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La commissaire rend publique la deuxième d’une série d’études sur la langue de travail dans les milieux de travail bilingues fédéraux, D’une vision à la réalité : Favoriser une cohabitation respectueuse des deux langues officielles au travail.

Dans le cadre de la présente étude, le Commissariat aux langues officielles a effectué deux sondages et neuf groupes de discussion :

  • un sondage auprès de 2 900 fonctionnaires fédéraux francophones et anglophones travaillant dans une région bilingue au Québec, où les anglophones, majoritaires à l’échelle du pays, y forment la communauté de langue officielle en situation minoritaire. Le taux de réponse global équivaut à 44 p. 100.
  • un sondage auprès de 2 200 membres du personnel travaillant au siège social de huit sociétés d’État, deux situés à Montréal et six, dans la RCN. Le taux de réponse global équivaut à 46 p. 100.
  • neuf groupes de discussion composés de fonctionnaires fédéraux, anglophones et francophones, de la RCN et de Montréal, afin d’approfondir certaines données et de trouver des solutions pratiques.

Ces nouvelles données valident les observations que la commissaire a émise dans sa première étude sur la langue de travail, De la parole aux gestes : La langue de travail au sein de la fonction publique fédérale publiée en mars 2004, ainsi que les constats d’autres études gouvernementales sur ce sujet.

Une évidence indéniable

  • L’importance que revêt la dualité linguistique au sein d’une institution est le reflet du leadership de la haute gestion. La culture organisationnelle se modèle, bien souvent, sur son comportement.
  • À cause de leur poste d’influence, les superviseurs jouent un rôle primordial sur la culture organisationnelle de leur environnement de travail immédiat. Ils doivent posséder des connaissances supérieures dans les deux langues officielles pour pouvoir superviser leur personnel efficacement dans la langue de choix de ce dernier.
  • L’unilinguisme des hauts dirigeants nuit à la mise en place de milieux de travail propices à l’usage effectif des deux langues officielles.
  • Le gouvernement du Canada doit renforcer ses mécanismes de reddition de compte. Il doit évaluer les hauts dirigeants en fonction des gestes concrets posés pour créer un milieu de travail respectueux des droits linguistiques du personnel.
  • Il existe toujours des méconnaissances et des perceptions erronées sur les droits et les obligations du personnel à l’égard des exigences de la Loi sur les langues officielles.

Des tendances lourdes

L’égalité des deux langues officielles au travail n’est pas encore acquise et demeure un projet en devenir à plusieurs égards.

  • Les fonctionnaires et les employés fédéraux faisant partie de la communauté linguistique en situation minoritaire doivent souvent adopter la langue de la majorité linguistique pour pouvoir progresser au sein de l’administration fédérale.
  • Dans les ministères fédéraux situés dans les régions bilingues du Québec, le français prédomine comme langue de travail. Les anglophones y vivent une situation très semblable à celle des francophones de la RCN.
  • L’anglais prédomine dans les communications entre l’administration centrale et les bureaux fédéraux situés dans les régions bilingues du Québec. Les bureaux régionaux s’attendent à ce que leur administration centrale communique avec eux dans la langue officielle de leur choix, surtout que la RCN compte le plus gros bassin de postes bilingues dans la fonction publique fédérale et qu’il s’agit de la région d’où émanent les politiques gouvernementales.
  • Au sein des huit sociétés d’État, l’usage de l’anglais est nettement supérieur à celui du français, sauf au Québec, où l’usage des deux langues officielles est plus équilibré. On note toutefois que les anglophones utilisent principalement leur première langue officielle, alors que les francophones utilisent l’anglais et le français de façon relativement égale.
  • Au sein des huit sociétés d’État, les anglophones sont plus satisfaits de l’usage de leur première langue officielle que les francophones. On note une situation inverse en ce qui a trait aux anglophones travaillant dans les ministères fédéraux situés dans les régions bilingues du Québec; ces derniers aimeraient utiliser davantage l’anglais au travail.

Des atouts importants

  • La politique de bilinguisme du gouvernement du Canada jouit d’un appui de taille auprès des fonctionnaires fédéraux et du personnel des sociétés d’État. Ils sont fiers de pouvoir utiliser les deux langues officielles au travail. Ils s’entendent aussi pour dire que de travailler dans leur première langue officielle contribue à leur satisfaction de vie au travail.
  • Il existe une bonne volonté des anglophones de la RCN et des francophones des régions bilingues du Québec d’utiliser davantage leur langue seconde au travail.
  • Dans les régions bilingues du Québec, les fonctionnaires anglophones y sont très bilingues et un bon pourcentage de francophones a des capacités intermédiaires ou supérieures en langue seconde.
  • Des participants aux groupes de discussions rapportent que des milieux de travail où les deux langues officielles sont également valorisées et respectées existent dans l’appareil fédéral, et ce, grâce à l’engagement clair de leurs hauts fonctionnaires envers la dualité linguistique.

Des pistes à suivre

  • La haute gestion doit faire preuve de leadership et démontrer par des gestes concrets et significatifs l’importance qu’elle attache à la dualité linguistique, en utilisant couramment les deux langues officielles.
  • Pour qu’un milieu de travail soit réellement propice à l’usage effectif des deux langues officielles, la haute gestion doit en faire une priorité et élaborer des indicateurs facilement mesurables, axés sur des résultats concrets.
  • Les institutions fédérales doivent inciter le personnel en situation linguistique minoritaire à utiliser sa première langue officielle, ce qui multipliera les occasions, pour le groupe en situation majoritaire, de maintenir et d’augmenter ses connaissances de sa langue seconde.
  • L’apprentissage d’une langue seconde n’est pas aisé. Les apprenants doivent faire preuve de persévérance et recourir à leur langue seconde à toutes les occasions qui s’offrent à eux afin de maintenir et d’améliorer leurs connaissances. Par contre, il ne fait aucun doute que la personne très bilingue doit faire montre de plus de patience et éviter de recourir à la première langue officielle de son collègue au moindre trébuchement linguistique de ce dernier.
  • Les gestionnaires au Québec doivent élargir leurs stratégies de recrutement pour mieux rejoindre le public cible anglophone et instaurer un milieu de travail où l’usage des deux langues officielles est également valorisé.

Recommandations

  • La présente étude contient huit recommandations à l’intention du greffier du Conseil privé, de l’Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique du Canada, de l’École de la fonction publique du Canada, du Conseil du Trésor ainsi que des dirigeants des sociétés d’État et autres organismes assujettis à la Loi sur les langues officielles. Parmi ces recommandations, quatre ont déjà été portées à l’attention du gouvernement du Canada dans le rapport De la parole aux gestes.
  • Comme il a été mentionné dans son rapport De la parole aux gestes, publié en mars 2004, la commissaire rappelle qu’un programme efficace de gestion des langues officielles au sein des institutions fédérales repose sur trois axes stratégiques, qui doivent faire l’objet d’efforts constants et simultanés : le leadership, la capacité institutionnelle et la capacité personnelle des fonctionnaires en langue seconde. Bien qu’il y ait eu des progrès au cours des dernières années au niveau de deux axes, soit au niveau de la capacité institutionnelle et de la capacité personnelle, des efforts sont encore nécessaires. Toutefois, la clé de la solution repose sur le leadership de la haute gestion. Sans un engagement clair des dirigeants et des hauts gestionnaires, l’esprit de la Loi sur les langues officielles reste souvent lettre morte.

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