ARCHIVÉE - Ottawa, le 15 mai 2009

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Notes pour une allocution au
Concours de français langue seconde de l’Université d’Ottawa


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et messieurs, chers étudiants, bonjour,

C’est un honneur pour moi d’être ici aujourd’hui pour remettre les prix aux gagnants du concours, mais avant, j’aimerais dire quelques mots sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur : l’éducation en langue seconde.

Le fait que vous soyez si nombreux ici, aujourd’hui, démontre que votre génération continue d’être interpellée par la question de la dualité linguistique, particulièrement dans la région d’Ottawa. Le concours d’aujourd’hui est d’ailleurs le moyen idéal pour reconnaître les efforts que vous faites tout au long de l’année scolaire.

Pour leur part, l’Université d’Ottawa et l’Université Carleton continuent de faire preuve, par l’organisation de cet événement, de leur engagement envers la dualité linguistique.

Quarante ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles, les progrès que nous avons faits en matière de bilinguisme, de promotion et de respect des deux langues officielles sont remarquables. Cette année, nous célébrons ces progrès.

Que ce soit dans le cadre de cours d’immersion ou de français de base, chacun d’entre vous contribue à la dualité linguistique du pays et au taux élevé de bilinguisme chez nos jeunes. D’ailleurs, plus de 2 millions de jeunes Canadiens et Canadiennes étudient le français, dont 1,5 million en français de base et plus de 300 000 en immersion. Et ces données sont toujours à la hausse. Dans certaines provinces, comme en Colombie-Britannique, les programmes de français langue seconde sont si populaires que la province doit organiser une loterie pour déterminer les jeunes qui seront admis, en raison d’un manque d’espace et d’enseignants.

Peu importe la popularité de ces programmes, je sais très bien que la route vers la maîtrise d’une langue peut être longue et parfois difficile. Cependant, en habitant ici, dans la région de la capitale nationale, vous avez certains avantages que plusieurs n’ont pas : les occasions de pratiquer le français sont nombreuses, puisque vous côtoyez à la fois une communauté francophone en situation minoritaire à Ottawa ainsi que la société québécoise, juste de l’autre côté de la rivière. Grâce à la présence de ces deux communautés, vous avez accès à leur culture et tout ce qui en découle : musique, théâtre, radio, télévision.

Je me suis déjà trouvé dans la même situation que vous. J’ai suivi le programme de français de base de l’Ontario, à une époque où l’immersion n’existait pas encore, et j’ai eu très peu d’occasions de pratiquer ce que j’apprenais. Ce n’est qu’une fois à l’université que j’ai réellement pu améliorer mon français. À 19 ans, j’ai travaillé tout l’été sur un site de fouille archéologique au Québec, dans un milieu où je n’avais pas vraiment d’autre choix que de parler français si je voulais être compris. Même si j’étais terrifié au début, et qu’il me fallait gesticuler pour me tirer d’affaire dans la plupart des conversations, c’était l’une des meilleures expériences de ma vie. Elle m’a d’ailleurs mené sur la voie que je continue de suivre aujourd’hui : celle du bilinguisme et aussi de l’appréciation de la culture française ici au Canada.

Cette expérience m’a donné confiance en mes capacités et m’a permis de pratiquer le français dans un environnement propice. J’ai pris des risques, j’ai fait des erreurs – beaucoup d’erreurs! – mais, somme toute, dépasser mes limites est exactement ce dont j’avais besoin pour accéder au niveau suivant.

Vous tous ici réunis irez au collège ou à l’université dans un an ou deux. Il s’agit d’une étape importante en vue de votre carrière et de votre avenir. Tandis que vous réfléchissez à votre futur domaine d’études, je tiens à souligner l’importance de poursuivre vos études linguistiques et de considérer le français comme une compétence importante à maintenir tout au long de vos études, mais aussi de votre vie.

Certains d’entre vous se demandent peut-être « Pourquoi? » ou « À quoi le français peut-t-il bien me servir si j’étudie les mathématiques, les sciences ou un tout autre domaine? ». Eh bien, pensez à ceci : l’anglais et le français sont les deux langues officielles du Canada, mais aussi du Comité international olympique. Les Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver constituent une manifestation d’envergure mondiale qui se tiendra chez nous. En tant qu’étudiants bilingues, vous avec l’occasion d’agir comme bénévoles aux Jeux et ainsi prendre part à un événement international. Plus important encore, les Jeux nous permettront de mettre en valeur la dualité linguistique du Canada aux yeux du monde entier.

Sur la scène internationale, le français est parlé dans les 56 États membres de l’Organisation internationale de la Francophonie. Environ 200 millions de personnes parlent français partout dans le monde. Peu importe le domaine dans lequel vous choisirez d’étudier, imaginez tous les renseignements auxquels vous n’auriez pas accès et toutes les occasions que vous pourriez rater si vous n’en connaissez pas la langue. Et si vous décidiez d’étudier ou même de voyager à l’étranger? Votre connaissance du français constituera un avantage dans tous ces pays.

L’autre question que nous entendons souvent est : « L’université qui m’intéresse n’offre pas de programme ou de cours de français. Que devrais-je faire? »

Eh bien, vos options ne sont pas aussi limitées que vous le croyez. De nombreuses universités canadiennes, aux quatre coins du pays, offrent à leurs étudiants la possibilité d’étudier dans leur deuxième langue officielle, notamment l’Université d’Ottawa et l’Université Carleton, mais aussi plusieurs autres.

Le Commissariat s’est penché sur cette question au cours de la dernière année et publiera une étude à ce sujet à l’automne. Vous pourrez à ce moment-là consulter dans notre site Web une carte du Canada affichant les diverses options universitaires qui s’offrent à vous en français. Bien sûr, je suis d’avis que toutes les universités devraient promouvoir l’importance d’apprendre les deux langues officielles du Canada.

Je sympathise avec les étudiants qui, au secondaire, doivent faire le choix difficile entre des notes plus basses dans des cours d’immersion française avancée et des notes plus élevées dans d’autres cours afin de répondre aux exigences des universités. C’est là un problème. Les universités doivent accorder plus d’importance à l’apprentissage du français langue seconde et reconnaître les efforts supplémentaires déployés par les nombreux étudiants qui veulent devenir bilingues. Nous ne devrions pas avoir à choisir entre le bilinguisme et des études supérieures; les deux devraient aller de pair.

Après tout, une fois que vous serez sur le marché du travail, peu importe le domaine que vous aurez choisi, la connaissance d’une autre langue – de deux ou même de trois– s’avérera toujours un atout. Personne n’a encore été en mesure de démontrer qu’être bilingue, trilingue ou polyglotte posait un problème ou un inconvénient!

Le fait que vous vivez à Ottawa et y travaillerez peut-être un jour devrait influencer vos décisions en matière de cheminement professionnel. Si vous choisissez de vous joindre aux milliers de fonctionnaires fédéraux, gardez à l’esprit que les postes bilingues sont nombreux et peuvent vous offrir une foule de possibilités. À l’heure actuelle, le gouvernement fédéral peine à trouver des candidats compétents bilingues pour doter ses nombreux postes vacants. Il se tourne donc vers les universités canadiennes et leurs étudiants pour combler cette lacune.

Voilà matière à réflexion alors que vous vous préparez à vivre les années les plus importantes de votre vie.

Maintenant, voici le moment tant attendu... J’ai le plaisir de remettre les prix aux gagnants du Concours de français langue seconde.

Ayant eu l’occasion d’entendre les prestations de tous les participants, je tiens à souligner de nouveau à quel point je suis impressionné par les jeunes d’Ottawa dans leur quête du bilinguisme. Vous vous êtes présentés avec détermination et avec fierté, et je vous en félicite.

Les aptitudes dont vous avez fait preuve aujourd’hui vous serviront à l’avenir lorsque vous deviendrez les prochains leaders du pays, ses athlètes, ses journalistes, ses chercheurs. Je vous souhaite donc la meilleure des chances, tandis que vous continuerez à contribuer à notre dialogue national sur la dualité linguistique.