ARCHIVÉE - Ottawa, le 1er mai 2007

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Lancement du concours régional de français langue seconde


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour.

Je voudrais d’abord vous remercier de m’accueillir ici aujourd’hui. En tant que commissaire aux langues officielles, rencontrer des jeunes qui apprennent leur deuxième langue officielle figure parmi les aspects de mon travail qui me tiennent le plus à cœur. 

Dans deux semaines, plusieurs d’entre vous recevront des prix. Après tout, il s’agit d’un concours. Mais permettez-moi de vous féliciter pour ce que vous avez déjà accompli, pour les efforts que vous faites pour apprendre la grammaire si particulière de la langue française, la prononciation et le genre des mots. Mais le plus important, il me semble, est de vous féliciter pour votre curiosité et votre sens de l’aventure, qualités qui sont mises en valeur lors de l’apprentissage d’une deuxième langue. C’est pour vous le début d’une relation qui durera toute votre vie.

Certains d’entre vous étudient dans une des nombreuses écoles d’immersion de la région et d’autres ont suivi le programme de français de base. Deux millions d’élèves apprennent le français comme langue seconde au Canada, dont la moitié en Ontario. Il y a 900 000 élèves inscrits au programme de français de base et 115 000 en immersion. Cela constitue un engagement et un investissement de taille pour toutes les personnes concernées. Plus que n’importe quelle autre, votre génération adopte les deux langues nationales du Canada.

J’ai suivi le programme de français de base en Ontario, mais je n’ai pas eu la chance de choisir mes cours, l’immersion n’étant apparue dans cette province qu’après la fin de mes études secondaires. Je m’étonne encore de voir combien l’enseignement du français a progressé depuis l’époque où j’essayais de comprendre le passé composé et le genre des mots.

C’est au contact des Québécois que j’ai vraiment appris le français. Avec seulement quelques phrases françaises à mon actif, comme « Où est-ce que je peux prendre l’autobus? », j’ai passé un été près de Montréal, dans un groupe qui comptait un bon nombre de jeunes de mon âge s’exprimant seulement en français.

J’ai trouvé l’expérience fascinante. Parler une autre langue avec des gens qui la possèdent bien nous force à prendre des risques : le risque de nous tromper, d’utiliser le mauvais mot et de nous sentir gênés. Chaque succès améliore notre confiance en nous-mêmes. Sortir de notre zone de confort est une bonne façon d’apprendre à repousser nos limites.

Par la suite, je suis retourné au Québec plusieurs fois pour perfectionner mon français. J’ai continué à parler français alors que j’étais journaliste à Toronto, ce qui m’a permis de travailler au Québec pour essayer d’expliquer à mes lecteurs les événements fascinants qui se déroulaient à l’époque dans La belle province.

Bien sûr, il n’est pas nécessaire de passer vos étés au Québec pour apprendre le français. Votre participation à ce concours en est la preuve. Mais il me semble que vous devriez tenter d’y aller, si ce n’est que pour profiter de l’expérience. Si vous n’allez pas au Québec, songez à l’Europe ou encore à l’Afrique, où le français est parlé dans plusieurs pays, sans compter les États-Unis où l’on trouve 700 000 francophones, la plupart en Louisiane ou sur la côte est. Le fait est que 175 millions de personnes parlent français dans le monde, ce qui vous donne amplement de choix. Même sur l’Internet, où l’anglais domine, le français est la troisième langue d’usage en importance, pas loin derrière l’allemand.

Mieux encore, participez à des activités francophones ici même en Ontario. Le français est la langue maternelle d’un demi-million d’Ontariens et d’Ontariennes et, dans certaines régions, ils forment la majorité de la population. À Toronto, ville multiculturelle, on trouve 50 000 francophones. Ils ont leurs propres théâtres, leurs restaurants et leurs salles de concert.

Ottawa compte une multitude de camps de vacances et de clubs sportifs de langue française. Bien sûr, le Festival franco-ontarien aura lieu le mois prochain, du 15 au 17 juin. La culture franco-ontarienne appartient à tous les Canadiens et les Canadiennes, quelle que soit leur langue maternelle.

En fait, vous avez plus de raisons d’apprendre le français que quiconque au pays. Vous demeurez à Ottawa, ou tout près. Parmi vous, ceux qui recevront bientôt leur diplôme auront de belles possibilités de poursuivre une partie de leurs études en français, grâce au caractère bilingue de l’Université d’Ottawa. L’idée de faire toutes vos études universitaires en français ne vous sourit peut-être pas. Alors, pourquoi ne pas suivre quelques cours ou effectuer tout un trimestre en français?

Nous sommes à Ottawa, la capitale d’un pays bilingue. Aux yeux des Autochtones, cet endroit était un lieu de rencontre important pour les différents peuples qui habitaient cette partie du continent. C’est ici que nous avons établi un endroit où nos deux principales communautés linguistiques se rencontrent pour dialoguer, faire des affaires, créer et décider ensemble de l’avenir du pays.

Évidemment, c’est aussi le siège de la fonction publique fédérale. Les gens qui y travaillent offrent souvent des services à la population dans les deux langues officielles. De plus, les fonctionnaires ont le droit de travailler en français ou en anglais, selon leur préférence. La fonction publique n’arrive pas toujours à relever ce grand défi. Pour y arriver, il faudra que davantage de jeunes gens talentueux et bilingues viennent en grossir les rangs.

Profitons du fait que nos deux langues officielles comptent parmi les grandes langues du monde et nous permettent d’accéder à deux cultures internationales. Nous vivons dans un pays où sept millions de francophones créent une culture dynamique et passionnante. Votre école peut déjà vous orienter vers plusieurs programmes d’échange.

Pour certains d’entre vous, l’acquisition d’une deuxième langue n’est qu’un début.  Permettez-moi de vous donner un exemple.

Voici quelques années, j’ai accompagné une mission commerciale canadienne en Chine. L’ambassade canadienne avait recruté un grand nombre de Canadiens et de Canadiennes vivant en là-bas pour servir de guides et d’interprètes aux gens d’affaires, aux politiciens et aux journalistes. J’ai été frappé de constater que ces personnes parlaient chinois couramment et s’exprimaient également sans difficulté en français et en anglais.

Apprendre les deux langues officielles leur a servi de tremplin vers d’autres langues du monde, leur ouvrant ainsi toutes sortes de possibilités d’avenir. Peut-être certains d’entre vous choisirez aussi d’apprendre une troisième, voire une quatrième langue.

Dans notre pays, il est essentiel de parler couramment les deux langues officielles pour jouer un rôle de direction politique. D’ailleurs, le bilinguisme constitue un atout considérable pour quiconque souhaite faire carrière en droit, en journalisme, en affaires, en tourisme et en accueil, dans les Forces canadiennes, la fonction publique fédérale et même les sports. De grands joueurs de hockey canadiens, comme Sydney Crosby des Penguins de Pittsburgh, sont devenus bilingues afin de bien communiquer avec tous les Canadiens et les Canadiennes.

Toutes les études révèlent que l’apprentissage des langues à un jeune âge est grandement bénéfique pour le cerveau et qu’il ouvre l’esprit à d’autres cultures et au reste du monde. Connaître deux langues ou plus retarde aussi l’apparition de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de sénilité. Cela ne vous tracasse certainement pas maintenant, mais quand vous aurez mon âge…

Je vous souhaite bonne chance et je vous offre toutes mes félicitations. Vous êtes déjà des gagnants et des gagnantes.