ARCHIVÉE - 4. Pratiques exemplaires et recommandations

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Page 7 de 9

Comme on l’a déjà mentionné, la présente étude avait pour objectif de brosser un tableau des obstacles au financement de la recherche dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) ou sur la dualité linguistique. L’un des objectifs de l’étude était de dresser un inventaire des pratiques exemplaires des organismes fédéraux de financement de la recherche en ce qui touche leur rôle dans l’application de la partie VII de la Loi sur les langues officielles. Un autre objectif consistait à proposer des solutions et à formuler des recommandations, ce dont fait l’objet le présent chapitre. S’appuyant sur les constatations des deux précédents chapitres, la présente section souligne les obstacles indiqués par les chercheurs, dans un premier temps, et les pratiques exemplaires mentionnées par les organismes fédéraux de financement de la recherche, dans un deuxième temps. La partie 4 comprend également des recommandations du commissaire aux langues officielles qui découlent du fait que tous les organismes fédéraux de financement de la recherche partagent, aux termes de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, la responsabilité du gouvernement fédéral de prendre des mesures pour rehausser la vitalité des CLOSM, de favoriser leur développement et de promouvoir la dualité linguistique dans la société canadienne.

Tel qu’il est indiqué dans le rapport, certains organismes ont déjà adopté des mesures pour respecter leurs responsabilités en vertu de la partie VII. Le but n’est pas de prendre à partie un organisme fédéral de financement de la recherche en particulier, mais bien d’analyser les pratiques exemplaires, de définir les points à améliorer et de suggérer des pistes d’action. Par conséquent, les suggestions et les recommandations dans la présente partie doivent être considérées comme des outils valables afin d’aider les organismes fédéraux de financement de la recherche à respecter leurs obligations de promouvoir la dualité linguistique dans la société canadienne et la recherche en français, d’appuyer les chercheurs et les établissements des CLOSM ainsi que de rehausser la capacité des organismes fédéraux de recherche à contribuer au développement des CLOSM. Enfin, les suggestions et recommandations s’appliquent aux organismes dans la mesure où ils cadrent avec le mandat de l’organisme et son champ d’intervention.

La présente partie repose sur la documentation disponible sur le sujet et sur les commentaires des chercheurs et des organismes, de même que la rétroaction des deux groupes durant le forum animé par le commissaire aux langues officielles à Ottawa le 17 novembre 2006. On a tenté de cerner quelles étaient les pratiques et initiatives des organismes qui avaient engendré des résultats positifs concernant les CLOSM, lesquelles avaient été les moins fructueuses et les efforts qu’il fallait déployer pour s’attaquer aux défis, obstacles ou problèmes qui se posent aux chercheurs de langue officielle en situation minoritaire. Les pratiques exemplaires sont décrites plus en détail dans les pages suivantes.

Finalement, il vaut la peine de noter que l’Association des universités francophones du Canada, un réseau de 13 établissements dont la mission est de promouvoir l’enseignement postsecondaire dans les communautés minoritaires francophones du Canada, a récemment élaboré son plan d’action 2007-2012, qui vise à soutenir la vitalité des collectivités et l’internationalisation des établissements membres.

Dans le cadre de ce plan d’action, l’AUFC a mis sur pied en juin 2006 un comité consultatif sur la recherche et embauché à l’automne dernier un coordonnateur de la recherche. Grâce à l’appui financier reçu, le comité a défini le domaine et les axes de recherche sur la francophonie canadienne et a développé une stratégie pour accroître la capacité des chercheurs à obtenir du financement des organismes subventionnaires de recherche (particulièrement ceux dont les principaux domaines d’intérêt concernent les communautés minoritaires francophones). À cette fin, le coordonnateur de la recherche a mené un travail d’interview auprès de quelque 75 chercheurs intéressés par le sujet susmentionné. Un Plan de soutien à la recherche sur la francophonie en situation minoritaire a été adopté par les établissements membres de l’AUFC le 31 mai 2007. Déjà des actions prioritaires de ce plan sont en voie d’être mises en œuvre. Les constats et les conclusions auxquels parvient ce plan de soutien sont similaires à bien des égards aux conclusions de la présente étude. L’AUFC pourra donc contribuer à la mise en oeuvre des recommandations du commissaire.

Comme l’AUFC souhaite assurer la liaison entre les chercheurs des CLOSM et les organismes fédéraux de financement de la recherche, il sera important d’examiner les résultats finaux de l’étude et de voir l’usage qu’on peut en faire pour étayer et mettre en œuvre les recommandations du commissaire.

4.1 Promotion active des programmes de financement et information aux chercheurs

Les chercheurs ont généralement des connaissances limitées à l’égard de l’éventail complet des sources de financement que le gouvernement fédéral offre pour la recherche. Les organismes en question pourraient faire preuve d’un plus grand dynamisme dans la promotion et la diffusion de l’information sur les programmes de financement à l’intention des universités et des chercheurs des CLOSM. Au nombre des pratiques les plus courantes et des suggestions faites pour améliorer la communication avec les universités et les chercheurs, mentionnons les suivantes :

  • Consulter les établissements des CLOSM et l’AUFC sur leurs besoins. S’entretenir avec les responsables des établissements des CLOSM et de l’AUFC pour s’assurer que les programmes de financement s’harmonisent avec leurs besoins.

  • Visiter plus fréquemment les universités. Donner des séances d’information sur les programmes offerts ainsi que sur leurs critères d’admissibilité, et décrire les nouveaux programmes. Les chercheurs ont plusieurs fois fait valoir la nécessité d’accroître le nombre de visites. Il faudrait que les organismes fédéraux de financement de la recherche ciblent les petites universités, où l’infrastructure de recherche et la culture de recherche globale sont beaucoup plus limitées.

  • Recourir à un vaste éventail de stratégies de diffusion de l’information pour accroître la visibilité des programmes de financement. Les organismes fédéraux de financement de la recherche devraient fournir de l’information sur les domaines de recherche qu’ils considèrent prioritaires, les montants disponibles pour le financement de la recherche, les critères d’admissibilité des programmes et les critères de sélection, de manière à ce que les chercheurs puissent accroître leurs chances de présenter une proposition recevable. Les organismes devraient également indiquer précisément où les établissements et les chercheurs devraient aller pour trouver du financement. Les stratégies de diffusion pourraient inclure Internet, les contacts personnels, les médias, les expositions et les salons axés sur la recherche, les ateliers et la distribution de vidéos. Les organismes devraient également collaborer avec d’autres institutions et l’AUFC.

  • Maintenir des contacts directs avec les chercheurs. Dans leurs efforts visant à transmettre plus directement l’information aux chercheurs des CLOSM, les organismes fédéraux de financement de la recherche ne devraient pas se limiter aux bureaux de recherche des grandes universités. À titre d’exemple, les organismes pourraient faire parvenir directement et régulièrement de l’information sur le financement des programmes aux chercheurs.

  • Favoriser une approche intégrée de prestation d’information sur les programmes de financement de la recherche dans tous les organismes gouvernementaux. On pourrait y parvenir en coordonnant les efforts de promotion et de communication des différents organismes fédéraux de financement de la recherche (p. ex., lors d’expositions conjointes dans les universités, expositions qui pourraient mettre à contribution de multiples organismes fédéraux de financement de la recherche, et au moyen de la création d’un site Web unique qui indiquerait toutes les sources de financement pour un domaine particulier de la recherche).

Recommandation 1
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche d’élaborer une stratégie de promotion ciblée pour informer les chercheurs et établissements des CLOSM, en temps opportun et de manière directe, des types de programmes de recherche auxquels ils peuvent présenter une demande ainsi que les montants totaux disponibles.

4.2 Renforcement de la capacité des organismes fédéraux de financement de la recherche à servir les chercheurs dans la langue officielle de leur choix

L’objectif consiste à intégrer la dualité linguistique dans la culture globale du financement de la recherche et dans le mode de fonctionnement des organismes fédéraux de financement de la recherche. Les mesures suivantes pourraient être utilisées :

  • Accroître le bilinguisme des membres des comités d’examen par les pairs. S’assurer que les deux groupes linguistiques sont adéquatement représentés au sein des comités d’examen par les pairs, qu’il y a un nombre suffisant de membres qui possèdent une excellente maîtrise du français et que ces comités comptent au besoin des experts en recherche sur la dualité linguistique et les CLOSM. Plusieurs pratiques exemplaires ont été recensées dans le rapport.

  • Sensibiliser les membres des comités d’examen par les pairs aux situations et défis qui se posent aux CLOSM. S’assurer que les membres des comités d’examen sont au fait du contexte particulier des CLOSM ainsi que des objectifs et obligations des organismes fédéraux de financement à cet égard.

  • Désigner un champion au sein de l’organisme de financement de la recherche. Cette personne ferait la promotion des intérêts du milieu de la recherche francophone auprès des comités d’examen par les pairs. Certains chercheurs ont même suggéré la création d’un secteur francophone au sein du CRSH qui s’intéresserait aux besoins du milieu de la recherche francophone.

  • Donner une formation au personnel des organismes fédéraux de financement de la recherche. Cette formation s’adresserait aux cadres supérieurs des organismes, aux membres des comités d’évaluation ainsi qu’aux agents de programme et porterait sur les besoins et la réalité des CLOSM.

Recommandation 2
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche de veiller à ce que l’évaluation soit adéquate dans les deux langues officielles :
a) en s’assurant que les deux groupes de langues officielles sont adéquatement représentées au sein des comités d’examen par les pairs, et que ces derniers comptent un nombre suffisant de membres possédant une excellente maîtrise du français pour qu’ils puissent comprendre parfaitement et évaluer les demandes soumises en français;
b) en établissant des mécanismes objectifs d’évaluation des compétences linguistiques des membres des comités d’examen par les pairs;
c) en établissant un mécanisme permettant à un chercheur d’exercer un recours s’il considère que sa demande n’a pas été traitée adéquatement en raison de la langue.

4.3 Adoption de stratégies de financement de la recherche axées sur les petits établissements

Les établissements et les chercheurs des CLOSM doivent développer leurs capacités s’ils souhaitent accéder à du financement et livrer une meilleure concurrence aux grands établissements. Les organismes fédéraux de financement de la recherche ont un rôle à jouer pour les aider dans cette entreprise.

  • Adapter le soutien financier à la réalité particulière des petites universités bilingues et de langue officielle en situation minoritaire, et élaborer un éventail d’instruments de soutien financier pour les petits établissements. Il faut concevoir les programmes de financement de la recherche en tenant compte des capacités limitées des petites universités quant aux programmes d’études supérieures, au temps qu’il leur est possible de consacrer à la recherche et de leurs ressources globales, ainsi que de la nécessité de faire preuve d’une souplesse permettant de reconnaître la réalité particulière des petites universités de langue officielle en situation minoritaire. Les organismes devraient réserver des fonds de recherche pour les petits établissements (ou pour les sous-unités des CLOSM dans les grandes universités) et des petites équipes de recherche qui ne disposent pas des capacités de leurs homologues des grandes universités. Ce soutien financier pourrait servir à atteindre plusieurs objectifs :

    • Appuyer le renforcement de l’infrastructure dans les petites universités pour encadrer et appuyer les chercheurs lorsqu’ils présentent des demandes de financement, et pour donner aux chercheurs des CLOSM une formation grâce à laquelle ils pourront perfectionner leurs compétences dans l’élaboration de propositions de recherche. Cette mesure serait particulièrement utile pour les nouveaux chercheurs qui travaillent souvent dans de petites universités et qui ont besoin de développer leurs capacités. À titre d’exemple, les bureaux des services de recherche pourraient utiliser des fonds pour aider les chercheurs des CLOSM à préparer des demandes de financement. L’objectif ultime serait de permettre aux chercheurs des petites universités de réduire leur charge d’enseignement et de se concentrer davantage sur la recherche.

    • Prévoir du financement pour les universités offrant des études de premier cycle de manière à encourager les étudiants à présenter une demande de subvention et à entreprendre de la recherche dès les premières étapes de leurs études. En plus de développer des capacités de recherche dans ces universités, cette stratégie encouragerait également davantage d’étudiants des CLOSM à poursuivre des études supérieures.

    • Offrir un soutien technique aux chercheurs, par exemple, tenir des consultations préliminaires auprès des chercheurs qui souhaitent présenter un projet de recherche, offrir des ateliers dans les petites universités pour stimuler les idées sur des propositions de recherche ou fournir un soutien financier pour aider les chercheurs à préparer leurs propositions de recherche.

Les petits établissements sont confrontés à une réalité particulière : ils offrent peu ou pas de programmes d’études supérieurs; ils emploient un petit nombre de professeurs, ce qui ne facilite pas la collaboration; ils doivent imposer des charges d’enseignement et d’administration plus lourdes que les autres établissements; ils fournissent moins de temps à consacrer à la recherche; ils disposent de moins de ressources de fonctionnement et offrent un soutien administratif moins important. Les chercheurs ont l’impression que les organismes fédéraux de financement de la recherche favorisent les universités de langue officielle majoritaire.

Recommandation 3
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche d’établir un mécanisme de financement particulier, qui s’ajouterait au financement de base (comme un fonds pour le développement des capacités de recherche), à l’intention des petites universités bilingues et de langue officielle en situation minoritaire en vue de leur permettre de soutenir les capacités de recherche des professeurs et des étudiants et de fournir l’assistance administrative nécessaire.

  • Encourager le réseautage entre les chercheurs des établissements des CLOSM. Le réseautage peut aider à créer une masse critique de manière à ce que les chercheurs des CLOSM soient plus compétitifs dans la course à l’obtention de financement des projets de recherche. Entre autres suggestions précises, mentionnons les suivantes :

    • Fournir du financement pour soutenir la création de réseaux pour les nouveaux chercheurs de différents petits établissements. Les organismes de financement de la recherche et les établissements des CLOSM devraient encourager la création d’équipes qui permettraient aux nouveaux chercheurs de travailler avec des membres plus chevronnés au sein d’équipes existantes qui les aideront, au moyen de programmes d’encadrement, à présenter leurs premières demandes et leur fourniront de l’appui pour obtenir du financement. Les organismes devraient également financer les chercheurs de différents établissements pour qu’ils forment des équipes interuniversitaires qui présenteraient des projets de recherche admissibles. Il faudrait également verser des fonds aux universités des CLOSM pour qu’elles partagent l’expertise nécessaire afin de les aider à préparer des propositions de financement de la recherche, à  améliorer la qualité de leurs demandes et à faciliter la réalisation des projets de recherche. Dans l’ensemble, les chercheurs ont fait état de la nécessité d’accroître la coordination et la collaboration entre les organismes fédéraux de financement de la recherche.

  • Créer des centres de recherche. La création de centres de recherche dans les établissements des CLOSM consacres à des domaines particuliers de recherche jugés importants pour eux permettrait aux petits établissements de partager des ressources et des connaissances spécialisées en recherche (par exemple, l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques). Les petites universités ne peuvent se permettre de développer des compétences dans tous les secteurs de recherche. À l’heure actuelle, certains programmes de financement leur sont inacessibles parce qu’elles ne disposent pas des compétences nécessaires dans certains secteurs particuliers de la recherche. Des mentors pourraient épauler les chercheurs des petites universités qui ont moins d’expérience dans la présentation de demandes de financement. Ces centres de recherche pourraient également promouvoir le réseautage avec d’autres réseaux renommés de recherche et réaliser de la recherche particulière aux CLOSM et à la dualité linguistique.

Les chercheurs des CLOSM sont souvent isolés et ne peuvent pas toujours profiter de l’expertise de collègues plus expérimentés, ce qui peut diminuer leurs chances d’obtenir du financement pour leurs projets de recherche. De plus, bien souvent, ils ne sont pas sur un pied d’égalité avec les chercheurs des universités qui font partie d’un réseau national.

Recommandation 4
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche de réserver une enveloppe budgétaire aux petites universités de langue officielle en situation minoritaire afin :
a) d’y encourager la création de centres de recherche, selon leurs plans stratégiques,
b) d’accroître leur capacité de conclure des partenariats avec des réseaux de recherche établis et renommés.

4.4 Simplification des processus administratifs de financement

Bien que l’on reconnaisse que les organismes ont déjà en place des processus de demande établis, la simplification de ces processus dans les intérêts des chercheurs des CLOSM. Voici quelques suggestions :

  • Utiliser des lettres d’intention pour les projets de recherche d’envergure afin de simplifier le processus de demande et de cerner les projets de recherche éventuels. Des processus de demande simplifiés et des formulaires raccourcis, comme des lettres d’intention, pourraient aider les chercheurs, qui n’auraient pas à consacrer autant de temps et d’efforts à la préparation d’une proposition détaillée officielle.

  • Examiner d’autres outils pouvant simplifier le processus de demande. À titre d’exemple, offrir des options telles que des demandes échelonnées, des curriculum vitæ communs entre les organismes, de multiples programmes de demande, des demandes en ligne, un encadrement pour les chercheurs, etc. Mentionnons aussi les mécanismes suivants :

    • Assurer une meilleure coordination entre les programmes des divers organismes fédéraux de financement de la recherche, de manière à ce que les programmes soient cohérents et complémentaires et que le calendrier des processus soit établi de façon coordonnée.

    • Rendre le soutien financier accessible aux établissements des CLOSM au moyen de subventions particulières, de manière à ce que les chercheurs en sciences sociales puissent réaliser des projets de recherche fructueux nécessitant de petites sommes monétaires.

    • Faire preuve de souplesse dans les processus de demande de financement de la recherche, en ce qui concerne, par exemple, les critères d’admissibilité des programmes, les dépenses admissibles et le montant d’investissement requis des établissements.

    • Accroître la transparence des pratiques et processus de financement de la recherche, plus particulièrement le processus de demande, en précisant les critères de sélection, en justifiant les décisions, et en veillant à ce que les critères d’évaluation soient justes et témoignent de la réalité unique des chercheurs des CLOSM.

Les chercheurs ont indiqué que les processus de demande sont complexes et varient d’un organisme à l’autre et que les critères de sélection ne sont pas toujours transparents.

Recommandation 5
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche de continuer de simplifier leurs processus de demande de financement en consultation avec les chercheurs universitaires.

Les petites universités dans les CLOSM n’ont qu’un nombre limité de programmes d’études supérieures et de chercheurs. Comparativement à leurs collègues des grandes universités, ces chercheurs n’ont pas toujours le temps ou les ressources dont ils auraient besoin pour mener leurs recherches, et ils reçoivent peu de soutien pour rédiger et peaufiner leurs demandes de financement.

Recommandation 6
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche d’élaborer un mécanisme afin que les membres des comités d’examen par les pairs connaissent et comprennent la réalité particulière des chercheurs des petites universités de langue officielle en situation minoritaire et les obstacles auxquels ils se heurtent.

4.5 Mise en place de programmes ciblant la recherche sur les langues officielles

Afin d’établir des programmes visant à encourager la recherche dans les CLOSM et sur les langues officielles (p. ex. : le programme pilote du CRSH/Patrimoine canadien qui a existé de 2004 à 2007) et d’accorder plus d’importance à ces recherches, les suggestions suivantes pourraient être considérées :

  • Fonds réservés à la recherche sur les langues officielles. Avant d’allouer des fonds qui visent expressément la recherche sur les CLOSM et la dualité linguistique, tant les organismes fédéraux de financement de la recherche que les ministères fédéraux doivent d’abord accorder à ce domaine une plus grande reconnaissance comme discipline de recherche distincte. Un financement plus stable nécessite des programmes bien définis. De plus, les organismes fédéraux de financement de la recherche doivent accorder plus d’importance à la dualité linguistique comme thème de recherche à financer, de même qu’à la nature interdisciplinaire de la recherche sur la dualité linguistique et les CLOSM.

  • Rehausser, au sein du gouvernement fédéral, la coordination interministérielle de la recherche sur les langues officielles par l’entremise d’un groupe de travail interministériel de recherche sur les langues officielles et renforcer les partenariats de recherche avec les universités et les instituts de recherche.

  • Appuyer la diffusion des résultats de recherche. Les organismes fédéraux de financement de la recherche, les ministères fédéraux et les établissements des CLOSM devraient élaborer une stratégie de communication visant à mieux intégrer et diffuser les résultats ainsi qu’à accroître le transfert des connaissances et l’accessibilité de ces résultats à la communauté de la recherche et au grand public. On pourrait faire paraître ces conclusions dans les publications scientifiques, les revues spécialisées et les magazines en ligne. Le soutien financier pourrait favoriser la création d’une publication sur la recherche liée aux CLOSM ou aider les chercheurs à publier et à distribuer des documents de recherche en français. Des fonds pourraient également servir à faire connaître les programmes de financement de la recherche offerts et à soutenir l’élaboration de projets de recherche liés aux CLOSM.

  • Donner la priorité aux chercheurs des CLOSM qui présentent des projets de  recherche sur des enjeux touchant les CLOSM, ou qui sont affiliés à des établissements des CLOSM. Des programmes pourraient aussi être mis sur pied pour encourager les chercheurs à resserrer leurs liens grâce à des réseaux de recherche et à travailler en partenariat avec les CLOSM.

  • Créer un conseil consultatif composé de représentants des universités qui font de la recherche sur des questions relatives aux langues officielles qui pourraient offrir des suggestions sur les mesures prises et encourager la recherche sur la dualité linguistique et les CLOSM.

Les niveaux de financement consacrés à la recherche en ce moment pourraient être insuffisants pour soutenir le travail des chercheurs d’aujourd’hui, instaurer une capacité de recherche là où il n’y en a pas ou permettre au gouvernement de respecter son engagement au chapitre des langues officielles. De plus, on semble accorder peu d’importance à la recherche sur les langues officielles.

Recommandation 7
En collaboration avec Patrimoine canadien, et dans le cadre du renouvellement du Plan d'action pour les langues officielles, prévoir un financement stable réservé à la recherche menée par les universités et le gouvernement sur des questions liées aux langues officielles et à la diffusion des résultats de ces recherches.

  • Surveiller le soutien à la recherche offert aux établissements des CLOSM. Les organismes fédéraux de financement de la recherche, le Comité de coordination de la recherche sur les langues officielles (CCRLO) et le Secrétariat des langues officielles de Patrimoine canadien devraient surveiller les progrès réalisés dans les efforts pour répondre aux besoins des chercheurs de langue officielle minoritaire. On pourrait y parvenir facilement en examinant les statistiques sur la recherche que fournissent annuellement Statistique Canada et l’Association canadienne du personnel administratif universitaire (ACPAU). La tâche serait simplifiée par l’apport de quelques petites améliorations dans la compilation de données sur le financement de la recherche. Par exemple, établir des statistiques distinctes pour toutes les universités des CLOSM, les universités bilingues et celles de langue officielle majoritaire; établir des statistiques distinctes pour les demandes de subvention faites en français et en anglais; établir une ventilation des autres sources de financement fédéral pour pouvoir savoir d’où elles  proviennent; et indiquer les montants destinés aux chaires de recherche des universités des CLOSM.

Recommandation 8
Le commissaire aux langues officielles recommande aux organismes fédéraux de financement de la recherche, en collaboration avec d’autres organismes (comme Statistique Canada et l’ACPAU), de tenir des données non regroupées sur les fonds versés aux établissements de langue officielle en situation minoritaire et à la recherche sur des questions liées aux langues officielles, y compris :
a) des données distinctes sur les subventions de recherche versées aux universités des CLOSM, aux universités bilingues et à celles de langue officielle en situation majoritaire;
b) des données distinctes sur le nombre de demandes de subvention rédigées en français et en anglais;
c) des données distinctes sur les montants versés aux chaires de recherche dans les communautés de langue officielle minoritaire et aux universités bilingues.

4.6 Mobilisation des établissements

Afin d’accroître la recherche sur les CLOSM et la dualité linguistique, il faudra en faire une priorité des programmes de recherche des universités et du gouvernement. Les universités sont des intervenants de premier plan puisqu’elles apportent un soutien financier et technique aux chercheurs, et le Programme des chaires de recherche a aussi un rôle à jouer. Le système de récompense et l’infrastructure de soutien des universités doivent être conçus de manière à reconnaître comme étant prioritaire la recherche axée sur les CLOSM et la dualité linguistique, et à encourager la publication de documents, en français dans la mesure du possible ou en faisant traduire les travaux effectués en français. Parmi les stratégies particulières, notons les suivantes :

  • Intégrer la recherche sur les langues officielles et la dualité linguistique dans les plans de recherche universitaire. Les cadres supérieurs des universités doivent encourager de manière active cette recherche, et il faut récompenser les chercheurs qui mènent leurs travaux en collaboration avec des groupes communautaires (plutôt que d’effectuer de la recherche traditionnelle évaluée par les pairs et soutenue par les organismes fédéraux de financement de la recherche). Par exemple, le CRSH a mis sur pied le programme Alliances de recherche universités–communautés (ARUC), auquel les CLOSM n’ont pas encore beaucoup fait appel. On peut également mettre à profit les publications universitaires pour faciliter la diffusion des résultats de recherche.

  • Encourager les universités à établir des programmes de recherche sur les CLOSM et la dualité linguistique. Les universités bilingues pourraient consacrer une partie de leur financement aux chercheurs francophones en situation minoritaire oeuvrant dans leur établissement qui publient en français. Pour favoriser la mise en place de cette mesure, les administrateurs et les employés des unités affectées au soutien de la recherche dans les universités devraient développer leur capacité de travailler dans les deux langues officielles.

  • Développer la capacité des universités à évaluer les demandes en français. Les demandes doivent être évaluées et approuvées par les universités, mais les universités à l’extérieur du Québec n’ont souvent pas la capacité d’évaluer les demandes en français présentées par des chercheurs de langue officielle minoritaire.

Recommandation 9
Le commissaire aux langues officielles recommande au Programme des chaires de recherche du Canada de créer et financer des chaires vouées à la recherche sur les communautés francophones et anglophones en situation minoritaire et la dualité linguistique, en tenant compte, au cours du processus d’évaluation, de sélection et de renouvellement, de la réalité particulière de ces chaires et du contexte dans lequel elles vont évoluer. Les universités devraient tenir des données distinctes sur les chaires de recherche confiées à des chercheurs qui étudient des questions liées aux langues officielles.

En conclusion — Les chercheurs et les organismes ont indiqué plusieurs pratiques exemplaires pour promouvoir activement les programmes de financement existants et en informer les chercheurs, renforcer les capacités des organismes fédéraux de financement de la recherche à servir les chercheurs dans leur langue officielle, établir des stratégies de financement qui ciblent les petits établissements, simplifier les processus de demande à financement et axer des programmes de recherche sur les langues officielles et la dualité linguistique. Par ailleurs, les universités doivent faire en sorte d’intégrer ces questions dans leurs plans de recherche et de favoriser la mise en place de programmes sur les langues officielles et la dualité linguistique.

Page précédente

Table des matières

Page suivante