ARCHIVÉE - Ottawa, le 1er décembre 2008

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Notes pour une allocution à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle de la
Société éducative de visites et d'échanges au Canada (SEVEC)


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Madame Rapp, Monsieur Carrier, Madame Clement, Mesdames et Messieurs, chers élèves,

Je vous remercie de m’avoir invité aujourd’hui à prendre la parole devant vous, car j’ai ainsi l’occasion de m’adresser non seulement aux membres de la SEVEC, mais aussi aux enseignants et aux élèves. Dans la vidéo que nous venons de voir, il est clair que les jeunes, dont certains sont parmi nous aujourd’hui, sont passionnés par la dualité linguistique de notre pays. Grâce à la SEVEC, ils auront encore la possibilité de partager leurs expériences et de discuter des avantages d’apprendre les deux langues officielles.

L’an prochain, nous célébrerons le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Notre prochain rapport annuel passera en revue les 40 dernières années et tout ce que nous avons accompli, tout en s’attardant à ce qui nous attend dans les années qui viennent. Les occasions qui seront offertes à nos jeunes seront la clé de la réussite pour l’avenir de la dualité linguistique au Canada. Dans notre rapport, le travail accompli par la SEVEC sera présenté comme un modèle de mesures positives qui contribuent à la vitalité de cette dualité.

Tous ceux qui sont ici aujourd’hui savent que le travail de la SEVEC va au‑delà des programmes d’échanges. Je vous invite toutefois à continuer de prêcher la bonne nouvelle pour qu’un plus grand nombre de jeunes puissent bénéficier de vos services et de l’appui que vous offrez. Les forums que vous avez organisés cette année, de même que vos initiatives en ligne, sont de parfaits exemples des autres choses que vous faites. Vous avez fait preuve d’innovation en utilisant les nouvelles technologies pour toucher les jeunes. Vous vous distinguez également par vos efforts pour réunir des jeunes des différentes communautés de langue officielle des diverses régions du pays et qui ont une passion commune pour l’apprentissage du français et de l’anglais afin qu’ils apprennent les uns des autres.

Grâce aux différents événements et activités offerts par la SEVEC, vous avez montré l’importance de rapprocher nos communautés de langues officielles et de donner aux jeunes l’occasion de s’immerger dans la culture et la langue qu’ils apprennent.

Pour mieux comprendre les besoins des élèves, et savoir ce qui est offert au niveau postsecondaire, le Commissariat a entrepris une étude visant à favoriser une meilleure compréhension des possibilités d’apprentissage de la langue seconde dans les universités canadiennes. Dans le cadre de ce travail, nous rencontrons divers groupes d’étudiants d’universités canadiennes. Le mois dernier, des représentants de mon bureau ont rencontré un groupe d’étudiants de l’Université d’Ottawa, il est apparu que la majorité d’entre eux avaient participé à un programme d’échange linguistique quelconque. Cette expérience avait d’ailleurs été déterminante dans leur décision de poursuivre leur apprentissage de la langue seconde au niveau universitaire. Ceux d’entre eux qui avaient voyagé outre-mer avaient constaté que, dans de nombreux pays qu’ils avaient visités, le fait de connaître deux langues constituait un strict minimum.

Pour ma part, j’ai aussi eu l’occasion de participer à un échange culturel lorsque j’étudiais à l’Université de Toronto. Durant tout un été, j’ai participé à une fouille archéologique à l’Île‑aux‑Noix, près de Montréal, moins par intérêt pour le domaine que pour apprendre le français et faire l’expérience du Québec et de sa culture. Si j’ai participé à cette expérience, c’était parce que j’étais d’avis que mon français de base n’était pas suffisant. L’échange m’a permis de me faire de nouveaux amis québécois et de découvrir une nouvelle province – et une nouvelle culture. Au début, je n’arrivais pas à bien communiquer avec ceux qui m’entouraient ni à bien les comprendre. En raison de cela, je me sentais stupide et inarticulé, et je n’avais aucun sens de l’humour dans ma langue seconde. Ce fut l’élément déclencheur dans mon cheminement vers l’excellence en bilinguisme. Aujourd’hui, en tant que commissaire aux langues officielles, je suis le produit de l’apprentissage d’une langue seconde, tout comme James Moore, le nouveau ministre des Langues officielles, et de nombreux autres qui occupent des postes d’importance dans l’ensemble du pays.

Bien sûr, je me rends compte qu’apprendre une deuxième ou une troisième langue n’est pas toujours facile. Et je reconnais la valeur du soutien que la SEVEC offre aux enseignants et aux élèves pour les aider à atteindre leurs objectifs grâce à des échanges linguistiques, des voyages et des forums. Dans le rapport qui a été présenté à la suite de votre dernier forum jeunesse, j’ai noté les difficultés habituelles auxquelles les jeunes sont confrontés : ressources insuffisantes, manque de possibilités de pratiquer la langue parlée, soutien insuffisant de la part des écoles, des collectivités et des familles. Les participants ont aussi établi un lien entre ces éléments et le fait qu’un grand nombre de leurs camarades abandonnent les programmes d’apprentissage de langues secondes parce que l’investissement personnel nécessaire est tout simplement trop élevé.

À mon avis, c’est très dommage. Je sais qu’il y a une pénurie d’enseignants en langues secondes au Canada. C’est là un problème que nous continuons d’affronter et pour lequel nos gouvernements tentent de trouver des solutions, en nouant des partenariats avec des associations éducatives dans différentes collectivités.

En attendant, nous devons continuer de promouvoir activement les nombreux programmes et ressources qui sont disponibles dans les différentes collectivités où nos enfants apprennent. Les jeunes participants au forum ont aussi indiqué qu’ils pensaient que certains de leurs camarades étaient encore obligés de choisir entre apprendre le français ou apprendre une autre matière qui, à leur avis, pourrait leur être plus profitable sur le plan scolaire. Personne ne devrait avoir à faire un choix. Vous devriez pouvoir choisir les deux. Et je continue d’encourager les établissements postsecondaires à reconnaître les efforts des étudiants qui ont participé à des programmes de base en langue seconde ou à des programmes d’immersion. Les enseignants, de même que les parents, ont le devoir de conseiller les élèves dans leurs décisions et de leur expliquer clairement les avantages qu’il y a à continuer d’étudier une autre langue.

Comme membres de la SEVEC, je vous encourage tous à agir comme ambassadeurs et à faire la promotion des nombreux avantages du bilinguisme. Ayant fait vous‑mêmes l’expérience de la dualité linguistique canadienne, vous savez que ces avantages ne se limitent pas à se faire des amis, à trouver un bon emploi et à voyager. Comme vous le savez, le bilinguisme abolit les barrières, donne accès à davantage de ressources et de possibilités au niveau postsecondaire, et nous permet de mieux communiquer avec nos concitoyens et avec les gens partout dans le monde. L’économie actuelle étant axée sur le savoir, le bilinguisme continuera d’être un atout majeur dans le marché mondial de l’emploi.

Enfin, ce qui ressort le plus de votre rapport, selon moi, c’est le lien que les jeunes ont établi entre le bilinguisme et leur sentiment de fierté en tant que Canadiens. J’ai remarqué que cette fierté est aussi omniprésente chez un groupe de plus en plus nombreux au Canada : les nouveaux immigrants. Au sein de la population immigrante et des communautés ethniques, nombreux sont ceux qui croient fermement que leurs enfants ont intérêt à apprendre les deux langues officielles et qui reconnaissent que le bilinguisme est un élément essentiel des valeurs canadiennes. Souvent, cela implique que les élèves de ces communautés apprennent une troisième et, parfois, une quatrième langue. Selon Statistique Canada, les membres des minorités visibles surpassent même les Canadiens d’expression anglaise pour ce qui est du bilinguisme.

Apprendre les deux langues officielles peut aussi être un tremplin vers d’autres langues. Il y a quelques années, je couvrais une mission commerciale du Canada en Chine. Pour l'occasion, l'ambassade du Canada avait fait appel à des Canadiens vivant en Chine pour servir de guides et d'interprètes aux politiciens, aux gens d'affaires et aux journalistes. J'ai été étonné par le fait que ces Canadiens qui parlaient le mandarin et le cantonais étaient aussi parfaitement à l'aise aussi bien en français qu'en anglais. Pour eux, être bilingues leur permettait de communiquer avec le reste du pays, mais aussi de s'ouvrir au monde.

Je vous félicite tous de poursuivre cet idéal. Grâce à la SEVEC, nos jeunes acquièrent de nouvelles compétences et approfondissent leur compréhension de la dualité linguistique de notre pays pour laquelle ils affichent un plus grand respect.

En terminant, je veux prendre un moment pour féliciter les lauréats de cette année du Prix Roch Carrier de la nouvelle, Amber et Catherine. J’ai lu vos récits avec beaucoup d’intérêt, et j’ai été très impressionné par votre créativité et votre aptitude à manier la langue. Je vais surveiller la parution de vos prochains titres à la librairie près de chez nous!

Merci.