ARCHIVÉE - III Créér un milieu de travail respectueux des droits linguistiques de son personnel(Résultats des groupes de discussion)

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Quels sont les éléments essentiels d’un milieu de travail qui est respectueux des droits linguistiques de son personnel? Voici la question à laquelle les participants aux groupes de discussion ont tenté de répondre. Peut-on atteindre un tel objectif? La réponse est simple : oui. Selon des participants aux groupes de discussion, de tels milieux de travail existent déjà au sein de l’appareil fédéral, et ce, grâce à l’engagement clair de leur haute gestion envers la dualité linguistique.

Malheureusement, cet état de fait n’est pas la réalité de l’ensemble des fonctionnaires. Malgré les progrès, plusieurs gestionnaires éprouvent des difficultés à mettre en place les mesures requises ou comprennent mal ce qu’on attend vraiment d’eux. Il s’agit rarement de mauvaise volonté, mais davantage d’une incompréhension des objectifs visés par la Loi sur les langues officielles.

Dans les paragraphes qui suivent, nous examinons quels sont les éléments essentiels qui, selon les participants, doivent être présents au sein d’un milieu de travail respectueux des droits linguistiques. Nous rapportons également certaines difficultés relevées dans les milieux de travail ainsi que les solutions proposées.

Bien que les groupes de discussion aient réuni des fonctionnaires à l’emploi de ministères fédéraux, les gestionnaires des sociétés d’État et autres organismes assujettis à la Loi sur les langues officielles peuvent s’approprier le cadre d’intervention élaboré par les participants. Une analyse de nos sondages sur la langue de travail démontre que les employées et les employés fédéraux en situation linguistique minoritaire font face à des défis très semblables, quel que soit l’organisme qui les emploie ou la région bilingue où ils travaillent.

A. Les éléments essentiels d’un milieu de travail respectueux

Peu importe la région de travail ou la langue officielle préférée des fonctionnaires, les participants aux groupes de discussion ont défini les mêmes éléments essentiels que doit comprendre un milieu de travail respectueux des droits linguistiques de tous :

  • s’exprimer dans sa langue officielle préférée;
  • être en mesure de comprendre et être compris;
  • avoir le droit de faire des erreurs lors de l’apprentissage d’une langue seconde, sans être jugés;
  • obtenir des possibilités d’avancement comparables;
  • être supervisé dans la langue officielle de son choix;
  • travailler au sein d’une organisation où sa langue est valorisée.

1. S’exprimer dans sa langue officielle préférée

Se sentir pleinement respectés, c’est d’être à l’aise de s’exprimer dans l’une ou l’autre langue officielle, à notre choix. C’est aussi d’avoir la certitude que nos interlocuteurs sont aptes à bien saisir notre message.

Un des objectifs fondamentaux de la Loi sur les langues officielles est d’assurer que les deux langues officielles ont un statut égal au sein des institutions fédérales. Pour atteindre cette égalité, le personnel des régions désignées bilingues doit se sentir à l’aise d’utiliser sa première langue officielle, ce qui n’est pas toujours le cas pour le personnel du groupe linguistique en situation minoritaire (les anglophones au Québec et les francophones ailleurs au pays). Comme nous le constatons en examinant les résultats de nos sondages sur la langue de travail, les réunions sont les occasions où le statut inégal des deux langues officielles est le plus évident et où les fonctionnaires veulent communiquer davantage dans leur première langue officielle. Ce sujet a d’ailleurs fait l’objet de nombreux commentaires lors des groupes de discussion.

« L’émetteur devrait avoir le choix de la langue qu’il désire utiliser et le récepteur devrait comprendre ce que je lui ai dit. »
– Agent ou personnel de soutien francophone, RCN

« Tu t’exprimes dans ta langue, et tu acceptes que l’autre s’exprime dans sa langue. »
– Gestionnaire francophone, Montréal

La tenue de réunions bilingues est un défi de taille dans les milieux de travail bilingues. Pendant les groupes de discussion, nous nous sommes vite rendu compte que les fonctionnaires n’ont pas tous la même définition de ce qu’est une réunion bilingue efficace. Pour certains, il suffit de discuter de certains points dans la langue en situation minoritaire et de répondre aux questions dans la langue où elles sont posées. Pour d’autres, la réunion doit être dans une seule langue, tout en étant accompagnée des documents et de l’information sur support visuel en format bilingue. D’autres encore considèrent que les deux langues doivent être utilisées à tour de rôle, ou au gré des participants. Il y a donc des formules différentes, selon les circonstances. L’important, c’est de s’assurer de tenir compte des sentiments et des besoins des participants des deux groupes linguistiques. Malheureusement, au nom de « l’efficacité » ou parce qu’ils n’ont pas confiance dans leurs capacités linguistiques, des responsables de réunion mènent les discussions dans une seule langue, sans égard aux préférences linguistiques des participants.

« De me dire juste bonjour et merci à la fin d’une réunion, ça m’insulte. »
– Divers francophones

« Essaie pas de nous faire dire que c’est bilingue quand c’est juste quelques mots au début et à la fin. »
– Agent ou personnel de soutien francophone, Montréal

« Tout le monde est bilingue, c’est donc une question de facilité ou d’habitude. Pour la majeure partie, chacun respecte les autres. »
[traduction] – Gestionnaire anglophone, Montréal

« Pendant les réunions, la plupart du temps, c’est en français parce que certains haut placés sont francophones et que la langue de leur choix est le français … et ce sont eux qui dirigent les réunions. »
[traduction] – Gestionnaire anglophone, Montréal

Dans tous les groupes de discussion, les participants s’accordent pour dire qu’il appartient au responsable de la réunion d’instaurer un climat où tous se sentiront à l’aise d’utiliser la langue officielle de leur choix. Il lui appartient aussi de s’assurer que tout le personnel puisse comprendre l’essentiel des discussions.

« Ils peuvent dire : “Écoutez, je ne parle pas français mais je comprends le français. Donc, je veux que tout le monde se sente à l’aise et utilise la langue de son choix.”»
– [traduction] Suggestion d’un gestionnaire anglophone de Montréal

Dans l’immédiat, les fonctionnaires continuent de faire face à des situations où des responsables de réunion ne se sentent pas à l’aise de parler leur langue seconde ou sont carrément unilingues.

Piste de solution
Les responsables de réunion unilingues peuvent quand même mener des réunions dans les deux langues officielles, en s’assurant que toute la documentation est bilingue et en s’attachant les services d’un collègue bilingue qui résumera les commentaires émis dans l’autre langue officielle.

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