ARCHIVÉE - Conclusion

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Notre étude sur la langue de travail25 jette un peu plus de lumière sur les facteurs qui ont une incidence directe sur l’usage des deux langues officielles et la nature des défis que doivent relever les gestionnaires, le personnel francophone et le personnel anglophone qui travaillent dans un milieu de travail bilingue. Malgré les progrès, l’égalité de nos deux langues officielles au travail n’est pas encore acquise et demeure un projet en devenir à plusieurs égards.

L’examen de la langue de travail au sein des sociétés d’État nous a permis de relever une lacune importante au niveau des systèmes de gestion des langues officielles des sociétés d’État. Puisque ces systèmes peuvent varier d’une société d’État à l’autre, il est difficile pour le Parlement d’évaluer leur conformité à la Loi sur les langues officielles. Il existe donc un problème important au niveau de la reddition de compte. Le Commissariat examinera la question plus à fond au cours des prochains mois.

Nous constatons toutefois une grande convergence dans les résultats des sondages et des groupes de discussion, que ce soit au niveau de la culture organisationnelle, du leadership de la haute gestion et des superviseurs, des capacités linguistiques du groupe majoritaire ou de l’interaction entre l’administration centrale et les bureaux régionaux au Québec. Des participantes et des participants aux groupes de discussion ont confirmé que des milieux de travail où les deux langues officielles sont également valorisées et respectées existent dans l’appareil fédéral, et ce, grâce à l’engagement clair de leur haute gestion.

Bâtir sur les atouts

Notre étude nous a permis de dégager des atouts importants sur lesquels les institutions devraient se fonder pour réaliser des progrès. Le bilinguisme jouit d’un fort appui auprès du personnel anglophone et du personnel francophone. La grande majorité des répondantes et des répondants s’accordent pour dire qu’il constitue une richesse pour l’ensemble de la société canadienne. Ils sont d’ailleurs fiers de pouvoir travailler dans un milieu bilingue. En bout de ligne, le bilinguisme favorise une meilleure prestation des services aux citoyens et aux citoyennes.

En outre, les anglophones de la RCN et les francophones des régions bilingues du Québec aimeraient utiliser davantage leur langue seconde au travail. Le gouvernement doit miser sur cette bonne volonté en incitant le personnel en situation linguistique minoritaire à utiliser sa première langue officielle, ce qui multipliera les occasions, pour le groupe en situation majoritaire, de maintenir et d’augmenter ses connaissances de sa langue seconde.

Viser les résultats avant tout

L’étude sur la langue de travail nous a permis de brosser un tableau assez complet de la réalité vécue par les employées et les employés fédéraux travaillant au Québec et dans la RCN. Elle vise à accélérer le changement de culture tant attendu au sein des institutions fédérales. Ce que le personnel veut, d’abord et avant tout, ce sont des changements concrets dès maintenant dans leur milieu de travail. Même s’il y a eu des progrès, ils veulent se sentir à l’aise de parler et de travailler dans leur première langue officielle, sans être perçus comme des « revendicateurs », ce qui n’est pas toujours le cas.

Les institutions fédérales doivent donc élaborer un cadre de valorisation des langues officielles axé sur l’usage réel des deux langues officielles et accompagné d’indicateurs de résultats facilement mesurables. Ce cadre doit comprendre trois axes d’intervention qui, étant donné leur interdépendance, doivent faire l’objet d’efforts constants et simultanés pour donner les résultats escomptés. Ces trois axes sont le leadership, la capacité institutionnelle et la capacité personnelle. On peut trouver de plus amples détails sur le cadre de valorisation dans l’étude De la parole aux gestes : la langue de travail au sein de la fonction fédérale. Les sociétés d’État et autres organismes distincts devraient d’ailleurs se familiariser avec cette étude, afin de s’approprier les recommandations qui y sont émises, car nous envisageons, dans une phase ultérieure, d’examiner attentivement les mécanismes et systèmes de gestion des langues officielles de ces institutions fédérales.

Encore une fois, il ne fait aucun doute que les hauts dirigeants et les gestionnaires ont un rôle primordial à jouer pour que le gouvernement du Canada respecte pleinement les exigences de la Loi sur les langues officielles. Ce sont eux qui, bien souvent, donnent le ton. La culture organisationnelle de leur institution respective se modèle sur leur comportement. Pour qu’un milieu de travail soit réellement propice à l’usage effectif des deux langues officielles, la haute gestion doit en faire une priorité. Sans cet engagement, l’esprit de la Loi sur les langues officielles reste souvent lettre morte.

Mieux exploiter la capacité bilingue et la renforcer

À l’instar de la haute gestion, les superviseurs à tous les échelons jouent un rôle clé puisqu’ils influencent directement la culture organisationnelle de leur environnement de travail immédiat. Un grand nombre de superviseurs ont une bonne connaissance de leur langue seconde, mais par manque de sensibilisation, gêne ou milieu ambiant, ils ne la mettent pas suffisamment en pratique.

Dans la RCN, puisque l’anglais est très largement utilisé, les anglophones éprouvent plus de difficultés à maintenir leurs connaissances en langue seconde. Plus souvent qu’autrement, ils manquent de confiance dans leurs compétences linguistiques et évitent de parler français. Rapidement, ils perdent une bonne partie des connaissances acquises. La plupart d’entre eux possèdent toutefois des compétences réceptives de leur langue seconde. Il s’agit d’un savoir linguistique que les institutions fédérales doivent exploiter et renforcer. D’ailleurs, les anglophones rapportent vouloir utiliser davantage le français au travail. Les institutions fédérales doivent inciter les francophones à utiliser leur première langue officielle au maximum. Les anglophones auront alors plus d’occasions de pratiquer le français, ce qui augmentera leur niveau de confiance et, éventuellement, l’usage des deux langues officielles.

Au Québec, dans les ministères fédéraux, la situation est tout autre. La langue de travail étant principalement le français, les anglophones sont très bilingues et plusieurs notent une amélioration de leurs compétences en français depuis leur entrée dans la fonction publique fédérale. Par contre, ce sont eux qui doivent davantage se plier à la langue de la majorité, le français. Les gestionnaires francophones doivent créer un climat où les anglophones se sentiront plus à l’aise d’utiliser leur première langue officielle.

Corriger les inégalités

Dans la RCN, l’anglais prédomine dans la culture organisationnelle, tant dans les ministères qu’au sein des sociétés d’État. L’usage de cette langue y est nettement supérieur à celui du français. Dans les ministères, la prédominance de l’anglais se fait nettement sentir lorsque des fonctionnaires du Québec interagissent avec des fonctionnaires de la RCN. Il s’agit d’un problème qui perdure depuis de nombreuses années.

Nous avons toutefois noté l’inverse dans les bureaux fédéraux situés dans les régions bilingues du Québec. En effet, dans les ministères fédéraux, le français prédomine. Par contre, dans les sociétés d’État situées à Montréal, l’usage des deux langues officielles est plus équilibré, bien qu’à la lumière des données, l’anglais prédomine dans la documentation et les communications écrites.

Peu importe la région de travail, le statut inégal des deux langues est le plus visible lors des réunions, où les membres du groupe linguistique en situation minoritaire ne se sentent pas à l’aise de parler dans leur première langue officielle. À cet égard, la haute gestion joue un rôle de premier plan, puisque la plupart du temps, la culture organisationnelle se modèle sur son comportement. Souvent, le personnel se plie à la langue de travail préconisée par la haute gestion, par souci d’efficacité et de rapidité.

De plus, dans certains cas, des répondants rapportent ne pas avoir accès à leurs outils de travail ou à des cours de formation et de perfectionnement professionnel de qualité dans la langue de leur choix. Les ministères fédéraux et les sociétés d’État doivent tous deux corriger les inégalités que l’étude nous a permis de relever.

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