ARCHIVÉE - 2. Profil de la communauté anglophone de Québec

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2.1 Population

2.1.1 Historique

L’endroit où se trouve aujourd’hui la ville de Québec était, à l’origine, un village autochtone, Stadacona. Quelque 70 ans après que Jacques Cartier eut échoué dans sa tentative d’établir une colonie de peuplement, en 1541, Samuel de Champlain dirigea, en 1608, l’expédition qui a mené à la fondation d’une colonie là où s’élève aujourd’hui Québec. Champlain est reconnu comme le père fondateur de la Nouvelle-France, dont on honore actuellement la mémoire dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de la Vieille Capitale.

Québec compte des citoyens anglophones depuis ses premiers jours, où elle était alors un poste de traite des fourrures. La communauté anglophone y a toutefois acquis un statut permanent avec l’arrivée des forces britanniques, en 17599. Aujourd’hui, le Quebec Chronicle-Telegraph poursuit la tradition de son ancêtre, la Quebec Gazette, fondée en 1764, ce qui en fait le plus ancien journal du continent. Québec a été la capitale de l’Amérique du Nord britannique pendant la majeure partie des années qui ont précédé la Confédération. Elle fut un important point d’entrée pour les immigrants venus de l’Europe. Les anglophones se trouvaient dans tous les horizons : administrateurs de colonie, marchands engagés dans le commerce transcontinental, soldats de garnison, sans oublier les immigrants pauvres (Irlandais pour la plupart), travaillant comme débardeurs sur les chantiers maritimes. Tous ont joué un rôle important dans l’essor de la ville.

En 1818, la première grande vague d’immigrants en provenance d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse s’est mise à déferler, atteignant un sommet de 96 000 nouveaux arrivants en 1847. Nombre d’entre eux se sont établis à Québec. En 1861, le tiers de la population de Québec était composée d’Irlandais, soit 59 990 personnes, et 51 p. 100 d’anglophones. Toutefois, seulement dix années plus tard, ce pourcentage avait chuté de près d’un tiers lorsque les anglophones quittèrent la province pour d’autres coins du Canada et les États Unis. La population a diminué peu à peu, à mesure que Montréal remplaçait Québec comme centre du commerce et de l’industrie. En 1921, seulement 10 p. 100 de la population était anglophone. En 1971, cette proportion avait chuté à 6 p. 100, pour ne représenter aujourd’hui que 1,9 p. 100 de la population totale de la région métropolitaine de Québec.

2.1.2 Démographie10

Le profil démographique qui suit est fondé sur les données de recensement pour la région métropolitaine de Québec.

Profil démographique
Selon le recensement de 2006, la population dont la première langue officielle parlée (PLOP) est l’anglais s’élève à 9 780 personnes, soit 1,9 p. 100 de la population totale de la région de Québec. La population dont l’anglais est la PLOP représente un peu plus de 1 p. 100 de tous les habitants du Québec dont l’anglais est la PLOP.

Âge
Un peu moins de 19 p. 100 de la population de la région de Québec dont l’anglais est la PLOP ont plus de 65 ans, comparativement à 15 p. 100 de la population totale de la région. Les moins de 15 ans représentent environ 9 p. 100 de la population anglophone totale, comparativement à 14,6 p. 100 de l’ensemble de la population de la région de Québec. Ces chiffres indiquent que la population anglophone de la région a un rapport de dépendance (proportion d’aînés par rapport aux jeunes) un peu plus élevé que dans la population globale de la région métropolitaine de québec.

Origines et migration
Une proportion de 14,3 p. 100 de la population anglophone de Québec est née hors du Canada, comparativement à 4,2 p. 100 pour l’ensemble de la région. La population anglophone de l’endroit est donc beaucoup plus diversifiée que la population générale. Près d’un immigrant sur dix, dans la région de Québec, déclare que sa PLOP est l’anglais. De 2001 à 2006, la population d’expression anglaise de Québec a enregistré une perte nette de plus de 600 personnes (plus de 6 p. 100 du groupe) d’après la migration d’entrée et de sortie pour cette région.

Langue
La communauté anglophone de Québec s’est considérablement modifiée sur le plan linguistique étant donné qu’un nombre important de personnes dont la première langue apprise et encore comprise est l’anglais déclarent parler français le plus souvent à la maison. En effet, en 2006, une légère majorité d’anglophones de Québec, recensés selon leur langue maternelle, déclaraient parler français le plus souvent à la maison. Ces modifications linguistiques ont, dans une certaine mesure, été compensées par la proportion de francophones déclarant s’exprimer en anglais à la maison. Toutefois, il ne fait pas de doute que ces virages linguistiques ont une incidence profonde sur le sentiment d’appartenance à la communauté.

Conditions socioéconomiques
Selon le recensement de 2001, le revenu de la population d’expression anglaise de la région de Québec se compare favorablement à celui de sa population globale.

2.1.3 Sommaire

De façon générale, on constate un déclin lent, mais régulier de la communauté anglophone dans la population de Québec. Par rapport à la population totale de Québec, la communauté anglophone compte une proportion plus importante de personnes âgées et un pourcentage inférieur de jeunes. De plus, il semble que le taux de transfert linguistique vers le français augmente, ce qui dénote un certain degré d’intégration, sinon d’assimilation à la population d’expression française.

2.2 Ressources communautaires

En tant que membres d’une communauté vieille de plusieurs siècles, les citoyens anglophones de Québec ont mis sur pied d’importantes ressources communautaires. La vie culturelle y est active et variée. Elle s’exprime notamment par le théâtre, les arts visuels, la musique, les attractions patrimoniales et les musées, les médias d’information, les sports et les établissements d’enseignement.

Arts et culture

  • Danse – Friday Night Traditional Dances, Shannon Irish Dancers
  • Écriture – Quebec Writer’s Circle
  • Livres – Sainte-Foy Book Group
  • Musique – Festival de musique celtique de Québec; 78th Fraser Highlanders Pipe Band
  • Théâtre – Quebec Art Company

Éducation

  • Commission scolaire Central Québec (trois écoles secondaires, six écoles primaires, un centre d’éducation des adultes et de formation professionnelle, un centre d’apprentissage communautaire)
  • Champlain Regional College (cégep) – campus St. Lawrence
  • English Second Language Teachers Network
  • Quebec City Reading Council

Communications

  • Télévision – Global Quebec
  • Radio – CBC, Radio touristique de Québec
  • Journal – Quebec Chronicle-Telegraph

Santé et services sociaux

  • Hôpital Jeffery-Hale
  • Services communautaires Jeffery-Hale
  • Holland Resources Development Corporation
  • Fraser Recovery Program
  • Community Health and Social Services Network (CHSSN)
  • Alcoholics Anonymous
  • Overeaters Anonymous

Société et religions

  • Quebec City Women’s Club
  • Rise n’ Shine It’s Breakfast Time
  • The Lunch Bunch
  • Ste-Foy Book Club
  • American Colony of Quebec
  • Nombreux lieux de culte – églises anglicanes, baptistes, catholiques, pentecôtistes, presbytériennes et unies – centre baha’i et synagogue
  • Betty’s Quilters
  • Knitters’ Club (CWL)
  • Saint Brigid’s Guild

Emploi

  • Programme FORT (retour au travail, formation et orientation)

Jeunes

  • Scouts Canada (St. Vincent)
  • Guides du Canada

Sports

  • Un collège et trois écoles secondaires offrant des programmes de hockey interscolaires

Patrimoine

  • 78th Fraser Highlanders
  • Irish Heritage Quebec
  • Literary & Historical Society of Quebec
  • Morrin Centre
  • Quebec City Guild of Change-Ringers
  • Quebec Seamen’s Institute

Communauté

  • Voice of English-speaking Québec
  • Community Economic Development & Employability Committee (CeDeC)
  • Centre de la famille Valcartier

Aînés

  • Jeffery Hale Community Services for Seniors
  • Stoneham Fifty Plus Club
  • St. Brigid’s Home
  • Shannon Senior Citizens
  • Valcartier Golden Age Group

2.3 Pratiques exemplaires par secteur ciblé

Les participants anglophones de Québec ont choisi quatre secteurs prioritaires à examiner sous l’angle de la vitalité. La présente section décrit certaines des initiatives considérées comme des pratiques exemplaires ou des cas de réussite, parce qu’elles ont contribué à stimuler la vitalité communautaire.

2.3.1 Jeunesse

Coordonnateur pour les jeunes
Voice of English-speaking Québec, association régionale qui représente les intérêts de la communauté dans son ensemble, poursuit un vaste éventail d’activités de développement communautaire. Dans la foulée d’une étude sur la situation et les besoins des jeunes dans la communauté, l’organisme a embauché un coordonnateur chargé d’appuyer les efforts d’un comité consultatif jeunesse et de faire valoir le bilinguisme des jeunes anglophones auprès des employeurs éventuels.

Projet de mentorat
Le campus St. Lawrence du Champlain College, cégep anglophone, offre un programme de stage avec mentorat et de placement coopératif pour les étudiants du programme d’administration des affaires. L’une des caractéristiques clés de l’initiative est la promotion du bilinguisme des étudiants. Bon nombre d’entreprises tirent profit de la présence de travailleurs qualifiés dans les domaines où il y a pénurie de main d’œuvre, et les jeunes y acquièrent une expérience de travail pertinente.

2.3.2 Santé et services sociaux

Services communautaires Jeffery-Hale
Fondé en 1865 en tant qu’hôpital, l’établissement fait maintenant la promotion du mieux-être de la population anglophone de la grande région de Québec. Le « Jeff » est un centre sans but lucratif offrant une variété de services de santé et de services sociaux aux gens de tous âges. Il fournit aussi des services de santé et d’aiguillage aux citoyens des communautés anglophones de la partie est du Québec et appuie les activités de développement communautaire visant, notamment, à soutenir le bénévolat. Ajoutons que l’institution loue des bureaux à plusieurs organisations de la communauté anglophone.

Centre de la famille Valcartier
Valcartier abrite l’une des plus grandes bases militaires de l’Est du Canada. Un nombre imposant de familles d’employés anglophones s’est établi dans la région située juste au nord de Québec. Reconnaissant la nature particulière de la vie militaire, le Centre de la famille Valcartier a pour mission d’améliorer la qualité de vie de la communauté. Il offre des services d’information et d’aiguillage, des soins d’urgence pour enfants, de l’aide à l’emploi (programme FORT), du counselling, des initiatives de bénévolat, un soutien aux familles des réservistes et des programmes jeunesse. Une formation en français ou en anglais, langue seconde est également offerte. Compte tenu de la masse critique de la base militaire, le centre peut également offrir des services communautaires de qualité supérieure à la population anglophone locale.

Programme de réhabilitation Fraser
Créé en 1996, le programme est doté d’un mandat précis : faire en sorte que les jeunes de Québec demeurent sobres, aux études et à la maison. Cette organisation sans but non lucratif offre des évaluations et du counselling individuels, des réunions de soutien bihebdomadaires et un service téléphonique d’urgence ouvert jour et nuit pour soutenir les membres. Elle dispose également d’un programme de camping durant les fins de semaine, les vacances et les mois d’été.

2.3.3 Arts et culture

Morrin Centre
La Société littéraire et historique de Québec est la plus ancienne société savante au pays. Elle est à restaurer son site patrimonial, qui abritera le Morrin Centre, un portail culturel destiné à éduquer le public sur le rôle historique de la communauté anglophone de Québec et sa culture actuelle. Conçu, au départ, pour servir de prison commune, l’édifice, construit en 1808, fut par la suite transformé pour abriter la Société et le Morrin College, le premier établissement d’enseignement supérieur anglophone de la ville, ouvert en 1868 et fermé au début du XXe siècle. En 1989, la Ville de Québec a acquis ce monument patrimonial pour en assurer la restauration. En 2000, la Société littéraire et historique de Québec a pris en charge la gestion du projet de centre culturel.

Festival celtique de Québec
Lancé en 2006 par l’entremise du Morrin Centre nouvellement rénové, le Festival celtique de Québec offre au public un vaste éventail d’activités afin de promouvoir les racines bretonnes, écossaises et irlandaises de la communauté. Ateliers, spectacles, défilés, conférences et stands d’information mettent la communauté anglophone bien en vue et lui procurent une vitrine pour faire valoir son patrimoine et sa contribution au développement de la capitale provinciale.

2.3.4 Leadership et notoriété

Holland Resources Development Corporation
Après que le Ladies Protestant Home eut fermé ses portes, en 1991, on a mis sur pied un consortium de sept organismes pour donner corps au développement communautaire et y assurer un leadership ainsi que pour aider à gérer les institutions de la communauté. La société Holland a adapté avec succès les services communautaires après la conversion de l’hôpital Jeffery-Hale, jusque-là le seul hôpital anglophone pour la ville de Québec et l’est du Québec, en établissement de soins de longue durée. La société Holland a obtenu des ressources financières de l’organisme régional de santé pour mettre sur pied et exploiter le Holland Centre – devenu l’établissement de services communautaires Jeffery-Hale –, et pour gérer le centre Saint Brigid’s pour personnes âgées. L’organisation continue d’exercer un rôle de leadership dans l’élaboration et la gestion de services sociaux clés pour la communauté anglophone.

Notes

9 Blair, Louisa Les Anglos - La face cachée de Québec – Tome I, 1608-1850, tome II, Depuis 1850, Québec, Commission de la capitale nationale du Québec et les Éditions Sylvain Harvey.

10 Nous ne disposions pas de toutes les données du recensement de 2006 au moment de publier l’étude. Par conséquent, les données de la présente section proviennent de ce recensement, sauf indication contraire.



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