ARCHIVÉE - Hatley, le 18 septembre 2009

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Notes pour une allocution prononcée à l’occasion du lancement de Taproot


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonsoir à tous.

C’est avec plaisir que je reviens dans les Cantons de l’Est, mon second chez moi, pour célébrer avec vous au cours des prochains jours.

Ce soir est un moment particulièrement important pour moi, car nous célébrons la communauté artistique vivante de la région. La communauté d’expression anglaise des Cantons de l’Est a toujours su soutenir les grands artistes qui ont grandement contribué à la région et bien au-delà de celle-ci. Les Cantons de l’Est comptent des résidents permanents, mais aussi des personnes qui, comme moi, y passent seulement une partie de l’année. Cependant, nous avons tous été influencés par l’environnement et les habitants de ce coin de pays.

Hier soir, j’ai prononcé une allocution à la bibliothèque de North Hatley sur quelques-uns des plus grands auteurs littéraires d’expression anglaise du Québec qui ont passé beaucoup de temps dans la région : Hugh MacLennan, Mason Wade, I.M.B. Dobell et F.R. Scott. Ces quatre auteurs formaient un groupe d’amis qui passait l’été à North Hatley. Collectivement, leurs œuvres ont eu une profonde influence sur l’évolution du Québec et du Canada modernes. Hugh MacLennan est l’auteur de l’expression « deux solitudes », qui, encore aujourd’hui, touche une corde sensible chez de nombreuses personnes. Même s’il était Américain, Mason Wade a rédigé un recueil historique sur le Canada français et, selon ses amis, comprenait le Québec d’une façon qui leur était difficile à saisir. De son côté, l’écrivaine et historienne I.M.B. Dobell est devenue conservatrice du Musée McCord. Elle a transformé une collection presque abandonnée en une exposition dynamique d’artéfacts témoignant de l’évolution historique du Québec. F.R. Scott, pour sa part, a non seulement pleinement participé à la vie politique et culturelle anglophone, mais il s’est aussi intéressé aux traditions canadiennes-françaises. Je crois qu’il serait tout indiqué, dans le cadre des célébrations de ce soir, de rappeler l’un de ses plus grands poèmes, Bonne Entente, publié en 1954 :

Les avantages d’une double culture
Frappent à tous les coins de rue
Qu’on trouve sur un bâtiment
Cet avertissement
« Cet ascenseur sera hors fonction
À la Fête de l’Ascension »
Que le Montreal Star fasse mention
Que, en l’honneur de l’Immaculée Conception,
On ne fera pas la collecte des détritus
Ou qu’on vous propose dans un très bilingue menu
                        DEEP APPLE PIE
                        TARTES AUX POMMES PROFONDES1

Bien sûr, ces quatre auteurs avaient une chose en commun : leur intérêt pour les questions linguistiques. Ils n’étaient pas les premiers, ni les derniers à s’y intéresser. Bien d’autres ont suivi leurs traces : ils sont venus dans les Cantons de l’Est et ont profondément influencé notre paysage linguistique. Pat Webster a fondé Canadian Parents for French; Bob Keaton a fondé le Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal; Sheila Fischman a commencé sa carrière ici en tant que traductrice; et ainsi de suite.

Comme eux, vous contribuez vous aussi à la vitalité de la communauté d’expression anglaise du Québec. J’aimerais donc profiter de cette occasion pour féliciter les personnes à l’origine de Taproot, l’Association des Townshippers et, en particulier, Brenda Hartwell, qui travaille depuis de nombreuses années à titre de bénévole pour l’organisation. D’ailleurs, c’est elle qui a édité Taproot, en collaboration avec deux autres membres du comité de rédaction, Ann Scowcroft et Carolyn Rowell. J’aimerais aussi féliciter tous les artistes qui ont soumis des œuvres pour le recueil Taproot IV.

On m’a dit que cette année, les juges ont dû lire et évaluer plus de 300 textes, ce qui n’est pas une mince tâche. Cela témoigne bien, selon moi, de l’affection que vous portez tous à votre communauté qui, par ailleurs, est également soutenue par un grand nombre de vos pairs, qui sont venus se joindre à vous ce soir pour célébrer vos réalisations.

Sachez que mon bureau continuera d’appuyer les efforts de la communauté pour demeurer prospère, mais aussi pour aborder les problèmes linguistiques bien réels auxquels elle est confrontée.

Quoi qu’il en soit, ce soir, nous sommes ici pour célébrer les réussites, et c’est ce que je tiens à faire. Encore une fois, félicitations à vous tous et félicitations à l’Association des Townshippers pour la célébration de ses 30 ans.

Merci.


1. Tout d’abord publié dans Events and Signals, Ryerson Press, Toronto, 1954.