ARCHIVÉE - Toronto, le 17 septembre 2007

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La vitalité du français à Toronto : une question de leadership

 Allocution prononcée devant la Fondation franco-ontarienne à Toronto


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs,

J’aimerais tout d’abord remercier la Fondation franco-ontarienne de m’avoir invité à venir vous parler. Je suis chanceux d’avoir un public qui allie aussi bien leadership et plaisirs de la vie!

La Fondation franco-ontarienne est un chef de file dont le cœur bat au rythme de la communauté. Les projets que vous appuyez financièrement depuis 20 ans assurent la vitalité et la promotion du français partout en Ontario. Vous donnez la chance à la communauté et à ses artisans de créer, de s’affirmer et de s’épanouir. Aussi, en tant que Commissaire aux langues officielles, je ne peux qu’applaudir le leadership et la passion qui vous animent. Vous êtes une source d’inspiration et vous façonnez au quotidien l’histoire du Canada par vos gestes concrets.

Vous savez, partout, l’heure est à la consolidation des acquis linguistiques.

Effectivement, la vie en français est non seulement une réalité quotidienne pour un demi-million de personnes en Ontario, mais aussi une réalité artistique, économique, politique, sociale et juridique dont le rayonnement dépasse les limites géographiques de la province.

N’oublions pas que l’Ontario joue un rôle clé au sein de la fédération canadienne, et ce, dans plusieurs domaines. Par conséquent, lorsqu’il est question d’enraciner le bilinguisme au cœur de l’identité canadienne, les Franco-Ontariens ont un rôle de premier plan à assumer.

Il est impossible de parler du leadership de l’Ontario sans reconnaître celui qu’exerce Toronto à l’échelle de la province et du pays. Dans un pays qui s’urbanise rapidement et qui connaît d’importants changements démographiques, Toronto occupe une place tout à fait unique. J’ai habité Toronto de 1960 à 1976 et j’ai vu beaucoup de changements pendant cette période. Au cours des trois dernières décennies, la ville a continué à changer. Je remarque une certaine effervescence et un dynamisme renouvelé chez les Torontois. Je vois aussi le visage de plus en plus multiculturel de la ville.

Les représentants d’organismes que j’ai rencontrés depuis mon arrivée au Commissariat reflètent ces mutations démographiques qui nous projettent dans une nouvelle francophonie. À la rencontre de possibilités et de défis inédits, Toronto est un microcosme du Canada moderne. L’évolution du visage culturel de la communauté francophone entraîne la nécessité de mieux cerner les besoins et de trouver des méthodes novatrices de fournir des services. Tels de véritables bâtisseurs de la francophonie canadienne, vous êtes tous, à votre manière, des meneurs dans la communauté torontoise. La position stratégique que vous occupez, ici à Toronto, vous permet de jouer un rôle essentiel à l’évolution de la francophonie canadienne. Je vous invite donc à affirmer haut et fort ce leadership, non seulement ici à Toronto, mais également sur la scène provinciale et nationale.

En fait, chaque fois qu’il est question de langues officielles, il est question de leadership. À ce propos, lorsque je rencontre les fonctionnaires, je leur rappelle l’importance de leur leadership dans le rayonnement des langues officielles. Ceux qui œuvrent au sein de la communauté, dans diverses organisations, jouent un rôle tout aussi essentiel. Les réussites de votre communauté sont bien réelles, mais vos objectifs gagneraient à s’arrimer à une vision plus globale. 

Par exemple, je crois que le déménagement prochain de TFO dans ses propres studios au centre-ville de Toronto contribuera à accroître la visibilité des francophones au cœur de la ville. Le fait de s’installer en plein centre-ville, à proximité du Centre francophone, de l’Office des affaires francophones, du Collège français et du RDÉE consolidera la présence francophone au centre-ville. Et, pour paraphraser le chanteur franco-ontarien Paul Demers, la communauté francophone doit continuer de prendre sa place.

En fait, plusieurs changements récents en Ontario sont de bon augure pour la communauté. D’abord, j'aimerais saluer la nomination de monsieur François Boileau au poste de premier commissaire aux services en français de l’Ontario. Ma première réaction, j’avoue, était mitigée, car madame Meilleur nous a volé l’un de nos meilleurs avocats. Mais je suis content de gagner un allié et un collègue.

La création de cette nouvelle organisation symbolise la progression réelle de l’Ontario français et constitue un jalon dans l’histoire contemporaine de la communauté franco-ontarienne. Ainsi, le gouvernement ontarien montre, à sa façon, l’importance que le leadership occupe dans l’avancement d’une communauté linguistique. Il confirme aussi que la dualité linguistique du pays s’enracine chaque jour un peu plus profondément dans les traditions politiques ontariennes. Alors que le nouveau Commissariat aux services en français traitera les plaintes relatives à la prestation de services par le gouvernement de l’Ontario, mon organisation poursuivra sa mission sur la scène fédérale. J’en profite aussi pour offrir toute ma collaboration à monsieur Boileau ainsi qu’à son équipe.

Par ailleurs, je salue la nomination de Manon Henri-Cadieux à la direction générale de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Sur cette nouvelle lancée, l’AFO est bien outillée pour faire progresser vos dossiers et améliorer la vie en français en Ontario.

Il faut aussi saisir l’occasion créée par la modification récente de la Loi sur les langues officielles, qui énonce maintenant l’obligation du gouvernement fédéral à prendre des mesures positives afin de promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne. Certains d’entre vous ont peut-être entendu parler de la partie VII de la Loi sur les langues officielles. Sachez que sa modification n’aurait pas eu lieu sans le dévouement – certains diraient même l’entêtement – d’un grand Franco-Ontarien, le sénateur Jean-Robert Gauthier.

Je vous invite à poursuivre votre action, qu’elle se situe dans le milieu communautaire, au gouvernement ou dans le secteur privé, pour alimenter le développement de la francophonie. Le geste simple que vous posez aujourd’hui en appuyant la Fondation franco-ontarienne ne sera pas sans effet sur l’essor de votre communauté.

Je vous remercie de votre écoute et je vous souhaite bonne soirée!