ARCHIVÉE - Banff, le 7 mai 2003

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L'impact des technologies de l'information sur le développement
des communautés de langues officielles au Canada


Madame Dyane Adam - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et messieurs,

C'est avec grand plaisir que je viens discuter avec vous des technologies de l'information à l'occasion de WorldCALL 2003.

Je veux, dans mon propos, aborder les technologies de l'information du point de vue des communautés linguistiques minoritaires canadiennes. Je veux rendre compte de l'impact positif des technologies de l'information sur ces communautés dans trois secteurs clés :

  • l'éducation,
  • la santé, et
  • le domaine socioculturel.

Je veux aussi, avant de conclure, reconnaître la contribution du gouvernement à l'appropriation populaire des technologies de l'information. Ma thèse est fort simple : les communautés linguistiques minoritaires sont mieux outillées que par le passé pour œuvrer à leur épanouissement et les technologies de l'information viennent catalyser l'essor qu'elles ont déjà pris.

1. L'éducation

Examinons d'abord la situation dans le secteur de l'éducation. Déjà, des outils comme la vidéoconférence, le multimédia et Internet ont commencé à élargir l'espace linguistique des élèves issus des communautés minoritaires canadiennes.

Par exemple, le Distance Education and Community Network of Quebec permet de donner des cours avancés de mathématiques et de sciences aux élèves anglophones de cinquième secondaire habitant les régions excentriques du Québec.

Par le passé, il arrivait qu'un cours ne puisse pas être offert dans une école à cause de l'absence de professeurs ou du nombre restreint d'élèves inscrits. Maintenant, la technologie donne aux adolescents anglophones de la Gaspésie, de l'Estrie ou de l'Outaouais la chance de recevoir la même qualité de services que les élèves de Montréal.

Des services similaires sont également à la portée des communautés francophones. Le Réseau national d'enseignement universitaire en français (RNEUF), par exemple, relie non seulement les universités mais aussi les collèges et les écoles secondaires en milieu minoritaire dans toute la francophonie canadienne. Le Réseau permet d'offrir des cours à distance ou même d'échanger des cours entre les établissements d'enseignement. D'autres initiatives plus régionales comme Contact/Nord ou TeleEducation NB répondent aussi aux besoins locaux.

Les technologies de l'information facilitent la création de grandes classes virtuelles où les élèves se réunissent et s'entraident en clavardant. De même, elles permettent d'importer virtuellement enseignements et enseignants. Elles donnent aussi accès aux ressources pédagogiques pour les enseignants en milieu minoritaire. Je pense notamment au Guide national d'animation culturelle de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants ainsi que les ressources disponibles sur des sites comme le CREATIC au Nouveau-Brunswick, le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques ou le Quebec English Schools Network

2. La santé

Les technologies de l'information ont également contribué à la qualité de vie des minorités linguistiques dans le domaine de la santé, le deuxième secteur dont je veux vous parler.

Les percées de la télémédecine profiteront à la communauté anglophone du Québec. Par exemple, un centre de santé du Témiscamingue, dans l'ouest de la province, dirige actuellement

Voir http://www.refad.ca
Voir http://creatic.ca/index2.asp, http://www.cforp.on.ca/
et http://www.qesnrecit.qc.ca/index.php

un projet de télésanté qui vise à offrir des services médicaux primaires à trois localités éloignées, dont une communauté autochtone.

Les programmes de télésanté de la Corporation hospitalière Beauséjour de Moncton, au Nouveau-Brunswick, permettent de fournir des services médicaux en français, à distance, aux quatre coins du Canada. Les services offerts incluent la téléconsultation, le télédiagnostic, la téléradiologie et le téléapprentissage des spécialités médicales telles la cardiologie, l'oncologie et la pédiatrie.

Les communautés minoritaires de langues officielles, épaulées grâce aux contributions du gouvernement fédéral dans son Plan d'action pour les langues officielles, se mobilisent aussi pour assurer la formation de professionnels de la santé. Ceux-ci pourront œuvrer au sein des communautés par la suite. Les intervenants misent sur la concertation, le réseautage et les technologies de l'information pour mieux disséminer les meilleures pratiques en santé dans toutes les régions de la francophonie canadienne.

3. Le domaine socioculturel

Troisièmement, les technologies de l'information contribuent à l'épanouissement des communautés minoritaires sur le plan socioculturel. Ainsi, la distance séparant les Franco-Colombiens ou les Townshippers de Waterloo (au Québec) des grandes métropoles francophones ou anglophones n'est plus la même depuis que des journaux comme Le Devoir ou le Winnipeg Free Press sont accessibles partout. Un univers culturel plus vaste s'est ouvert aux adolescents depuis qu'ils peuvent participer aux forums virtuels du Réseau des sports ou de la revue Seventeen pour parler, dans leur langue, de hockey ou de Leonardo DiCaprio.

Les communautés minoritaires canadiennes sont plus proches les unes des autres avec la création de nouveaux portails comme ceux du Quebec Community Newspapers Association ou de l'Association de la presse francophone qui regroupe des journaux franco-canadiens comme

Voir http://www.qcna.org/press/francais.html
Voir http://journaux.apf.ca/

Le Gaboteur de Terre-Neuve ou le Franco de l'Alberta. Des sites comme ANIMusique contribuent à resserrer les liens entre les artistes, le public et les médias francophones à l'échelle du pays .

De plus, la technologie DVD a partiellement résolu le problème de l'offre de films en français dans les clubs vidéo des provinces anglophones et de films en anglais dans les régions du Québec. Les technologies de l'information donnent plus de choix que jamais aux citoyens canadiens en matière linguistique.

4. La contribution des gouvernements

Le dynamisme et l'essor que prennent les communautés grâce aux technologies de l'information se trouvent aussi bonifiés par des initiatives gouvernementales. Certaines découlent du programme Un Canada branché qui, par des investissements étendus, a bâti une infrastructure donnant aux Canadiens et aux Canadiennes un accès à Internet et à des contenus canadiens.

L'initiative Francommunautés virtuelles lancée par Industrie Canada s'adresse directement aux communautés de la francophonie canadienne. Elle favorise le développement et l'utilisation des technologies de l'information au sein des communautés francophones et facilite la création de réseaux de sites tels Francalta, Francofemmes ou Capacadie.

Une autre retombée du programme Un Canada branché, le Rescol, a pour but d'intégrer de nouvelles technologies dans le milieu scolaire pour favoriser l'apprentissage et le goût de la recherche. Il met aussi une gamme de ressources pédagogiques à la disposition des enseignants.

Soulignons également la création du programme de Patrimoine canadien, Culture canadienne en ligne, qui vise à accroître les contenus culturels dans les deux langues officielles.

À mon avis, les gouvernements canadiens devront continuer à favoriser l'émergence de nouvelles initiatives qui viendront suppléer aux efforts déjà existant des communautés. Dans un rapport publié en 2002, Le français sur Internet : au cœur de l'identité canadienne et de l'économie du savoir, j'ai émis plusieurs recommandations quant aux actions concrètes à prendre, dont un guichet virtuel des services éducatifs disponibles en ligne.

Voir http://francommunautes.ic.gc.ca/reussites/animusique_f.asp

Conclusion

Comme vous le savez peut-être, le Canada est animé depuis plus de 30 ans par l'idée qu'il est possible de bâtir une société où les Canadiens des deux langues officielles d'un océan à l'autre se sentiraient chez eux. La concrétisation de cette vision s'est parfois montrée difficile au fil des ans. La donne a changé avec la montée des technologies de l'information et le dynamisme des communautés minoritaires du Canada.

Il y a trois décennies, l'égalité des chances pour tous les Canadiens de langue française et de langue anglaise tenait peut-être plus du rêve que de la réalité. Aujourd'hui, avec l'inforoute, avec les outils pédagogiques comme ceux que vous mettez au point, avec l'engagement continu des gouvernements et, bien sûr, avec la volonté des communautés minoritaires de langues officielles elles-mêmes, je pense que rêve et réalité pourraient un jour se rejoindre.

Je vous remercie.