ARCHIVÉE - I Résultats du sondage auprès des fonctionanires fédéraux du Québec

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Les sections qui suivent font état des résultats d’un sondage effectué auprès de 2 863 fonctionnaires, titulaires d’un poste bilingue ou réversible, dont le lieu de travail se situe dans une région bilingue du Québec. Au total, 1 265 personnes ont répondu au sondage, soit 1 081 francophones et 184 anglophones, ce qui donne un taux de réponse satisfaisant de 44 p. 100. (Le profil linguistique des répondants au sondage est joint à l’annexe B.) Les résultats illustrent l’influence du contexte sociolinguistique québécois sur l’usage des langues officielles dans les milieux de travail fédéraux au Québec. Les anglophones11 y vivent une situation semblable à celle des francophones travaillant dans la RCN12. Ils ont souvent adopté la langue de la majorité linguistique. Les francophones, quant à eux, doivent souvent recourir à l’anglais dès qu’ils interagissent avec des fonctionnaires de la RCN, où l’anglais prédomine comme langue de travail.

A. Une culture organisationnelle à saveur francophone

Au Québec, le français a souvent prédominance dans la culture organisationnelle. Comme le démontrent les graphiques 1 et 2, les anglophones utilisent leur langue seconde au travail dans une proportion plus grande que leur première langue officielle, alors que les francophones utilisent principalement le français.

Graphique 1 - Usage des deux langues officielles par les répondants anglophones (%)
Graphique 2 - Usage des deux langues officielles par les répondants francophones (%)

Lorsque nous combinons les quatre domaines d’emploi de la langue (écrire, lire, écouter et parler), les anglophones utilisent en général le français au travail deux fois plus souvent (63 p. 100) que l’anglais. Les francophones, quant à eux, profitent de l’influence de la culture organisationnelle, puisqu’ils utilisent leur première langue officielle les trois quarts du temps.

En plus d’utiliser davantage le français que l’anglais au travail, les anglophones ont tendance à recourir plus souvent à leur langue seconde lorsqu’ils communiquent avec leurs collègues francophones (80 p. 100) comparativement aux francophones, qui utilisent l’anglais la moitié du temps avec leurs collègues anglophones.

L’usage répandu du français au travail a des répercussions positives sur le maintien des compétences linguistiques des anglophones. Alors que les fonctionnaires anglophones de la RCN éprouvent des difficultés à maintenir leurs compétences en français au retour de formation linguistique, 78 p. 100 des répondants anglophones déclarent que leurs aptitudes en langue seconde se sont un peu ou beaucoup améliorées depuis leur entrée dans la fonction publique fédérale. On note toutefois que jusqu’à 14 p. 100 des anglophones affirment que leurs connaissances de leur première langue officielle se sont quelque peu affaiblies. Comme nous l’avions constaté en 2003 pour des répondants francophones de la RCN, les progrès en langue seconde du groupe en situation linguistique minoritaire sont parfois obtenus au détriment de la première langue officielle.

Piste de solution
La création de stages au Québec à l’intention de gestionnaires anglophones (provenant d’autres régions du pays) permettrait à ces derniers d’ancrer leurs connaissances du français et favoriserait un usage plus équitable des deux langues officielles au travail dans les régions bilingues.

Même si le français prédomine dans les régions bilingues du Québec, les deux tiers des francophones affirment que leurs aptitudes en anglais se sont un peu ou beaucoup améliorées depuis leur entrée dans la fonction publique fédérale, alors que nous constatons le contraire chez 3 p. 100 des francophones, pour lesquels leurs compétences en français se sont quelque peu affaiblies. Puisqu’ils communiquent fréquemment avec des fonctionnaires de la RCN ou d’autres régions, des fonctionnaires francophones en poste au Québec doivent souvent recourir à l’anglais comme langue de travail.

Pour bien comprendre le niveau de bilinguisme des fonctionnaires travaillant au Québec, nous avons demandé aux répondants d’inscrire les résultats les plus récents qu’ils avaient obtenus aux examens d’évaluation en langue seconde de la Commission de la fonction publique (CFP). Nous les avons ensuite classés en deux groupes distincts : (1) les fonctionnaires possédant des connaissances13 faibles ou intermédiaires en langue seconde et (2) les fonctionnaires possédant des connaissances supérieures. Comme nous le constatons dans le graphique 3, les répondants anglophones sont beaucoup plus bilingues que les répondants francophones. Huit anglophones sur dix possèdent des connaissances supérieures en langue seconde, comparativement à un peu plus de la moitié des francophones.

Graphique 3 - Résultats aux examens en langue seconde (%)

Nous avons aussi demandé aux répondants d’évaluer leur propre capacité d’utiliser et de comprendre l’autre langue officielle. En comparant les résultats obtenus aux examens de la CFP et les résultats d’autoévaluation des répondants, nous remarquons que ces derniers se sentent assez à l’aise dans leur langue seconde. Alors qu’un peu plus de la moitié des répondants francophones ont obtenu C, P ou E aux examens d’interaction orale de la CFP, 72 p. 100 d’entre eux jugent parler l’anglais facilement ou couramment. Trois quarts des anglophones ont obtenu un niveau C, P ou E en français et 86 p. 100 d’entre eux jugent le parler facilement ou couramment. Ces données confirment la prédominance du français.

Comme l’illustre le graphique 4, nous notons un déséquilibre très marqué de l’usage des deux langues officielles dans les régions bilingues du Québec, plus particulièrement au cours des réunions. Cet écart peut s’expliquer par la perception qu’ont des fonctionnaires fédéraux que le Québec est la seule province où ils se sentent totalement à l’aise de parler français. Cette perception a d’ailleurs été réitérée à différentes reprises lors des groupes de discussion à Montréal. Par contre, dès que les fonctionnaires fédéraux du Québec interagissent avec des fonctionnaires de la RCN, l’anglais prédomine nettement dans les communications. Le Québec est la seule province où nous remarquons cette situation atypique, c’est-à-dire où des fonctionnaires passent du statut « linguistique majoritaire » à celui de « linguistique minoritaire » selon les interlocuteurs. Par exemple, un francophone communiquera en français au cours des réunions au Québec, peu importe la présence de collègues anglophones également du Québec. Or, dès que ce même francophone communique avec des anglophones de la RCN, l’anglais prend alors la préséance, et ce, peu importe les compétences en langue seconde des interlocuteurs des deux groupes linguistiques. Par contre, les anglophones de la RCN tendent à maintenir l’usage de l’anglais, qu’ils communiquent avec des francophones de la RCN ou des régions bilingues du Québec.

Graphique 4 - Taux d'utilisation de la langue seconde selon les compétences linguistiques des répondants (%)

Piste de solution
Les gestionnaires doivent miser sur la capacité de bilinguisme des fonctionnaires francophones des régions bilingues du Québec en invitant les anglophones à utiliser davantage leur première langue officielle et en valorisant le bilinguisme au cours des réunions.

Même si les anglophones qui travaillent dans les régions bilingues du Québec possèdent en général des connaissances supérieures de leur langue seconde et recourent au français la majeure partie du temps, la haute gestion doit assurer le plein respect de leurs droits. Des répondants anglophones rapportent qu’ils n’ont pas toujours accès à leurs outils de travail, à la formation et au perfectionnement professionnel, aux courriels et aux services informatiques dans la langue officielle de leur choix.

Parmi les obstacles organisationnels sur lesquels ils devaient se prononcer, le manque d’accès à la formation et au perfectionnement professionnel dans leur première langue officielle est l’obstacle premier le plus fréquemment soulevé par les répondants anglophones. En outre, ces derniers s’accordent pour dire que la disponibilité des instruments de travail d’usage courant et généralisé dans les deux langues officielles de façon simultanée est une solution efficace pour améliorer l’usage des deux langues officielles au travail.

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