ARCHIVÉE - Hamilton, le 5 février 2009

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Notes pour une allocution au dîner-causerie du
Regroupement des intervenants francophones de Hamilton


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je tiens premièrement à remercier le Regroupement des intervenants francophones de Hamilton de m’avoir invité à vous rencontrer aujourd’hui. Il me fait toujours grand plaisir de pouvoir rencontrer ceux et celles qui font bouger les choses dans une des nombreuses communautés de langue officielle florissantes du pays, ainsi que leurs alliés gouvernementaux.

Certains le savent, cette année, nous célébrons le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Le Commissariat aux langues officielles profite de cette occasion pour passer en revue les 40 dernières années, afin de mieux s’orienter vers l’avenir. Beaucoup de progrès ont été réalisés au cours de cette période, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire.

Ici, en Ontario, les francophones sont présents depuis maintenant 400 ans. Ils ont contribué à façonner le visage de la province. Au fil des ans, cette population a connu des moments tant glorieux que difficiles, et l’expérience de votre communauté à l’heure actuelle n’est pas différente à ce point de vue. Les défis restent nombreux, les enjeux importants.

Mise au point

Depuis l’adoption de la Loi sur les langues officielles, en 1969, beaucoup de progrès ont été accomplis pour faire avancer la cause des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Entre autres, la Loi, appuyée en 1981 par la Charte canadienne des droits et libertés, a permis la multiplication d’écoles francophones ailleurs qu’au Québec ainsi que leur gestion par la communauté francophone.

La Loi a également obligé le gouvernement de fournir des services dans les deux langues officielles dans des milliers de points de service, d’un bout à l’autre du pays. Quant aux employés du gouvernement, ils peuvent maintenant travailler dans la langue de leur choix dans certaines régions désignées du pays. En Ontario, cela s’applique dans les communautés de l’Est et du Nord, mais pas encore actuellement à Hamilton ni à Toronto.

D’autant plus, la Loi a permis de renforcer la dualité linguistique comme valeur fondamentale du Canada, menant ainsi à une plus grande acceptation de la diversité linguistique du pays. Il n’est pas rare de voir une loi changer les comportements des citoyens, mais peu de lois ont autant marqué un changement d’attitude ou permis l’affirmation de valeurs nationales profondes. C’est l’une des réussites de la Loi sur les langues officielles et des débats qui ont entouré son application.

Situation particulière de Hamilton

Ici, à Hamilton, votre situation ne peut se comparer aux grands centres francophones comme Sudbury et Ottawa. Vos défis vous sont propres.

Hier, j’ai participé à des ateliers offerts par Citoyenneté et Immigration Canada à Toronto, où j’ai abordé la question des nouveaux arrivants francophones. Dans la région du Grand Toronto, les nouveaux arrivants constituent une forte proportion de la population francophone. Le portrait est probablement légèrement différent ici, à Hamilton, mais il ne fait aucun doute que la francophonie ontarienne continue à se diversifier.

Bien sûr, il s’agit d’un phénomène assez récent dont nos communautés francophones ne prennent pleinement conscience que depuis peu. Je continue de souligner que ces nouveaux arrivants contribuent à la croissance de vos communautés et cherchent à s’y intégrer. Malheureusement, à leur arrivée au pays, ils ne sont pas toujours au courant que des communautés francophones comme la vôtre existent et sont là pour les accueillir et les appuyer.

À l’atelier d’hier, j’ai continué de souligner la responsabilité de tous les ordres de gouvernement où les employés constituent les premiers points de contact pour ces nouveaux arrivants d’informer ces derniers de l’existence de vos communautés et des services que vous mettez à leur disposition. Mais ce qui est d’autant plus important, c’est de leur rappeler qu’ils peuvent choisir de vivre en français peu importe où ils s’installent dans notre grand pays. J’ai également profité de cette occasion pour rappeler aux représentants gouvernementaux qui étaient présents qu’ils doivent faire davantage pour soutenir les communautés, notamment les informer des services d’accueil et d’intégration en français.

Ce matin, j’ai eu l’occasion de discuter avec des représentants du Centre de santé communautaire Hamilton/Niagara, du Collège Boréal de Hamilton, de l’Association canadienne-française de l’Ontario-Hamilton et du Centre français.

Nous avons parlé longuement du vouloir de votre communauté d’établir un centre multiservice. Je sais que les embûches ont été nombreuses, mais je vous encourage à continuer de travailler avec les ordres de gouvernement concernés et à continuer de bâtir votre plan de travail. Je suis convaincu que vous y arriverez.

Importance de l’éducation

Bien sûr, en plus de la prestation de services, je tiens également à mettre l’emphase sur l’importance de l’éducation en français à tous les niveaux, et ce, tant pour les Canadiens de souche que pour les nouveaux arrivants dans votre communauté.

Tous les francophones devraient avoir accès à une éducation de qualité dans leur langue du niveau élémentaire jusqu’au niveau postsecondaire.

Dès les premières années d’éducation, les enfants doivent également ressentir qu’ils appartiennent à la communauté. Pour ce faire, nous devons trouver les moyens d’intégrer dans le programme d’enseignement les différentes cultures et traditions qui composent la francophonie d’aujourd’hui. En outre, les enseignants doivent valoriser les différences culturelles représentées par leurs élèves, tout en leur rappelant leur point commun, soit celui de la langue française.

Lorsqu’on parle d’une francophonie diversifiée, celle-ci inclut également les gens de toutes les origines qui choisissent d’inclure comme langue seconde la langue française dans leur vie.

Malgré nos efforts, le taux de bilinguisme chez les jeunes a tendance à diminuer vers l’âge universitaire. Il est donc essentiel que les universités reconnaissent davantage l’importance de l’apprentissage dans nos deux langues officielles.

Pour appuyer les jeunes Canadiens et Canadiennes qui désirent poursuivre leurs études en français, le Commissariat aux langues officielles entreprend actuellement une étude des occasions d’apprentissage en français actuellement offertes dans les universités canadiennes. Cette étude a pour but de nous donner une meilleure connaissance des programmes d’enseignement offerts. De plus, l’étude servira d’outil aux communautés francophones du Canada, plus particulièrement leurs jeunes, afin de leur permettre de connaître les établissements postsecondaires qui peuvent répondre à leurs besoins d’apprentissage en français.

Conclusion

Je suis très encouragé par les progrès qui se sont réalisés au sein de votre communauté, progrès que je suis en mesure de constater durant ma visite. Hamilton se voit aujourd’hui dotée de plusieurs outils pouvant servir ses citoyens francophones, qu’ils soient Canadiens de souche ou qu’ils proviennent de l’immigration.

Je sais que la route menant à l’atteinte de vos objectifs peut parfois vous paraître longue et ardue, mais je vous assure que le résultat final en vaudra toute la peine. À cette fin, je vous encourage à communiquer avec vos concitoyens dans d’autres centres francophones du Canada pour discuter avec eux des défis qu’ils ont eu à relever, et aussi de leurs belles réussites. Vous verrez que vous n’êtes pas seuls dans les efforts que vous déployez pour l’épanouissement de nos communautés en situation minoritaire.

En Ontario, vous avez également, depuis l’an dernier, un commissaire aux services en français comme allié. Mon ancien collègue, François Boileau, est à votre disposition pour vous appuyer dans le développement de vos communautés, ainsi que pour assurer un accès aux services en français aux francophones de la province.

Depuis quelque temps, je collabore de très près avec François, ainsi qu’avec le commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Michel Carrier. Cette collaboration est un atout réel pour nos communautés. En évitant le travail en silo, nous pouvons partager et échanger nos meilleures pratiques et œuvrer plus efficacement à l’épanouissement de nos confrères partout au pays.

Sachez également que le Commissariat aux langues officielles du Canada et notre équipe de Toronto sont aussi là pour vous appuyer. Ils constituent une source inégalée d’information.

Merci.