ARCHIVÉE - Ottawa, le 6 août 1999

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L'éducation en langue française dans une perspective mondiale

Allocution prononcée au 52e Congrès de l'ACELF


Madame Dyane Adam - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Monsieur le Président de l'ACELF,
Monsieur le Président du Congrès,
Chères amies, chers amis,

Je remercie Monsieur Fernand Bégin de ses bons mots à mon égard.

Je me présente devant vous ce midi avec un double sentiment. Je suis tout d'abord très heureuse d'être ici. Je connais bien l'ACELF. Je connais particulièrement bien le monde de l'enseignement francophone au Canada, et les défis qu'il doit relever. Je me sens donc ici un peu en famille, et je trouve significatif que les hasards du calendrier m'amènent à prendre la parole, pour la première fois en tant que commissaire aux langues officielles du Canada, devant un si grand nombre d'acteurs du monde de l'éducation. Je voudrais vous entretenir aujourd'hui des succès et des défis de l'éducation en français au Canada, et de la richesse que peut représenter sur la scène internationale notre expérience collective d'éducatrices et d'éducateurs.

Le deuxième sentiment que je ressens est un sentiment d'humilité. Vous savez sûrement que je n'ai pris mes fonctions de commissaire qu'il y a à peine quelques jours. Les tâches qui m'attendent sont exaltantes, et les défis très grands. La commissaire aux langues officielles joue un rôle important dans un des domaines qui définissent le mieux le Canada, celui de sa dualité linguistique. C'est cette dualité qui nous distingue peut-être le plus aujourd'hui, dans le monde. Elle fait clairement partie de l'image que l'on se fait de notre pays à l'étranger. Elle est aussi un héritage de notre passé, et un flambeau que nous devons passer aux générations à venir.

Mais cette dualité est aussi une construction permanente. C'est une tâche à laquelle il faut toujours s'atteler. Elle ne va pas de soi, et elle n'est pas coulée dans le ciment. Il faut la défendre, il faut l'enrichir et il faut l'expliquer.

C'est le rôle qui m'attend, avec tous ceux et toutes celles dans le pays qui sont attachés à cette valeur essentielle. Je parlais tantôt de cette coïncidence heureuse qui fait qu'en tant que nouvelle commissaire, je m'adressais au monde de l'éducation. Je crois en effet qu'une composante importante de mon mandat sera d'expliquer inlassablement la dualité linguistique aux Canadiennes et aux Canadiens de partout au pays. Je devrai donc éduquer, dans le sens le plus large et le plus noble du mot. La commissaire aux langues officielles a une responsabilité pédagogique essentielle.

Une autre coïncidence heureuse que je voudrais souligner, c'est le thème de votre congrès, L'éducation en langue française dans une perspective mondiale. Ma carrière et mes intérêts ont en effet souvent lié les deux parties du titre : éducation en langue française et perspective mondiale.

Éducation tout d'abord : j'ai enseigné la psychologie, notamment ici même, à l'Université d'Ottawa et à l'Université Laurentienne. Puis, comme vice-rectrice adjointe à l'Université Laurentienne et ensuite principale du Collège Glendon de l'Université York, j'ai pu voir de près les défis continuels qu'il faut relever pour assurer une éducation postsecondaire de qualité en français à l'extérieur du Québec : difficultés de financement, d'accessibilité aux cours; difficulté de trouver les outils pédagogiques appropriés; souvent résistance ou tout simplement indifférence et lourdeur du milieu. À ces difficultés qui sont souvent d'ordre social ou politique, il faut ajouter une donne culturelle majeure : notre insertion en tant que francophones dans un continent dont l'écrasante majorité s'identifie à la langue et à la culture américaines. Pour les jeunes des communautés minoritaires, et même, de plus en plus pour les jeunes Québécois francophones, l'attrait de cette culture est de plus en plus grand. Il s'agit d'un phénomène qu'il est difficile de contrer. Pour nous, il s'agit alors de concilier auprès de nos jeunes leur fascination pour une culture dynamique et moderne avec leur nécessaire attachement à leur langue et à leurs traditions.

La perspective mondiale, je l'ai acquise dans le cadre de la Francophonie. Mes responsabilités dans le domaine universitaire m'ont amenée à siéger au sein du Conseil d'orientation de l'Université virtuelle francophone. Cette université est un des grands projets de l'Agence universitaire de la Francophonie. Au contact de mes collègues des autres pays de la Francophonie, j'ai pu voir comment certains problèmes de l'enseignement postsecondaire se posent partout dans des termes semblables, et comment certains autres problèmes nous sont particuliers, ici au Canada.

Mon expérience au sein de la francophonie internationale m'a donné une conviction profonde :  notre expérience au Canada est déjà, et peut devenir de plus en plus, une source de richesse pour les autres pays francophones. Ainsi, par exemple, dans le domaine universitaire, nous avons au Québec certaines des plus grandes universités de langue française de la planète; à l'extérieur du Québec, certaines universités ont développé une expertise très particulière de l'enseignement universitaire en français dans un milieu minoritaire. Ces conditions - milieu majoritaire et milieu minoritaire - se retrouvent également, à différents niveaux, dans une grande partie de la Francophonie internationale, notamment en Afrique. Notre expérience et notre diversité sont un atout pour nos amis francophones du monde. L'ACELF pourrait-elle jouer à cet égard un rôle de coordination ou de courroie de transmission?

J'ai donc eu cette chance extraordinaire de travailler longtemps dans le domaine de l'éducation. J'ai appris à aimer ses défis et ses exigences. J'ai également pu voir de près ses difficultés. Puis, j'ai pu réfléchir aux questions de l'enseignement en français sur la scène internationale. Le Canada et le monde, le Canada et la mondialisation, dans le contexte de l'éducation en français : ce sont les deux pôles de vos discussions et de vos débats des deux derniers jours. Vous me permettrez quelques réflexions là-dessus.

Au cours de vos discussions des deux derniers jours, il a souvent été question de l'éducation à la citoyenneté dans une perspective mondiale. Je crois cependant qu'un préalable essentiel à cette éducation, c'est l'enracinement dans son milieu.

Il s'agit là d'une constatation universelle dans la nature : pour qu'un arbre puisse grandir, il lui faut des racines fortes. Pour qu'une maison puisse tenir longtemps, il lui faut des fondations solides. De la même façon, pour que les jeunes Canadiennes et Canadiens francophones d'aujourd'hui puissent bien jouer leur rôle de citoyens du monde, il leur faut s'enraciner profondément et solidement dans leur réalité francophone, dans leur culture, dans leur milieu.

C'est parce que nous savons cela que nous nous battons continuellement pour une éducation en français. Au Québec, depuis trente ans, la société toute entière a compris qu'une mobilisation permanente et résolue pour une éducation de qualité pour tous était nécessaire à son développement. Les communautés minoritaires de langue française, quant à elles, ont appris depuis toujours qu'une éducation en français était la pierre angulaire de leur existence et de leur épanouissement comme communautés. Elles le savent depuis 1912 en Ontario. Elles le savent en Alberta bien avant la cause Mahé, et au Manitoba bien avant le Renvoi manitobain. Depuis cent ans, nous avons été constamment mobilisés, nous n'avons cessé de nous battre pour assurer nos droits dans ce domaine essentiel : l'éducation en français.

Nous avons réussi aujourd'hui à gagner en partie cette bataille. Partout dans le pays, l'article 23 de la Charte, qui assure notre droit à une éducation en français, est reconnu, du moins officiellement. Son application soulève cependant encore certaines difficultés. Et ceci est inacceptable, dix-sept ans après l'adoption de la Charte. Il est inacceptable que certains parents doivent encore recourir aux tribunaux pour faire mettre en oeuvre un droit inscrit dans la Constitution.

Les ressources consacrées à cet enseignement en français ne sont par ailleurs pas toujours adéquates, compte tenu du rattrapage nécessaire. Le combat des communautés minoritaires pour une éducation en français a été long et ardu; elles l'ont gagné pour l'essentiel; mais une vigilance permanente s'impose pour la maintenir et l'améliorer.

Cette éducation en français, nous ne la voulons pas à rabais. Nous voulons que nos élèves et nos étudiants obtiennent la formation la plus complète, la plus solide, une formation d'excellence. Mon expérience m'a montré que la technologie peut être mise au service de l'excellence. Même là où les masses critiques d'étudiants ne justifient pas des investissements d'infrastructure massifs, nous pouvons utiliser la technologie moderne pour que quelques étudiants isolés, ou une professeure qui a à sa disposition une bibliothèque modeste, puissent cependant accéder à la connaissance la plus récente, à la fine pointe de leur discipline. Internet et les autres technologies de communications sont des alliés dont nous avons à peine commencé à mesurer l'impact et le rôle en pédagogie.

Je vous disais que le droit des communautés minoritaires à une éducation en français est maintenant assuré, au moins théoriquement. Nous en sommes aujourd'hui à vouloir bâtir sur cette assise d'une éducation en français. Nous voulons continuer à faire évoluer, en français, une culture vivante et vibrante. Là aussi, les signes de progrès se multiplient : la Nouvelle Scène à Ottawa enracine dans la capitale du pays une solide présence culturelle des communautés francophones minoritaires. Et le succès international d'un Luc Plamondon, d'un Robert Lepage ou d'une Céline Dion montre bien que la culture québécoise en français a un rayonnement sans pareil sur la scène internationale, tandis qu'un Roch Voisine en France ou un Daniel Lavoie dans Notre-Dame de Paris prouvent que les artistes francophones des communautés minoritaires sont déjà de la trempe des meilleurs.

Nous voulons bâtir aussi sur l'assise d'une éducation en français un meilleur avenir économique pour nos communautés. Là également, d'autres signes de progrès : le forum économique des jeunes qui s'est déjà tenu deux fois, la multiplication des entreprises possédées ou gérées par de francophones, le spectaculaire rattrapage des salaires entre Canadiennes et Canadiens francophones et les autres Canadiens, tout cela augure d'un avenir plus prospère pour nos communautés. À propos de rattrapage salarial, il est bon de rappeler que les femmes franco-ontariennes ont, depuis quelques années, un salaire moyen légèrement supérieur à celui de l'ensemble des Ontariennes.

Ces succès certains ne doivent pas nous faire ignorer les zones d'ombre. Trop de francophones dans les communautés minoritaires se détachent insensiblement de leur culture tout d'abord, puis de leur langue. Trop de francophones, au Québec et ailleurs, et surtout parmi les jeunes, sont tellement fascinés par la langue américaine, qui véhicule le cinéma et le rock, qu'ils en viennent à oublier la langue de Molière et de Tremblay. Trop de francophones, jeunes et adultes, tiraillés entre leur langue et celle de leur continent, finissent par ne plus bien maîtriser ni l'une ni l'autre.

Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas oublié le thème de votre congrès. En effet, c'est parce que nos jeunes ont maintenant de meilleures chances de s'épanouir dans leur langue, dans leur culture, d'être à l'aise dans leur personnalité de Canadiennes et de Canadiens francophones, qu'ils peuvent alors devenir de meilleurs citoyens du monde. Vous vous souvenez de l'analogie avec l'arbre : c'est dans la mesure où leurs racines linguistiques, communautaires et psychologiques seront solides que nos jeunes pourront étendre dans toutes les directions, vers le vaste monde extérieur, les branches de leur savoir, de leur compétence, de leur appui. Le défi de l'éducation dans une perspective mondiale c'est, au départ, le défi de l'éducation d'ici, en langue française, aux valeurs qui sont les nôtres.

Je crois que nous en sommes à ce moment où, ayant éprouvé la solidité de nos racines, nous nous tournons de plus en plus vers le monde extérieur. Un simple exemple l'illustrera. Tout récemment, la Fédération des communautés francophones et acadienne a proposé à l'Agence canadienne de développement international la mise en place d'un programme de partenariat francophone axé sur le développement économique communautaire. Ce programme de partenariat permettrait d'assurer une contribution originale des communautés francophones et acadiennes aux efforts de développement des pays de la Francophonie.

Dans sa présentation de ce projet, la FCFA écrit : « Au moment où les grandes agences de développement international misent sur ce type de développement, les communautés francophones peuvent être des partenaires de premier plan au niveau international. Riches de leur expérience, les francophones du Canada peuvent participer activement, en tant que partenaires associés au développement des communautés francophones des pays du sud. »

Vous aurez remarqué ce bout de phrase : « Riches de leur expérience... ». C'est parce qu'elles se sont développées, épanouies, c'est parce qu'elles ont accumulé de l'expérience, c'est parce qu'elles sont devenues plus authentiquement elles-mêmes que les communautés peuvent maintenant tendre la main vers l'étranger. On ne peut partager que ce que l'on possède réellement.

Dans la présentation de l'un des ateliers auxquels vous avez assisté, on pose quelques questions : « Qu'en est-il de la place des particularismes, comme la langue, dans le cadre de la mondialisation? Quelle place occupe la culture dans un monde où l'économie semble être le vecteur clé de notre société? » À ces questions, qui sont réelles et même angoissantes, pour ma part je réponds clairement. La langue et la culture occupent une place centrale. Même dans le développement de l'économie, nous serons de meilleurs acteurs, des participants plus productifs si nous sommes des citoyennes et des citoyens équilibrés et bien dans notre peau de francophones.

Une autre question a été également posée : « Faut-il donner la priorité à la citoyenneté du monde ou à celle de son pays? » Pour moi, le choix ne devrait pas se poser dans ces termes. Comme l'arbre est le prolongement de la racine, comme la maison n'existe qu'à cause de ses fondations, la citoyenneté du monde est au bout d'un continuum où l'on retrouve, à l'autre bout, la citoyenneté de son pays.

Une dimension importante sous-jacente à vos débats est celle du bilinguisme. En effet, la réalité sociologique des communautés francophones minoritaires fait que, même si nos jeunes reçoivent toute leur éducation en français, ils deviennent, dans la majeure partie des cas, bilingues. Vous ne serez cependant pas surpris si je vous disais que, pour moi, un bilinguisme réel est un atout majeur.

Beaucoup de gens savent d'ailleurs que le bilinguisme est un pas dans la voie d'une meilleure formation à la citoyenneté dans une perspective mondiale. Dans quelques semaines va se tenir le Colloque de l'Association canadienne des professeurs d'immersion. Le choix de leur thème cette année est assez éclairant, et rejoint la problématique de vos débats. Ce thème est, en effet, Enfant bilingue, citoyen mondial. D'ailleurs, la prise de conscience de l'importance des langues secondes déborde déjà le discours sur le bilinguisme, puisque, dans un mois, va se tenir une importante Conférence internationale sur l'acquisition d'une troisième langue.

Mais le bilinguisme et particulièrement l'acquisition de l'anglais pour nos jeunes francophones se fait, vous le savez bien, dans des conditions particulières. Autant il peut devenir un enrichissement et une ouverture, autant il peut aussi devenir aliénant. L'anglais peut ouvrir à nos jeunes les portes du monde, mais il peut aussi fermer la porte de leur identité profonde.

C'est pourquoi il faut accorder une attention particulière au concept de bilinguisme additif, développé par le professeur Rodrigue Landry de l'Université de Moncton. Il l'oppose à ce qu'il appelle le bilinguisme soustractif. Les mots parlent d'eux-mêmes : dans le premier cas, le bilinguisme ajoute une dimension précieuse à la personnalité de celui qui l'acquiert. Dans le deuxième cas, il l'ampute d'une dimension précieuse, soit la maîtrise de sa langue, l'approfondissement de sa culture. Bref, il le sépare de ce qu'il est profondément.

Dans son message, le Président de votre congrès, Monsieur Rodrigue Landriault, rappelait que la Commission internationale sur l'éducation au XXIe siècle avait préparé un rapport qui touche directement au coeur de la mission éducative. Dans ce fameux rapport Delors, la Commission distinguait nettement deux finalités de l'éducation : soit préparer exclusivement des individus prêts à s'insérer immédiatement au marché du travail, ou alors éduquer les enfants dans la totalité de leur personne humaine. C'est-à-dire leur donner bien entendu des habiletés et des compétences, mais aussi des connaissances qui peuvent sembler gratuites à certains, le don de l'analyse, le don de la communication, un jugement sain, des valeurs enracinées.

Ce qui est le plus remarquable, c'est que cette éducation globale crée en fin de compte des individus capables de se développer continuellement, et donc de s'adapter sans cesse aux conditions changeantes du marché du travail. La dichotomie entre formation de techniciens et formation humaniste de citoyennes et de citoyens complets est en réalité une fausse distinction. C'est en formant des individus complets qu'on obtient aussi, en prime, de bons techniciens et de bonnes techniciennes du travail.

Je suis certaine que vous partagez à cet égard ma conviction profonde : il n'y a pas d'opposition, bien au contraire, entre le monde moderne et une éducation de la personne, de toute la personne. Et même si le mot est un peu passé de mode, je dirais qu'une éducation humaniste est la clé du succès, pour les enfants et pour l'avenir de leur société.

Au terme de sa brève réflexion dans son message, Monsieur Landriault pose la question suivante : « Les jeunes de nos écoles auront à prendre des décisions concernant le développement durable dans sa dimension planétaire. Quelles connaissances et quelles compétences leur sont nécessaires pour faire face à ces défis? » Les réponses à cette question sont multiples et diverses. Je crois profondément, pour ma part, comme j'ai tenté de vous le dire, que le préalable à ces réponses est une maîtrise accrue de leur langue maternelle, donc de leur culture et de leur être psychologique profond.

En somme, ce que j'ai tenté de vous dire aujourd'hui, c'est la nécessité d'avoir une éducation en français qui soit à la fine pointe de l'excellence, afin de renforcer notre être essentiel, et de devenir ainsi des citoyens utiles de notre pays et du monde. Nous pouvons aussi tirer de notre incroyable expérience et de notre diversité, Québécois et autres Canadiens francophones, des richesses que nous partagerons avec le reste de la Francophonie mondiale.

Je sais que mes fonctions de commissaire aux langues officielles auront un impact sur la vitalité de la langue française dans notre pays. Je sais que votre travail quotidien dans vos écoles est la pierre angulaire de cette vitalité. Je suis donc convaincue que vous et moi nous nous rejoignons sur un plan essentiel : nous travaillons pour l'avenir, celui de nos enfants, de nos communautés et de notre pays.

Je vous remercie de votre attention.