ARCHIVÉE - Ottawa, le 8 décembre 2009

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Notes pour une comparution devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes sur la préparation des Jeux olympiques de 2010


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les parlementaires, membres du Comité permanent des langues officielles, Monsieur le Président, bonjour.

Je suis accompagné aujourd’hui de Johane Tremblay, commissaire adjointe par intérim, Politiques et Communications, de Ghislaine Charlebois, commissaire adjointe, Assurance de la conformité et de Pascale Giguère, avocate-conseil principale et directrice par intérim des Affaires juridiques.

Ceci est probablement la dernière occasion de discuter ensemble de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, sur le plan du respect de la dualité linguistique canadienne. Et j’estime que les mesures qui restent à prendre doivent faire l’objet d’une attention immédiate. Monsieur le Président, j’en profite pour souligner l’incidence du travail accompli par le Comité sur cet enjeu. La tâche est d’une grande importance, tant en matière de respect des droits linguistiques de la population canadienne que de l’image du pays sur la scène internationale.

Il ne reste que 66 jours – un peu plus de deux mois – avant le début des célébrations et l’organisation olympique s’affaire aux derniers préparatifs. Le relais du flambeau a débuté, le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) a pris possession du village des athlètes et le Programme souvenir officiel de Vancouver 2010 a été imprimé et mis en vente.

Je constate que certaines des recommandations contenues dans le rapport de suivi que j’ai présenté au mois de septembre dernier ont été prises en considération par les organisations visées. Le COVAN, Patrimoine canadien et d’autres institutions fédérales ont déjà posé des gestes pour lesquels il y a lieu de se réjouir. Toutefois, je m’attends maintenant à ce que ces initiatives produisent des résultats concrets pour les athlètes, les médias et les visiteurs qui se rendront aux Jeux.

Le COVAN

Un montant additionnel de 7,7 millions de dollars offert par le gouvernement canadien devrait permettre de résoudre les enjeux quant à la traduction, la signalisation pour les sites olympiques, l’affichage permanent et les cérémonies de remise des médailles. M. Jacques Gauthier, le représentant du gouvernement fédéral au Conseil d’administration du COVAN a d’ailleurs qualifié cet octroi de « très satisfaisant ».

Je suis soulagé d'apprendre qu'un protocole d'entente est sur le point d'être signé entre COVAN et le Bureau de la traduction. J'espérais que le travail puisse commencer le plus rapidement possible. D'après les informations partagées hier par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, des ressources importantes seront consacrées par le Bureau de la traduction en appui aux Jeux.

Le COVAN nous a signalé que les problèmes liés à la transmission intégrale des propos des athlètes francophones dans le système intranet Info2010 seront réglés. Les modèles de signalisation temporaire semblent adéquats pour bien orienter les athlètes et les visiteurs, et ce, dans les deux langues officielles du Canada et des Jeux. Encore faut-il que la signalisation soit répartie judicieusement afin de bien orienter les visiteurs, sans égard aux limites des juridictions, tant municipales que provinciale.

Une recommandation dans mon rapport de suivi, publié au mois de septembre dernier, visait spécifiquement le déploiement de bénévoles bilingues. On m’assure que le plan de déploiement des bénévoles utilise de façon efficace les quelque 3500 personnes dans des postes bilingues. On m'assure aussi que ce plan prévoit l’accès rapide à des personnes parlant français et anglais dans des situations d’urgences ou d’imprévus. Malheureusement, nous n’avons ni vu ni eu l’occasion de commenter ce plan. Nous devrons donc, comme pour bien d’autres questions entourant les Jeux, évaluer le COVAN et Patrimoine canadien en fonction des résultats obtenus lors des célébrations olympiques elles-mêmes.

Je connais votre grand intérêt pour la signalisation principale de l’Anneau olympique de Richmond, qui est devenu un symbole des difficultés entre le COVAN et ses partenaires municipaux. On m’indique que la question n'est plus de savoir si le nom apparaîtra sur le bâtiment dans les deux langues, mais bien comment on compte s’y prendre. Là encore, nous ne pourrons nous réjouir que lorsque « Anneau olympique de Richmond » apparaîtra aux côtés de « Richmond Olympic Oval » sur la façade.

Il ne faut pas oublier que la barre est haute, puisque le français et l’anglais sont les langues officielles du mouvement olympique et de notre pays. Je suis heureux de constater que le COVAN en a pleinement conscience. Lorsqu’il a comparu devant ce comité il y a un an et demi, soit le 29 avril 2008, John Furlong vous a dit que le COVAN avait « dépassé de loin » ses obligations prévues dans l’Entente multipartite.

Il a mentionné la volonté du COVAN de « profiter de l’occasion [...] pour mettre en valeur la dualité linguistique particulière du Canada de la façon la plus grandiose possible, tout particulièrement lorsque le monde entier aura le regard tourné vers nous ».

M. Furlong ajoutait que le COVAN n’éprouverais « aucune difficulté à respecter [ses] obligations en matière de signalisation. Toute la signalisation sera bilingue; d’ailleurs elle l’est déjà. »

Il affirmait également que l’aéroport international de Vancouver « occupait une place critique pour les jeux » et décrivit l’expérience qu’auraient les visiteurs aux Jeux.

« Lorsque vous atterrirez à l’aéroport international de Vancouver, vous vous retrouverez dans une installation olympique. Vous aurez l’impression d’être au cœur des Jeux olympiques. Vous serez accueillis par une signalisation bilingue, par des annonces dans les deux langues. Il y aura des bénévoles et des employés qui parleront couramment les deux langues. Les gens comprendront qu’ils sont au Canada, où la dualité linguistique est présente, »

Je n’aurais su mieux exprimer mes désirs pour les Jeux olympiques—et pour l’aéroport international de Vancouver. M. Furlong a exprimé les standards selon lesquels les Jeux seront évalués.

La campagne de promotion du bilinguisme du COVAN de cet automne indique clairement aux membres du public qu’ils peuvent s’attendre à recevoir des services dans les deux langues officielles tout au long des célébrations. Selon le COVAN, le public pourra aussi s'attendre à des célébrations qui prennent en compte la dualité linguistique canadienne.

Je m’attends à ce que le COVAN respecte intégralement ses engagements et qu’il mette en œuvre ses obligations. Cependant, les lacunes observées dans la portion visible des préparatifs, comme l'arrivée du flambeau au Canada, fait que je demeure sceptique à savoir si l’ensemble de l’organisation olympique a développé le réflexe de la dualité linguistique. Avec le peu de jours qui restent avant les Jeux, peut-on présumer qu’ils y arriveront? À défaut d’avoir pleinement intégré la dualité linguistique dans chacune des activités de planification, le COVAN et ses partenaires devront exercer une vigilance accrue pour assurer un service de qualité pour les athlètes, leurs accompagnateurs et le grand public.

Les institutions fédérales

Au-delà de l’organisation des Jeux, les visiteurs qui afflueront à Vancouver recevront des services de plusieurs institutions fédérales. La qualité de leur expérience dépendra en grande partie des échanges avec les fonctionnaires fédéraux, leurs contractuels et leurs partenaires.

Plusieurs institutions fédérales reconnaissent qu’elles ne disposent pas du personnel nécessaire sur place pour offrir un service de qualité dans les deux langues officielles. Certaines d’entre elles ont pris des mesures pour déplacer du personnel bilingue à leurs points de service, comme je l’ai mentionné dans mon rapport.

D’autres institutions n’ont pas fait preuve du même niveau d’engagement. Les membres de mon personnel les incitent à faire preuve de créativité pour optimiser les ressources dont ils disposent.

Il faut souligner que les obligations linguistiques des aéroports et de leurs concessionnaires ne datent pas d’hier. Si les autorités aéroportuaires avaient donné à ce problème toute l’attention qu’il mérite, elles se trouveraient aujourd’hui probablement en meilleure position pour faire face à ce besoin accru de services dans les deux langues officielles.

Cela dit, plusieurs des rencontres de coordination que j’ai recommandées ont eu lieu. L’administration aéroportuaire de Vancouver et les institutions qui travaillent au sein de l’aéroport se sont rencontrées au mois d’octobre pour partager entre elles leurs besoins et des meilleures pratiques. On nous dit que certaines mesures seront mises en place, et j’espère voir des résultats de cette collaboration lors des Jeux.

Les administrations aéroportuaires de Vancouver et de Toronto ont rappelé à leurs concessionnaires qu’ils doivent offrir aux voyageurs des services en français comme en anglais. L'aéroport Pearson à Toronto a invité mon bureau à rencontrer le Retail Tenants Association afin de renforcer l'importance d’offrir des services dans les deux langues officielles, et j'ai également rencontré le président-directeur général de l’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto, M. Lloyd McCoomb, tout récemment. Cependant, comme je l’ai dit précédemment, seuls les résultats sur le terrain nous permettront d’évaluer le travail de ces institutions, et je me préoccupe des résultats qu’elles obtiendront les Jeux venus.

Plusieurs institutions soulignent qu’elles offrent de la formation linguistique à leur personnel ou encore s’inspirent des bonnes pratiques d’autres institutions pour créer leur propre matériel de formation. Je note également que bon nombre d’institutions ont mis en place des ateliers ou de la formation sur l’offre active. À cet effet, Air Canada prévoit utiliser une vidéo sur l’offre active en janvier 2010 pour former ses employés sur l’importance d’accueillir le public dans les deux langues officielles, comme l’a fait Parcs Canada.

Je constate aussi qu’une collaboration entre les institutions est amorcée et que des contacts réguliers ont lieu entre elles. Ces échanges doivent se poursuivre et cette synergie doit se traduire en résultats concrets pour la population canadienne lors des Jeux.

J’espère que les différentes institutions fédérales qui ont un rôle à jouer dans la tenue de cet événement poursuivront leurs efforts à offrir un meilleur service bilingue, et ce, bien après que le dernier athlète des Jeux aura quitté le pays. Offrir au public canadien et aux visiteurs un service dans les deux langues officielles restera tout aussi important après les Jeux olympiques.

En conclusion, je tiens à préciser une dernière chose. Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver sont les Jeux de tous les Canadiens, et il est essentiel que ces Jeux reflètent les valeurs canadiennes, dont fait partie la dualité linguistique.

Je suis heureux de constater les progrès, mais je reste inquiet devant l’incertitude que certains éléments clés soient en place. Les différents acteurs doivent agir maintenant et rapidement pour le dernier sprint.

Merci. Je serai heureux de répondre à vos questions.


Liste des recommandations de Vancouver 2010, une occasion en or : Viser un modèle canadien de la dualité linguistique dans le sport international – Rapport de suivi.

Recommandation 1
Le commissaire recommande que Patrimoine canadien et le COVAN, en collaboration avec Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, trouvent sans tarder une solution pour assurer que des ressources adéquates en traduction soient disponibles afin que les exigences de l’Entente multipartite soient entièrement respectées.

Recommandation 2
Le commissaire recommande que le COVAN et Patrimoine canadien démontrent :

  • qu’ils mettent en place un plan de déploiement des bénévoles bilingues;
  • qu’ils ont recruté un nombre suffisant de bénévoles bilingues pour pallier à des désistements;
  • qu’ils déploieront judicieusement ces bénévoles bilingues, par exemple en créant une équipe volante compte tenu des absences possibles au moment des Jeux.

Recommandation 3
Le commissaire recommande que le COVAN veille à ce que toute la signalisation respecte l’égalité des deux langues officielles.

Recommandation 4
Le commissaire recommande que Patrimoine canadien communique le plus rapidement possible, par l’entremise de ses hauts dirigeants, avec la province et les municipalités afin de les inciter fortement à rendre bilingues les affiches et les enseignes importantes destinées aux visiteurs dans le contexte des Jeux.

Recommandation 5
Le commissaire recommande au COVAN de veiller à ce que toute déclaration des athlètes faite en français soit mise sur le site Info2010 telle qu’elle a été prononcée et en même temps que l’édition anglaise.

Recommandation 6
Le commissaire recommande que le COVAN révise le plus rapidement possible ses pratiques de communication afin que celles-ci soient conformes aux exigences de l’annexe A de l’Entente multipartite, notamment dans les cas d’imprévus et d’urgences, de toutes les informations mises à la disposition des journalistes sur Info2010, et de l’ensemble des biographies des athlètes et leurs mises à jour.

Recommandation 7
Le commissaire recommande que l’autorité aéroportuaire de Vancouver démontre, d’ici au 30 novembre 2009, qu’elle a pris des mesures spéciales et concrètes pour intégrer les exigences en matière de langues officielles dans sa planification et ses activités se rattachant aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver.

Recommandation 8
Le commissaire recommande qu’Air Canada, l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, l’Agence des services frontaliers du Canada et les autorités aéroportuaires de l’aéroport international Pearson de Toronto et de l’aéroport international de Vancouver travaillent ensemble pour définir, d’ici au 30 novembre 2009, des façons d’offrir aux voyageurs à ces deux aéroports une expérience plus cohérente en matière de service dans les deux langues officielles à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver.

Recommandation 9
Le commissaire recommande que toutes les institutions mentionnées dans le présent rapport de suivi démontrent, d’ici au 30 novembre 2009, qu’elles ont pris des mesures concrètes pour faire en sorte que le personnel de première ligne qui travaillera durant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver respecte l’obligation de chacune de faire une offre active de service dans les deux langues officielles.

Recommandation 10
Le commissaire recommande que l’Agence de la santé publique du Canada et la Gendarmerie royale du Canada démontrent, d’ici au 30 novembre 2009, qu’elles ont discuté des implications de leurs obligations en matière de langues officielles avec leurs homologues aux échelons provincial et local afin de veiller à ce que la dualité linguistique du Canada soit prise en compte de manière adéquate dans la coordination des interventions en matière de santé et de sécurité aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver.

Recommandation 11
Le commissaire recommande que toutes les institutions mentionnées dans le présent rapport de suivi, y compris Patrimoine canadien, l’informent, au plus tard au 30 juin 2010, des résultats de l’évaluation de leur rendement respectif au chapitre des langues officielles durant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, et qu’elles lui fassent aussi part de leurs expériences positives et des leçons apprises.