ARCHIVÉE - Québec, le 20 novembre 2009

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Notes pour une allocution à la remise des bourses d’immersion
de la Fondation Molson


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour. Good morning.

C’est la troisième année que l’on m’invite pour célébrer avec vous vos réalisations à titre de jeunes anglophones qui désirent poursuivre vos études universitaires en français. C’est un grand honneur pour moi d’être ici encore une fois.

Mon cheminement vers l’apprentissage de ma deuxième langue, le français, a seulement – et réellement – débuté lorsque j’étais étudiant à l’Université de Toronto. À cette époque, j’ai eu l’occasion d’assister à un concert de Gilles Vigneault, un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes du Québec. Je n’avais aucune idée de ce qu’il chantait, mais le son de ses paroles m’a emballé et un désir en moi est né d’aller vers cette autre culture canadienne et d’en faire connaissance.

Mon apprentissage a débuté peu de temps après dans un site archéologique à l’Île-aux-Noix, au nord de Montréal. Dans le cadre d’un stage d’été, je me suis trouvé immergé dans une langue que je peinais à comprendre et à parler. Cependant, cela m’a permis d’améliorer des compétences qui allaient me servir toute ma vie.

C’est en partie grâce à mes compétences en français que Maclean’s m’a envoyé à Montréal, en 1976, sans réaliser que le Québec était sur le point d’élire le Parti Québécois et d’envoyer une onde de choc d’un bout à l’autre du pays. J’ai alors eu l’occasion d’expliquer ce que je voyais et entendais à un public à la fois francophone et anglophone. Par la suite, je suis resté au Québec pendant de nombreuses années, y compris un long séjour ici à Québec avec ma famille, lorsque j’étais journaliste du Montreal Gazette et du Globe and Mail.

Aujourd’hui, même à titre de commissaire aux langues officielles, mon apprentissage se poursuit; il s’est même approfondi. Je constate maintenant, tous les jours, l’apport important de nos communautés de langue officielle partout au pays. J’ai une meilleure compréhension des nuances qui existent entre les cultures. J’apprécie d’autant plus le travail des intervenants à tous les niveaux, dans le milieu politique mais aussi communautaire et culturel.

Cette aventure d’une vie avec la langue française est le lot de nombreux journalistes qui ont couvert la scène nationale au cours des dernières décennies. Nombreux sont les juristes, sportifs, politiciens, chercheurs et tant d’autres qui partagent cette expérience. Des gens qui ne sont pas des professionnels de la langue, mais qui aujourd’hui ne peuvent pas s’imaginer unilingues.

Pour son apport, je veux reconnaître l’importance de la Fondation Molson et des bourses qu’elle offre chaque année à des étudiants très méritants. Ces bourses mettent en évidence la contribution du secteur privé à la dualité linguistique de notre pays. Elles soulignent également l’importance d’établir des liens plus étroits entre les communautés d’expression française et anglaise du Canada.

J’aimerais connaître votre cheminement, comme étudiants, en matière d’apprentissage de la langue française. J’ai entendu des douzaines d’histoires de diplômés des programmes d’immersion, d’enseignants d’étudiants à qui on a conseillé de se retirer des programmes d’immersion et même d’étudiants dont les compétences n’ont pas été reconnues pour leur admission à l’université.

Cet écart entre le français langue seconde enseigné à l’école secondaire et les programmes universitaires doit, d’une façon ou d’une autre, être comblé. Malheureusement, la collaboration qui existe entre la Fondation Molson et l’Université Laval est l’exception à la règle. Trop souvent, les programmes universitaires en français sont inexistants et sont sous‑évalués. Il arrive également que la promotion de ces programmes est très limitée. C’est pourquoi le Commissariat a mené une étude sur les possibilités d’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes. Présentée en octobre dernier, elle fournit de l’information sur toutes les universités canadiennes qui offrent, sous diverses formes, de la formation en langue seconde. Nous avons également lancé un outil interactif dans notre site Web, qui indique l’endroit où sont situées toutes ces universités et permet aux futurs étudiants de prendre connaissance de ce qui est offert, à quel endroit, et ce, d’une façon conviviale. Nous espérons qu’un tel outil aidera les étudiants à poursuivre leurs études dans leur langue seconde et, par ailleurs, encouragera les universités qui ne figurent pas sur la carte à accroître leurs options d’apprentissage en langue seconde.

Ici, à l’Université Laval, vous serez entre bonnes mains et aurez accès à un enseignement et à des ressources de premier ordre. Selon le rapport sur les universités canadienne de cette année du Globe and Mail, l’Université Laval occupe, parmi les plus importantes universités francophones du Canada, le premier rang dans divers domaines : l’enseignement, la disponibilité et la variété des cours, les bibliothèques, la technologie offerte sur le campus, les loisirs et les sports.

Compte tenu des défis auxquels votre génération fait face, à l’échelle nationale comme sur la scène mondiale, je suis rassuré de savoir qu’un si grand nombre de jeunes Canadiennes et Canadiens de votre âge sont bilingues et valorisent la dualité linguistique de notre pays.

J’espère que ce séjour à l’Université Laval vous permettra non seulement de découvrir une culture riche et unique, mais aussi de faire une introspection de votre apprentissage du français. Je vous souhaite beaucoup de succès tout au long de ce parcours.

Merci.