signifie pas que tous les Canadiens devraient être bilingues, mais plutôt qu’il est important que tous les Canadiens aient la possibilité de devenir bilingues s’ils le souhaitent.

« [U]ne institution, une province, un pays bilingues ne sauraient fonctionner efficacement que s’il existe un nombre suffisant d’individus bilingues pour assurer les rapports entre les deux groupes linguistiques. »

Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Livre I : Introduction générale – Les langues officielles

« [U]ne fructueuse collaboration entre les deux communautés exige que les particuliers soient disposés à devenir bilingues. »

Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Livre II : L’éducation

Plusieurs participants ont affirmé que le gouvernement du Canada devait recruter un plus grand nombre de candidats bilingues et veiller à ce que la fonction publique reflète la diversité linguistique et régionale du Canada.

Le gouvernement fédéral est le plus important employeur du pays, comptant près de 500 000 employés, forces armées et organismes gouvernementaux compris.

« La fonction publique fédérale compte aujourd’hui environ 180 000 employés qui font partie de l’Administration publique centrale. Il faut ajouter à ce nombre les 300 000 personnes qui travaillent pour "les sociétés d’État créées sous le régime d’une loi fédérale et tout autre organisme désigné par la loi à titre de mandataire de Sa Majesté du chef du Canada ou placé sous la tutelle du gouverneur en conseil ou d’un ministre fédéral" et qui sont, à ce titre, soumises à la Loi sur les langues officielles. À titre de comparaison, General Motors comptait 10 800 employés au Canada en 2008.

[…]

Depuis 2000, la fonction publique fédérale doit recruter entre 12 000 et 15 000 employés par année pour compenser et planifier les départs à la retraite. C’est donc dire que, chaque année, l’administration publique centrale doit recruter plus d’employés que l’effectif total de General Motors au Canada, et que près d’un demi-million de personnes travaillent aujourd’hui au sein d’une institution assujettie à l’une ou l’autre des parties de la Loi sur les langues officielles. »

Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes,
5 000 postes bilingues à combler chaque année : Le rôle des institutions postsecondaires dans la promotion de la dualité linguistique canadienne

Dans le cadre du renouvellement de la fonction publique, et compte tenu du départ à la retraite de beaucoup de travailleurs âgés, il est essentiel que le gouvernement ait accès à un plus grand bassin de recrues bilingues dont bon nombre sortiront des universités canadiennes.

Fonction publique et dotation de postes bilingues – Quelques données

En date du 31 mars 2008, les postes à durée indéterminée dans la fonction publique fédérale se répartissaient comme suit :

  • Dans la région de la capitale nationale, près de 65 p. 100 des postes étaient bilingues.
  • Près de 54 p. 100 des postes étaient des postes bilingues à nomination impérative (c’est-à-dire des postes pour lesquels les exigences linguistiques doivent être satisfaites au moment de la nomination).
  • Près de 11 p. 100, des postes étaient des postes bilingues à nomination non impérative (les candidats retenus peuvent suivre une formation linguistique après leur nomination).
    • À l’échelle nationale, près de 40 p. 100 de tous les postes étaient bilingues.
  • Près de 34 p. 100 des postes étaient des postes bilingues à nomination impérative.
  • Un peu plus de 6 p. 100 des postes étaient des postes bilingues à nomination non impérative.
  • Ces dernières années, le nombre et la proportion de nominations ont augmenté dans les postes bilingues à nomination impérative et diminué dans les postes bilingues à nomination non impérative.

    • En 2003-2004, on a dénombré seulement 496 nominations à des postes bilingues à nomination non impérative, soit 3,5 p. 100 de toutes les nominations.
    • En 2007-2008, on en a enregistré 265 nominations, soit 1,2 p. 100 de toutes les nominations. 
    • En 2003-2004, on comptabilisait 3 404 nominations à des postes bilingues à nomination impérative (23,9 p. 100).
    • En 2007-2008, ce nombre est passé à 5 482, soit une proportion de 25,1 p. 100.

    Commission de la fonction publique, Direction de l’information sur les nominations et de l’analyse



    Page précédente | Table des matières | Page suivante