ARCHIVÉE - Montréal, le 1er juin 2007

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Assemblée générale annuelle du Québec Community Groups Network


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Mesdames et messieurs, bonjour,

Je vous remercie de m'avoir invité à cette importante réunion des communautés de langue anglaise du Québec. Je suis heureux d’avoir l’occasion de rencontrer des gens qui travaillent activement à accroître la vitalité de la communauté anglophone de la province. Il s’agit chaque fois d’une expérience stimulante et édifiante.

C’est aussi pour moi l’occasion de renouer avec des connaissances et des amis, des gens que j’ai connus dans les années 1970 et 1980, à l’époque où Barbara et moi habitions au Québec avec nos fils. Nous y avons vécu une dizaine d'années, d’abord à Montréal puis à Québec. Et, bien que j’aie quitté la province en 1986, je fais un séjour dans les Cantons de l’Est tous les étés.

Il va sans dire, la communauté a beaucoup changé. D’abord, elle a vieilli. Un plus grand nombre de personnes dépendent des services sociaux auxquels ils sont en droit de s'attendre des gouvernements. Malheureusement, trop souvent, ces services ne sont offerts qu'en français. Je suis heureux de constater que les gouvernements commencent à répondre à ces besoins émergents.

Ainsi, à titre d'exemple, Ottawa s'est servi d'une part des fonds alloués au Plan d'action pour les langues officielles pour contribuer à la formation, au Québec, de quelque 4000 professionnels de la santé afin d'assurer la prestation de services en anglais ainsi qu'en français. Voilà une initiative qui fera une différence dans la vie des gens de partout dans la province. J’espère sincèrement que son financement sera reconduit au-delà de 2008, d’autant plus que l'initiative servira de modèle pour d’autres secteurs jugés importants par la communauté.

À titre de commissaire aux langues officielles, je suis heureux de savoir qu’au Québec, dans les bureaux du gouvernement fédéral désignés bilingues, les services sont offerts en anglais 19 fois sur 20. Toutefois, il me faut souligner que la nature bilingue des services n’est pas toujours évidente, car le personnel des bureaux n’accueille qu’une fois sur dix la clientèle dans les deux langues officielles. Pour remédier à cette situation, j’ai inclus comme recommandation dans mon dernier rapport annuel que les administrateurs généraux des institutions fédérales s’assurent que le personnel de première ligne offre, dès le premier contact, les services en français et en anglais.

La communauté anglophone du Québec n’est pas la seule à connaître ces problèmes. Les communautés de langue française hors Québec les vivent aussi. C’est pourquoi je vous invite à suivre de près le Sommet de la Fédération des communautés francophones et acadienne, qui aura lieu à Ottawa dimanche prochain. Cela pourrait vous être bien utile puisque vous envisagez de tenir une rencontre du même genre l'année prochaine.

Les deux minorités de langue officielle au Canada ont beaucoup en commun. Néanmoins, certaines comparaisons sont à éviter. Cela m’irrite quelque peu quand j'entends des Québécois affirmer que la minorité de langue anglaise de la province est « la mieux traitée au monde ». Ce n'est pas que je croie que la communauté est maltraitée, mais plutôt parce que cette remarque suggère que les institutions de langue anglaise n'existent que grâce à la générosité de la majorité de langue française.

Il est vrai que l’éducation en anglais n’a jamais été interdite ni abolie au Québec, comme le fut l’éducation en français en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta le siècle dernier. Mais de façon générale, les institutions anglophones au Québec ont été fondées, bâties et entretenues par la minorité de langue anglaise. Les universités McGill, Concordia et Bishop’s, les hôpitaux de langue anglaise et de multiples autres établissements témoignent de la contribution de la communauté anglophone à l’essor de la société québécoise.

La cohabitation de deux grandes communautés culturelles – de même que les frictions entre elles – ont donné naissance à une solide main-d’œuvre bilingue ainsi qu'à des institutions culturelles uniques. Le Centaur, le Blue Metropolis et la Quebec Writers’ Federation constituent des atouts culturels pour l’ensemble des Québécois. Après tout, est-ce que Montréal serait la même sans ses bagels et la viande fumée de la Charcuterie Schwartz?

Il n’est pas juste de comparer les ressources offertes aux anglophones de Montréal à celles dont disposent les francophones de Sudbury ou de Saint-Boniface. Pour que la comparaison soit équitable, il faudrait se servir de la ville de Québec ou encore de Sherbrooke. Beaucoup de travail reste à faire pour renforcer la communauté anglophone de Montréal et d'ailleurs, et le gouvernement fédéral y a un rôle à jouer.

En fait, à ce chapitre, quel est le rendement du gouvernement actuel?

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a lancé des signaux positifs à l’égard du respect de la dualité linguistique canadienne. Quant au premier ministre Harper, il livre ses déclarations dans les deux langues officielles, au Canada comme à l’étranger. Il est certes un exemple à suivre. De plus, la ministre de la Francophonie et des Langues officielles, Josée Verner, a déclaré, à sa première visite au Comité des langues officielles de la Chambre des communes, que le gouvernement allait respecter, au minimum, le Plan d’action pour les langues officielles. En outre, quelques mois avant l'élection qui les a portés au pouvoir, les députés du Parti conservateur ont appuyé une modification à la Loi sur les langues officielles qui renforçait l'engagement du gouvernement fédéral à appuyer le développement des communautés de langue officielle et à faire la promotion de la dualité linguistique.

Il s’agissait donc de messages des plus positifs. Malheureusement, les gestes posés au cours de la dernière année n'ont pas reflété ces déclarations.

Les compressions budgétaires annoncées au mois de septembre ont provoqué une avalanche de plaintes. En effet, le Commissariat a reçu 117 lettres de gens qui estimaient que certaines des mesures adoptées auraient des incidences négatives sur la communauté anglophone du Québec et les communautés francophones de tout le pays. L'abolition du Programme de contestation judiciaire, en particulier, a porté un dur coup à la capacité des Québécois et des Québécoises à défendre leurs droits linguistiques.

Nous avons reçu sept plaintes du Québec. Quatre d’entre elles étaient signées par des anglophones, groupe qui soumet très peu de plaintes au Commissariat.

Je suis heureux que le QCGN ait choisi d’adopter une solide prise de position publique sur ce sujet. C’est également avec intérêt que j’ai pris connaissance de vos efforts de collaboration avec le principal groupe de revendication pour les francophones hors Québec. J’attends votre réaction à mon rapport d’enquête préliminaire, et je prendrai vos remarques en considération avant d'écrire la version définitive du document.

En plus de poursuivre cet important dossier, je consacrerai bien des efforts au cours des prochains mois afin d’inciter le gouvernement à donner suite à l’engagement de Mme Verner à l’égard du Plan d’action pour les langues officielles.

En 2003, le Plan d'action prévoyait des investissements de 787 millions de dollars sur cinq ans dans des secteurs névralgiques, tels que l'enseignement dans la langue de la minorité, l'enseignement de la langue seconde et la formation linguistique pour les employés de la fonction publique. Le Plan prendra fin le 31 mars, et je sais que certains d’entre vous craignent que les avancées des dernières années ne soient compromises si le financement des diverses initiatives n’est pas renouvelé.

Le Plan d’action est important, car il permet des interventions dans une vaste gamme de domaines essentiels au développement des communautés de langue officielle. De plus, pour être efficace, le Plan doit être conçu et mis en oeuvre avec la pleine collaboration des communautés elles-mêmes.

Conjuguant les efforts de groupes de diverses régions et de divers secteurs, le QCGN peut devenir, de par sa structure, une force de motivation dans le cadre d’une telle initiative. Chacun des groupes constitutifs joue un rôle important dans la vitalité de la communauté, mais la tribune qu’offre le QCGN leur permet d’atteindre le niveau de collaboration nécessaire à l’obtention d’une vision globale de l’ensemble du développement.

Le travail récent du QCGN, ses efforts pour établir sa capacité stratégique et son énergie renouvelée ne sont pas passés inaperçus. Entre autres, l’initiative pour le développement communautaire dans la région du Grand Montréal, la nouvelle structure des membres et le bureau principal à Montréal contribueront à faire du QCGN un moteur du développement de l’ensemble de la communauté.

Sur le sujet des forces de motivation, j’aimerais souligner la contribution de très longue date de Martin Murphy à la vitalité de la communauté. Bien qu’il quitte la présidence du QCGN, je suis convaincu qu’il continuera à servir la communauté de bien d’autres façons.

Mon rôle est d’adapter mes interventions et les recherches du Commissariat afin d’appuyer vos démarches. Ainsi, nous sommes en train d’effectuer diverses études de cas sur la vitalité des communautés dans diverses régions du pays.

Dans le cadre de ce projet, ma représentante au Québec, Eva Ludvig, a rencontré plusieurs chefs de file de communautés à Québec. Son agent de liaison, Charles Taker, et la directrice des Politiques et de la Recherche au Commissariat, Catherine Scott, se sont rendus dans la magnifique région de la Basse-Côte-Nord pour rencontrer d'autres représentants. Les Cantons de l’Est seront notre prochaine destination.

J’espère que ces études de cas, qui visent à établir clairement les facteurs qui contribuent au développement des communautés et à déterminer les objectifs de chacune d’elles, seront, pour vous, des outils utiles dans l’évaluation de votre progrès et dans la formulation de « mesures positives » à proposer aux institutions fédérales.

Il s'agit justement du genre d’information qui permettra de satisfaire les engagements précisés dans la Loi sur les langues officielles : prendre des mesures positives en vue de promouvoir la dualité linguistique et appuyer le développement des communautés de langue officielle.

La communauté de langue anglaise du Québec joue un rôle de bâtisseur de ponts dans le cadre de la conversation nationale sur la nature et l’avenir du Canada. Je me réjouis à la perspective de la voir poursuivre avec succès son essor et ses initiatives novatrices.

Je vous remercie de votre attention.