ARCHIVÉE - Toronto, le 14 octobre 1999

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Internet : vitrine ou cheval de Troie de la dualité linguistique canadienne

Allocution prononcée devant le Cercle canadien de Toronto


Madame Dyane Adam - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Rencontrer aujourd'hui les membres du Cercle canadien de Toronto et ce, à titre de commissaire aux langues officielles, me fait un grand plaisir. Plaisir d'abord de retrouver plusieurs amis(es) et collègues, plaisir de séjourner à Toronto : une ville que j'aime et où j'ai travaillé pendant de nombreuses années, mais surtout, plaisir de venir vous livrer ce midi un message qui me tient à cœur. J'aimerais vous inviter à travailler avec moi afin de faire en sorte que la dualité linguistique canadienne devienne encore davantage une réalité quotidienne fondée sur un engagement individuel et collectif.

Cet engagement exige aujourd'hui notamment de travailler à ce que le français occupe une place significative sur Internet. Comme l'affirmait récemment dans le journal Le Monde Jacques Attali, auteur et conseiller du Président de la République française :  « On a utilisé beaucoup de métaphores pour faire comprendre ce qu'est Internet... réseau, autoroute, banques de données, bibliothèque. En réalité, c'est beaucoup plus que cela : un continent virtuel, le 7e continent, où l'on pourra bientôt installer tout ce qui existe dans les continents réels, mais sans les contraintes de la matérialité : des bibliothèques d'abord, puis des magasins, bientôt des usines de production, des journaux, des studios de cinéma, des hôpitaux, des juges, des policiers, des hôtels, des astrologues, des lieux de plaisir... Il est urgent de débarquer sur ce nouveau continent... sous peine de laisser ces immenses trésors à d'autres.1 » Internet, vous le savez parfaitement, devient un élément structurant non seulement du gouvernement du Canada, mais aussi de l'économie, du commerce et de la société canadienne dans son ensemble. Dans ce cadre, comme l'écrivait Jacques Lyrette dans un document de réflexion pour la conférence de Montréal des ministres de l'inforoute, « la place qu'occupent les contenus de diverses langues sur les inforoutes témoigne de la vitalité linguistique, culturelle, économique et politique des usagers.2 » L'enjeu est de taille : nos enfants, les leaders de demain, développeront-ils un imaginaire fondé principalement d'éléments du rêve américain ?

Je vous propose une réflexion sur un choix de société. Voulons-nous que perdurent la culture et les valeurs canadiennes ? Nous jouissons d'un héritage précieux dont : le principe de partage de la richesse collective : la péréquation; le principe de respect des droits fondamentaux des personnes : la Charte canadienne des droits et libertés; le principe du respect de la dualité linguistique et des minorités de langue officielle : la Loi sur les langues officielles.

J'aborde aujourd'hui ces questions parce que nous sommes à la croisée des chemins et que vous avez un important rôle à jouer notamment à titre d'acteurs économiques. La société du savoir en émergence échappe aux prédictions. La réalité en transformation s'impose aux gouvernements, aux industries, aux universités et, il faut bien l'admettre, la capacité publique d'intervention sur les transformations actuelles de l'économie et de la société est de plus en plus réduite.

Nous sommes en déficit de réflexion. Nous avons collectivement mobilisé nos efforts afin de subjuguer les déficits budgétaires; il faut aujourd'hui combler le déficit de réflexion face au développement fulgurant des inforoutes. Ce déficit n'est certes pas typiquement canadien mais il importe que le Canada, joueur économique intégré à l'Amérique et attaché par ses langues officielles à l'Europe, fasse diligence afin de préserver la dualité linguistique canadienne.

À l'occasion du colloque INITI@TIVES 99 de l'Agence universitaire de la francophonie, j'ai rendu publique une étude intitulée Le gouvernement du Canada et le français sur Internet. Cette étude constitue un appel pressant auprès du gouvernement du Canada, afin qu'il prenne les initiatives visant à accroître les contenus et les services en français sur Internet, et ainsi à favoriser la constitution d'une masse critique d'information en français. J'ai d'ailleurs demandé une réponse au Greffier du conseil privé au nom du gouvernement canadien avant le 1er décembre 1999. Je vous ai apporté quelques copies de cette étude qui est également disponible sur le site Internet du Commissariat aux langues officielles.

Vous le savez, le français représente moins de 3 pour 100 de l'ensemble de la toile. En fait, plus de 80 pour 100 des contenus sur la toile sont en anglais alors que seulement 10 pour 100 de la population mondiale parle cette langue3. L'enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages de Statistique Canada ne distingue pas les différences de niveau de branchement entre les francophones et les anglophones. Il serait d'ailleurs utile d'étudier de façon spécifique les niveaux de branchement à Internet des francophones hors Québec. À titre indicatif de la situation des francophones et d'Internet, mentionnons que les résidents du Québec sont les moins branchés au Canada : 26 pour 100 en comparaison de 45 pour 100, par exemple, pour l'Alberta4. Parmi les raisons invoquées, le tiers des utilisateurs francophones mentionne dans le rapport d'enquête Internet : Accès et utilisation au Québec que :  « Le fait de parler uniquement français est un obstacle à l'utilisation d'Internet.5 » L'enquête réalisée récemment par le Centre francophone d'information des organisations et l'Institut de la statistique du Québec, intitulée L'appropriation des technologies de l'information et de la communication par les très petites entreprises du Québec, révèle également que seulement 30 pour 100 des entreprises québécoises ayant moins de 10 employés étaient branchées à Internet en mai 1999.

Trente années d'efforts et de réalisations ont permis de combler aujourd'hui l'écart économique entre les francophones et les anglophones au Canada. Sommes nous aujourd'hui des témoins passifs de la résurgence de nouvelles fractures sociales et économiques qui seront alimentées par un accès plus ou moins grand à l'information, à la connaissance et aux services ? Accepterons-nous que des inforiches et des infopauvres marquent notre société de nouvelles tensions dans les relations entre francophones et anglophones du Canada ?

À titre de commissaire aux langues officielles, je recommande au gouvernement du Canada dans l'étude Le gouvernement du Canada et le français sur Internet, d'affirmer la dualité linguistique comme l'un des principes directeurs de tout cadre politique et de toute action du gouvernement fédéral relatif à l'Internet. Je recommande également que le gouvernement fédéral se donne les moyens de ses intentions : une stratégie cohérente de mise en oeuvre dans l'ensemble des institutions fédérales, et un nouvel axe de coopération du Canada avec les pays de la francophonie, afin d'offrir à l'échelle mondiale une vitrine de la dualité linguistique canadienne dont nous pourrons tous être fiers.

Internet, qui relie de plus en plus les Canadiens entre eux, transforme à un rythme rapide la société canadienne et le gouvernement du Canada. Il importe que ces transformations reflètent l'égalité de statut du français et de l'anglais stipulée dans la Charte canadienne des droits et libertés et l'épanouissement des communautés minoritaires de langue officielle visées par la partie VII de la Loi sur les langues officielles. En fait, les francophones du Québec, de l'Acadie, de l'Ontario et de toutes les provinces canadiennes ainsi que de la francophonie internationale doivent s'approprier ce puissant moyen de communication et de développement culturel et économique que représente Internet. Le gouvernement du Canada a consacré des efforts soutenus, dans le cadre de la Stratégie nationale pour la connectivité, le Canada branché, afin de donner accès à Internet au plus grand nombre de Canadiens6. Le Canada est ainsi devenu, en mars 1999, le premier du G7 à avoir réussi à brancher toutes ses écoles et toutes ses bibliothèques publiques. Des politiques et des investissements bien ciblés sont aujourd'hui nécessaires afin d'accroître les contenus en français sur Internet.

À ces énoncés de politiques, il importe également que le gouvernement du Canada investisse suffisamment afin de traduire, de numériser, de créer des portails, et de rendre Internet accessible en français grâce à la disponibilité d'outils linguistiques appropriés sur la toile. Je recommande aussi un soutien afin de favoriser l'essor d'un secteur privé et des organismes à but non lucratifs oeuvrant dans le domaine des contenus et des services de langue française. Comme le soulignait le Conseil dela radiodiffusion et des télécommunications canadiennes dans son avis émis en mai 1999 : « Les producteurs de nouveaux médias francophones doivent en moyenne absorber des frais de production plus élevés que leurs confrères de langue anglaise, parce qu'ils doivent souvent créer un produit dans les deux langues et élaborer des stratégies de marketing et de distribution plus dispendieuses, pour élargir leur marché. Les débouchés à l'exportation sont aussi plus limités dans le marché francophone.7 » Et comme le mentionne mon étude :  « Le gouvernement du Canada pourrait investir davantage afin de favoriser la croissance des industries et des sites communautaires relatifs à la production de contenus et de services en français et ce, par les meilleures méthodes disponibles : publicités, offres techniques, liens électroniques entre les sites gouvernementaux.8 »

Ces recommandations font valoir en somme au gouvernement du Canada qu'il faut corriger le tir afin d'éviter la « folklorisation » de l'identité, de la culture et des valeurs canadiennes. La mondialisation de l'économie n'implique pas nécessairement l'adoption d'une culture planétaire unidimensionnelle. L'américanisation n'est pas une fatalité, mais comme l'affirmait récemment le Conference Board dans son évaluation annuelle de la performance sociale et économique du Canada, il faudrait que le Canada consacre à la recherche beaucoup plus de ressources que le niveau actuel afin de ne pas être rayé de la carte de l'innovation. Le dernier Discours du Trône a d'ailleurs reconnu l'importance de cette question. C'est aux États-Unis qu'on invente présentement le futur. Le rôle de la commissaire aux langues officielles dans pareille situation est de souligner sur la tribune publique l'importance et les conséquences de ces enjeux sur la dualité linguistique canadienne et sur la promotion des langues officielles du Canada.

D'ici 2005, comme le prédit Michel Cartier, professeur au département des communications à l'Université du Québec à Montréal, le Canada continuera de subir à un rythme de plus en plus accéléré des mutations technologiques, économiques et sociétales9. Ces changements radicaux pourraient, si l'on agit rapidement, offrir des possibilités pour des initiatives nouvelles.

Au niveau technologique, nous passerions de la convergence actuelle des technologies à l'apparence d'un réseau numérique qui ferait de l'industrie du contenu : c'est-à-dire la communication électronique, le commerce électronique, les services publics, les médias électroniques, les activités financières; la première du monde. C'est un secteur postindustriel, né de la rencontre du savoir, des arts, de la culture, des technologies interactives et des nouveaux capitaux. Elle offre des contenus à valeur ajoutée et des services à des publics cibles.

Au niveau économique, le Canada passerait d'ici 2005 du marché continental, l'Aléna, au marché planétaire hors taxes et à l'essor du commerce électronique pratiqué par 500 millions d'internautes. L'Association des banquiers canadiens prévoit d'ailleurs qu'au cours des prochaines années la croissance des ventes en direct sur Internet doublera chaque année10. Le marché boursier a connu à cause de l'Internet davantage de transformations majeures dans son mode de fonctionnement au cours des cinq dernières années qu'au cours du siècle précédent. Comme le remarque Patrick Bloche, député de Paris, dans son rapport intitulé Le désir de France :  « La francophonie a jusqu'à présent échoué à devenir un espace économique et commercial, le commerce électronique peut maintenant compenser cette faiblesse en mettant à la disposition des francophones des produits décrits et vendus en français.11 »

Au niveau sociétal, le Canada connaîtrait également une mutation profonde d'ici 2005 lorsque la génération Y, des 9 à 12 ans, qui privilégie comme modèle d'accès à la connaissance les images écran, prendra le pouvoir dans un monde où seraient intégrés les produits réels et virtuels. Saviez-vous qu'en moyenne un enfant américain consacre 900 heures par an à l'école, 1 500 heures à la télévision mais 1 600 heures à l'ordinateur ?12 Il faudra dans pareil contexte gagner aussi l'offensive des portails en ce qui a trait à la francophonie. L'intelligence collective en émergence, fondée sur les communautés d'intérêt et transcendant les frontières, sera-t-elle multilingue alors que selon un rapport de Computer Economics 43 pour 100 des utilisateurs d'Internet ne seront pas des anglophones ?

Les gestionnaires et promoteurs d'aujourd'hui doivent apprendre à maîtriser les mutations technologiques, économiques et sociétales qui s'annoncent. Il importe d'anticiper les tendances, de protéger les intérêts des collectivités, de moderniser nos façons de faire, d'innover et de gérer les impacts et les coûts des changements afin d'augmenter le PIB, de créer des emplois pour les jeunes, de développer de nouveaux marchés, et de maintenir toute la vigueur des cultures canadiennes et des langues officielles en plus de tirer partie de tous les avantages qu'elles nous procurent en tant que Canadiens. Dans ce contexte, il pourrait être fort pertinent que le gouvernement du Canada apporte son appui à la création de mécanismes de veille ou de prédiction technologique, économique et stratégique afin de ne pas faire partie du club des perdants. En 1977, Ken Oslon, Président de la compagnie informatique DEC affirmait :  « Je ne vois pas pourquoi quelqu'un voudrait avoir un ordinateur à la maison ? » Ou encore la compagnie de production DECCA rejetant les Beatles en 1962 :  « Nous n'aimons pas leur musique, et la guitare est en voie de disparition ». C'est pourquoi j'indique dans mon étude, Le gouvernement du Canada et le français sur Internet, que :  « [Le gouvernement fédéral] pourrait [...] envisager [...] de faire appel à un groupe d'experts capables de lui fournir des avis de nature prospective sur l'incidence d'Internet sur l'écologie des langues officielles dans la société canadienne.13 »

Cette maîtrise des mutations technologiques, économiques et sociétales semble essentielle afin de survivre économiquement, mais aussi socialement, à ces turbulences prévisibles. Un pays est d'abord un lieu imaginaire, un imaginaire individuel composé de valeurs et d'attitudes, certes, mais aussi un imaginaire collectif fondé sur la culture. C'est à partir de l'imaginaire des gens que se créent les consensus nécessaires à la bonne marche de la société. Cet imaginaire repose sur la maîtrise d'un espace-temps donné et a comme frontières, au Canada, les langues officielles et le multiculturalisme. Comme le dit si bien Michel Cartier dans Nouvelles technologies : modernité, compétitivité et humanité :  « L'Internet offre l'ici et l'ailleurs, sans contenu, elle n'offre que l'ailleurs.14 » Les industries du contenu multilingue constituent pour le Canada un secteur stratégique de développement économique mais aussi une occasion d'affirmer ce que nous sommes dans la société du savoir en émergence.

À titre de commissaire aux langues officielles, j'ai la mission de préserver et de promouvoir un joyau canadien : la dualité linguistique et le respect des minorités linguistiques. Je me dois, comme vous, de faire oeuvre de prévoyance et d'être consciente des tendances lourdes qui bouleversent notre société. La dualité linguistique, la promotion des langues officielles et l'épanouissement des minorités linguistiques canadiennes exigent que le gouvernement prenne les décisions qui s'imposent afin de donner une place significative à la langue française sur Internet. La culture est une façon d'exprimer notre identité, l'Internet, de la diffuser. Les recommandations de l'étude : Le gouvernement du Canada et le français sur lnternet visent à favoriser cette maîtrise nécessaire.

D'ailleurs, je me réjouis vivement du train de mesures concernant l'Internet annoncées dans le Discours du Trône car elles s'harmonisent bien avec les recommandations de cette étude. Cela augure bien car le gouvernement fédéral doit nous faire savoir avant la fin de l'année les mesures concrètes qu'il entend prendre pour donner suite à nos recommandations. Dans la mise en oeuvre du Discours du Trône, il est essentiel que les projets de développement qui seront mis en chantier réduisent le retard actuel des francophones de notre pays en ce qui a trait à l'utilisation d'Internet. Je suis confiante à cet égard que le gouvernement reconnaîtra la dualité linguistique comme principe directeur du développement d'Internet au Canada et qu'il agira avec la détermination nécessaire pour assurer aux francophones l'égalité des chances qu'il prône dans ce Discours du Trône qui veut marquer le tournant du millénaire.

La mise en oeuvre des recommandations de notre étude exige bien sûr des investissements. À ceux qui refuseraient de les faire, je demande :  quels investissements doivent être faits afin que nos enfants soient canadiens ? Quelle valeur devons-nous attacher au fait d'être Canadien et de l'être encore dans cinquante ans ?


Notes

1 Jacques Attali. Le Monde. 7 août 1997.

2 Canada, Les inforoutes et la Francophonie. Les inforoutes au service du développement. Réflexion canadien, Conférence des ministres responsables de l'autoroute de l'information. Préparé par Jacques Lyrette pour la Délégation canadienne, Montréal, mars 1997, p. 6.

3 Human Development Report 1999. New technologies and the global race for knowledge.

4 Canada. Statistique Canada. Enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages. Ottawa, 1998, Cahier 64-202.

5 Internet : Accès et utilisation au Québec, Rapport d'enquête, BSQ, CEFRIO, RISQ, Collection Infomètre, novembre 1998, p. 87.

6 Canada. Commissariat aux langues officielles. Le gouvernement du Canada et le français sur Internet. P. 20.

7 Canada, Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, Avis public radiodiffusion CRTC 1999-84, paragraphe 79.

8 Canada. Commissariat aux langues officielles. Le gouvernement du Canada et le français sur Internet. Étude spéciale, Ottawa, 1999, p. 19.

9 Michel Cartier. 2005. La nouvelle société du savoir et son économie. Résumé de conférence. Montréal. 1999, 5 p.

10 Le Commerce à l'aube d'une nouvelle ère. Association des banquiers canadiens. Toronto, 1998, P.19.

11 Patrick Bloche. Le désir de France. La présence internationale de la France et la francophonie dans la société de l'information. Rapport au Premier ministre, Paris, Service d'information du gouvernement, décembre 1998.

12 Dave Chalk's Computer Show. No 45.

13 Canada. Commissariat aux langues officielles. Le gouvernement du Canada et le français sur Internet, p. 14.

14 Michel Cartier. Nouvelles technologies : modernité, compétitivité et humanité, sont-elles conciliables ? Colloque de perfectionnement des gestionnaires de la fonction publique fédérale (région de Québec). Montréal, 28 janvier 1999, p.3.