ARCHIVÉE - Richmond, le 19 octobre 2007

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Notes pour une allocution au congrès conjoint de
l’Association canadienne des professeurs d’immersion et
de l’Association provinciale des professeurs d’immersion et
du Programme francophone de la Colombie-Britannique


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs, bonsoir.

Je vous remercie de m’accueillir à votre congrès annuel. J’essaie, dans la mesure du possible, de saisir les occasions qui me sont offertes de rencontrer les professionnels de l’enseignement de nos deux langues officielles.

L’année dernière, lorsque j’ai pris la parole au congrès annuel de l’Association provinciale des professeurs d’immersion et du Programme francophone (cela fera un an demain pour être exact, et c’était également ici à Richmond), je venais de remplacer Dyane Adam au poste de commissaire aux langues officielles. Peut-être m’avez-vous invité pour voir si j’avais appris quelque chose ces 12 derniers mois!

L’année a été extraordinaire, pleine de défis et, oui, de possibilités d’apprentissage. Et le poste de commissaire aux langues officielles comporte certains avantages accessoires.

En effet, j’ai vite découvert que l’un des avantages de mon poste est l’accès à un nombre impressionnant de spécialistes, à leur expérience et à leurs connaissances. Bien sûr, le personnel du Commissariat en compte aussi, mais l’exercice de mes fonctions me permet de rencontrer de nombreux autres professionnels et chercheurs œuvrant dans divers champs liés aux langues officielles.

L’envers de la médaille, c’est que l’on me prend parfois moi-même pour un spécialiste. Or, c’est plutôt à titre d’observateur intéressé que je participerai notamment au 12e Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français, qui aura lieu à Québec en juillet 2008. J’espère d’ailleurs y revoir plusieurs d’entre vous. Ce sera une bonne occasion de participer aux festivités entourant le 400e anniversaire de la ville, qui marque un jalon important de la grande aventure de la Francophonie et de l’histoire du Canada.

Mon travail me fournit également une tribune pour corriger certaines perceptions erronées.

Ainsi, j’ai un peu de mal à accepter les arguments des gens qui prétendent qu’un programme aussi populaire que l’immersion est élitiste, ou que l’apprentissage d’une deuxième ou d’une troisième langue n’est pas pour tout le monde. Il y a, au Canada, environ cinq millions de jeunes qui apprennent leur deuxième langue officielle. De ce nombre, 300 000 sont en immersion française. Ce n’est donc pas simplement une tendance ni un loisir de privilégiés. C’est un phénomène de société, qui enrichit et renforce notre pays.

Ce phénomène n’a pas de quoi surprendre. Il devient de plus en plus clair que, dans une foule de domaines, être chef de file à l’échelle nationale implique obligatoirement la connaissance de l’anglais et du français. Que ce soit dans les sports, la politique, le journalisme ou le droit, il faut être en mesure de comprendre l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes et, à l’inverse, d’être compris d’eux.

Évidemment, l’apprentissage d’une langue exige un certain engagement et des efforts. Il faut aussi que l’on puisse nous l’enseigner.

L’approche adoptée par le conseil des écoles publiques d’Edmonton m’a étonné. Après avoir constaté une baisse des inscriptions à son programme d’immersion, le conseil scolaire a analysé la situation pour dégager ce qui était nécessaire à un enseignement de qualité en langue seconde. Au terme de sa réflexion, le conseil est parvenu à 14 critères :

  1. Un soutien positif du district
  2. Un soutien positif des directeurs 
  3. Des enseignants compétents et enthousiastes
  4. Un soutien communautaire constructif
  5. Un enseignement de la langue seconde qui fasse partie intégrante du programme régulier
  6. Suffisamment d’heures de cours
  7. Des attentes claires et pertinentes à l’égard du programme
  8. Un apprentissage interactif
  9. Des ressources d’apprentissage de qualité
  10. Des programmes bien définis
  11. Du perfectionnement professionnel
  12. La promotion et le marketing
  13. L’accès, le soutien et la reconnaissance des élèves
  14. Le soutien financier

Les membres du conseil ont ensuite pris des mesures en fonction de ces critères. Les répercussions sur les enseignants et la qualité de l’enseignement ont été presque instantanées.

Lorsque je suis passé à Edmonton, on m’a fait voir la vidéo d’une conversation entre un enseignant et une élève de 10e année, qui avait commencé quatre mois auparavant en immersion tardive. La qualité de son français ferait honte à beaucoup de fonctionnaires fédéraux!

J’ai pu constater que ce qui limite la croissance des programmes de langues, ce ne sont ni le manque d’élèves ni le manque d’intérêt des parents. C’est l’absence de ressources suffisantes consacrées à l’enseignement même. Dans plusieurs régions du pays, le nombre de places disponibles est très inférieur à la demande.

Que peut-on y faire? L’ACPI, par ses efforts de promotion auprès de la population et par ses interventions auprès des gouvernements, remplit déjà son rôle. Comme membre du Réseau d’enseignement français langue seconde et par sa prestation de séances de formation pour enseignants, l’Association contribue également à renforcer les liens entre le mouvement de l’immersion et les autres composantes de l’enseignement du français. C’est un partenariat qui me semble très, très important. Il ne fait aucun doute, dans mon esprit, que les Canadiens et les Canadiennes doivent avoir accès à différentes options de qualité pour l’apprentissage des langues officielles.

De mon côté, il m’appartient de promouvoir la dualité linguistique; c’est le rôle qui m’est conféré par la Loi sur les langues officielles. Dans mon premier rapport annuel au Parlement, déposé au mois de mai, j’ai réclamé du gouvernement fédéral qu’il donne suite au Plan d’action pour les langues officielles, lequel rend disponibles aux provinces des sommes supplémentaires pour l’enseignement de la langue seconde.

Quelle que soit la forme que prendra ce suivi, il est important de ne pas perdre le rythme de notre lancée acquis au fil des dernières années. On pense notamment à davantage d’occasions d’échanges, pour les enseignants comme pour les étudiants.

Mes interventions concernent aussi les universités canadiennes. Au cours des dernières décennies, j’ai pu constater, non sans une certaine inquiétude, que les universités avaient relégué le français au statut de langue étrangère. Pourtant, posséder le français constitue un atout majeur pour les futurs chefs de file et une nécessité pour quiconque veut accéder aux échelons supérieurs du plus gros employeur du pays : le gouvernement fédéral.

Les universités doivent valoriser la maîtrise des deux langues officielles, ne serait-ce pour inciter les élèves du secondaire à poursuivre leur apprentissage linguistique. Comme les universités sont des institutions qui évoluent lentement, j’espère que les sept années de mon mandat seront suffisantes pour les persuader à apporter des changements importants à leur vision.

J’espère pouvoir compter sur votre appui dans ce projet, tout comme vous pouvez compter sur le mien. En travaillant ensemble avec les différents regroupements d’éducation en français langue seconde, les gouvernements et les communautés de langue officielle, nous pourrons offrir à un plus grand nombre de nos enfants un enseignement de plus grande qualité. Ce faisant, nous travaillons aussi à jeter des ponts entre les Canadiens et les Canadiennes de toutes les origines.

Merci.