ARCHIVÉE - Montréal, le 14 mars 2007

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Dualité linguistique, récits sur la langue et échanges nationaux :
J.R. Mallory et le concept d'un passé utilisable

La conférence annuelle J.R. Mallory en études canadiennes, Université McGill


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

J’aimerais d’abord remercier Antonia Maioni et l’Institut de m’avoir invité aujourd’hui. Je suis un admirateur de longue date de l’Institut d’études canadiennes de McGill et j’ai participé à plusieurs de ses conférences annuelles; je l’ai toujours vu comme un exemple admirable d’une institution qui respecte la dualité linguistique du Canada et qui l’intègre dans ses fonctions quotidiennes. Antonia elle-même témoigne de cet esprit d’ouverture et de respect ainsi que d’une grande rigueur intellectuelle. Je voudrais également souligner le rôle extraordinaire qu’a joué M. Desmond Morton, à titre de premier directeur de l’Institut, et la contribution du doyen de la Faculté des arts, M. Christopher Manfredi.

C’est un réel honneur d’être invité à prononcer l’allocution à la conférence James Mallory. Le professeur Mallory a été un pilier du Département de sciences politiques de l’Université McGill pendant de nombreuses années, et il était un spécialiste de l’appareil gouvernemental réputé pour sa rigueur. Les observations qu’il a faites à la radio dans la foulée de l’élection de 1957 ont influencé Louis Saint-Laurent dans sa décision de renoncer au pouvoir et de laisser John Diefenbaker tenter de former un gouvernement minoritaire. Son livre The Structure of Canadian Government, dans lequel il a mis à profit sa formation juridique, demeure une œuvre théorique incontournable. À cette époque où les théories à la mode proliféraient, James Mallory était considéré comme un traditionaliste.

Peut-être y a-t-il un peu de vrai dans ce genre de stéréotypes, mais ceux-ci ne rendent pas justice à l’humour, à l’humanisme et à l’érudition de l’homme, ni à la mesure dans laquelle il était capable de transcender la rigueur de sa formation universitaire. Dans la préface de l’édition révisée de The Structure of Canadian Government, il cite Bora Laskin, Leonard Woolf, John Maynard Keynes et Walter Bagehot avant de conclure, au moyen d’une longue citation de F. R. Scott que, si les droits de la personne et les relations harmonieuses entre les cultures sont des manifestations de la beauté, alors l’État est une œuvre d’art qui, à jamais, restera inachevée.

Certes, James Mallory possédait un sens profond de la nature de l’État, mais il tenait à ce que ses étudiants connaissent les moindres détails d’un régime parlementaire.

Ian Brodie, chef de cabinet du Premier ministre et ancien étudiant de J. R. Mallory, se rappelle d’un cours à l’Université McGill au cours duquel un étudiant s’était plaint de l’abondance de détails à retenir au sujet des votes de censure. « Je ne vois pas en quoi ces connaissances nous seront utiles dans la vie », avait-il dit.

« Jeune homme, vous êtes ici à l’Université McGill, et il y a de très bonnes chances que l’un d’entre vous, dans cette classe, travaille un jour pour un chef de parti, un premier ministre ou le gouverneur général, et il lui faudra connaître ces choses », a rétorqué le professeur Mallory avec indignation. « Et quand ce jour viendra, il sera diablement content d’avoir suivi ce cours! » [traduction]

En effet, Brodie s’est souvenu de cet échange lorsqu’il se trouvait dans le vestibule de l’opposition, au moment où le gouvernement Martin venait d’être défait par un vote de censure, en décembre 2005. Avant cela, en qualité de politicologue à l’Université de Western Ontario, il empruntait la réplique de James Mallory lorsque les étudiants mettaient en doute la nécessité des détails obscurs pour leur faire valoir qu’ils étaient à Western, et non dans une petite université de moindre prestige.

James Mallory avait raison d’être fier de la contribution de l’Université McGill à la politique canadienne et au gouvernement. Parmi ses collègues figuraient Frank Scott et John Humphrey, auteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et diverses autres personnes qui ont participé aux débats d’intérêt public du Canada et enrichi la réputation de l’Université dans le monde : Charles Taylor, James Tully, Michael Oliver et Jack Weldon, pour ne nommer que ceux‑là. La présence de l’ancien premier ministre Joe Clark vient aussi consolider la renommée de l’institution.

J’ai eu l’occasion de rencontrer le professeur Mallory lorsque j’ai prononcé une allocution au Département de sciences politiques de McGill après la publication de mon livre sur le Parti québécois : René Lévesque and the Parti Québécois in Power. Je me rappelle que ses questions étaient difficiles et teintées de scepticisme.

Dans l’esprit de James Mallory, et conformément à l’idée qu’il se faisait des institutions et des traditions parlementaires – qu’il voyait comme des instruments pour réaliser ce que Scott appelait « les relations harmonieuses entre cultures » –, et l’État – qu’il considérait comme une œuvre d’art non achevée – j’aimerais me pencher sur certains des récits politiques et historiques qui décrivent les relations entre Français et Anglais au Canada.

Il est facile de trouver, dans l’histoire canadienne, des récits négatifs sur la langue et la politique linguistique au pays. Bon nombre d’écoles de pensée interprètent l’histoire sous un angle négatif et la présentent comme une série de tentatives ratées pour éliminer la langue française : la conquête par les Anglais; la répression de la rébellion de 1837; la recommandation de lord Durham, en 1839, d’assimiler les Canadiens français le plus rapidement et le plus efficacement possible; la pendaison de Louis Riel, en 1885; l’adoption par l’Ontario, en 1912, du règlement 17 et la question des écoles du Manitoba, en 1916, qui a mis fin à toute instruction dans une langue minoritaire; la crise de la conscription en 1917 et la séquelle de cette crise en 1942; la Loi sur les mesures de guerre, en 1970, et la prétendue « nuit des longs couteaux », en 1981.

Oui, il est facile de trouver ou d’élaborer un récit négatif au sujet de tous ces événements. La Conquête demeure un point d’ancrage important de la pensée intellectuelle au Québec, comme l’a clairement expliqué Christian Dufour dans son livre Le défi québécois1, publié en 1989. Dans le même ordre d’idées, la rébellion de 1837 est montrée sous un jour dramatique dans le film 15 février 18392, de Pierre Falardeau.

Lorsque John A. Macdonald a refusé de commuer la sentence d’exécution prononcée contre Louis Riel, on pouvait lire dans un journal du Québec : « Riel n’est qu’un nom : c’est l’élément canadien-français et catholique qu’on veut faire danser au bout de la corde. » Et Honoré Mercier, alors chef du Parti libéral au Québec et plus tard premier ministre de la province, a déclaré, lors d’une grande manifestation à Montréal, que l’exécution avait « frappé notre race au cœur3 ». Les Conservateurs ont mis un siècle à se remettre de l’effet du choc.

Selon feu l’historien Michel Brunet, de l’Université de Montréal, l’incapacité de Laurier à protéger les écoles francophones au Manitoba était la preuve qu’il n’avait pas réussi à poser les jalons d’un patriotisme commun, qui n’existait pas, et que les Canadiens français pourchassaient un rêve impossible. “Les Canadiens Français recherchaient la quadrature du cercle ou la pierre philosophale,” Il écrit aussi “Ce patriotisme commun n’existait pas. Premier ministre du Canada pendant quinze ans, Laurier lui-même n’avait pas réussi à en jeter les bases. La guerre de 1914, la crise de la conscription et la persécution scolaire en Ontario obligèrent les Canadiens Français les plus aveugles ou les plus optimistes à s’interroger sur la nature réelle de l’union canadienne.”4

Ceux qui voient le Canada comme une série de défaites peuvent reconstituer l’histoire selon cette vision. C’est d’ailleurs l’approche choisie par Normand Lester pour les trois volumes de sa série « Le livre noir du Canada anglais », qui est devenue un succès de librairie au Québec. M. Lester n’est pas seul à avoir opté pour cette approche. Un manuel d’histoire couramment utilisé au Québec, Histoire du XXe siècle, ne mentionne Pierre Trudeau qu’une fois : pour décrire la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre comme une tentative sournoise d’écraser le nationalisme québécois et pour terroriser la société5.

Quant à Pierre Godin, dans sa biographie de René Lévesque, il écrit que la Constitution de 1982 « détruira petit à petit » le régime linguistique québécois et que l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés est « la dernière tentative d’angliciser le Québec6 ».

Maintenant, pour faire contraste, je vous propose un compte rendu positif, un récit fondé sur l’inclusivité et le respect.

Alors qu’il était Haut-commissaire du Canada à Londre, Mel Coppe a découvert que, dans les jours qui ont suivi la bataille des plaines d’Abraham, en 1759, l’armée britannique a informé les citoyens de la ville de Québec qu’on respecterait leur langue et leur religion. Michel Brunet, qu’on ne pouvait guère accuser de manquer d’esprit critique – comme l’a dit Christian Dufour – et qui était l’un des fondateurs de l’école nationaliste de l’histoire du Québec, a écrit que « la générosité du Conquérant, sa bienveillance, son souci de l’intérêt général, son esprit de justice lui acquirent le cœur des vaincus7 ». Dans le débat à la Chambre des communes du Parlement britannique sur l’Acte de Québec de 1774, sir Edward Thurlow, procureur général, a clairement énoncé les intentions du gouvernement dans les termes suivants :

« Vous ne devez changer d’autres lois que celles ayant trait à la souveraineté française, et leur substituer les lois relatives au nouveau souverain […]. Quant aux autres lois, coutumes et institutions ne touchant pas aux relations entre sujets et souverain, l’humanité, la justice et la sagesse conspirent également pour vous conseiller de laisser les gens tels qu’ils sont8. »

Edmund Burke a renchéri en soutenant que si les francophones du Canada héritaient d’une liberté et d’une constitution anglaises, ils feraient une contribution valable et utile à la Grande-Bretagne, peu importe qu’ils parlent français ou anglais, et qu’ils restent catholiques ou non9.

C’est en 1842 qu’ont été amorcées, conjointement par Robert Baldwin et Louis‑Hippolyte Lafontaine, les premières étapes clés vers une démocratie canadienne. Comme l’a écrit John Ralston Saul, il s’agissait du premier acte stratégique dans la création du pays : les réformateurs francophones et anglophones avaient soudain compris qu’ils devaient travailler de concert10.

John A. Macdonald l’avait, lui aussi, compris. En 1856, soit une décennie avant la Confédération, il résumait ainsi la tâche du premier ministre : « Il doit se faire l’ami des francophones sans pour autant renier sa race ni sa langue, il doit respecter leur nationalité », confia -t‑il à un ami. « Il faut les traiter comme une nation. Ensuite, ils agiront comme un peuple libre le fait généralement, c’est‑à‑dire avec générosité. Qu’ils soient appelés [sic] faction, et ils deviendront factieux11. »

L’observation de Macdonald s’est révélée pertinente : ceux d’entre ses successeurs qui ont traité les Canadiens français avec respect ont été reçus avec bienveillance, tandis que ceux qui les considéraient comme une faction ont eu droit à un accueil factieux.

Pour mieux illustrer le sens général de la notion de respect de la part des Canadiens anglais, permettez‑moi d’examiner la situation quelques décennies plus tard. En décembre 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, le premier ministre du Québec, Adélard Godbout, a pris la parole devant le Canadian Club de Toronto. Dans son allocution – publiée dans Le Devoir et louangée à la fois par L’Action nationale et The Globe and Mail12 – Godbout met en lumière un groupe de Canadiens anglais qui, selon lui, avaient répondu à leur geste de fraternité13. Les noms figurant sur sa liste sont à peine connus aujourd’hui. Il s’agissait notamment de W. H. Moore, d’Arthur Hawkes, de P. F. Morley et de Lorne Pierce.

Qui sont donc ces gens? Pourquoi les avoir singularisés à cette époque? Et pourquoi mentionner leurs noms six décennies plus tard? Parce que, selon moi, ces hommes ont jeté les bases d’une identité canadienne qui englobe la dualité linguistique, élément qui a joué un rôle crucial dans la définition du Canada en tant que pays et qui a fait de la tolérance et de l’acceptation des autres l’une de nos valeurs de base.

En 1916, durant la Première Guerre mondiale, plusieurs des personnes précitées ont établi ce qu’on a appelé la « Bonne entente », qui se voulait une tentative pour rapprocher l’Ontario et le Québec, séparés par une faille sans cesse grandissante. Dans le cadre de ce projet, un groupe de professionnels et de gens d’affaires de l’Ontario sont venus visiter le Québec, et une délégation québécoise s’est rendue en Ontario. L’organisation s’est dissoute lors de la première crise occasionnée par la conscription. Des décennies plus tard, les mots « Bonne entente » suscitaient des moqueries et évoquaient des images d’hommes d’affaires entonnant cérémonieusement « Alouette » dans un élan de bonne volonté un peu gauche dans la foulée des allocutions d’après‑repas. Néanmoins, la « Bonne entente » originale a eu des répercussions positives à long terme.

Prenons d’abord le cas de W. H. Moore.

William Moore était un improbable défenseur des droits linguistiques des francophones au Canada. Comme il l’a fièrement indiqué dans sa biographie, il était un descendant des Loyalistes de l’Empire-Uni. Ce fermier de Pickering, en Ontario, a obtenu un diplôme de l’Université de Toronto en 1894, puis a étudié le droit à Osgoode Hall. Plus tard, il allait devenir président du House Banking and Trade Committee. En 1918, tandis que la Première Guerre faisait rage et dans la foulée du règlement 17, qui abolissait l’enseignement en français en Ontario, Moore signa un livre remarquable, intitulé The Clash: A Study in Nationalities. Dans cet ouvrage, il affirme que les traditions britanniques englobaient le bilinguisme et l’inclusion, et il les oppose habilement à ce qu’il appelle « la rigide approche prussienne ».

De plus, Moore dénonce l’hypocrisie canadienne-anglaise, dont les tenants rappelaient sans cesse la corruption du climat politique québécois sans jamais tenir compte de la situation semblable qui prévalait en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. « Jugeant [les Canadiens français] par leurs hommes les moins doués et les moins estimables, et nous‑mêmes par ce que nous avons de meilleur […] », écrit-il14.

Faisant référence au règlement 17, Moore met en opposition les mesures prises par l’Ontario pour éradiquer le français à la tolérance du Québec à l’égard de l’anglais et du système scolaire protestant, et évoque le fameux contrat dans Le marchand de Venise, de Shakespeare, où Shylock a le droit de prélever une livre de la chair d’Antonio si celui-ci ne rembourse pas son prêt : « L’Ontario a pris quinze onces sur la livre de chair que lui accordait l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, alors que le Québec n’a seulement pas mis la main au couteau15. »

Ce point de vue n’était pas populaire à l’époque. Durant la campagne électorale de 1917, les caricaturistes montraient Laurier (qui s’opposait à la conscription) s’amusant avec le Kaiser, et une carte du Canada toute en rouge impérial, exception faite du Québec, coloré en noir. Un député a qualifié le Québec de « l’enfant gâté de la Confédération », tandis qu’un autre activiste canadien-anglais l’a défini comme « le siège de la peste dans tout le Dominion16. » [traduction]

Vingt ans plus tard, dans un livre sur le profil des personnalités politiques du Canada, Léopold Richer, journaliste parlementaire, louange Moore, alors député libéral, pour ses convictions, le définissant comme un « libéral, profondément libéral, le représentant le plus complet et le plus typique du vrai libéralisme, dans le sens philosophique et politique du mot. » Et de poursuivre Richer : « Le libéralisme de Moore lui procure une armure de tolérance qui le protège contre les doctrines agressives17. » Quelle expression délicieuse : « une armure de tolérance » ! Le livre de Moore a eu longue vie. Fait inhabituel pour l’époque, il a été traduit en français18. Richer conclut son texte sur Moore en affirmant que les Canadiens français lui devaient beaucoup19.

Arthur Hawkes a été publiciste pour le Chemin de fer Canadien du Nord, puis journaliste. (Il a notamment rédigé un compte rendu de l’incendie qui a ravagé les édifices du Parlement, dont il a été témoin.) Préoccupé par le braconnage le long de la frontière entre le Minnesota et l’Ontario, il a fait pression en faveur de la création du parc Quetico, qui a vu le jour en 1909, sous le gouvernement de l’Ontario. Dans son livre intitulé The Birthright20, publié en 1919, il s’attaque aux préjudices envers le Québec, les Canadiens français et les immigrants. De plus, il y dénonce le fait que le français n’est pas reconnu comme langue officielle en Ontario.

Hawkes a été, de même que l’avocat torontois J. M. Godfrey (grand‑père de John Godfrey, député libéral de Toronto), l’un des fondateurs de la Bonne entente, mise sur pied pour améliorer les liens et la compréhension entre les Canadiens anglais et les Canadiens français, et pour favoriser une meilleure connaissance de l’autre culture.

Également en 1919, P. F. Morley a publié Bridging the Chasm, qui reprend certains des arguments de Moore. À l’instar de ce dernier, Morley soutient que la tradition britannique était fondée sur le respect et l’inclusivité, et décrit un empire dans lequel les Gallois, les francophones de Jersey, les habitants de Malte et les Sikhs des plaines du Punjab se sentent chez eux et où leurs droits linguistiques sont respectés21. Morley plaide en faveur de la reconnaissance du français comme langue d’enseignement en Ontario. Il conteste également les opinions maintes fois entendues selon lesquelles l’Ontario était une province anglophone, et que, pour bon nombre de Canadiens anglais, le terme « Canadien » était synonyme de « Canadien anglais ». « Pourquoi le Canada anglais et le Canada français ne préserveraient-ils pas chacun leur identité et ne réglementeraient-ils pas leur vie de la manière qui leur semble la meilleure?22 », demande-t-il. [traduction]

Les trois auteurs ont eu une incidence sur le sentiment de vulnérabilité et de méfiance qui habitait les Québécois francophones de l’époque, lesquels par ailleurs étaient confrontés à ce qui pouvait sûrement leur sembler être un flot continu d’hostilité de la part du Canada anglais. Jean-Charlemagne Bracq, professeur de littérature au Collège Vassar, auteur de The Evolution of French Canada, paru en 1924 – traduit et publié en français, en 1927, sous le titre L’évolution du Canada français – conclut son ouvrage sur une note positive en évoquant notamment le travail de Moore, de Hawkes et de Morley. « Décidément, les Anglo‑Canadiens en sont arrivés à voir leurs compatriotes de langue française sous un angle plus large et plus vrai23 », écrit-il24.

De son côté, Lorne Pierce, directeur de Ryerson Press, a publié en 1929 un essai intitulé « Toward the Bonne Entente », dans lequel il avance l’idée d’un Canada biculturel. Il a d’ailleurs signé de nombreux textes portant sur la dualité de la culture canadienne. Sa contribution la plus importante a peut-être été à titre d’éditeur de manuels – et de protecteur de l’illustrateur C. W. Jeffreys. Ces manuels ont offert à des milliers d’élèves du Canada anglais une image visuelle de l’histoire du Canada français.

Comme l’ont fait valoir Robert Craig Brown et Ramsay Cook, pour autant valable qu’il fût, le projet « Bonne entente » a échoué, malgré l’organisation de plusieurs visites réciproques en Ontario et au Québec et l’intérêt qu’il a suscité chez des Québécois éminents, dont un jeune avocat de Québec, du nom de Louis Saint‑Laurent. « Les Canadiens français, semble-t-il, ont espéré que l’organisation de la Bonne entente aiderait à résoudre de manière satisfaisante le problème linguistique en Ontario. De leur côté, les Canadiens anglais s’attendaient à ce que celle-ci suscite chez leurs compatriotes francophones une ferveur accrue envers la guerre25. » [traduction] En 1917, le mouvement s’était éteint, incapable de résister à la flambée d’hostilités pendant la crise de la conscription.

Malgré sa courte vie, la Bonne entente a quelque peu ressemblé au Groupe des sept. En effet, elle a motivé les écrivains à définir le Canada comme un pays inspiré des traditions britanniques, mais indépendant; un pays nord-américain, mais qui se forge une identité distincte de celle des États-Unis. L’un des éléments clés de cette identité impliquait la coexistence avec une société francophone et le respect de cette société. Ce sentiment de respect est devenu partie intégrante de la définition du Canada, société qui allait faire preuve d’ouverture envers les gens d’autres cultures et langues.

Tout cela s’est produit quelques décennies avant la parution, en 1945, du roman Deux solitudes, de Hugh MacLennan – autre élément de la riche histoire intellectuelle de l’Université McGill. Le roman a enrichi le discours canadien d’une expression inoubliable – et pourtant, Hugh MacLennan a toujours eu le sentiment d’avoir été incompris. Son objectif, affirmera-t-il, n’était pas de valoriser l’hostilité, mais plutôt le soutien mutuel. Le titre de son livre est inspiré d’une épigraphe de Rainer Maria Rilke :

 

« L’amour consiste en ceci :

deux solitudes qui se protègent,

se rejoignent, et s’ouvrent l’une à l’autre. »

 

Le roman de MacLennan se termine sur une note plus optimiste que ne voudraient le faire croire ceux qui continuent à en utiliser le titre : « […] leurs deux légendes étaient comme pétrole et alcool renfermés dans une même bouteille, mais celle‑ci n’en restait pas moins intacte. Et alors, presque à son corps défendant, poussé par son instinct d’accomplir ce qui était nécessaire, le pays fit les premiers pas irrévocables vers la réalisation de son propre destin, sachant malgré lui qu’il n’était pas unique en son genre mais semblable à tous les autres pays, seul avec les servitudes de l’histoire, de la science et de l’avenir26. »

À la fin de sa vie, MacLennan était devenu plus pessimiste, non seulement au sujet de l’avenir du Canada, mais aussi à l’égard de celui du genre humain. Le titre de son livre a été cité encore et encore dans le cadre d’un refrain pessimiste sur le manque de connaissances, de sympathie ou de compréhension entre les Français et les Anglais au Canada, pour devenir un genre de mantra nationaliste lugubre.

Je n’ai jamais nié le rôle qu’a joué le nationalisme québécois dans l’émergence remarquable du sentiment de fierté au sein de la société de langue française au Canada, ainsi que dans sa croissance et son épanouissement au cours du dernier demi-siècle27. Par contre, certains ont tendance à mal représenter ou à mal comprendre ce que les Canadiens anglais ont fait pour appuyer, encourager et habiliter cette transformation. La Loi sur les langues officielles et la politique canadienne de dualité linguistique n’auraient pas vu le jour sans l’appui des Canadiens anglais.

J’ai souvent dit qu’il est erroné de croire que la politique linguistique canadienne est le fruit du « rêve de Pierre Trudeau ». Les bases de cette politique ont été jetées par Lester Pearson, bien avant que Pierre Trudeau ne devienne premier ministre28. C’est Pearson qui a formé la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme en 1963 et qui, en 1966, avant même que la Commission ne publie son rapport, a énoncé les principes sur lesquels devait reposer une fonction publique bilingue29.

Mais Pearson ne faisait pas cavalier seul. Davidson Dunton assumait la coprésidence de la Commission royale; Frank Scott y jouait un rôle de premier plan, et Michael Oliver – autre joyau de la couronne de McGill – était codirecteur de la recherche.

La Loi sur les langues officielles, adoptée en 1969, a mené à la création du poste que j’occupe actuellement. Les premier et deuxième commissaires aux langues officielles, Keith Spicer et Max Yalden, étaient des Canadiens anglais, nés à Toronto et ayant étudié à l’Université de Toronto. Les deux hommes ont joué un rôle énorme en gagnant la faveur du Canada anglais envers la politique sur les langues officielles.

Cette politique est souvent considérée, pour le meilleur et pour le pire, comme l’une des plus grandes réalisations du gouvernement libéral de Pierre Trudeau, et comme un legs du Parti libéral. Bien qu’elle soit vraie, cette seule interprétation tend à passer sous silence le rôle crucial que les Conservateurs ont joué en appuyant l’adoption de la Loi sur les langues officielles.

Robert Stanfield était chef du Parti progressiste‑conservateur lorsque la Loi sur les langues officielles a d’abord été présentée. Son leadership était alors vivement contesté par un petit groupe de députés de l’Ouest du Canada, d’indéfectibles partisans de John Diefenbaker. Le projet de loi n’avait pas la faveur de la population : seulement 56 p. 100 des Canadiens l’appuyaient, et dans l’Ouest du pays, 70 p. 100 des citoyens s’y opposaient. Il est toujours difficile pour le chef de l’opposition de soutenir un gouvernement qui tente de faire adopter une loi de haut profil; le système parlementaire est conçu de manière à ce que les opposants du gouvernement en place aient une voix en Chambre. Dans un geste de réel courage politique, Robert Stanfield a appuyé la Loi sur les langues officielles – et payé un prix politique énorme. Le débat à la Chambre des communes a fait ressortir ce que Geoffrey Stevens, biographe de Stanfield, a appelé le « sectarisme latent des Canadiens anglais ». Lors du vote final, 17 conservateurs ont brisé les rangs, et 14 autres se sont abstenus30. Mais la vision généreuse et inclusive qu’avait Stanfield du pays et de la politique linguistique l’a emporté, et elle s’est révélée déterminante pour les succès politiques ultérieurs des Conservateurs.

En 1981 et 1982, pendant les débats sur la Charte canadienne des droits et libertés, Joe Clark a mis à profit son expérience de parlementaire pour retarder un vote rapide et s’assurer que la Charte allait faire l’objet d’un examen réglementaire adéquat. Comme Stanfield, Clark a payé le prix pour son soutien inébranlable à la Loi sur les langues officielles. Et comme Stanfield, il peut affirmer que sa vision élargie a prévalu.

La Loi sur les langues officielles a fait l’objet de premières modifications sous un régime conservateur dirigé par Brian Mulroney. En rendant la Loi conforme à la Charte, on l’a considérablement raffermie. Grâce à cette nouvelle vigueur juridique, on a pu y inscrire le droit des fonctionnaires dans certaines régions du pays. Ces amendements ont pris force de loi en partie grâce à la détermination de Brian Mulroney et aux compétences en gestion politique de son vice-premier ministre, Don Mazankowski, qui a veillé à éviter la révolte dans le caucus. Ce dernier avait fait beaucoup de chemin. Dix‑neuf ans plus tôt, alors jeune député albertain, il avait voté contre la Loi sur les langues officielles. En 1988, il a contribué à la raffermir.

La seule autre modification à la Loi est survenue en 2005 – avec le soutien du Parti conservateur, dirigé par Stephen Harper, cette fois sans soulever aucune controverse. Contrairement à la situation en 1969, il y avait – et il existe encore – un consensus remarquable en faveur de la politique sur les langues officielles, l’appui de la population canadienne se situant entre 72 et 80 p. 100. En qualité de premier ministre, Harper a un comportement exemplaire, empreint de respect à l’égard de la dualité linguistique. Nous avons franchi beaucoup de chemin en quatre décennies.

L'évolution qui s’est produite durant les 40 années qui ont suivi le dépôt du premier rapport de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme s’explique en partie par l’avènement de discussions tripartites sur la langue. André Laurendeau a amorcé cet échange dans les fameuses pages bleues du rapport en énonçant l’importance de la langue. « Le langage en soi est un élément fondamental de l’activité propre à l’homme », écrit-il, ajoutant que c’est par la langue que les gens répondent à leur capacité d’expression, parviennent à la communion avec autrui et ordonnent leurs pensées de manière cohérente. La langue, explique-t-il, « se situe au cœur de toute personnalité, qu’il s’agisse de la vie intellectuelle ou de la vie affective31 ».

En 1977, Camille Laurin, ministre d’État au Développement culturel du Québec et parrain de la Charte de la langue française, a cité la Commission Laurendeau‑Dunton pour expliquer le lien qui unit la langue et l’identité32.

Voyons maintenant comment la Cour suprême du Canada a répondu, voire fait écho à ces opinions sur la langue et l’identité. En fait, la Cour suprême, par diverses décisions, a expliqué en termes éloquents en quoi les droits linguistiques au Canada étaient des outils non seulement de protection, mais aussi de transformation.

En 1985, dans le Renvoi relatif aux droits linguistiques au Manitoba, la Cour a écrit : « L’importance des droits en matière linguistique est fondée sur le rôle essentiel que joue la langue dans l’existence, le développement et la dignité de l’être humain. C’est par le langage que nous pouvons former des concepts, structurer et ordonner le monde autour de nous. Le langage constitue le pont entre l’isolement et la collectivité, qui permet aux êtres humains de délimiter les droits et obligations qu’ils ont les uns envers les autres, et ainsi, de vivre en société33. »

Laurendeau aurait pu être l’auteur de ces lignes. Et dans Ford c. Québec (Procureur général), en 1988, la Cour a écrit :

« La langue est si intimement liée à la forme et au contenu de l’expression qu’il ne peut y avoir de véritable liberté d’expression linguistique s’il est interdit de se servir de la langue de son choix. Le langage n’est pas seulement un moyen ou un mode d’expression. Il colore le contenu et le sens de l’expression. Comme le dit le préambule de la Charte de la langue française elle‑même, c’est aussi pour un peuple un moyen d’exprimer son identité culturelle. C’est aussi le moyen par lequel un individu exprime son identité personnelle et son individualité. »34 Laurin aurait pu rédiger ces lignes.

Enfin, dans l’arrêt La Reine c. Beaulac, la Cour a clairement indiqué qu’il n’y avait pas de contradiction entre les droits individuels et les droits collectifs en ce qui concerne la langue; qu’il ne s’agissait pas de droits négatifs ou passifs35.

Dans ces jugements ainsi que dans de nombreux autres, on constate la façon dont la Cour suprême a mis à profit les liens dynamiques entre les libertés et les revendications, et misé sur la Loi sur les langues officielles et la Charte de la langue française du Québec pour raffermir les libertés et les revendications si étroitement entrelacées dans les droits linguistiques.

Les échanges entre juges et parlementaires se sont poursuivis ces 25 dernières années. En 1988, l’article 16 de la Charte a entraîné une modification et un raffermissement de la Loi sur les langues officielles, ce qui a amené la Cour à déclarer que la « Loi sur les langues officielles de 1988 n’est pas une loi ordinaire. Elle reflète à la fois la Constitution du pays et le compromis social et politique dont il est issu […] elle fait partie de cette catégorie privilégiée de lois dites quasi constitutionnelles qui expriment “certains objectifs fondamentaux de notre société” et qui doivent être interprétées de manière à promouvoir les considérations de politique générale qui [les] sous‑tendent36. »

Les juges s’inspirent non seulement de la Charte, mais aussi de la Charte de la langue française. Plus récemment, en 2005, les parlementaires de tous les partis, exception faite du Bloc Québécois, ont voté en faveur d’un raffermissement de la Loi sur les langues officielles, donnant aux communautés minoritaires un droit de recours pour s’assurer que le gouvernement fédéral met en œuvre des mesures positives afin de les aider dans leur développement.

James Mallory comprenait ces échanges. Son livre The Structure of Canadian Government révèle clairement qu’il saisit bien les tensions qui subsistent entre le Québec et le reste du Canada, et entre les francophones et les anglophones.

James Mallory n’a jamais oublié, comme il l’a lui-même affirmé, que l’Acte de l'Amérique du Nord britannique n’a jamais protégé efficacement les droits linguistiques, et qu’on a dérobé de leurs droits linguistiques les Canadiens français du Manitoba et de l’Ontario. Selon lui, l’absence d’une protection des droits linguistiques et culturels dans la Constitution a inévitablement fait des droits provinciaux du Québec le seul refuge constitutionnel pour les aspirations du nationalisme canadien‑français. Dans le même ordre d’idées, il avait saisi la stratégie du « pile je gagne, face tu perds » du Parti québécois : toute victoire dans le cadre de négociations raffermissait les compétences provinciales, tandis que toute défaite révélait l’incapacité du système fédéral à protéger les intérêts du Québec37.

James Mallory conclut la version révisée de son livre sur une note d’optimisme nuancé.

« L’histoire du Canada, lorsque présentée sous le seul angle des relations entre les Français et les Anglais, est perçue comme un récit de conflits, où sont absents les ingrédients d’un “passé utilisable”. Et pourtant, il est difficile de croire qu’il n’y a pas quelque chose d’unique et de valable dans l’expérience canadienne, quelque chose dont le monde pourrait tirer une leçon et qui mérite d’être chéri. Ce n’est pas une mince affaire que d’avoir élaboré un système politique dans lequel deux groupes culturels distincts ont survécu, malgré un climat de concorde quelque peu froid38. » [traduction]

Mallory attribuait cette survie à un climat politique tempéré et à un débat politique hautement civilisé.

Lorsque j’ai amorcé mon travail préparatoire pour cette conférence, je craignais que James Mallory aurait désapprouvé mes propos. Au cours de la conférence qu’il a donnée dans le cadre de cette même tribune, David Smith a indiqué que le professeur Mallory s’était montré quelque peu sceptique devant la montée des agents du Parlement comme institution para-parlementaire.

Toutefois, en approfondissant son œuvre, j’en suis arrivé à mieux saisir le sens qu’il donne à la notion de civilité comme élément crucial dans une démocratie et comme instrument pour une compréhension collective.

James Mallory termine son livre par la citation d’un avertissement éloquent donné par le Comité parlementaire mixte spécial sur la Constitution, avertissement qu’il fait sien, avec la modestie qui le caractérise : « Une collectivité qui est incapable de justifier son existence à ses propres yeux finira par se rendre compte qu’elle ne peut survivre par la structure seule39. » [traduction]

De par sa formation et de par sa profession, James Mallory savait regarder au-delà des règles, des structures et des traditions qui ont façonné nos institutions politiques et pouvait comprendre que, bien que nécessaires, elles ne suffisaient pas à permettre à l’organe politique de croître et de prospérer.

Pour ma part, je me permets de croire que nous avons un passé utilisable, et que James Mallory a aidé à le mettre en lumière. Son humanisme, son parallèle entre l’État et une œuvre d’art non achevée demeurent une inspiration.

Je vous remercie de votre attention.



1 Le défi québécois, Montréal, Éditions de l’Hexagone, 1989.

2 Voir également 15 février 1839 : lettre d’un patriote condamné à mort, Chevalier de Lorimier, de Marie-Frédérique Desbiens et Jean-François Nadeau, Montréal, Comeau et Nadeau, 2001.

3 Cité dans « The Hanging of Louis Riel », dans As I recall/Si je me souviens bien: Historical perspectives, John Meisel, Guy Richer et Arthur Silver, Montréal, L’Institut de recherche en politiques publiques, 1999, p. 70-71.

4 « Les Canadiens-Français face à la Confédération », dans Québec – Canada anglais : deux itinéraires, un affrontement, Montréal, les éditions HMH, 1968, p. 168.

5 « Cette tentative hargneuse d’éradiquer le nationalisme québécois et de terroriser la société constitue en quelque sorte le coup d’envoi de “l’ère Trudeau”, qui durera une quinzaine d’années. » George Langlois, en collaboration avec Jean Boismenu, Luc Lefebvre et Patrice Régimbald, Histoire du XXe siècle, Laval, Beauchemin, 1999, p. 251.

6 Pierre Godin, René Lévesque : L’homme brisé (1980-1987), Montréal, Les Éditions du Boréal, 2005, p. 177 et 191.

7 Michel Brunet, La présence anglaise et les Canadiens, Montréal, Beauchemin, 1958, p. 142, cité par Dufour, op. cit., p. 23.

8 Cité par W. H. Moore dans Le choc :une étude de nationalités, Toronto, J.M. Dent & Sons, 1918, p. 49.

9 Cité par Christopher Moose dans 1867: How the Fathers Made a Deal, Toronto, McClelland and Stewart, 1997, p. 70.

10 John Ralston Saul, Reflections of a Siamese Twin: Canada at the End of the Twentieth Century, Toronto, Viking, 1997, p. 175.

11 Donald Creighton, John A. Macdonald : le 1er Premier ministre du Canada, Toronto, Macmillan of Canada, 1952, p. 203.

12 Jean-Guy Genest, Godbout, Sillery, Septentrion, 1996, p. 179-180.

13 Joseph Adélard Godbout, « Quebec and Pan-Canadian Unity », The Empire Club of Canada 1941, Toronto, p. 225-242. Présentée à www.empireclubfoundation.com.

14 William Moore, Le choc : étude de nationalités, Toronto, J.M. Dent & Sons, 1918. p. 443‑444.

15 Ibid, p. 458.

16 Robert Bothwell, Ian Drummond et John English, Canada 1900-1945, Toronto, University of Toronto Press, 1987, p. 131.

17 Léopold Richer, Silhouettes du monde politique, Montréal, Éditions du Zodiaque, 1940, p. 187-190.

18 William-Henry Moore, Le Choc : Étude de nationalités, Montréal, Librairie Beauchemin Ltée, 1920. Traduit de l’anglais par Ernest Bilodeau.

19 Silhouettes du monde politique, op.cit., p. 145.

20 The Birthright: A Search for the Canadian Canadian and the Larger Loyalty, Toronto, J.M. Dent & Sons, 1919.

21 Percival Fellman Morley, Bridging the Chasm: A Study of the Ontario-Quebec Question, J. M. Dent and Sons, Toronto, 1919, p. 83.

22 P. F. Morley, op. cit., p. 11.

23 Jean-Charlemagne Bracq, The Evolution of French Canada, New York, The Macmillan Co., 1924; L’évolution du Canada français, Montréal, Librairie Beauchemin, 1927, p. 450. Présenté en ligne à www.uqac.ca.

24 Sur les trois auteurs canadiens‑anglais, Bracq a écrit : « The Clash de W. H. Moore est une étude du Canada français riche en inductions historiques, mettant au point la question des écoles françaises dans l'Ontario, et insistant sur la haute valeur du Canadien comme facteur de la vie nationale. Se plaçant sur une base sociologique et dominé par le plus pur libéralisme britannique, il démontre que les adversaires des Canadiens, dans le Haut‑Canada, se sont détachés des traditions et idéals britanniques. Le Birthright de Mr. Arthur Hawkes, protestant contre un impérialisme officieux qui ignore les droits du Canada, met incidemment en relief la valeur du peuple de Québec. The Bridging of the Chasm, de Mr Percival Tellman Morley, est un noble plaidoyer en faveur d'un traitement plus impartial et bienveillant des anciens fils de la France. »

25 Robert Craig Brown et Ramsay Cook, Canada 1896-1921: A Nation Transformed, Toronto, McClelland and Stewart, 1974, p. 265.

26 Hugh MacLennan, Deux solitudes, Montréal, Bibliothèque Québécoise, 1995, p. 731.

27 Voir PQ: René Lévesque and the Parti Qébécois in Power, Toronto, Macmillan, 1984; réimprimé sous le titre de René Lévesque and the Parti Québécois in Powe, McGill Queen’s University Press, Montréal, 2002. Voir également : Vous m’intéressez… Chroniques, Montréal, Éditions du Boréal, 2002.

28 Voir Sorry I Don’t Speak French: Confronting the Canadian Crisis that Won’t Go Away, Toronto, McClelland and Stewart, 2006.

29 Op. cit., p. 102.

30 Geoffrey Stevens, Stanfield, Toronto, McClelland and Stewart, 1973, p. 230-231.

31 Rapport de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Introduction générale, Livre I : Les langues officielles, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1967, p. xxix.

32 Allocution prononcée au département de sciences politiques, Université Dalhousie, Halifax, le 21 octobre 1977, dans Le français, langue du Québec : discours prononcés par Monsieur Camille Laurin, ministre d’État au développement culturel et parrain de la Charte de la langue française, de mars à octobre 1977, Montréal, Éditions du Jour, 1977, p. 130-131.

33 Cour suprême du Canada, [1985] 1 S.C.R., p. 744.

34  2 S.C.R. 712. p. 748-749.

35  1 S.C.R. [1999] p. 768.

36 Canada (Procureur général) c. Viola [1991] 1 C.F. 373, p. 386; cité dans Reine c. Beaulac, op. cit.

37 J. R. Mallory, op. cit., p. 452-453.

38 Op. cit., p. 462.

39 Op cit., p. 463.