ARCHIVÉE - Les indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire 2 : trois communautés anglophones du Québec

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Présentation sommaire

Introduction

  1. Objectifs 
  2. Méthodologie 
  3. Conclusions

3.1 Secteurs communs
3.2 Indicateurs communs
3.3 Renouvellement
3.4 Les facteurs de vitalité
3.5 Emplacement géographique
3.6 Renforcer l’autonomie des communautés
3.7 La capacité de mesurer le progrès

      Bibliographie


      Indicateurs de vitalité 2

      La communauté anglophone des Cantons-de-l’Est

      La communauté anglophone de Québec

      La communauté anglophone de la Basse-Côte-Nord

      Indicateurs de vitalité 1

       

    Introduction

    En 2006, le Commissariat aux langues officielles a amorcé une étude détaillée sur les indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. La première phase portait sur trois collectivités francophones urbaines hors du Québec (Halifax, Sudbury et Winnipeg), tandis que la seconde phase était consacrée à trois communautés anglophones du Québec à l’extérieur de Montreal1: la ville de Québec, les Cantons-de-l’Est et la Basse-Côte-Nord (qui comprend 14 petites communautés éloignées, entre Kegaska et Blanc-Sablon).

    Communauté Type de
    communauté
    Population dont l’anglais
    est la première langue
    officielle parlée
    Population
    (%)
    Québec Urbaine 9 780 1,9
    Cantons-de-l’Est Urbaine (Sherbrooke)
    Rurale (Memphrémagog)
    Rurale (Brome-Missisquoi)
    7 390
    8 350
    11 050
    5,1
    18,7
    24,3
    Basse-Côte-Nord Éloignée
    (Minganie–Basse-Côte-Nord)
    3 505 82,5
    Source : Statistique Canada, recensement de 2006

    Cette étude a été réalisée parce que les communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada (anglophones au Québec, francophones dans les autres provinces) se mobilisent de plus en plus pour maintenir leur vitalité. Elles ont des défis de taille à relever. En effet, étant donné leur situation minoritaire et les tendances démographiques, il leur est difficile d’inciter les jeunes à rester en région et de préserver leurs écoles, leur base d’emploi ainsi que leur culture et leur identité.

    Cela dit, qu’est-ce que la « vitalité communautaire » et comment peut-on la mesurer afin de déterminer si l’on réussit ou non à l’accroître2? Les indicateurs ont constitué des outils a la fois recherchés et imprécis destinés a renforcer la vitalité des communautés. Au cours des dernières années, on a pu constater une plus grande responsabilité de la part de l’État et un leadership mieux ciblé sur le plan stratégique au sein des communautés. Ces facteurs, qui se renforcent mutuellement, ont mis en relief les indicateurs de vitalité ou, à tout le moins, l’importance de mesurer les progrès. En outre, conformément aux modifi cations apportées à la partie VII de la Loi sur les langues officielles, en 2005, les institutions fédérales doivent prendre des « mesures positives » pour rehausser la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire et promouvoir la dualité linguistique.

    Les auteurs de la présente étude ont abordé la notion de vitalité communautaire sous un angle pratique. Pour évaluer les résultats des efforts, il faut d’abord établir les priorités des communautés : quels sont les objectifs généraux ou particuliers qu’une communauté s’est fixés pour elle-même? En soi et dans l’abstrait, les indicateurs de vitalité ne sont pas très utiles; il sont normalement liés à un résultat précis. Qui plus est, les communautés de langue officielle en situation minoritaire cherchent à relever leurs défis respectifs et disposent de quantités variables de ressources ou de capital pour accroître leur vitalité3. Avant de pouvoir dégager de façon générale les indicateurs de vitalité les plus importants, il faut d’abord examiner les initiatives communautaires locales, ainsi que les activités axées sur les résultats qui sont soutenues par les secteurs public ou privé dans les communautés.

    Les communautés cherchent à mieux comprendre les facteurs qui ont une incidence sur leur vitalité et les mesures à mettre en place pour améliorer leur situation.

    La vitalité communautaire est souvent le reflet de la perception des facteurs qui contribuent à la situation d’une communauté et des variations de cette perception au fil du temps. Puisque la vitalité est souvent enracinée dans de telles perceptions, son évaluation ne peut exclusivement reposer sur une mesure quantitative de la population et des ressources communautaires (à savoir, les données de recensement et d’enquêtes). Bien que de telles sources d’information demeurent importantes dans l’évaluation de certaines dimensions de la vitalité communautaire, notamment pour ce qui a trait à la démographie et à la migration, la meilleure façon de les comprendre est de les combiner avec des données qualitatives.

    Pour saisir en profondeur la vitalité communautaire, il importe d’analyser la condition des communautés de langue officielle en situation minoritaire au moyen des objectifs et des expériences de leurs propres membres. La présente étude avait précisément pour but une telle analyse en vue de suggérer des plans d’action au gouvernement fédéral et aux communautés de langue officielle en situation minoritaire, et de donner à ces dernières les outils dont elles ont besoin pour continuer à assurer leur développement. Les modèles logiques, par exemple, sont considérés comme des outils pouvant servir dans le cadre du dialogue entre le gouvernement et les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

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    1. Objectifs

    Le principal objectif de l’étude était de recueillir de l’information sur les initiatives de développement communautaire dans des secteurs déterminés par chacune des communautés désignées, pour ensuite établir des indicateurs de vitalité qui leur seront utiles. Les objectifs particuliers étaient les suivants :

    • Cerner, dans chacune des communautés, les clés du succès et les pratiques exemplaires liées à la vitalité;

    • Préparer des modèles logiques, ou des ordinogrammes, indiquant, pour chaque communauté, les aspirations et les objectifs liés à chacun des quatre secteurs d’activité à l’étude;

    • Établir, dans une perspective d’évaluation, des indicateurs quantitatifs et qualitatifs à utiliser pour évaluer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire en fonction des priorités qu’elles se sont fixées;

    • Réaliser, pour chacune des trois communautés, une étude en vue de déterminer les atouts et les besoins dans les secteurs d’activité établis.

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    2. Méthodologie

    La présente étude fait suite au rapport intitulé Les indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire 1 : les francophones en milieu urbain4, dans lequel la vitalité communautaire est définie comme suit :

    La capacité d’une communauté de se prendre en charge à partir de plusieurs types de ressources (démographiques, politiques et juridiques, sociales, économiques et culturelles), qui sont transformées pour le bien collectif grâce à un leadership dynamique.

    Une autre étude intitulée Une vue plus claire : évaluer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire5 mettait également en lumière l’importance d’évaluer la vitalité d’une communauté au moyen d’une approche que les organismes communautaires pourraient utiliser pour définir, sous forme de résultats prévus, des objectifs de développement et de vitalité, et pour évaluer l’atteinte de ces résultats au moyen d’indicateurs et d’une procédure systématique de collecte et d’analyse des données. La présente étude répond au besoin d’évaluer la vitalité des communautés de manière pratique, en élaborant et en appliquant un « modèle de vitalité », c’est-à-dire un modèle logique assorti d’indicateurs et de sources de données.

    La communauté anglophone du Québec, qui existe depuis longtemps, est diversifiée. Elle comprend la grande population de langue anglaise de Montréal et de ses environs, ainsi que celle des nombreuses et dynamiques communautés urbaines, rurales et éloignées. Ces dernières sont réparties de par la province sur une distance latitudinale de 2 000 km; il est important de reconnaître cette particularité puisqu’elle est à la source de certaines des difficultés que les communautés connaissent. Bon nombre des communautés situées dans les régions ont une population inférieure au seuil fixé par la clause « là où le nombre le justifie » pour la prestation de services en anglais. De plus, elles sont isolées, d’un point de vue géographique, et différentes les unes des autres. Elles doivent donc, outre les priorités communes à toutes les communautés de langue officielle en situation minoritaire (telles que les services de santé et les services sociaux, l’éducation et la rétention des jeunes en région), résoudre les problèmes liés au transport, aux communications et au développement économique. La présente étude porte sur les communautés anglophones hors de Montréal afin de signaler la diversité inhérente aux communautés de langue officielle en situation minoritaire du Québec dans leur ensemble et d’examiner la façon dont les indicateurs de vitalité peuvent favoriser le développement dans divers contextes communautaires.

    Les trois communautés visées par l’étude ont été choisies parce qu’elles représentent la composition démographique et géographique du Québec anglophone à l’extérieur de Montréal (en région urbaine, rurale et éloignée). Montréal, considérée comme le centre de la communauté anglophone du Québec, a fait l’objet d’une récente initiative axée sur les défis liés à son développement6. La présente étude peut être perçue comme étant un complément de cette initiative. Un très grand nombre de communautés anglophones de la province vivent une réalité très différente de celle des Montréalais anglophones. Les trois communautés sélectionnées sont représentatives d’autres communautés anglophones qui se trouvent en milieu urbain, mais dont la densité démographique est faible, ou qui se trouvent dans des secteurs ruraux et éloignés où elles forment une minorité active au sein de la région ou, dans certains cas, une majorité dans une communauté locale. Au cours de récentes initiatives, on a pu constater que ces communautés étaient déterminées à accroître leur vitalité et à relever l’éventail de défis qui se posent à elles en tant que communautés de langue officielle en situation minoritaire.

    L’étude a été effectuée selon une approche participative qui incluait la mise sur pied d’un comité directeur, composé de huit intervenants communautaires de premier plan, de représentants du Commissariat aux langues officielles et de l’équipe de conseillers de la firme Qu’anglo Communications. Le 3 avril 2007 s’est tenue une séance d’orientation (sous forme de téléconférence) à l’intention du comité directeur afin de faire un survol du projet, de solliciter des points de vue généraux des représentants communautaires et de déterminer le processus (à savoir, l’échéancier, la méthode) à suivre pour les consultations auprès des groupes de travail dans chacune de leur communauté. La séance d’orientation a également servi à élaborer des critères de sélection des membres qui composeraient les groupes de travail, à désigner les participants des groupes de travail communautaires et à sélectionner les quatre secteurs prioritaires de chacune des régions.

    Les principaux éléments du plan de travail pour les consultations communautaires étaient les suivants :

    • Définir les concepts et la terminologie se rapportant à l’évaluation;
    • Aborder les principales questions en matière de vitalité;
    • Construire des modèles logiques pour chaque secteur (d’après les objectifs, les résultats et les actions);
    • Cerner les indicateurs convenant le mieux à l’évaluation du niveau de vitalité (complément des modèles logiques).

    Pour les fins des consultations communautaires, on a créé, pour chacune des trois communautés, un groupe de travail composé d’intervenants communautaires de premier plan et d’experts dans les secteurs ciblés. Chaque groupe comportait de 12 à 21 participants, des membres actifs au sein de la communauté ou des experts dans un secteur donné. Ces personnes ont été sélectionnées pour leur capacité à décrire les activités de développement, les résultats à court, à moyen et à long terme, les pratiques exemplaires et les besoins de leur communauté. Les représentants communautaires et ceux du Commissariat ont formulé des suggestions sur la composition des groupes de travail. Toutefois, la décision finale revenait aux conseillers.

    Communauté Secteurs étudiés
    Ville de Québec Jeunesse
    Santé et services sociaux
    Arts et culture
    Leadership et notoriété
    Cantons-de-l’Est  Jeunesse
    Santé et services sociaux
    Arts et culture
    Développement économique
    Basse-Côte-Nord Jeunesse
    Santé et services sociaux
    Renouvellement communautaire
    Développement économique

    Les groupes de travail communautaires ont tenu des séances en mai et en juin 2007. L’équipe de conseillers a animé des ateliers d’une journée dans chaque communauté. Les rencontres commençaient par une discussion générale sur le concept de vitalité, suivie d’une discussion structurée sur les principaux éléments de la vitalité et ses indicateurs, et la façon dont ils s’appliquent aux divers secteurs ciblés. Les membres des communautés avaient précisément la tâche de décrire la vitalité dans chacun des secteurs en dégageant les activités (extrants) et les résultats prévus à court, à moyen et à long terme. Chacune des séances des groupes a été suivie d’une rencontre de validation, en août ou en septembre 2007, étoffée au moyen de discussions, par courriel et par téléphone, pour donner suite aux conclusions de la séance. Les modèles logiques ont donc été élaborés pour chaque secteur de manière à témoigner le plus fidèlement possible des opinions des représentants communautaires sur la vitalité de leurs communautés respectives.

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    3. Conclusions

    Bien que chacune des études sur les trois communautés aient porté sur des secteurs différents liés à la vitalité, il est possible de formuler certaines observations générales sur l’expérience des communautés anglo-québécoises à l’extérieur de Montréal. Les conclusions générales des Indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire 2 témoignent de certaines réalités communes aux communautés.

    3.1 Secteurs communs

    Lorsqu’elles ont élaboré, séparément, leur modèle de vitalité, les trois communautés ont sélectionné les secteurs « jeunesse » et « santé et services sociaux » parmi leurs quatre secteurs prioritaires, sur les douze possibles. En outre, bien qu’elles aient utilisé une formulation légèrement différente, les trois communautés ont fait valoir le même objectif pour les deux secteurs : garder les jeunes en région et assurer une communauté en santé à long terme. Une telle cohérence dans leur sélection met clairement en évidence la possibilité d’utiliser le modèle logique pour dégager les similitudes entre les diverses communautés et pour élaborer un modèle de vitalité général pour l’ensemble d’une communauté de langue officielle en situation minoritaire. Un tel modèle pourrait alors être utilisé pour obtenir des appuis à des programmes et pour mettre en œuvre des politiques d’ordre général pouvant servir à des secteurs particuliers.

    3.2 Indicateurs communs

    Comme pour les secteurs prioritaires, les trois communautés ont cerné plusieurs indicateurs identiques qu’elles estiment être d’importants repères de leur vitalité. Le plus marquant de ces indicateurs est la sensibilisation et, bien que celle-ci constitue un élément fondamental du développement communautaire, elle a été abordée en profondeur dans les modèles de vitalité. Les représentants communautaires ont fortement souligné l’importance de rehausser les efforts de sensibilisation, notamment auprès des jeunes au sujet des programmes en place pour les soutenir; auprès de la population anglophone en général, à propos des arts et de la culture de la communauté anglophone qui les entoure; auprès de la communauté francophone au sujet de la communauté anglophone et de ses leaders, de ses participants et de ses activités. Les communautés ont également fait valoir que la présence des médias était un important indicateur global de la sensibilisation. De façon générale, bon nombre des objectifs à court terme décrits dans les modèles logiques semblent être des étapes menant à une sensibilisation accrue dans divers secteurs en vue de favoriser les progrès à moyen et à long terme.

    3.3 Renouvellement

    Le renouvellement a été un thème prédominant tout au long des discussions dans les trois communautés. De façon plus particulière, on associait le renouvellement à la capacité institutionnelle (services de santé et services sociaux), à l’identité (arts et culture), à l’investissement dans la croissance économique et, bien entendu, aux jeunes, à savoir la nécessité de maintenir une communauté dynamique où ceux et celles qui y ont grandi peuvent espérer avoir une vie professionnelle, communautaire et familiale. Malgré la solide assise que constituent l’infrastructure et les organismes communautaires dans les communautés anglo-québécoises à l’extérieur de Montréal, le déclin soutenu et à long terme de la population ne peut avoir qu’un seul résultat. En d’autres mots, une communauté qui perd sa masse critique cesse, à un moment donné, d’être une communauté. Le renouvellement pose un défi particulier à ces communautés, qui sont en région et, souvent, isolées. Prévenir l’épuisement chez les  bénévoles, fournir un cadre positif pour mobiliser des meneurs et contrer les tendances démographiques en s’assurant de la participation des jeunes dans tous les secteurs d’activité constituent des mesures capitales pour le développement et la vitalité d’une communauté. Il va de soi que, pour ces communautés, il ne saurait y avoir d’amélioration de leur vitalité à court, à moyen ou à long terme sans progrès mesurable sur le plan du renouvellement.

    3.4 Les facteurs de vitalité

    Bien qu’ils n’aient été retenus que par deux des trois communautés participantes, le secteur des arts et de la culture et celui du développement économique représentent les « moteurs de la vitalité », c’est-à-dire des secteurs qui, même s’ils sont considérés par les communautés comme étant bénéfi ques en soi, sont également jugés essentiels au développement global de la communauté. Ainsi, on estimait que les arts et la culture étaient importants tant pour leurs valeurs intrinsèques à l’égard de l’identité, que pour leur potentiel de mobilisation intracommunautaire et les perspectives d’emploi qu’ils comportent pour les membres de la communauté. Le développement économique, certes important pour la création d’emplois, contribue également à garder les jeunes en région et à développer les compétences au sein de la communauté. En outre, il peut se révéler, à long terme, l’une des pierres angulaires d’une communauté saine – dans le cadre du modèle de santé de la population. Ces secteurs favorisent la vitalité d’une communauté. Il s’agit d’importants stimulants recensés en partie dans le modèle de vitalité, et ils peuvent servir à définir un plan d’action au moyen duquel la  communauté tirera le maximum d’avantages.

    3.5 Emplacement géographique

    Les conséquences de la géographie ou de l’emplacement sur la vitalité des trois communautés de langue officielle en situation minoritaire sont évidentes. Sur la Basse-Côte-Nord, la prédominance de la langue anglaise dans les communautés locales est contrebalancée par leur isolement (absence d’accès routier, transports coûteux, etc.). À Québec, l’avantage d’un milieu soutenu par les ressources gouvernementales dont peut jouir une capitale provinciale est contrebalancé par la taille réduite et la baisse de la population anglophone, qui risque d’être assimilée. Dans les Cantons-de-l’Est, une population anglophone relativement grande est répartie sur un vaste secteur rural qui englobe plusieurs administrations régionales et divisions administratives. Chaque communauté est aux prises avec ses défis propres qui influent sur sa perception de sa vitalité et les moyens possibles de l’accroître.

    3.6 Renforcer l’autonomie des communautés

    Nous avons discuté, plus tôt dans cette section, de la définition de la vitalité communautaire et de la façon de la mesurer pour déterminer les progrès qui s’accomplissent. Nous pouvons maintenant, tout au moins dans les limites de cette discussion, poser la question suivante : comment une meilleure compréhension de la vitalité communautaire saura-t-elle permettre des changements dans les secteurs qui favorisent une vitalité accrue des communautés de langue officielle en situation minoritaire?

    La réponse à cette question repose sur l’application ultérieure de la formule d’évaluation. En utilisant les éléments combinés du modèle de vitalité (le modèle logique, les indicateurs et les sources de données), les membres d’une communauté peuvent fixer des objectifs en vue d’en améliorer la vitalité. Cet exercice repose sur une approche participative qui assure une  mobilisation significative des communautés ainsi qu’une responsabilisation à l’égard de la mesure du changement. Le changement provient du pouvoir, et l’habilitation découle d’une organisation efficace. Le fait d’intégrer les opinions des membres d’une communauté dans un cadre de contrôle donne lieu à un outil puissant qui est à la fois bien implanté dans la réalité et assorti des indicateurs appropriés pour mesurer les résultats. Cette façon de procéder contribue à accroître l’autonomie des communautés en réunissant les intervenants pour fixer des buts communs au chapitre du développement et en étoffant les revendications qu’elles présentent au gouvernement et à leurs partenaires pour ce qui a trait à l’ampleur et au type de soutien nécessaire aux initiatives de développement.

    3.7 La capacité de mesurer le progrès

    Les communautés ont réagi très positivement au projet de création d’un modèle de vitalité7, et le processus de consultation communautaire s’est déroulé de manière relativement efficace : une communauté pouvait facilement créer un modèle logique pour un secteur prioritaire en moins d’un jour. Cependant, la réalité est toute autre lorsqu’il faut mesurer les progrès une fois que le modèle de vitalité est créé. En effet, pour ce faire, les communautés doivent collecter et analyser efficacement des données. Puisque, le plus souvent, le soutien financier destiné au développement communautaire est accordé pour des projets, il est difficile pour les communautés d’exercer une gestion et un contrôle continus des changements qui s’opèrent. En outre, la plupart des organismes communautaires ne disposent pas de l’expertise nécessaire pour ensuite trier et analyser, sans l’aide d’experts-conseils, les données amassées, ce qui impose des contraintes supplémentaires à des budgets déjà limités.

    La capacité de mesurer le progrès est essentielle au concept de vitalité communautaire, comme l’est la création du modèle de vitalité initial. Sans l’affectation de ressources suffisantes et sans l’acquisition des compétences spécialisées requises, l’utilisation de tout outil d’évaluation, peu importe sa pertinence et la qualité de sa conception, sera limitée et peu habilitante pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Tel qu’il est indiqué dans le document Indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire 1 : les francophones en milieu urbain, les communautés de langue officielle en situation minoritaire doivent acquérir une capacité de recherche et d’évaluation au moyen d’initiatives de formation et de partage de renseignements, et ces démarches devraient être soutenues par des ressources (spécialisées) externes et le gouvernement.

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    Bibliographie

    Voici une liste non exhaustive de références sur la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

    Jedwab, Jack. Vers l’avant : l’évolution de la communauté d’expression anglaise du Québec –novembre 2004. Ottawa : Commissariat aux langues officielles, 2004. En ligne : http://www.clo-ocol.gc.ca/html/stu_etu_evolution_112004_f.php.

    Johnson, Marc L. et Paule Doucet. Une vue plus claire : évaluer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Ottawa : Commissariat aux langues officielles, mai 2006. En ligne : http://www.ocol-clo.gc.ca/html/stu_etu_052006_f.php.

    Maynard, Hugh. Economic Renewal for the Rural English-speaking Communities of Quebec: Potential and Possibilities for Economic Development in the Natural Resource Sectors. Ottawa : Industrie Canada, 2004.

    Pal, Leslie A. Interests of State: The Politics of Language, Multiculturalism, and Feminism in Canada. Montréal: McGill-Queen’s University Press, 1993.

    Pocock, Joanne. Social Support Networks in Quebec’s English-speaking Communities. Québec City: Community Health and Social Services Network, 2006. En ligne : http://www.chssn.org/Document/Download/Social_Capital_Report_202005-2006.pdfSite externe.

    Quebec Community Groups Network. Plan de développement communautaire pour les communautés anglophones du Québec 2005-2010. Ville de Québec, 2005. En ligne : www.qcgn.com/files/QCGN/aCDP_Brochure_FR.pdfSite externe.

    Scowen, Reed. A Different Vision: The English in Quebec in the 1990s. Toronto: Maxwell Macmillan Canada, 1991.

    Scowen, Reed. Time to Say Goodbye: The Case for Getting Quebec out of Canada. Toronto: McClelland and Stewart, 1999.

    Stevenson, Garth. Community Besieged: The Anglophone Minority and the Politics of Quebec. Montréal: McGill-Queen’s University Press, 1999.

    Walling, Richard, Louis Hanrahan et Jennifer Johnson. The Holland Centre Experience: A Community Development Model for Minorities. Ville de Québec : Holland Resources Development Corporation, 2001.

    Notes

    1 La région de Montréal a fait l’objet d’une activité détaillée de liaison et d’évaluation communautaire en 2007, dans le cadre de l’Initiative pour le développement communautaire dans la région du Grand Montréal, dirigée par l’organisme Quebec Community Groups Network.

    2 On trouvera de plus amples détails sur les divers aspects de la vitalité communautaire dans des rapports publiés par le Commissariat aux langues officielles.

    3 Marc L. Johnson et Paule Doucet, Une vue plus claire : évaluer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire, Commissariat aux langues officielles, 2006.

    4 Commissariat aux langues officielles, Les indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire 1 : les francophones en milieu urbain, Ottawa, 2007, p. i.

    5 Marc L. Johnson et Paule Doucet, Une vue plus claire : évaluer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire, Commissariat aux langues officielles, 2006.

    6 Initiative pour le développement communautaire dans la région du Grand Montréal, Bâtir sur la diversité et les changements au sein des communautés anglophones de la région du Grand Montréal : Poursuivre les stratégies et les objectifs communs en matière de développement, juin 2007. En ligne : http://www.qcgn.ca/page.asp?intNodeID=31297Site externe.

    7 Plus de 80 p. 100 des membres des groupes de travail dans les trois régions ont attribué aux séances la cote « très bon » ou « excellent ».



    Les indicateurs de vitalité 2

    La communauté anglophone des Cantons-de-l’Est

    La communauté anglophone de Québec

    La communauté anglophone de la Basse-Côte-Nord