ARCHIVÉE - Gaspé, le 23 août 2009

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Notes pour une allocution dans le cadre des célébrations du 475e anniversaire de Gaspé


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour,

Quel plaisir d’être ici avec vous cet après-midi dans le cadre des célébrations du 475e anniversaire de Gaspé. Je tiens particulièrement à remercier CASA de l’invitation. J’aime bien les anniversaires. Ils nous permettent de réfléchir sur notre histoire, notre passé et notre avenir.

L’anniversaire que vous célébrez ici cette année marque l’arrivée de Jacques Cartier en Amérique ainsi que le début du fait français sur le continent. Mais plus encore, je crois qu’il s’agit également d’une célébration de votre communauté dans toute sa gloire.

Cette année marque également le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Et cela nous rappelle tout le chemin que nous avons parcouru ensemble pour assurer l’épanouissement de nos communautés linguistiques en situation minoritaire ainsi que le respect des droits linguistiques de tous nos citoyens.

C’est aujourd’hui ma première visite officielle dans la péninsule acadienne depuis ma nomination au poste de commissaire aux langues officielles, en 2006.

Je suis venu en Gaspésie à plusieurs reprises, mais toujours en tant que journaliste lors de campagnes électorales, passant d’un autobus à un autre. J’ai toujours voulu y revenir.

Lorsque j’étais journaliste à Québec, les relations entre le français et l’anglais de cette province ne cessaient de m’étonner, et j’étais bien conscient des efforts et de la détermination déployés par la communauté anglophone gaspésienne. J’ai entendu les anecdotes concernant la création du CASA et je suis au courant du colossal travail accompli au fil des ans par les communautés qu’il représente.

Ce matin, à New Richmond, j’ai rencontré des dirigeants communautaires de la baie des Chaleurs et, demain, j’ai rendez‑vous avec les dirigeants de votre communauté, ici à Gaspé. Non seulement cette rencontre donnera‑t‑elle aux anglophones et aux francophones de votre communauté l’occasion de dialoguer, mais elle nous permettra également de mieux connaître vos réalisations, vos besoins et les défis auxquels vous êtes confrontés.

Aujourd’hui, cependant, nous sommes ici pour célébrer. Pour célébrer notre histoire, pour célébrer nos réussites, pour célébrer le chemin que nous avons parcouru ensemble.

Bien que Jacques Cartier soit seulement arrivé en Gaspésie en 1534, ce fut vers le milieu du XVIIIe siècle que la population de descendance européenne de la Gaspésie a commencé à s’accroître. Elle était alors composée à la fois de peuples d’expression française et de peuples d’expression anglaise, en raison non seulement de la victoire de Wolfe dans la région, mais aussi de l’attrait des industries de la pêche et côtières. Durant les 100 ans qui ont suivi, la Côte a également accueilli des peuples exilés, comme les Irlandais victimes de la Grande famine, les Acadiens, victimes du Grand dérangement et les loyalistes qui ont quitté les États-Unis après la révolution américaine.

Dès 1850, parmi les 20 000 habitants de la région, la moitié sont d’expression anglaise.

Bien sûr, les communautés linguistiques francophones et anglophones côtoyaient, depuis leur arrivée, les peuples micmacs, qui s’étaient établis dans la région en permanence près de 200 ans plus tôt1. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer des membres de la communauté micmaque ce matin, lors de mon passage au Village gaspésien de l’héritage britannique.

À mon avis, votre région est unique au pays, puisque sa population se compose, pour la plus grande partie de son histoire, de trois groupes : francophones, anglophones et Micmacs. En s’établissant dans une région aussi éloignée, vos ancêtres n’auraient pas pu passer leurs journées à se battre les uns contre les autres, parce que le simple fait d’assurer leur survie était déjà assez difficile pour tout le monde.

Ce matin, en parlant avec des membres de la communauté anglophone de New Richmond, j’ai constaté qu’on trouvait encore dans l’annuaire téléphonique des patronymes historiques comme Dow, Duthie, McLennan et Willett côtoyant les LeBlanc, les Arseneau et bien d’autres. Voilà, selon moi, une preuve éloquente de la résilience des Gaspésiens, ainsi que de leur amour et de leur attachement pour leur région. Anglophones et francophones entretiennent des liens solides avec cette communauté et ils ne souhaitent rien d’autre que d’y rester et de contribuer à son épanouissement.

Bien sûr, je sais que la réalité n’est pas toujours aussi rose et que votre région doit faire face à des défis parfois considérables à cause de son isolement, de l’exode des jeunes et du manque de services dans certains domaines en raison de ressources limitées. Cela étant dit, votre persévérance ne passe pas inaperçue, même à 1 200 km d’ici, à Ottawa!

Vous n’avez pas peur de prendre des risques; vous êtes toujours à l’affût de nouvelles avenues pour développer votre économie et trouver des moyens d’encourager vos jeunes à rester ou à revenir s’établir dans votre région.

Les progrès en matière d’écotourisme sont une source d’inspiration pour tout le pays. Grâce à la présence d’une communauté d’expression anglaise et de programmes bilingues offerts au cégep, vous disposez des ressources nécessaires pour assurer un service dans les deux langues officielles aux voyageurs qui passent par chez vous.

Je remarque également la tenue d’événements de calibre international, comme les célébrations du 475e d’ailleurs, mais aussi comme votre Festival de Musique du Bout du Monde, qui rassemble des artistes du monde entier, où les langues officielles y sont en chant et plusieurs autres cultures y sont représentées. J’aurais bien aimé pouvoir en être le témoin moi-même. Hélas, j’arrive à peine une semaine après sa clôture, mais j’espère pouvoir y assister à l’avenir.

Vous avez accompli d’énormes progrès dans le passé pour surmonter vos difficultés, contribuant ainsi à l’épanouissement de cette dynamique communauté. Alors que votre communauté ne cesse de croître, je vous encourage tous à maintenir le dialogue entre francophones, anglophones et Micmacs.

Il me semble très évident que vos communautés ont des liens très étroits entre elles. Chaque fois que je viens ici, j’ai l’impression de faire partie d’une grande famille, au sein de laquelle chacun a sa place et travaille de concert avec les autres pour le bien de tous.

Ne perdez jamais ce sentiment d’attachement – et de fierté – à l’endroit de votre région. C’est en raison de ce sentiment si, comme visiteurs, nous sommes très chaleureusement accueillis chez vous. Mais surtout, ces valeurs sont au cœur de votre réussite en tant que communauté et elles vous incitent à collaborer étroitement les uns avec les autres, afin de surmonter les obstacles et de relever les défis.

Profitons donc de la soirée qui nous attend pour discuter ensemble et célébrer la riche histoire culturelle de Gaspé et de la Gaspésie.

Bon 475e!



1. Site Web de Gespeg, www.gaspesie.com/gespeg/francais.htmlSite externe.