ARCHIVÉE - Saskatoon, le 18 avril 2001

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Confiance, dialogue et partenariat :
pour favoriser l'épanouissement linguistique et culturel du Canada 

Allocution prononcée devant Le Cercle canadien de Saskatoon


Madame Dyane Adam – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

C'est un honneur pour moi de pouvoir m'adresser à vous aujourd'hui.

Le Cercle canadien de Saskatoon est une institution unique, qui s'efforce depuis des années et des années d'améliorer les relations entre les communautés.

Je crois savoir qu'en août dernier, six de vos membres sont allés rencontrer des membres de la Société Saint-Jean-Baptiste à Sherbrooke, au Québec, et que des représentants de Sherbrooke pourraient venir à Saskatoon très bientôt : c'est le genre d'initiatives de base qui profite aux deux communautés et qui favorise l'unité canadienne.

En entendant parler de cette initiative, un passage du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry m'est revenu en mémoire, celui où le petit prince a la conversation suivante avec le renard : 

- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince, je suis tellement triste... - Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé. - Qu'est-ce que signifie « apprivoiser »?- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. ça signifie « créer des liens... »- Créer des liens ? - Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde ... Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. ... Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé.

Je vous ai cité ce passage pour dire que si nous prenons le temps de mieux nous connaître comme individus et comme communautés, il est absolument certain que nous nous comprendrons. Et en ce moment de notre histoire, c'est particulièrement important.

Nous sommes au début d'un nouveau siècle et d'un nouveau millénaire. Le Canada, même s'il ne s'en rend encore pas tout à fait compte, doit faire face à de nouveaux enjeux qui menacent ses valeurs et sa culture. Pour lutter contre ces menaces, pour être à la hauteur, il devra s'appuyer encore plus que par le passé sur des forces éminemment canadiennes, comme la confiance et le dialogue.

Car heureusement, nous, Canadiens, nous savons ce qu'est la confiance et le dialogue. C'est sans doute ce qui explique pourquoi nous jouissons d'une excellente réputation dans le monde entier, où nous sommes considérés comme une nation de gardiens et d'artisans de la paix. Nous sommes conscients que pour la confiance et le dialogue, l'écoute active compte autant que la discussion. Nous sommes conscients que le dialogue est la façon de résoudre les problèmes dans un esprit d'équité.

La confiance et le dialogue

Laissez-moi décrire d'abord certaines des menaces qui, selon moi, pèsent aujourd'hui sur le Canada.

  • Tout d'abord, il y a la menace ou le danger politique, qui est lié à la déception croissante de la population à l'égard de son gouvernement et de sa bureaucratie, à un sentiment de lassitude face à la nature insoluble de certains problèmes, comme les soins de santé ou l'unité nationale. Et les clivages régionaux ne font que confirmer l'impression que nos gouvernements sont des géants impuissants.
  • Il y a les menaces économiques liées à la mondialisation. Comment se fait-il que nous soyons de plus en plus riches collectivement, mais que des gens - trop de gens - continuent de se débattre pour survivre sous le seuil de pauvreté?
  • Il y a les menaces que créent les progrès technologiques et la dégradation de l'environnement. Pouvons-nous continuer à avancer tête baissée vers l'avenir sans nous soucier de l'affaiblissement graduel des industries traditionnelles, notamment de l'agriculture?
  • Il y a les dangers liés à la distribution inégale de notre population. La Saskatchewan, par exemple, malgré l'existence de solides programmes d'aide à la collectivité ou offerts par divers groupes religieux, attire moins de un pour cent de nouveaux immigrants, dont la majorité déménage ailleurs dans un délai de cinq ans.
  • En même temps, il y a une peur latente de la diversité et du changement. Comment gérer tant de transformations si rapidement sans perdre notre identité?

Les vastes problèmes que je viens de signaler contribuent à affaiblir notre sentiment d'appartenance. Les sociologues parlent de « manque de cohésion sociale » pour désigner ce phénomène. En termes simples, cela signifie que les liens se relâchent, que ce qui cimentait la nation s'est érodé. Que nous ne sommes plus, en fait, autant liés les uns aux autres.

Lorsque cela se produit, nous nous soucions moins les uns des autres, et nous devenons moins disposés à travailler ensemble. Nous tendons également à devenir moins productifs. D'ailleurs, plusieurs études montrent qu'un degré élevé de confiance ou de « cohésion sociale » va de pair avec une forte croissance économique.

C'est pourquoi il est si essentiel, pour un pays aussi grand et aussi diversifié que le nôtre, de faire le maximum pour bâtir des communautés fortes fondées sur des valeurs communes.

Mais je suis optimiste. Et je crois que la façon dont le Canada « se débrouille » avec sa diversité linguistique et culturelle sera vue comme un modèle pour le monde entier. Un modèle qui doit évidemment inclure toutes les nations autochtones, dans un esprit d'ouverture sur l'autre, de dialogue et de coopération. Notre capacité à exploiter notre diversité sociale nous donnera, dans les années à venir, le pouvoir discret dont nous aurons besoin pour jouer un rôle plus marqué dans le monde.

À ce sujet, j'aimerais dire quelques mots sur les efforts déployés par la Fédération des communautés francophones et acadienne - porte-parole national des communautés francophones en situation minoritaire de toutes les régions du pays - pour établir des liens durables avec d'autres groupes au Canada.

Après avoir tenu des consultations approfondies pendant deux ans avec des représentants de la majorité et des membres d'associations ethnoculturelles et autochtones, la Fédération a produit un rapport remarquable intitulé fort à propos : Parlons-nous.

Le rapport invite les minorités francophones à s'ouvrir davantage aux communautés culturelles, aux Première nations et en général, à ceux qui, dans tout le pays, soutiennent le statut et l'emploi du français comme l'une des deux langues officielles.

Le rapport souligne aussi qu'en raison du déclin démographique des communautés francophones, celles-ci doivent absolument s'ouvrir davantage à la majorité et aux communautés culturelles et mieux accueillir l'immigration.

Comment cela s'inscrit-il dans la vision du Canada à l'aube de ce nouveau siècle?

D'abord, je pense que nous devons reconnaître nos communautés linguistiques en situation minoritaire comme l'une des réalités qui constituent l'essence même de la diversité canadienne. Impossible pour nous de bâtir l'avenir sans admettre qu'il est fondé dans le passé. Bref, nous ne pouvons prétendre être ouverts à la diversité canadienne si notre première réaction consiste à fermer la porte au français.

Ensuite, je crois que l'avenir des communautés minoritaires dépend de la reconnaissance de leur valeur sociale ajoutée, de leur importance en tant que « capital humain ». Permettez-moi de préciser : avec la concurrence accrue du commerce et des marchés internationaux, aucun pays ne peut se permettre de gâcher ses atouts sociaux ou ses ressources humaines.

Un groupe qui n'a pas les moyens de contribuer à la croissance et au développement général de la communauté entière nous appauvrit tous, économiquement et socialement. L'exclusion sociale se paye très cher, par des conflits stériles, par l'aliénation des individus et par la perte de productivité.

Je pense que, tout comme la réussite de notre agriculture dépend de sa productivité et de l'appui gouvernemental, la réussite des groupes minoritaires dépend également de leur propre résistance et de l'appui gouvernemental.

Les communautés et les individus ne réussiront pas s'ils doivent lutter chaque jour pour survivre jusqu'au lendemain : ils doivent avoir les outils pour s'épanouir et prospérer.

J'aimerais prendre, pour illustrer mes propos, la réussite scolaire des francophones hors Québec. Reportons-nous à la situation en 1971, une époque où de nombreux programmes fédéraux d'appui aux langues officielles en étaient à leur début et où le droit à l'enseignement dans la langue de la minorité n'était pas encore garanti par la Charte.

Il faut se souvenir, par exemple, que jusqu'en 1967, année du centenaire de la Confédération, on ne permettait en Saskatchewan qu'une heure par jour d'enseignement en français.

En 1971 donc, 31,6 pour cent des francophones hors Québec âgés de 25 à 34 ans avaient un niveau de scolarité inférieur à la neuvième année, contre 17,1 pour cent des non-francophones.

Comme vous le savez, dans les années 1980 et 1990, on a fait beaucoup pour le respect des droits à l'enseignement dans la langue de la minorité. Au recensement de 1996, comme on pouvait s'en douter, la situation était bien meilleure. Seulement 3,3 pour cent des francophones hors Québec du même groupe d'âge avaient un niveau d'études inférieur à la neuvième année, comparativement à 2,8 pour cent de la population non francophone. On constate le même rattrapage, en gros, dans l'enseignement postsecondaire.

Mais les pertes passées pèsent lourd et pour longtemps sur le présent. Bien que l'enseignement dans les écoles de la minorité francophone se soit amélioré, des problèmes importants subsistent. Aujourd'hui, le défi consiste à augmenter les effectifs afin de lutter contre le déclin historique progressif des communautés minoritaires à l'échelle nationale.

Lorsque je suis devenue Commissaire aux langues officielles, je me suis promise d'être un agent du changement. C'est avec cette promesse en tête que j'ai récemment fait publier une étude du professeur Angéline Martel intitulée Droits, écoles et communautés en milieu minoritaire : 1986 2002.

Cette étude propose un plan visant à accroître ou au moins à stabiliser les effectifs dans les écoles francophones au cours des dix prochaines années. La population-cible se compose d'enfants dont la langue maternelle d'au moins un parent est le français. Pour atteindre cet objectif, tous les intervenants doivent travailler ensemble. Les commissions scolaires francophones, les dirigeants communautaires, les professionnels de l'éducation et surtout, les familles devront être sensibilisés à l'importance de la transmission du français d'une génération à l'autre. Cela est particulièrement vrai en Saskatchewan où la population étudiante cible a diminué de plus de 30 pour cent depuis 1986, soit plus que dans tout(e) autre province ou territoire.

Par cet exemple, je veux illustrer le lien qui existe entre la productivité et l'épanouissement des communautés minoritaires. Je ne le répéterai jamais assez : la force des communautés renforce le Canada.

Les partenariats

C'est pourquoi, lorsque le gouvernement fédéral a remanié sa Loi sur les langues officielles en 1988, il a ajouté la partie VII qui traite spécifiquement de l'appui au développement des communautés minoritaires et de la promotion du français et de l'anglais dans la société. L'inclusion de cette partie n'était pas, contrairement à ce que certains auraient voulu faire croire, une nouvelle manoeuvre du plan diabolique visant à ce que tout soit en français.

Non. L'inclusion de cette partie représente essentiellement une autre étape d'une politique d'équité. Un moyen de fournir aux communautés minoritaires un accès raisonnable aux ressources institutionnelles (éducation, culture, santé, développement économique, etc.) qui leur permettent de réussir. C'est une reformulation, si vous voulez, de l'engagement contenu dans la Charte, qui est de promouvoir l'égalité des chances et le bien-être de tous les Canadiens et pas uniquement de ceux qui parlent la langue de la majorité.

Il s'agissait également de s'assurer que les communautés de langue minoritaire, comme les communautés de langue majoritaire, peuvent se renouveler grâce à l'immigration. Étant donné que l'immigration est indispensable à la croissance à long terme et des communautés, et de la Saskatchewan dans son ensemble, non seulement la coopération entre la majorité et la minorité est elle désirable, elle est essentielle.

Enfin, le but était d'aider les gouvernements provinciaux à accroître les possibilités d'apprendre le français et l'anglais.

Ces objectifs devaient être atteints par la consultation et la négociation avec les provinces. Bref, on proposait de nouvelles formes de partenariats pour construire des communautés plus soudées.

Fin mars, j'ai eu la chance d'être invitée par l'Assemblée communautaire fransaskoise, qui m'a informée de son intention d'établir des partenariats avec les ministères fédéraux en Saskatchewan et avec les autorités provinciales et locales, en vue d'assurer une meilleure coopération et une meilleure coordination en matière de développement communautaire. J'ai également rencontré plusieurs politiciens et représentants de votre province. Partout où je suis allée, j'ai constaté ce qui me semblait être un nouvel esprit d'ouverture et de coopération, ce que j'ai trouvé fort encourageant.

J'ai été particulièrement frappée par l'audace et l'originalité de certains des projets proposés, telle que la création de réseaux électroniques pour relier les groupes minoritaires et fournir, de manière plus efficace et plus efficiente, un éventail de services gouvernementaux et éducatifs. L'idée de créer un réseau de petites stations de radio communautaires m'a également enthousiasmée. Je pense que des projets de ce genre peuvent intéresser autant les francophones que les francophiles, qui sont, à bien des égards, des alliés naturels.

Par francophiles, je veux désigner, bien sûr, tous ceux et celles qui s'intéressent au français et aux communautés francophones du Canada. Il est fréquent que les francophiles ou leurs enfants aient appris le français et apprécient les produits culturels en français.

Dans la plupart des provinces, les anglophones bilingues dépassent largement la population francophone totale; en outre, le nombre d'enfants inscrits dans des programmes d'immersion est nettement supérieur à l'effectif total des écoles de la minorité francophone. La Saskatchewan, par exemple, compte environ sept enfants inscrits dans un programme d'immersion pour un enfant inscrit dans une école de la minorité francophone. Approximativement 9 000 enfants suivent ces programmes et quelque 88 000 autres suivent un programme de français langue seconde que l'on améliore graduellement. Si le taux de bilinguisme parmi les jeunes anglophones hors Québec de 15 à 19 ans a maintenant atteint 16 pour cent, c'est largement grâce aux programmes qui mettent les élèves en contact avec le français, beaucoup plus et beaucoup mieux.

Nous sommes certainement témoins d'un phénomène social nouveau et extraordinaire qui est à mettre au compte d'organisations comme Canadian Parents for French, auxquelles on doit rendre hommage. Nous assistons, à la base, à la naissance d'une nouvelle vision du Canada. Une vision défendue par des jeunes convaincus que le français a un avenir.

Ils savent que le français joue un rôle important au Canada et que c'est aussi une grande langue internationale. Ils l'ont ajouté sans hésiter à leur bagage de compétences. Et lorsqu'ils posséderont deux grandes langues, il sera impossible de les arrêter.

Dans un article publié récemment dans le Financial Post, « Bilingualism ready for a second wave », John Ralston Saul décrit la situation actuelle comme suit : 

Et les autres langues ? Bien sûr que nous en avons besoin. L'apprentissage d'une langue n'exclut pas l'apprentissage d'une autre langue. Plus on en possède, mieux c'est. Mais j'ai constaté un fait significatif : les jeunes Canadiens que j'ai rencontrés qui ont une autre langue en plus de l'anglais et du français tendent à venir des écoles d'immersion ou des écoles francophones. Pourquoi? Parce qu'ils apprennent deux langues dès leur jeune âge. Ils ont l'habitude du bilinguisme - un état d'esprit créatif, passionnant qui permet de tout voir sous deux perspectives. Il leur est presque naturel d'en acquérir une troisième et pour un bon nombre, une quatrième.

D'ailleurs, cette situation se vérifie aussi au Québec, où les parents réclament un meilleur enseignement de l'anglais langue seconde et que l'enseignement d'une troisième langue se fasse à un âge plus précoce.

Le Canada n'est plus le pays qu'il était il y a trente ans. L'immigration et la diversité culturelle amènent nos jeunes à élaborer leur propre définition de l'identité et de la communauté. Nombre d'entre eux ont acquis de multiples identités, selon leur lieu d'origine, l'endroit où ils vivent actuellement et celui où ils iront un jour. Si vous avez déjà entendu un enfant d'origine chinoise parler français avec l'accent du Lac- Saint-Jean, vous comprenez immédiatement ce que je veux dire.

Dans tout le pays, des jeunes pensent que cette diversité ne peut que nous enrichir économiquement, culturellement et spirituellement, si nous apprenons à créer des outils de dialogue et de compréhension. Ils veulent être les ambassadeurs d'un nouvel espace social fondé sur la reconnaissance et le respect.

Conclusion

J'ai amorcé mon discours sur les menaces qui pèsent sur les valeurs et la culture. J'ai ensuite essayé de montrer que la meilleure façon de lutter contre ces menaces était de renforcer notre sentiment d'appartenance en formant des communautés ouvertes liées par une vision commune.

J'ai également tenté d'expliquer comment la confiance et le dialogue peuvent aider à solidifier les liens entre tous les citoyens. J'ai fait ressortir qu'appuyer la croissance et le développement de la minorité de langue officielle en Saskatchewan était nécessaire au développement de l'ensemble de la province à l'ère de la mondialisation. Finalement, j'ai souligné le rôle déterminant que jouera, pour assurer la prospérité future, le capital humain, à savoir une main-d'oeuvre très compétente, très productive et très motivée.

Je me rends compte, bien sûr, que tout cela a déjà été dit et mieux dit par les membres du Cercle canadien de Saskatoon qui se sont rendus à Sherbrooke l'an dernier et ont créé le slogan :  «On se rencontre - on s'entend - on s'engage. » J'avoue que j'aurais voulu trouver moi-même cette formule qui signifie : confiance, dialogue et partenariats.

Messieurs et mesdames,

Comme Canadiens, nous sommes réellement privilégiés. Nous sommes extraordinairement riches, et je ne parle pas seulement des richesses matérielles. Nous sommes enrichis par tous ceux qui considèrent ce pays comme le leur et travaillent ensemble à l'améliorer. Nous avons aussi un hiver qui dure six mois, qui nous oblige à rester humbles. Nous avons deux grandes langues internationales. Et nous avons, je l'espère, la sagesse de voir tout cela comme une chance inouïe.

Merci.