ARCHIVÉE - Sherbrooke, le 23 septembre 2007

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Notes pour une allocution à la 27e journée des Townshippers


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour,

J’ai toujours l’impression de rentrer chez moi lorsque je reviens dans les Cantons de l’Est, et c’est en partie justifié. Je viens dans cette région d’aussi loin que je me souvienne.

Je n’étais qu’un bébé lors de ma première visite. Mes parents avaient loué un chalet à North Hatley, où je dormais dans un tiroir de bureau. Enfant, quand j’ai entendu cette anecdote, j’ai imaginé que mes parents me couchaient dans le tiroir du bureau et qu’ils le refermaient lorsque venait l’heure de dormir!

Par la suite, mes parents ont acheté une propriété à North Hatley avec la famille de Frank Scott, et durant toute mon enfance, je venais y passer un mois pendant l’été.

Vingt ans plus tard, après le décès de Frank Scott, j’ai acheté la maison, qui, chaque été depuis 1986, est devenue notre havre de paix. Cet été, notre petit‑fils de sept ans nous a dit qu’il voulait vivre à North Hatley quand il serait grand.

J’ai toujours considéré les Cantons de l’Est comme un modèle en matière de relations entre les Canadiens francophones et anglophones. Ce n’est pas l’effet du hasard. Le poète et avocat constitutionnel Frank Scott, qui était également diplômé de l’Université Bishop’s et membre de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, était l’une des nombreuses personnes qui ont vécu des expériences formatrices dans les Cantons de l’Est. Mentionnons aussi Hugh MacLennan, connu pour son roman Deux solitudes, et Mason Wade, l’auteur du populaire livre d’histoire Les Canadiens français, de même que la pacifiste Julia Grace Wales. Et la tradition se poursuit : les Cantons de l’Est façonnent des journalistes, écrivains, avocats, artistes, universitaires, organisateurs communautaires, éducateurs et politiciens comme Norman Webster, Ron Graham, Marion Phelps, Ronald Sutherland, Royal Orr, Alex Paterson, Sharon McCully, Marjorie Goodfellow, Aline Visser, Doug Mitchell, Doug Bradley, Reed Scowen et, bien sûr, le premier ministre du Québec, Jean Charest.

La communauté de langue anglaise a fortement contribué à l’essor de cette région, en créant des institutions historiques aussi importantes que l’Université Bishop’s et l’hôpital de Sherbrooke, qui ont mené à la création des systèmes d’éducation et de soins de santé de la communauté. Si l’on recule encore plus loin, certains de vos ancêtres font peut-être partie des arpenteurs qui, dans les années 1790, ont divisé les terres en carrés de dix miles, que les gens d’ailleurs au Québec trouvent si intrigants.

Si les compas d’arpenteur servent moins souvent de nos jours, les membres de la communauté anglophone des Cantons de l’Est poursuivent le développement de la région. À votre tour, vous favorisez l’épanouissement de la communauté en créant des partenariats avec les universités, les organismes gouvernementaux et la communauté francophone. Et, je suis fier de le dire, avec le Commissariat. Les employés du bureau régional du Québec sont venus ici un peu plus tôt cet été pour mener l’une des diverses études de cas sur la vitalité des communautés effectuées dans plusieurs régions du pays. J’espère qu’en cernant clairement les facteurs qui favorisent l’épanouissement d’une communauté et qu’en présentant les objectifs que les communautés particulières veulent atteindre, ces études de cas seront un outil utile. Je souhaite qu’elles vous permettent d’évaluer vos progrès et qu’elles donneront aux institutions fédérales les outils dont elles ont besoin pour être plus efficaces dans l’aide qu’elles offrent aux communautés de langue officielle comme la vôtre.

Je tiens à remercier les bénévoles de l’Association des Townshippers pour leurs précieux conseils et la collaboration précieuse qu’ils nous ont apportée dans le cadre de ce projet. Je vous félicite pour votre leadership au sein de la communauté. Durant mes visites dans des communautés anglophones du Québec, ou dans des communautés francophones ailleurs au pays, je vois des gens se réunir pour planifier leur avenir de manière organisée et consensuelle. L’une des fonctions les plus importantes que votre association peut assumer est d’aider à établir des objectifs communs pour la communauté.

On ne peut mesurer à l’aide de nombres la contribution d’une minorité, qu’elle soit linguistique ou autre. Il s’agit plutôt de considérer les mille et une façons dont elle enrichit la société et lui donne un caractère distinctif.

Il ne fait aucun doute que la communauté anglophone, grâce à sa créativité artistique et économique et à son travail de collaboration, contribue à façonner le paysage de la région. Aussi, tout comme la communauté anglophone de l’ensemble du Québec, la communauté qui est célébrée aujourd’hui joue un rôle unique dans le dialogue sur la nature et l’avenir du Canada.

En fait, les relations harmonieuses entre anglophones et francophones des Cantons de l’Est constituent un modèle que l’on devrait étudier davantage. Mais surtout, il serait fructueux de partager les secrets de vos succès avec l’ensemble du pays afin d’améliorer le dialogue à l’échelle nationale. Par ailleurs, tout comme certains politiciens vont à Chicoutimi pour suivre des cours de français, peut-être que tous les politiciens de la Chambre des communes devraient être tenus de suivre des cours de bon voisinage à Sherbrooke ou à Stanstead!

Je vous remercie encore de m’avoir invité.