ARCHIVÉE - Ottawa, le 21 avril 2009

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Notes pour une comparution devant le
Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les parlementaires, membres du Comité permanent des langues officielles, Monsieur le président, bonjour.

Je suis accompagné aujourd’hui de Johane Tremblay, commissaire adjointe par intérim, Politiques et Communications, de Ghislaine Charlebois, commissaire adjointe, Assurance de la conformité, et de Carsten Quell, directeur des politiques et de la recherche.

Je suis heureux de pouvoir vous rencontrer afin de vous entretenir des Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver. Les Jeux constituent un événement d’envergure internationale et une occasion unique pour mettre en valeur la dualité linguistique comme valeur fondamentale du Canada. Il s’agit également d’une occasion pour célébrer la richesse culturelle de nos communautés francophones et anglophones.

Votre intérêt envers la question des Jeux de 2010 arrive à point. À moins d’un an des Jeux, des progrès ont été réalisés afin d’assurer la dualité linguistique. Il reste toutefois du chemin à faire. Selon moi, trois principaux volets doivent être considérés : la diffusion des Jeux en français et en anglais, l’état de préparation du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) et du Secrétariat fédéral des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, ainsi que la prestation de services par les institutions fédérales dans le contexte des Jeux.

La diffusion des Jeux de Vancouver 2010

Pour les Canadiens et les Canadiennes qui ne pourront se rendre à Vancouver ou à Whistler, la diffusion des Jeux leur permettra de vivre les divers événements qui s’y tiendront et de prendre part à la fête. Puisque les cérémonies d’ouverture et de clôture seront diffusées de par le monde, il s’agit d’une occasion unique de mettre en valeur la dualité linguistique canadienne.

Pour 2010, les droits de télédiffusion au Canada ont été accordés à un consortium formé de Bell Globemedia et Rogers Media pour le volet anglophone, et de TQS, RDS et RIS pour le volet francophone. Il s’agit d’un contrat commercial conclu directement entre le Comité international olympique et les radiodiffuseurs. Ainsi, ni mon bureau ni le CRTC ni le COVAN n’ont le pouvoir d’intervenir dans ce contrat.

Les réseaux TQS, RDS et RIS ne sont pas tous diffusés sur les canaux de base dans l’ensemble du Canada. Ainsi, les francophones et les francophiles de nombreuses régions canadiennes pourraient être privés de l’occasion de suivre les Jeux en français à la télévision, à moins de s’abonner à des services de diffusion additionnels. Par contre, le consortium s’est engagé à permettre l’accès au signal de TQS/RDS sans frais aux entreprises de distribution de radiodiffusion (EDR) pour la durée des Jeux.

Nous avons appris que le signal de TQS/RDS sera débrouillé et accessible un mois avant et durant les Jeux, et ce, grâce à une entente entre le consortium et les câblodistributeurs. Également, le consortium a indiqué qu’il diffuserait toutes les compétitions en direct dans son site Internet. Même s’il s’agit là de mesures très encourageantes, elles ne permettront pas une diffusion dans l’ensemble du Canada. Le consortium devra persévérer dans sa poursuite de solution afin que tous les Canadiens d’expression anglaise et française à travers le pays aient un accès égal aux Jeux.

Étude du Commissariat sur l’état de préparation du COVAN

Dans mon rapport publié le 2 décembre 2008, j’ai souligné que le COVAN manifestait un intérêt certain à l’égard du bilinguisme, mais que des efforts demeuraient nécessaires dans divers domaines. Ainsi, une attention particulière doit être accordée aux communications avec le grand public, les médias et les athlètes.

Mon étude comporte 18 recommandations concernant tant la traduction et l’interprétation simultanée que le recrutement de bénévoles bilingues, la signalisation, la participation des commanditaires, le rôle du Secrétariat des Jeux, les manifestations culturelles et les ressources allouées à la Fonction des langues officielles.

Le COVAN a mis en œuvre une partie de la recommandation 17 en créant un comité consultatif sur les langues officielles. Comme je l’ai recommandé, Patrimoine canadien préparera un rapport de progrès trimestriel formel. J’ai aussi appris que le groupe Gesca et le COVAN ont conclu une entente qui permettra au COVAN de diffuser des informations et des publicités sur les Jeux dans les journaux de la chaîne. Ce sont là des signes très encourageants.

Or, afin que les langues officielles soient pleinement intégrées et omniprésentes lors des Jeux, le COVAN et le gouvernement fédéral devront aller au-delà de la mise en œuvre des 18 recommandations de mon rapport. Aller au-delà signifie intégrer pleinement les langues officielles dans toutes les activités, et ce, à toutes les étapes. Le respect de la dualité linguistique doit être un réflexe lors de la planification et l’exécution et non pas une réflexion après coup. Les événements survenus lors des célébrations entourant le compte à rebours, au mois de février dernier, doivent nous servir de leçon.

L’aspect de la traduction et de l’interprétation simultanée demeure un défi important. En effet, le budget prévu me semble insuffisant, compte tenu de la tâche à accomplir. Notre étude et nos informations nous portent à croire que le COVAN est mal outillé pour assurer la bonne prestation de ces deux services aux Jeux de 2010. Par ailleurs, nous savons que l’expertise du gouvernement fédéral en la matière (en raison du travail effectué par le Bureau de la traduction) est reconnue mondialement. Par conséquent, je m’attends à ce que COVAN et le gouvernement fédéral s’attaquent à cette question et ce, dans les plus brefs délais. Les Jeux doivent servir d’exemple de leadership du Canada en matière de services linguistiques.

Je m’inquiète aussi de la signalisation. Les voyageurs ne sauront faire la différence entre la signalisation des municipalités, de la province, du COVAN ou du gouvernement fédéral. Comme je le mentionnais dans mon rapport, le gouvernement fédéral et le COVAN doivent exercer leur leadership auprès des autres partenaires afin que toute la signalisation se trouve dans les deux langues officielles. Il ne faudrait pas non plus que le COVAN et le gouvernement fédéral négligent leurs propres obligations en matière d’affichage bilingue.

Je tiens à mentionner que la municipalité de Whistler est un modèle à suivre à ce chapitre. Cette municipalité a décidé, de son propre chef, d’assurer des services en français et en anglais ainsi que d’offrir une programmation culturelle représentative de la dualité linguistique. D’autres municipalités pourraient s’inspirer de l’exemple de Whistler.

Campagne de sensibilisation Vancouver 2010 et services fédéraux

Récemment, mon bureau a entrepris une campagne de sensibilisation auprès des institutions fédérales. L’expérience que connaîtront les visiteurs, les journalistes et les athlètes canadiens et étrangers dépendra en grande partie du travail des institutions fédérales. En plus de nos athlètes canadiens, des athlètes en provenance notamment de 30 pays de la Francophonie arriveront à Vancouver, et leur expérience olympique canadienne commencera dès leur arrivée au pays.

Cette campagne de sensibilisation vise des interventions à plusieurs niveaux – tant au niveau des sous-ministres qu’au niveau des fonctionnaires chargés de mettre en œuvre des programmes et des initiatives dans le cadre des Jeux, et ce, dans plusieurs domaines, tels que la sécurité, le transport et les services directs au public.

En termes de bonnes pratiques et d’initiatives encourageantes, Parcs Canada préparera un DVD sur l’offre active pour ses employés. D’autres institutions rappelleront à leurs employés l’importance de l’offre active et les mesures à prendre afin que le public puisse recevoir un service dans la langue officielle de son choix. D’ailleurs, mon personnel a rencontré beaucoup de gens très motivés, désireux d’offrir aux visiteurs et aux athlètes une expérience positive. Pour ce faire, ils doivent non seulement avoir les ressources, mais aussi savoir que la dualité linguistique est une priorité pour la haute direction. La bonne volonté de base ne peut se concrétiser de façon cohérente que si elle est appuyée par un leadership fort à la tête de chaque institution.

Conclusion

En terminant, j’estime qu’il reste encore beaucoup de travail à faire d’ici février 2010. Je continuerai de suivre le dossier et je prévois faire un suivi à notre étude. Ce suivi sera rendu public à l’automne afin de permettre des ajustements de dernière minute, s’il y a lieu.

Le gouvernement doit faire preuve de leadership et mettre la dualité linguistique canadienne sous les projecteurs du monde entier. J’espère que tous les partenaires sauront relever ce défi avec brio et que le Canada continuera d’être perçu comme un chef de file à l’échelle internationale en matière de dualité linguistique.

Merci de votre attention. J’aimerais prendre le temps qu’il nous reste pour répondre à vos questions.