ARCHIVÉE - Québec, le 17 septembre 2008

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Notes pour une allocution à la
Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, bonjour.

À titre de ministres responsables des Affaires francophones et de partenaires de vos communautés francophones, vous jouez un rôle primordial dans leur épanouissement et leur vitalité. Je suis donc très honoré de vous adresser la parole aujourd’hui – et d’être de retour à Québec.

D’abord, j’aimerais féliciter tous les responsables des célébrations liées au 400e. Quel succès! Bravo! De plus, je suis reconnaissant du leadership du Québec quant au rayonnement de la francophonie au-delà de ses frontières. Le gouvernement du Québec s’est doté d’une politique vigoureuse à l’égard de la francophonie canadienne qui lui permet de tisser des liens et de bâtir des partenariats avec toutes les communautés francophones du pays. En mai dernier, le ministre Pelletier inaugurait le Centre de la francophonie des Amériques qui saura mettre en valeur la langue française partout où elle est parlée. Ce type de gestes renforce le Québec, la francophonie canadienne et l’action commune de votre groupe.

Depuis sa création en 1994, la Conférence ministérielle s’est fait une place sur la scène nationale. Il s’agit pour vous tous d’une occasion parfaite pour travailler en concert les uns avec les autres afin d’exercer un plus grand leadership sur le plan national. Et vos actions individuelles et collectives ont déjà amené des progrès réels au sein des communautés francophones du Canada.

Comme vous le savez, la francophonie canadienne est très complexe. Chaque province et territoire vit une réalité différente. Néanmoins, chaque Canadien et Canadienne dont la vie est enrichie par la langue française est appelé à contribuer à la réussite collective de notre francophonie. Je vous invite donc à profiter de cette occasion pour élaborer une vision ambitieuse qui saura répondre aux aspirations de tous vos citoyens, que le français soit leur langue maternelle ou une langue seconde.

Portrait de la politique linguistique fédérale 

La Loi sur les langues officielles, notamment sa partie VII, exige aujourd’hui que le gouvernement fédéral prenne des mesures positives pour favoriser et faciliter l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire, appuyer leur développement et promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne. Et la Loi précise que cela doit se faire dans le respect des champs de compétence et des pouvoirs des provinces.

Dans le cadre du Plan d’action pour les langues officielles, qui s’est terminé en mars de cette année, les secteurs de la santé, de l’immigration et de la justice ont fait des progrès remarquables grâce à des efforts de collaboration. Plusieurs de ces progrès ont été initiés à la demande de gouvernements provinciaux, et les avancées doivent pouvoir se continuer.

Dans le domaine de la santé, de nombreux projets sont en cours partout au pays dans le but d’améliorer la prestation des services dans la langue de la minorité. Ces projets mettent l’accent sur la formation des professionnels de la santé dans la langue de la minorité, le recrutement et le réseautage. Santé Canada a établi une excellente entente de collaboration avec les organismes de santé communautaires – un facteur de succès important. Ces professionnels œuvrent dans vos réseaux de santé et sont en mesure d’offrir des services aux Francophones qui les réclament.

Le dossier de l’accueil et de l’intégration des nouveaux arrivants a également connu une avancée importante grâce à l’appui et à l’engagement de plusieurs provinces. Au cours des deux dernières années, plusieurs activités porteuses d’avenir et projets pilotes fort intéressants ont été lancés. Un plan stratégique a été établi en septembre 2006, mais des sommes plus importantes seront nécessaires pour mettre en œuvre les activités prévues afin que les communautés francophones puissent profiter des avantages de l’immigration.

En juin, le gouvernement fédéral a dévoilé la Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne, qui succède au Plan d’action. Les initiatives présentées dans ce nouveau document contribueront aux efforts du gouvernement pour répondre à ses obligations linguistiques. Tel que je l’ai indiqué à ce moment, j’étais, soulagé de constater que nous avions choisi de bâtir sur les acquis et de maintenir la plupart des initiatives existantes en matière de langues officielles. Je suis également heureux que le nouveau plan comprenne des activités visant à promouvoir la dualité linguistique comme l’une des valeurs fondamentales de la société canadienne.

Il s’agit d’un bon point de départ, mais il faudra voir comment la feuille de route sera mise en pratique dans les mois à venir, lors des discussions avec les partenaires. Plusieurs ententes de collaboration en éducation et en matière de services en français, par exemple, seront à renouveler et restent à négocier. Comme vous, je souhaite que des ententes bénéfiques pour toutes les parties soient conclues dans les plus brefs délais afin de ne pas perdre de terrain durant cette année de transition.

Le gouvernement fédéral a reconnu qu’une plus grande collaboration avec les gouvernements des provinces et des territoires peut faire avancer le bilinguisme et les droits linguistiques des communautés de langues officielles – avis que je partage. La Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne est un partenaire incontournable du gouvernement fédéral pour favoriser le développement des communautés et l’accès aux services en français.

La collaboration intergouvernementale à laquelle s’engage le gouvernement fédéral est un élément important de la réussite. Cela dit, le rôle proactif que peuvent jouer les provinces et les territoires est capital. Vous êtes les dépositaires de la volonté de votre gouvernement de donner vie à la dualité linguistique et à la francophonie canadienne par la prestation de services en français et par l’appui aux communautés en situation minoritaire.

Rôle des provinces et des territoires

Les provinces, les territoires et les administrations municipales sont reconnus comme étant les ordres de gouvernement qui sont les plus rapprochés des citoyens et citoyennes. Il s’ensuit que, dans l’exercice de vos compétences à l’intérieur de la fédération canadienne, vous avez un énorme impact sur la qualité de vie de ceux-ci.

Les Francophones et francophiles qui vivent dans vos provinces et territoires cherchent à créer des espaces de vie culturelle et linguistique propice à l’expression du français. Ces personnes se tournent vers vos gouvernements pour appuyer leurs efforts et pour obtenir certains services publics dans leur langue.

Vos provinces et territoires se sont donné un cadre de gouvernance des services en français à leur mesure. Certains ont des lois progressives et des cadres réglementaires complets. D’autres se sont dotés de politiques administratives ou de bureaux. La forme de gouvernance dépend des besoins et de la volonté de la province ou du territoire de bien desservir la population francophone. L’important est de poser des gestes positifs qui feront progresser la dualité linguistique et qui élargiront l’éventail de services offerts à nos citoyens. De plus, il est essentiel de collaborer étroitement avec la communauté et ses représentants aux moyens de consultations périodiques. Cela est particulièrement vrai dans les provinces et territoires où la population francophone est plus petite ou dispersée.

L’impact de vos actions s’étend bien au-delà du droit des citoyens francophones de profiter des mêmes services que leurs concitoyens anglophones. La disponibilité de services en français permet d’accroître la visibilité de la communauté de langue officielle, de renforcer l’appartenance identitaire et de contribuer à la richesse linguistique des provinces et territoires du Canada.

Je tiens d’ailleurs à souligner les efforts de l’Ontario, qui a créé le poste de commissaire aux services en français, un ombudsman linguistique. Cette fonction permettra à la province de répertorier les améliorations possibles et de stimuler le leadership au sein de la fonction publique.

À titre de responsables des affaires francophones de vos juridictions, vous jouez un rôle crucial dans la fonction publique provinciale ou territoriale. Vous êtes une plaque tournante qui peut orienter les Francophones vers les ministères et institutions appropriés.

Vous êtes également appelés à jouer un rôle de champion et de facilitateur auprès de vos collègues, et je sais que la tâche n’est pas toujours facile. Je vous encourage à veiller à ce que les politiques et les programmes de vos gouvernements appuient le développement de vos communautés francophones. De plus, vous seuls êtes à même de relever des occasions où les points forts des communautés de langue française peuvent se conjuguer au bénéfice de toute votre province. Il y a de nombreux exemples qui démontrent que ce type de synergie est possible et donne d’excellents résultats durables.

Au cours des dernières années, chacune des provinces et chacun des territoires ont posé des gestes concrets pour favoriser la prestation de services en français.  Je pense notamment aux guichets uniques qui ont été mis sur pied aux Territoires-du-Nord-Ouest et à l’Île-du-Prince-Édouard. Je pense à la formation linguistique offerte aux fonctionnaires de Terre-Neuve-et-Labrador. Je pense au renforcement des équipes de coordination en Colombie-Britannique, au Yukon et au Nunavut. Je pense aux efforts du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario pour assurer la prestation de services en français au niveau municipal également. Je pense à la création de centres de la petite enfance et de services à la famille en Saskatchewan et en Alberta.

En Nouvelle-Écosse, le ministre de la Santé et ministre des Affaires acadiennes a lancé tout récemment un programme de bourses destinées aux infirmières et infirmières auxiliaires francophones qui terminent ou ont terminé récemment leur formation et qui acceptent de travailler dans les régions de la province où il y a une concertation importante de Francophones.

 Je tiens aussi à souligner les efforts de l’Agence nationale et internationale du Manitoba, qui offre des services aux entreprises et à d’autres organismes du Manitoba qui souhaitent œuvrer sur les marchés francophones nationaux et internationaux, notamment au Québec, en France et en Belgique. Bien que l’Agence reçoive la moitié de son financement du fédéral, la province exerce beaucoup de leadership et d’influence au nom de la communauté francophone dans le secteur économique et dans le domaine du commerce international. La province capitalise donc sur la valeur ajoutée de la francophonie manitobaine pour se positionner sur le plan économique et élargir ses intérêts commerciaux. Et ce, tout en appuyant la communauté francophone dans son développement.

Pour arriver à des résultats concrets, ce n’est pas seulement une question de budget. Il est important de faire preuve de leadership et d’adopter des mesures visant une meilleure promotion de la francophonie dans tous ses volets.

C’est dans cet esprit que je vous encourage de collaborer plus étroitement avec vos homologues ainsi que les communautés francophones, afin de créer des occasions bénéfiques pour tous. Il s’agit d’une occasion pour ces communautés de contribuer pleinement au développement économique, culturel et social de leur province ou de leur territoire.

Promotion de la dualité linguistique

Pour une bonne promotion du fait français et de la dualité linguistique canadienne sur le plan provincial, il est nécessaire d’aller au-delà de l’appui offert aux communautés de langue officielle en situation minoritaire. Cette promotion doit se faire auprès de l’ensemble de la population afin de sensibiliser chacun aux bienfaits de l’apprentissage et de la connaissance de nos deux langues officielles. D’ailleurs, l’enthousiasme envers l’apprentissage du français ne fait pas de doute, comme en témoigne notamment la popularité des programmes d’immersion.

Et il est important de se rappeler que les langues officielles ne sont pas uniquement une affaire de minorités. Il s’agit d’un projet de société qui engage tous les citoyens. À titre personnel, les occasions qui se sont offertes à moi non seulement d’apprendre la langue, mais d’être plongé dans un milieu francophone, m’ont profondément marqué d’un point de vue tant personnel que professionnel. Bien que ce ne soient pas tous les Canadiens et Canadiennes qui veuillent vivre ce type d’expérience, les gouvernements devraient néanmoins s’assurer que ceux qui en ont le désir puissent y avoir accès.

Vous êtes bien positionnés pour encourager vos citoyens à accueillir le concept de dualité linguistique chez vous et à en faire une réalité quotidienne. Nous devons travailler ensemble pour dissiper les mythes qui prétendent au gaspillage ou à la marginalité de nos politiques linguistiques. Nous devons faire la promotion de la valeur intrinsèque de l’apprentissage d’une autre langue – ou même de deux ou de trois.

La diversité culturelle vient elle aussi jouer un rôle important dans vos efforts et, se rapproche de la dualité linguistique du pays. Pour la plupart, les immigrants et les nouveaux arrivants appuient cette dualité en raison de l’ouverture d’esprit qu’elle représente envers l’autre.

En raison de ces immigrants et nouveaux arrivants, le visage démographique du Canada est en constante évolution. Nous devons donc saisir cette occasion pour continuer de promouvoir le lien qui existe entre la dualité linguistique et la diversité culturelle. À cet effet, le Commissariat a organisé un forum de discussion sur ces questions à Toronto, et un autre suivra à Vancouver dans les mois à venir. Il s’agit d’une initiative qui se poursuivra dans d’autres villes canadiennes au cours des prochaines années.

Bien sûr, nous devons fournir aux immigrants et aux nouveaux arrivants les outils nécessaires pour leur permettre de bien s’intégrer à nos communautés francophones et, par extension, acquérir le français comme langue seconde ou tierce.

Il s’agit d’un défi que plusieurs communautés tentent de surmonter à l’heure actuelle, et je vous encourage de continuer dans vos efforts pour y arriver.

Conclusion

En raison de votre proximité aux citoyens de notre pays, vous avez un rôle d’influence et de leadership à jouer pour assurer une plus grande vitalité de nos communautés francophones en situation minoritaire. La pleine mise en œuvre de la Feuille de route dépend d’une participation active de tous les partenaires gouvernementaux. Finalement, je vous encourage à être proactifs et de mettre en place les programmes et services nécessaires à l’épanouissement de vos communautés francophones.

Je vous souhaite une excellente rencontre et je porterai une attention très particulière aux conclusions qui en ressortiront.

Merci.