ARCHIVÉE - Ottawa, le 19 novembre 2007

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Les langues officielles à l’université  

Notes pour une allocution au Département d’études françaises
de l’Université Carleton


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d’être ici. Quel plaisir de voir un si grand nombre de jeunes qui s’intéressent à l’apprentissage du français! Me voici donc de retour à l’Université Carleton et, pour la première fois, je vous parlerai à titre de commissaire plutôt qu’à titre de professeur auxiliaire, poste qui m’a été attribué en 2002. Aujourd’hui toutefois, je ne suis pas venu vous parler de journalisme, sauf pour souligner l’importance, pour les journalistes canadiens et les étudiants de votre faculté et de la faculté de journalisme et de communications, de maîtriser les deux langues officielles. Car le français, comme l’anglais, est une langue canadienne et ces deux langues doivent occuper une place importante dans toutes les universités du pays.

Permettez-moi de vous rappeler quelques repères historiques qui vous aideront à mieux comprendre la situation actuelle de la dualité linguistique. Retournons 45 ans en arrière, soit en 1962.

En 1962, un certain nombre de facteurs ont contribué à faire de la politique linguistique un enjeu.

Au printemps, le Front de libération du Québec, ou FLQ, faisait exploser les premières bombes terroristes au Québec.

À Ottawa, comme c’est le cas aujourd’hui, le pays était dirigé par un gouvernement minoritaire conservateur dont le chef provenait de l’Ouest. Ni les Conservateurs ni les Libéraux n’avaient réussi à obtenir la pluralité des votes en raison de leur incapacité à remporter plus de quelques sièges dans le Québec francophone.

Pour ajouter à cela, un groupe de 26 députés du Québec – presque tous des francophones unilingues – ont commencé à mettre en question l’hypothèse discrète, mais acceptée par la grande majorité, que toutes les choses importantes se font en anglais.

Le président des Chemins de fer nationaux du Canada, une société d’État à l’époque, déclarait devant un comité de la Chambre des communes qu’aucun de ses 17 vice-présidents n’était Canadien français, laissant entendre qu’il était impossible de trouver des francophones compétents. Cette déclaration a déclenché de massives manifestations dans toutes les universités francophones du Québec.

Dans ce contexte, Lester B. Pearson, alors chef du Parti libéral et chef de l’opposition, demandait, le 18 décembre 1962, la création d’une commission d’enquête. « Sommes‑nous prêts à donner à tous les jeunes Canadiens une véritable occasion de devenir vraiment bilingues? », demandait‑il.

En 1963, le gouvernement du Canada crée la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Deux ans plus tard, dans ses recommandations, la Commission propose un nouveau partenariat étroit entre les Canadiens francophones et les Canadiens anglophones. À l’avenir, le gouvernement fédéral fonctionnerait plus efficacement en français, et les provinces principalement anglophones seraient encouragées à élargir leur gamme de services publics offerts dans la langue de la minorité, là où la demande le justifie.

En 1967, Pierre Elliott Trudeau, alors ministre de la Justice, classe les droits linguistiques en deux catégories : le droit d’apprendre et le droit d’utiliser. L’ensemble de notre conception des droits linguistiques, qui se précisera au fil des 40 années qui suivront, repose sur ces deux piliers.

La première Loi sur les langues officielles du gouvernement fédéral entre en vigueur en 1969. Elle proclame que le français et l’anglais ont un statut égal au sein de toutes les institutions fédérales. Elle énonce également les critères démographiques sur lesquels reposera l’offre de services bilingues. La Loi sera modifiée en 1988 afin d’y inclure de nouvelles normes et règles régissant, entre autres, la langue de travail et la participation équitable des francophones et des anglophones au sein de la fonction publique.

La Loi crée aussi le poste de commissaire aux langues officielles et en définit les responsabilités. Cet ombudsman tenu à la neutralité politique est chargé d’être la « conscience active » des Canadiens en matière de langues officielles. Le poste que j’occupe relève directement du Parlement. Mes responsabilités peuvent être réparties en deux catégories : la promotion des droits et leur protection. Il importe d’être juste, mais suffisamment ferme lorsque je pose un diagnostic et propose des recommandations. J’occupe le poste de commissaire depuis un an seulement et je me permets de croire que j’ai été « actif » durant cette période. À maintes reprises, j’ai présenté ma vision des langues officielles et j’ai écouté les citoyens et les citoyennes qui me présentaient la leur.

En 1982, un nouveau document constitutionnel, la Charte canadienne des droits et libertés, vient renforcer les droits en matière d’égalité et de langue. Elle reconnaît en outre le droit des minorités francophones et anglophones, peu importe leur lieu de résidence, de gérer leur système scolaire et de faire instruire leurs enfants aux niveaux primaire et secondaire dans la langue de la minorité, là où le nombre le justifie.

Enfin, en novembre 2005, le Parlement du Canada renforce la partie VII de la Loi. Cette section traite de l’engagement du gouvernement fédéral à promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne. Elle engage d’autant plus le gouvernement de soutenir l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Dans mon dernier rapport annuel, je présente les résultats des évaluations de rendement de 37 institutions fédérales, sur un total d’environ 200. Selon les observations sur le service au public, près de trois fois sur quatre, dans les bureaux désignés bilingues, les membres des communautés de langue officielle en situation minoritaire arrivent à recevoir les services du gouvernement fédéral, dans la langue officielle de leur choix. Ce résultat n’est toutefois pas suffisant : le gouvernement ne devrait pas tolérer un taux d’échec de 25 p. 100.

Quarante pour cent des emplois dans la fonction publique (le plus gros employeur au pays) requièrent la connaissance des deux langues. Malheureusement, chaque année, le Commissariat reçoit des plaintes de membres du public qui n’ont pas réussi à se faire servir dans la langue officielle de leur choix.

Depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, toutes les provinces ont mis en place avec succès des systèmes d’éducation aux niveaux primaire et secondaire dans la langue de la minorité. Rappelons cependant que certaines d’entre elles n’ont agi qu’après des poursuites judiciaires initiées par des communautés de langue officielle en situation minoritaire. On trouve également dans plusieurs provinces des universités et des collèges communautaires où la langue d’enseignement est celle de la minorité linguistique. La langue d’enseignement joue un rôle fondamental dans le développement communautaire. En permettant à chacun d’apprendre dans sa langue officielle de choix, on accorde à tous les citoyens et citoyennes des occasions d’apprentissage et de travail semblables.

Il est à noter, par contre, que le droit d’apprendre la deuxième langue officielle n’est pas encore reconnu par la Constitution. Or, il est essentiel de maîtriser la langue seconde pour que le droit de l’utiliser prenne tout son sens. Les gouvernements et les établissements d’enseignement doivent raffermir leur leadership afin d’améliorer la situation et de stimuler les élèves et les étudiants à continuer leur apprentissage des deux langues officielles.

Il y a un peu plus de 50 ans, Blair Fraser, mon père, prononçait une allocution à l’occasion de la journée des fondateurs à l’Université du Nouveau‑Brunswick et avait parlé du défi auquel sont confrontées les sciences humaines. Comme lui, j’ai fait carrière comme courriériste et chroniqueur à Ottawa, et j’étais intrigué par ce qu’il considérait comme un défi en 1956. Nous traversions alors une période prospère, même si nous étions en plein coeur de la guerre froide. Les ingénieurs pouvaient choisir, comme il le soulignait, entre quatre ou cinq emplois, tandis que les diplômés en arts avaient de la difficulté à trouver du travail.

À son avis, tous les indices économiques laissaient croire aux jeunes hommes que la formation technique était source de revenus, tandis que les sciences humaines n’étaient qu’une perte de temps. L’appât du gain était même encouragé pour des raisons de sécurité nationale et de devoir patriotique. On nous disait, en des tons de plus en plus hystériques, que les Russes devançaient l’Ouest dans leur formation d’ingénieurs, de techniciens et de physiciens nucléaires, et que nous devions les rattraper ou perdre la suprématie du monde aux mains des communistes.

Mon père avait déjeuné un jour avec un membre du Parlement qui était également administrateur d’une université de l’Ontario. Cet administrateur lui avait dit : « Les Russes pouvaient difficilement nous infliger une plus grande défaite que de tuer les sciences humaines dans nos universités et de nous effrayer au point de nous pousser vers les sciences mécaniques et physiques. Si les choses continuent ainsi, j’ai bien peur que c’est ce qui pourrait nous arriver. »

Dans son allocution, il soutenait également que l’exigence normale d’études libérales devrait à tout le moins être la capacité de lire, et de préférence la capacité de parler, une langue seconde. Il considérait une honte nationale le fait que les diplômés universitaires ne puissent parler ou comprendre les deux langues officielles.

Il a fait cette allocution peu de temps avant que la Chambre des communes commence à discuter de la possibilité d’introduire l’interprétation simultanée – et que le chef de l’opposition, Lester B. Pearson, déclare se considérer comme handicapé par le fait de ne pouvoir parler français.

Cinquante ans plus tard, les défis auxquels sont confrontées les universités sont sensiblement les mêmes. Si vous modifiez le vocabulaire et remplacez « communisme » par « terrorisme » et « guerre froide » par « mondialisation », la même allocution peut être prononcée aujourd’hui. Il est d’autant plus remarquable que les universités ne sont pas tellement plus avancées maintenant qu’elles ne l’étaient dans la formation de diplômés compétents dans les deux langues officielles.

On constate une tendance inquiétante parmi les universités anglophones du pays. En effet, une majorité d’entre elles n’exigent plus la connaissance de la deuxième langue officielle comme condition d’admission. On m’a même rapporté que la rectrice d’une université canadienne avait qualifié le français de « langue étrangère ». Incroyable, non?

En raison de la disparition de cette exigence, les jeunes sont moins encouragés à continuer leur apprentissage du français. Dans certaines écoles secondaires, on conseille aux élèves d’abandonner les cours d’immersion en français pour s’inscrire à des cours moins exigeants afin d’améliorer leurs chances d’être admis à l’établissement postsecondaire de leur choix. Voilà une situation pernicieuse : abandonner un programme plus exigeant veut dire de meilleures notes dans un programme moins fort. Enfin, il reste qu’il est absurde de faire reposer le sort du bilinguisme au Canada sur nos jeunes élèves. Malgré le nombre croissant d’étudiants bilingues, comme vous, dans les universités et les collèges de langue anglaise, il existe peu de mesures d’encouragement, sauf de la part de quelques universités, principalement bilingues ou francophones.

La situation tient du paradoxe. Que peut-on faire pour renverser la vapeur? On doit rappeler aux élèves les avantages de connaître la seconde langue officielle. Comme nous vivons à Ottawa, nous pensons immédiatement aux possibilités d’embauche au sein du gouvernement fédéral, le plus important employeur du pays, mais cela n’est pas le seul avantage d’être bilingue. La connaissance de nos deux langues officielles constitue un atout primordial en matière de mobilité, de sensibilité aux réalités culturelles et de perspectives élargies sur le marché international. Bref, l’apprentissage du français est une porte sur la réalité de notre propre pays et sur le monde.

Il est important de maintenir les possibilités d’apprentissage du français langue seconde au niveau postsecondaire, compte tenu du nombre croissant de diplômés qui sont issus des programmes d’immersion et d’autres programmes d’enseignement du français langue seconde au secondaire. Parmi les arguments en faveur, notons les nouvelles réalités socio-économiques de la mondialisation et la demande accrue pour les compétences reliées à l’économie du savoir. Il y aussi le fait que le gouvernement fédéral, avec son projet de renouvellement de la fonction publique, aura besoin d’un plus grand bassin de recrues bilingues.

Chez les anglophones, l’augmentation du taux de bilinguisme est attribuable à l’amélioration des programmes d’enseignement de langue seconde de base et d’immersion. Toutefois, ce taux pourrait être bien plus élevé. Mes rencontres avec des gens des quatre coins du pays m’ont permis de constater que le succès des programmes de français langue seconde se trouve limité, non pas en raison d’un manque d’enthousiasme de la part des jeunes ou d'un manque de volonté chez leurs parents, mais bien à cause de ressources insuffisantes. En effet, les élèves anglophones qui souhaitent apprendre le français se voient refuser l’admission aux programmes en raison du nombre restreint de places, d’un manque de financement ou d’une pénurie d’enseignants qualifiés.

J’ai donc été agréablement surpris par les démarches du conseil des écoles publiques d’Edmonton. Après avoir constaté une baisse des inscriptions à son programme d’immersion, le conseil scolaire a cherché à déterminer les facteurs nécessaires à un enseignement de qualité en langue seconde. Au terme de sa réflexion, le conseil avait établi 14 critères à améliorer, dont l’appui du conseil scolaire, du directeur, de l’enseignant, des parents et de la communauté, ainsi qu’un plus grand appui financier. Cette démarche n’a rien de sorcier : elle est des plus normales, mais elle demeure un cas unique au Canada.

Selon le recensement de 2001, à l’extérieur du Québec, 15 p. 100 des jeunes anglophones de 15 à 19 ans sont bilingues. Au Québec, ce taux s’élève à 83 p. 100. Pour les jeunes francophones à l’extérieur du Québec, 9 sur 10 sont bilingues, tandis qu’au Québec, ils ne sont que 4 sur 10. Pour l’ensemble du pays, cela signifie qu’un élève du secondaire sur 4 est bilingue, ce qui est tout de même impressionnant. Par contre, nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Il y a cinq ans, le Plan d’action pour les langues officielles fixait à 50 p. 100 l’objectif à atteindre. Nous sommes donc encore loin de ce but.

Le Plan d’action pour les langues officielles a été établi en 2003 par le gouvernement fédéral comme moyen de rectifier la situation : un des objectifs est de porter de nouveau à la hausse le nombre d’élèves inscrits aux programmes d’immersion et de doubler, d’ici 2013, le nombre de jeunes Canadiens bilingues. Le Plan était assorti d’un budget de 137 millions de dollars sur cinq ans pour l’enseignement de la langue seconde. Dans son discours du Trône du mois dernier, le gouvernement du premier ministre Harper a affirmé qu’il allait donner suite au Plan, mais les détails restent à préciser.

Selon les données dont nous disposons actuellement, d’autres efforts doivent être déployés si l’on veut atteindre l’objectif fixé pour 2013 :

  • Les provinces et les conseils scolaires doivent être davantage redevables des fonds qu’ils reçoivent du gouvernement fédéral pour l’enseignement des langues officielles.

 

  • Il faut adopter des mesures incitatives pour favoriser la rétention des élèves dans les programmes d’enseignement du français, qu’il s’agisse de programmes d’immersion, de cours intensifs ou de cours de base.

 

  • Finalement, les universités canadiennes doivent considérer le français et l’anglais comme des langues canadiennes et non comme des langues étrangères. Elles doivent également fournir aux étudiants les moyens d’apprendre la deuxième langue officielle ou d’améliorer leurs connaissances au moyen de cours traditionnels, d’emplois d’été ou de programmes d’échange.

Le dernier point en est un qui me tient à cœur. Quand allons-nous tous reconnaître que notre pays compte deux langues officielles, l’anglais et le français? Ce n’est que lorsque nous serons tous prêts à accepter ce fait que nous pourrons aller de l’avant et accomplir de réels progrès.

Le Commissariat entreprendra sous peu une étude visant à mieux comprendre les défis auxquels font face les universités canadiennes en matière d’occasions d’apprentissage de la langue française.

Étant donné le nombre croissant de diplômés des programmes d’immersion et d’autres programmes d’enseignement du français langue seconde qui désirent poursuivre leur apprentissage linguistique, il est essentiel que nous réussissions à combler les lacunes, à définir les meilleures pratiques et à établir les améliorations à apporter au système d’éducation postsecondaire afin de pouvoir répondre aux besoins de ces jeunes.

Outre les points que je viens de souligner, d’autres encore doivent être abordés :

  • Les universités doivent faire preuve de flexibilité et d’innovation afin de s’adapter aux besoins en perpétuelle évolution de leur clientèle étudiante. Il ne revient pas aux étudiants de s’adapter aux exigences des universités. Par exemple, on pourrait adapter les cours offerts en français selon le contenu des diverses disciplines, offrir des diplômes conjoints ou des programmes de spécialisation dans la langue seconde.

 

  • Il faut mettre sur pied un système de certificats ou d’agrément qui reconnaîtra de façon formelle les compétences linguistiques des étudiants. Plusieurs établissements postsecondaires offrent déjà de tels certificats ou procédures d’accréditation. C’est le cas du Collège Glendon, qui décerne un certificat d’excellence bilingue.

Par ailleurs, un tel agrément formel pourrait servir à l’évaluation linguistique dans le cadre du processus d’embauche du gouvernement du Canada. Certes, l’établissement d’un processus d’évaluation des différents programmes universitaires pourrait être coûteux, mais à la longue, il pourrait constituer un véritable avantage.

  • Les universités doivent davantage axer leurs efforts de recrutement sur le bilinguisme et mettre en œuvre des campagnes de marketing bilingues qui mettent en relief la demande de compétences langagières dans les secteurs public et privé ainsi que la multitude d’avantages associés à l’apprentissage de la langue seconde.

 

  • Les universités doivent établir des liens avec les communautés. Un tel appui pourrait se révéler avantageux à plusieurs égards : ressources, emplois, partenariats pour stages, etc.

 

  • Finalement – et ce point est très important – les universités ont besoin d’un plus grand financement pour qu'elles puissent favoriser le bilinguisme.

Au cours de son mandat, ma prédécesseure, Dyane Adam, a souvent parlé du rôle des universités dans l’essor du bilinguisme. Elle a signalé le fait que nous nous attendions à ce que nos universités en fassent plus avec moins de ressources. Pour satisfaire aux exigences toujours plus nombreuses, elle recommandait que l’enseignement des langues officielles se fasse sur une période plus longue et dans des domaines élargis, englobant les activités préscolaires jusqu’aux cours universitaires.

Plusieurs universités se sont déjà démarquées en matière de bilinguisme : le Collège Glendon de l’Université York, l’Université d’Ottawa, l’Université de Sherbrooke, l’Université de Montréal et l’Université McGill, entre autres. Chacun de ces établissements encourage les étudiants de toutes les facultés à perfectionner leur maîtrise des deux langues officielles au cours de leurs études.

En tant qu’étudiants du Département d’études françaises de Carleton, vous reconnaissez déjà l’importance d’apprendre ou de perfectionner votre connaissance, pour certains, de votre langue seconde, et pour d’autres, de votre langue maternelle.

Vous qui étudiez à Ottawa, au sein d’une université majoritairement anglophone, êtes sans doute parmi les premiers à reconnaître la valeur de cet apprentissage et l’enrichissement qu’il procure. La population étudiante est de plus en plus diversifiée sur le plan culturel. En créant des occasions solides pour l’apprentissage d’une langue seconde, l’Université Carleton a donc aussi l’occasion de devenir un modèle qui illustre en quoi la diversité culturelle et la dualité linguistique sont des notions complémentaires.

Le bilinguisme est un atout du point de vue de la culture, mais aussi sur les plans personnel et professionnel. Vos compétences linguistiques contribuent à votre épanouissement personnel et peuvent vous aider dans l’apprentissage d’autres langues. Sans compter qu’elles peuvent vous être utiles dans vos voyages, que ce soit au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Europe ou en Afrique. Par ailleurs, la région de la capitale nationale demeure un endroit idéal où s’exercer à parler français, vu son importante population francophone.

Sur le marché du travail, les personnes bilingues sont recherchées dans tous les domaines : dans le monde des affaires et dans les secteurs des communications, de l’éducation et du commerce international.

Finalement, à mon avis, si l’on veut encourager le bilinguisme dans les universités, il est important d’établir de nombreux partenariats afin d’offrir aux étudiants une gamme de possibilités qui leur permettront d’améliorer leurs compétences. Cela est d’ailleurs très important pour les étudiants inscrits à des programmes en français qui, comme c’est le cas ici à Carleton, évoluent dans un milieu minoritaire.

De tels partenariats peuvent être établis avec d’autres universités, d’autres régions du pays ou avec des établissements à l’étranger. Ils peuvent aussi être établis avec des organismes des différents ordres de gouvernement ainsi qu’avec des entreprises de la région afin d’offrir aux étudiants des possibilités de stages dans leur langue seconde.

Nous pouvons nous inspirer de nombreuses initiatives d’autres pays. En Europe, le programme Erasmus a connu un énorme succès parmi les étudiants désireux d’apprendre une autre langue et de connaître une autre culture. Ce programme leur permet de continuer leurs études et de travailler pendant un semestre dans un autre pays de l’Union européenne. Bien que de nombreuses universités canadiennes offrent des programmes semblables, ces derniers demeurent beaucoup moins accessibles et des améliorations restent à faire.

Conclusion

En terminant, je tiens à vous féliciter de l’appui que vous accordez, à titre d’étudiants et de professeurs de français, au rayonnement de nos deux langues officielles et je vous encourage à exercer de la pression pour que vos programmes continuent d’exister et de croître.

Je vous invite à participer, étudiants et professeurs de français, au Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français, qui aura lieu du 21 au 25 juillet 2008 à Québec, dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de la fondation de cette ville. Il s’agit d’un événement d’envergure auquel sont conviés les francophones et francophiles de partout au pays. Vous pourrez y vivre toute la diversité actuelle de la francophonie canadienne, dont vous faites partie.

Si le temps nous le permet, je vais maintenant répondre à quelques questions.

Merci.