ARCHIVÉE - Ottawa, le 15 septembre 2009

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Déclaration aux médias à l’occasion de la publication du rapport de suivi
sur la préparation des Jeux olympiques de 2010


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Au mois de décembre 2008, j’ai publié un rapport soulignant des lacunes importantes quant aux obligations en matière de langues officielles du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver (le COVAN) et de Patrimoine canadien. J’avais alors souligné la bonne volonté et l’engagement du COVAN, mais aussi les nombreux défis qu’il restait à surmonter pour faire des Jeux d’hiver de 2010 un événement qui reflète la nature du Canada et sa dualité linguistique.

Je constatais notamment que plusieurs institutions fédérales ne réalisaient pas que les Jeux constituent un test important de leur capacité à servir le public dans les deux langues officielles. Mon personnel a donc mené une campagne de sensibilisation auprès des institutions fédérales l’hiver dernier.

À cinq mois de la tenue des Jeux, je constate que des progrès importants ont été réalisés. Beaucoup a été fait par le COVAN, et certaines institutions fédérales ont mis sur pied des initiatives novatrices pour offrir au public une « performance d’envergure olympique » mais aussi authentiquement canadienne.

Cependant, le rapport de suivi que je publie aujourd’hui souligne un bon nombre de lacunes importantes. Si ces lacunes ne sont pas rectifiées rapidement, elles pourraient compromettre le succès des Jeux sur le plan des langues officielles.

Le temps presse et un coup de barre s’impose. Il ne reste que 150 jours avant le début des Jeux. Pour être fins prêts lorsque le signal de départ retentira, le COVAN, Patrimoine canadien et les diverses institutions fédérales qui offriront des services aux Canadiens et aux visiteurs dans le cadre des Jeux doivent poser des gestes décisifs au cours des prochaines semaines.

Mon rapport de suivi contient 11 recommandations. Certaines concernent le COVAN, d’autres, Patrimoine canadien dans son rôle de coordination et plusieurs s'adressent aux institutions fédérales, notamment celles présentent dans les grands aéroports du pays.

La plupart des recommandations s’adressant au COVAN portent sur le recrutement et l’encadrement des bénévoles, la signalisation, la traduction et la prestation de services au public.

On attend toujours un déblocage des ressources pour la traduction, alors que j’ai insisté sur ce point dans l’étude de l’année dernière. Étant donné l’urgence et l’importance de cet enjeu, il est grand temps que le COVAN et Patrimoine canadien trouvent sans tarder une solution à ce problème. Si rien n’est fait, il est évident que les ressources allouées par le COVAN à la traduction et à l’interprétation ne suffiront pas à la tâche. Je crains que seule une partie de la documentation rendue disponible au public et aux athlètes sera traduite.

Des changements récents au modèle que le COVAN compte utiliser pour l’affichage extérieur sont très encourageants. Je reste cependant préoccupé par le peu d’empressement démontré par les partenaires municipaux et provincial du COVAN à ce chapitre. L’exemple de l’Anneau olympique de Richmond est le symptôme d’un problème bien plus large.

Concernant les bénévoles, le rapport de suivi note que l’évaluation du niveau de bilinguisme des bénévoles est adéquate. Également, le COVAN semble en voie d’atteindre son objectif de 3500 bénévoles bilingues, sur un total de 25 000. Cette proportion de 14  p. 100 semble toutefois ne laisser que très peu de place au déplacement et au remplacement du personnel. Le plan de répartition des bénévoles devra inclure des moyens d’affecter les bénévoles bilingues là où ils sont requis, et ce, en tout temps.

Le spectacle du compte à rebours a été très décevant du point de vue du reflet de la francophonie au pays. La qualité des festivités culturelles entourant les Jeux devra être grandement supérieure pour permettre à tous les Canadiens de s’y reconnaître et pour projeter une image complète de la richesse culturelle du Canada. Cela est particulièrement vrai pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux, des spectacles qui seront diffusés à l’échelle de la planète.

Voilà, en gros, ce dont mon rapport fait état concernant les aspects sous la responsabilité du COVAN.

Pour la plupart des gens qui iront à Vancouver pour célébrer, travailler ou participer aux compétitions, l’expérience olympique commencera à l’aéroport et dans d’autres lieux où des institutions fédérales sont en contact avec le public. C’est pourquoi mon rapport examine en détail les mesures prises par ces institutions. Nous avons également effectué une série d’observations en personne de la qualité du service à de nombreux endroits.

Les résultats m’inquiètent considérablement.

De façon générale, les aéroports ne sont pas prêts à accueillir les gens dans les deux langues officielles. Les services en français sont souvent complètement absents. Et lorsqu’ils existent, les employés ont quand même tendance à faire le premier contact avec les visiteurs en anglais seulement. À l’aéroport de Vancouver – la porte d’entrée des Jeux! – les contrôles de sécurité, Air Canada, de même que les autorités aéroportuaires obtiennent des résultats particulièrement alarmants, y compris une note de zéro pour l’accueil bilingue par les concessionnaires de l’aéroport de Vancouver. La situation est aussi loin d’être parfaite à l’aéroport Pearson de Toronto, alors qu’une grande partie des visiteurs qui se rendront aux Jeux de 2010 y feront escale.

Du côté plus positif, je tiens tout de même à souligner que les employés de Parcs Canada et de Service Canada peuvent offrir un service bilingue dans presque tous les cas. Ces institutions doivent cependant s’assurer que tous leurs employés accueillent les visiteurs dans les deux langues officielles pour leur indiquer qu’un service bilingue est disponible. La Société canadienne d’hypothèques et de logement, qui administre le site important de Granville Island, semble elle aussi être en mesure d’offrir des services bilingues, mais fait face aux mêmes défis quant à l’accueil bilingue.

J’ai demandé à chacune de ces institutions de partager avec moi, après les Jeux, un rapport d’évaluation de leur rendement quant à l’usage des deux langues officielles. J’espère qu’il s’agira surtout d’histoires de succès et d’innovation, plutôt que d’échecs embarrassants.

En conclusion, je tiens à préciser une dernière chose. Les Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver sont les Jeux de tous les Canadiens, et il est essentiel que ces Jeux reflètent les valeurs canadiennes dont fait partie la dualité linguistique. Je ne veux pas que les visiteurs se fassent accueillir par des phrases comme : « Sorry, I don’t speak French. »

Dans l’Ouest canadien, 600 000 personnes maîtrisent nos deux langues officielles, dont la moitié habitent la Colombie-Britannique. Plusieurs institutions fédérales prouvent chaque jour que les langues officielles sont une composante importante d’un service de qualité. Et là où il existe des défis, des solutions existent aussi. Des solutions élaborées par les différents acteurs eux-mêmes ou avancées dans mon rapport.

Je suis heureux de constater les progrès accomplis, mais inquiet de voir que certains éléments clés ne sont toujours pas en place. Les différents acteurs doivent agir maintenant pour donner le coup de barre nécessaire.

Merci. J’attends vos questions.