ARCHIVÉE - Ottawa, le 28 mai 2009

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Possibilités d’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes  

Notes pour une comparution devant le Comité permanent des langues officielles
de la Chambre des communes


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les parlementaires, membres du Comité permanent des langues officielles, bonjour.

Je suis heureux d’avoir cette occasion de présenter les résultats préliminaires de notre étude sur les possibilités d’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes. Cette question m’a toujours grandement intéressé et je pense qu’elle revêt aussi une grande importance pour les Canadiens. Je suis accompagné aujourd’hui de Carsten Quell, directeur, Politiques et recherche, Mylène Thériault, chef d'équipe, Politiques et recherche, et Mark Goldenberg, le consultant qui collabore étroitement avec le personnel de mon bureau pour cette étude.

Bien que nous ayons déjà une vaste connaissance et que nous disposions d’une grande quantité de données sur l’apprentissage en langue seconde au primaire et au secondaire, je crois que cette composante essentielle est indispensable afin que les Canadiens et Canadiennes aient accès à un véritable continuum d’apprentissage en langue seconde.

Mon rapport annuel comprend certaines recommandations, entre autres celle faite au ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles de mettre en œuvre rapidement les engagements annoncés dans la Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne. Une telle mesure aurait pour but de soutenir l’apprentissage de la seconde langue officielle en réunissant tous les partenaires concernés.

La connaissance de nos deux langues officielles est primordiale pour l’épanouissement de notre jeunesse, surtout si l’on tient compte de l’économie mondiale du savoir et de l’intensification de la concurrence internationale.

De plus, la connaissance du français et de l’anglais par un plus grand nombre de Canadiens fait preuve de l’engagement du Canada envers la promotion de la dualité linguistique et du bon fonctionnement de notre pays dans de multiples secteurs. Dans le contexte du renouvellement de la fonction publique, il est essentiel que notre gouvernement dispose d’un plus vaste bassin de recrues bilingues.

Aujourd’hui, je vous livre les premières constatations de l’étude majeure que nous entreprenons.

Dans le cadre de cette étude, nous avons procédé à un vaste sondage sur les cours et programmes en langue seconde actuellement offerts dans les universités canadiennes.

Où en sont les universités canadiennes?

Les universités offrent en général un bon accès aux cours de langue seconde. Cependant, les possibilités pour les étudiants de faire leurs études dans la langue seconde sont plutôt limitées.

Nous avons constaté qu’en général les étudiants ont facilement accès aux cours et programmes « réguliers » d’apprentissage de la langue seconde, mais qu’ils ont relativement peu de possibilités de le faire de façon plus intensive, par exemple en suivant certains cours de leur programme dans leur langue seconde. Seulement un nombre très limité de cours dans une gamme très restreinte de matières sont offerts dans la langue seconde.

Très peu d’universités ont une politique ou des exigences en matière de langue seconde. Celles qui existent sont plutôt minimes et s’appliquent habituellement à de rares cours offerts dans une langue « autres que le français » au Québec et « autre que l’anglais » ailleurs au pays.

Par ailleurs, il existe nettement peu de collaboration entre les établissements anglophones et francophones du Canada qui permettrait aux étudiants d’avoir plus d’occasions d’être exposés à la langue seconde. Beaucoup d’universités canadiennes offrent ou facilitent des occasions d’échange avec d’autres pays, mais les occasions d’échange entre établissements situés au Canada sont très limitées.

Voici une constatation qui pourrait vous intéresser : seuls quelques programmes d’administration publique offerts au Canada comportent des cours dans l’autre langue, des exigences linguistiques ou des activités intégrées de type « échange ».

Qu’est-ce qui marche? Comment améliorer l’apprentissage en langue seconde à l’université?

Les étudiants estiment que le professeur est le facteur le plus important et que les classes plus petites favorisent plus d’interactions dans la langue seconde. D’après eux, des cours de langue seconde plus étoffés – à contenu précis ou de nature culturelle – rendent l’apprentissage plus exaltant. Ils trouvent qu’il serait à leur avantage de prendre au moins quelques cours dans leur domaine dans la langue seconde afin d’approfondir leur connaissance de celle-ci.

Les spécialistes de l’apprentissage linguistique s’entendent tous sur l’efficacité de l’apprentissage fondé sur le contenu. Ils sont aussi d’avis qu’il faut offrir une gamme de mesures de soutiens à l’apprentissage adaptés aux situations particulières ainsi qu’aux besoins des établissements et des étudiants. Ils nous ont affirmé que la reconnaissance et l’accréditation sont des facteurs importants de motivation pour les étudiants et que des possibilités d’apprentissage en langue seconde doivent être offertes dès le début des études universitaires.

Les professeurs et administrateurs d’universités qui s’occupent des programmes en langue seconde disent que le leadership et l’engagement des échelons supérieurs sont indispensables; que l’université doit indiquer clairement qu’elle valorise l’apprentissage en langue seconde. Cela exige de la planification, de la coordination, de l’organisation et des négociations avec d’autres facultés et établissements. Cela signifie également des coûts additionnels pour les universités et les facultés, coûts dont ne tient pas suffisamment compte la formule de financement par habitant.

Étudiants, professeurs, administrateurs, experts, représentants gouvernementaux, tous s’entendent pour dire que les occasions concrètes d’utiliser la langue seconde, les échanges et les autres possibilités d’interaction avec des gens qui parlent cette langue sont d’une importance capitale. On ne peut pas apprendre parfaitement une autre langue simplement en suivant un cours.

Enfin, nous savons qu’il existe quelques initiatives intéressantes, « bonnes pratiques », modèles et approches possibles qui sont efficaces et peuvent nous montrer la voie à suivre.

Citons par exemple le savoir-faire et l’expérience d’établissements bilingues comme l’Université d’Ottawa et le Collège Glendon de l’Université York, les efforts déployés par le Campus Saint-Jean et le Collège universitaire Saint-Boniface pour attirer des étudiants anglophones et leur offrir une expérience d’apprentissage du genre « immersion », les formules de cours de langue seconde adaptés à des disciplines particulières, comme l’anglais des affaires à l’Université de Montréal et le français des affaires ou juridique à l’Université de Western Ontario, le Bureau des affaires francophones et francophiles de l’Université Simon Fraser, le programme d’immersion d’un semestre à Saint-Pierre-et-Miquelon de l’Université Memorial, et bien d’autres encore.

Conclusion

Et maintenant, où allons-nous?

Nous savons qu’un plus grand nombre de possibilités d’apprentissage en langue seconde à l’université, ainsi que des possibilités de meilleure qualité, sont importantes – pour les jeunes et pour le Canada. Nous savons que les occasions d’être exposé de façon intensive à la langue seconde sont limitées. Nous savons également que les besoins et la demande dans ce domaine augmentent de plus en plus. Et nous savons ce qui rendrait nos étudiants plus compétents.

Notre étude fait ressortir certaines grandes avenues possibles d’intervention :

  • Nous devons offrir davantage de possibilités d’apprentissage intensif en langue seconde.
  • Nous devons mieux utiliser le potentiel des établissements qui enseignent dans l’autre langue officielle, par la collaboration, les partenariats et le recours à la technologie.
  • Nous devons offrir aux étudiants plus d’échanges et de possibilités concrètes d’utiliser leur langue seconde au Canada.
  • Nous devons enfin revoir les politiques et les exigences en matière de langue seconde et la manière dont elles peuvent servir à améliorer l’apprentissage en langue seconde à l’université.

Le rapport final, avec ses recommandations, sera rendu public à l’automne. Aller de l’avant dans ces domaines et dans d’autres exigera l’engagement et la collaboration de toutes les parties intéressées – universités, organismes à vocation éducationnelle, gouvernement et autres.

Je me ferai maintenant un plaisir de répondre à toutes vos questions.

Merci.