ARCHIVÉE - Montréal, le 13 juin 2008

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Lancement de l’étude Les indicateurs de vitalité des communautés de langue officielle
en situation minoritaire 2 : trois communautés anglophones du Québec


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour,

Je suis très heureux d’avoir la possibilité de présenter les résultats d’une initiative que le Commissariat a menée avec trois membres du Quebec Community Groups Network. J’aimerais souligner la participation à cette étude des communautés des Cantons de l’Est, de la ville de Québec et de la Basse‑Côte‑Nord. Les trois se joignent à nous aujourd’hui par vidéoconférence.

La série d’études sur les indicateurs de vitalité est née de deux tendances qui ont surgi durant les premières semaines de mon mandat à titre de commissaire aux langues officielles.

Tout d’abord, les institutions fédérales m’ont indiqué qu’elles avaient besoin d’outils pour leur permettre de favoriser le développement des communautés de langues officielles et la promotion de la dualité linguistique. Elles savaient qu’elles avaient cette obligation en vertu de la Loi sur les langues officielles renforcée, mais n’avaient pas toujours l’information nécessaire et la compréhension pratique dont elles avaient besoin pour avoir une incidence positive sur la vitalité des communautés et en mesurer le succès.

Puis, j’ai témoigné de l’établissement d’un nouveau cadre de développement à long terme par les communautés anglophones du Québec et les communautés francophones hors Québec.

Je me suis dit que les ressources du Commissariat pourraient servir à réunir ces deux groupes. Ce projet ne visait pas à cibler les communautés dont la situation était meilleure que d’autres, mais bien à trouver des indicateurs de vitalité concrets dans des secteurs d’activité précis.

Ces études de communautés visent trois objectifs :

  • Cerner, dans chaque communauté, les clés du succès et les pratiques exemplaires liées à la vitalité;
  • Préparer des modèles logiques, ou des ordinogrammes, indiquant, pour chaque communauté, les activités et les objectifs liés à certains secteurs;
  • Cerner les indicateurs de vitalité, compte tenu des priorités que les communautés se sont elles‑mêmes fixées.

La communauté anglophone du Québec se définit par sa grande diversité—élément qui a été reconnu par le rapport Bouchard-Taylor. Nous voulions mettre en évidence la vitalité des communautés anglophones du Québec, compte tenu de leurs circonstances particulières. Devant la quantité de ressources et les recherches récentes effectuées à Montréal, nous avons délibérément choisi de documenter l’expérience d’autres communautés dans la province.

Par conséquent, nous avons choisi de travailler avec des organismes communautaires dans les régions suivantes :

  • La ville de Québec, un environnement urbain où la communauté anglophone ne représente que 1,9 p. cent de la population;
  • Les Cantons de l’Est, y compris Sherbrooke et de plus petites municipalités, où la communauté anglophone représente 5 p. cent de la population; et,
  • La Basse‑Côte‑Nord, qui inclut de petites communautés éloignées où l’anglais est la langue d’usage pour la majorité des communications quotidiennes.

Nous avons demandé à Hugh Maynard, avec l’aide de Susan Grundy et de Jack Jedwab, de travailler avec ces communautés, qu’ils connaissaient déjà assez bien, ainsi qu’avec le personnel de nos bureaux de Montréal et d’Ottawa. Nous avons créé un comité directeur composé de chefs de file de ces trois communautés et nous avons ciblé quatre secteurs stratégiques à traiter dans le cadre de notre étude. Pour chaque secteur ciblé, des groupes de travail ont discuté des objectifs communautaires et élaboré un modèle logique démontrant la façon d’atteindre une plus grande vitalité communautaire dans ce secteur.

Je trouve intéressant le choix des secteurs, car ils permettent de se faire une idée des priorités actuelles de certaines de vos communautés. Malgré leur situation distinctive, les trois communautés ont ciblé les jeunes ainsi que les services de santé et les services sociaux. Je présume que dans chacune de vos communautés, la rétention des jeunes et la santé à long terme de la communauté sont au premier plan de vos préoccupations.

Les membres des communautés anglophones ont parfois de la difficulté à avoir accès à des services et à des ressources de grande qualité dans leur langue. Ils considèrent que leurs besoins sont mal compris par les autorités. Dans les trois communautés, l’accès à des services de santé et à des services sociaux en anglais permet non seulement d’améliorer la qualité de vie des membres de la communauté, mais joue également un rôle important dans la décision de rester ou de revenir dans la région. En raison du vieillissement de la population et de la migration de sortie des jeunes, il est essentiel d’avoir accès à des services de santé et à des services sociaux pour accroître la vitalité des communautés. Notre étude a défini les types de mesures que les communautés souhaitent prendre à cet égard.

Nos études ont également déterminé qu’il était parfois difficile pour les petites communautés rurales ou éloignées d’attirer des jeunes et de les retenir. Dans les communautés anglophones du Québec, les jeunes sont à la fois le moteur et la cible de la vitalité. D’une part, les jeunes constituent une force motrice, l’énergie et le renouvellement de la communauté. Ils sont la clé de l’avenir. D’autre part, les dirigeants et les membres des communautés se mobilisent de plus en plus pour organiser des activités et offrir des ressources qui encouragent les jeunes à s’engager et à rester dans la région. Une pénurie d’emplois ou de possibilités de développement, l’accès limité aux services, aux ressources et aux activités ainsi qu’un faible taux de reconnaissance pousseront les jeunes à quitter la région pour trouver de meilleures possibilités ailleurs. Vos communautés se mobilisent pour freiner cet exode. Les jeunes sont devenus une priorité pour toute communauté qui souhaite planifier pour l’avenir et assurer sa pérennité.

D’autres secteurs d’activité sont également importants. Le développement économique, les arts et la culture ont été ciblés comme prioritaires dans deux communautés. Dans la communauté anglophone de Québec, qui est la plus petite communauté proportionnellement à la population totale, le leadership et la visibilité ont été ciblés comme d’importants enjeux stratégiques. Sur la Basse‑Côte‑Nord, des questions semblables ont été discutées dans le cadre du renouvellement communautaire.

Ces secteurs s’influencent mutuellement. Les arts et la culture sont importants pour le sens de l’identité locale d’une communauté, mais ils sont également une source d’emploi et ils créent des liens avec la communauté majoritaire. Le développement économique a une incidence évidente sur la rétention des jeunes ainsi qu’un impact à long terme sur les soins de santé. Ces modèles de vitalité ne fonctionnent pas selon une structure traditionnelle. D’ailleurs, les nombreuses interrelations entre les secteurs et les efforts concertés se traduiront, sans aucun doute, par des avantages directs pour tous.

Les trois études nous ont permis de cibler un certain nombre de pratiques exemplaires. Bien que certaines soient assez récentes, elles ont toutes eu des effets positifs sur les secteurs ciblés par cette étude. Ces pratiques constituent de bons exemples de mesures positives sur lesquelles les gouvernements et les communautés devraient s’entendre. Permettez‑moi de vous en citer quelques‑unes.

Depuis 2006, le programme Télésanté fournit de l’information et des séances de formation par vidéoconférence aux professionnels de la santé de la Basse‑Côte‑Nord par la voie du centre régional de santé et les centres locaux de services communautaires. Étant donné l’isolement géographique de la majorité des communautés de cette région, le programme constitue un important service de communications pour les communautés et les professionnels de la Côte.

La semaine prochaine, je serai à Blanc-Sablon pour célébrer la Côte en fête 2008. La région mise sur ce lien avec les célébrations du 400e anniversaire de Québec pour stimuler les activités liées au patrimoine et au tourisme écologique déjà en place, et attirer l’attention sur les ressources naturelles de la région.

La Société littéraire et historique de Québec a été la première société savante du pays et l’un de mes lieux favoris lorsque je vivais à Québec. Elle restaure actuellement son site patrimonial, le Morrin Centre, carrefour culturel conçu pour éduquer le public sur la contribution à l’histoire et à la culture actuelle de la communauté anglophone de la ville.

On peut également parler d’une pratique exemplaire qui a une incidence positive sur la communauté : Topportunity, une ressource en ligne qui tient les jeunes informés des possibilités d’emploi et d’éducation qui existent dans les Cantons de l’Est. Ce site Web présente également des renseignements sur les programmes de formation pertinents et les possibilités d’aide financière pour les étudiants.

Que vous travailliez au sein de groupes communautaires ou pour le gouvernement fédéral ou provincial, je suis confiant que les études vous aideront à atteindre des résultats, et j’espère que ces résultats se traduiront par davantage d’exemples de réussite. Les communautés anglophones de la province ont toujours constitué un élément important de la vie du Québec et ont contribué à améliorer le bien‑être de tous ses citoyens. Il ne fait aucun doute dans mon esprit qu’elles ont encore beaucoup à apporter, et nos études appuient cette conclusion.

D’ailleurs, les études portant sur les communautés anglophones du Québec ont donné des résultats similaires à ceux obtenus dans le cadre de nos études sur les communautés francophones de tous les coins du pays. Ces études constituent des outils puissants qui peuvent aider les communautés à prendre des mesures pour atteindre les résultats escomptés en matière de vitalité. Bien entendu, les contextes sont différents et il serait difficile de trouver un équivalent à la communauté anglophone de Montréal à l’extérieur du Québec. On peut toutefois souligner le fait que la communauté anglophone de la ville de Québec ressemble à bien des égards à la communauté française de Halifax, par exemple. Les communautés de langue officielle en situation minoritaire doivent relever de nombreux défis communs et recherchent le même genre de solutions communautaires.

Cela renforce ma conviction que la collaboration entre les anglophones du Québec et les francophones d’ailleurs au pays pourrait générer d’importantes retombées pour tous.

En matière de leadership, je n’ai qu’à me tourner vers le QCGN et l’ensemble de ses organisations. Je vous encourage à poursuivre vos efforts de concertation pour améliorer le bien‑être de tous les Québécois anglophones, qui forment l’une des deux communautés linguistiques minoritaires de notre pays. Nos études ont jeté les bases de l’action communautaire. Il vous incombe de mener des activités qui permettent de renforcer la vitalité de chacune de nos communautés.

Le moment est venu pour la communauté anglophone du Québec de nouer des liens avec ses partenaires gouvernementaux et d’élaborer de nouvelles initiatives. Le gouvernement fédéral a indiqué qu’il présentera un nouveau plan d’action pour les langues officielles – très bientôt j’espère. Et j’ai espoir que ce nouveau plan facilitera les partenariats entre les communautés et les gouvernements fédéral et provinciaux, afin de pouvoir relever les défis très particuliers de la communauté anglophone.

J’ai l’impression que vos communautés, par l’intermédiaire du QCGN, ont entrepris de redéfinir leur approche du développement communautaire et sont ouvertes à l’idée d’essayer de nouvelles façons de faire dans le but d’améliorer la vie du million d’anglophones qui vivent dans la province. J’ai moi‑même été témoin de cette ouverture en février dernier lors de la conférence sur la revitalisation des communautés organisée à l’Université de Montréal. Beaucoup de travail a déjà été accompli et une nouvelle vision prend forme. C’est très prometteur pour l’avenir de la communauté anglophone du Québec. Je suis fier d’ajouter la contribution du Commissariat à cet effort.

Merci.