ARCHIVÉE - Toronto, le 5 mars 2007

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Notes pour une allocution à la remise des prix d’excellence pour
les services en français de la fonction publique de l’Ontario


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Merci Madame Fougère, Madame la ministre Meilleur, Madame Roch et Monsieur Dean. Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui. J’aimerais adresser mes félicitations pour les réalisations de la dernière année, qui marquait les 20 ans de la Loi sur les services en français.

J’ai assisté au Symposium sur l’aménagement linguistique en octobre dernier, peu après l’annonce de ma nomination au poste de commissaire, et j’ai été très impressionné par ce que j’ai pu y voir. Je tiens également à vous adresser mes félicitations pour la remise des Prix de la francophonie, le concours Votre Vision, en novembre, et, bien sûr, pour cette première édition des Prix d’excellence. Voilà le type de leadership très positif dont font preuve les gouvernements provinciaux, en particulier celui de l’Ontario, depuis quelques années.

J’ai vécu pendant environ 45 ans en Ontario. Je suis né à Ottawa et j’ai fait mes études à l’Université de Toronto. Je me suis marié à Toronto, j’y ai trouvé mes premiers emplois, et mes enfants sont nés dans cette ville. À cette époque, il aurait été impensable que le Gouvernement de l’Ontario remette des prix comme ceux que nous décernons aujourd’hui. De fait, après mon arrivée à Montréal en 1976 et l’élaboration de la Charte de la langue française par le Gouvernement du Québec – adoptée en 1977 –, Bernard Landry citait fréquemment feu Daniel Johnson, qui souhaitait que le Québec soit aussi français que l’Ontario était anglais. Il y a longtemps que M. Landry n’a pas exprimé ce souhait, en raison des progrès réalisés en Ontario en matière de services offerts en français.

Bravo!

Je vous remercie de m’avoir offert l’occasion de vous rencontrer pour échanger des propos sur nos régimes linguistiques respectifs, qui ont beaucoup en commun.

 

Valeurs communes

Qu’il s’agisse de la Loi sur les services en français ou de la Loi sur les langues officielles, nous faisons face aux mêmes défis et partageons les mêmes valeurs. Une des choses que j’ai apprises depuis ma nomination est qu’il existe une tendance, dans toutes les grandes organisations, à transformer les valeurs en fardeaux. Ainsi la valeur associée à la bonne gestion des deniers publics devient le fardeau de la vérification, la valeur de la transparence, le fardeau de l’accès à l’information, et la valeur de la dualité linguistique devient les fardeaux de la classification, de la formation et de l’évaluation.

En effet, les fonctionnaires passent des heures à discuter de règlements, de zones de service, d’obligations…. Il s’agit, certes, d’une tâche importante, mais souvent ces discussions définissent mal le débat.

Il faut se rappeler, entre autres choses, que le français et l’anglais sont des langues canadiennes, et non des langues étrangères. C’est ce que nous a légué l’histoire, le patrimoine et la démographie du Canada.

En Ontario, 1,3 million de personnes parlent le français, et pour 500 000 d’entre elles, il s’agit de leur langue maternelle. Dans un grand nombre de régions du Nord et de l’Est de la province, c’est le français qu’on entend dans la rue. Même à Toronto : on y compte plus de 50 000 francophones – un groupe souvent qualifié de « minorité invisible », mais dont la diversité ne cesse de croître.

La dualité linguistique est synonyme d’interaction, de générosité et d’outil pour bâtir l’avenir ensemble. Si la Loi sur les services en français et la Loi sur les langues officielles diffèrent grandement sur certains points, elles sont toutes deux fondées sur la même valeur de respect : le respect à l’égard de la communauté francophone de l’Ontario, le respect de vos citoyens.

On pourrait être porté à croire que la dualité linguistique et la diversité culturelle sont des notions contradictoires. Au contraire, elles sont complémentaires et s’appuient mutuellement. Si le Canada est devenu un pays qui accueille d’autres cultures, c’est parce qu’il a compris ce qu’il fallait faire pour respecter sa société francophone. Aujourd’hui, la minorité de langue française de l’Ontario est de plus en plus diversifiée sur le plan culturel; la diversité culturelle au sein des écoles de langue française de Toronto est aussi grande que dans les écoles de langue anglaise.

Comment instaurer ces valeurs dans vos organisations? Il faut changer les comportements et les modes de communication et modifier la culture organisationnelle. L’offre active est fondamentale : c’est le premier signe de respect que vous manifestez à l’égard de vos citoyens dans la langue de leur choix. J’étais heureux d’entendre la ministre Meilleur souligner l’importance de l’offre active et d’apprendre que le Gouvernement de l’Ontario commence à mettre davantage l’accent sur cet élément.

Nous insistons beaucoup sur l’offre active au sein du gouvernement fédéral. La situation n’est pas parfaite, mais les agences qui mettent bien en pratique l’offre active sont souvent celles qui réussissent dans tous les aspects du service offert dans les deux langues.

La collaboration est un autre facteur de réussite. Elle doit exister entre tous les intervenants d’une même organisation pour ce qui a trait aux langues officielles. Il doit également y avoir une relation de collaboration entre les agences gouvernementales, les communautés et les autres ordres de gouvernement. Par l’entremise de Services Canada, le gouvernement fédéral réorganise un grand nombre de ses activités; peut-être y a-t-il là des occasions de collaboration.

Depuis ma nomination au poste de commissaire aux langues officielles, j’ai, entre autres choses, examiné les critères des divers niveaux de compétence linguistique qui sont en vigueur au gouvernement fédéral. La méthode de classement diffère de la plupart des autres méthodes : la cote « A » représente le niveau le plus faible, et non le plus élevé, qui lui, porte la cote « C ». Comme il y a de nombreuses plaintes selon lesquelles les tests sont trop exigeants, j’ai décidé d’analyser les critères d’évaluation.

Pour obtenir le niveau « C », le candidat doit être en mesure de mener une discussion dans sa langue seconde, de décrire une situation donnée. « Il faut pouvoir donner un cours ou témoigner au tribunal », m’a affirmé quelqu’un. Le candidat doit être en mesure d’intervenir dans une discussion au travail, de régler un différend. Toujours dans sa langue seconde, il doit être pouvoir des conseils et faire du mentorat auprès d’un employé subalterne. J’ai constaté que, pour toutes ces situations, il ne s’agit pas seulement d’évaluer les compétences linguistiques du candidat, mais aussi ses capacités de leadership. Le fait est que les compétences linguistiques constituent un volet du leadership : elles représentent la capacité de diriger dans sa langue seconde.

Voilà ce qui est à l’honneur aujourd’hui : le respect et le leadership. Félicitations aux lauréats!

 

Je vous remercie beaucoup.