ARCHIVÉE - Ottawa, le 3 décembre 2009

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Notes pour une allocution au Forum sur les bonnes pratiques
en matière de langues officielles


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour. Good morning.

Plus tôt ce matin, vous avez eu la chance de connaître les bonnes pratiques en matière de langues officielles que vos homologues de divers ministères mettent en œuvre chez eux. Cet exercice est très important afin d’assurer l’innovation et le renouvellement de nos idées.

À titre de champions, de coordonnateurs ou d’intervenants en matière de langues officielles, vous avez à cœur que vos institutions reconnaissent la dualité linguistique comme une valeur et non une obligation, comme l’élément d’un service de qualité plutôt qu’un exercice bureaucratique.

Le défi est grand, mais seul un changement de culture au sein de la fonction publique aura une incidence réelle sur la situation actuelle. Comme Mme Décarie l’a indiqué dans sa présentation sur la vidéo de Parcs Canada sur l’offre active, le respect de nos deux langues officielles doit faire partie intégrante de l’offre de services de qualité à tous les Canadiennes et les Canadiens.

Le défi consiste à souscrire au principe des langues officielles, non pas strictement en raison d’une obligation légale, mais parce qu’il s’agit d’une question de valeurs et d’occasions à saisir. À titre d’exemple, l’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto, sous la direction de son président, Lloyd McCoomb, a transféré les responsabilités concernant les langues officielles de la direction générale chargée des relations gouvernementales au groupe s’occupant de « l’expérience de la clientèle ». Ce changement, qui peut sembler sans importance au premier abord, est énorme. Il signifie que l’offre de service dans les deux langues officielles est considérée comme un moyen de mieux servir les Canadiennes et les Canadiens plutôt qu’une manière de simplement apaiser un organisme de surveillance gouvernemental.

Période transitoire

En matière de langues officielles, la fonction publique traverse présentement une période transitoire. D’une part, les responsabilités anciennement détenues par l’Agence de la fonction publique du Canada dans ce domaine ont été transférées au Conseil du Trésor. D’autre part, le Bureau du dirigeant principal des ressources humaines du Conseil du Trésor a décidé d’appliquer la partie VIII de la Loi sur les langues officielles à la lettre, en délégant les pouvoirs aux responsables administratifs. Cela signifie que plusieurs des responsabilités autrefois assumées par l’Agence vous reviennent maintenant.

Et cela amène de nombreux défis. Pour le gouvernement, qui voit ses instruments de coordination et de surveillance affaiblis, mais surtout pour vos institutions, qui ont à développer l’expertise nécessaire pour agir avec confiance et vigueur dans le cadre de leurs nouvelles responsabilités.

Comment relever le défi? J’aimerais souligner quelques pistes.

D’abord, le partage de bonnes pratiques entre institutions devrait être considéré comme un élément crucial de votre stratégie de langues officielles. Des forums comme celui-ci seront particulièrement utiles, tant à l’échelle régionale que nationale.

Ensuite, il est encore plus important pour vous, et pour vos institutions, de travailler avec les communautés de langue officielle que vous servez. Mieux comprendre les besoins que votre institution pourrait pallier est évidemment nécessaire, mais il importe aussi pour vous de reconnaître que les bénéfices de cette relation sont bien souvent mutuels. Les groupes communautaires francophones ou anglophones peuvent souvent appuyer les institutions fédérales, notamment vous aider à maintenir et à améliorer les compétences linguistiques des fonctionnaires. Dans d’autres cas, ils peuvent vous aider à établir le contact avec une clientèle difficile à joindre par les moyens habituels, par exemple en milieu rural.

Il est également important de vous assurer de bien connaître les défis et les bonnes pratiques de vos institutions en discutant avec vos employés. Votre propre organisation renferme probablement un bassin d’expertise méconnu en langues officielles, composé d’employés dont le travail les amène à se concentrer sur d’autres préoccupations, mais qui seraient heureux d’offrir un coup de main si l’occasion leur était offerte.

Finalement, j’ai l’impression que les milieux de travail les plus faciles à mobiliser pour des initiatives en langues officielles sont ceux qui intègrent le bilinguisme au quotidien de façon visible, voire audible! Certaines organisations font cela en organisant des midis en français, des journées de langue seconde ou des programmes de jumelage, par exemple. L’important est d’offrir aux employés des occasions d’être en contact avec leur langue seconde de façon concrète.

Au cours des dernières semaines, j’ai traité de la plus récente étude du Commissariat sur l’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes. Dans le contexte de la fonction publique, il m’apparaît clair que, selon l’étude, les universités doivent intensifier leurs efforts pour que les diplômés qu’elles nous envoient, à la fonction publique, possèdent TOUTES les compétences de base lorsqu’ils se présentent à nous. Les compétences linguistiques sont tout aussi importantes que les études ou l’expérience de travail. Elles ne sont pas des atouts, elles sont essentielles.

Après la publication de l’étude, j’ai rencontré les dirigeants de plusieurs grandes universités. Je leur ai rappelé qu’au gouvernement fédéral – le plus important employeur du Canada – 40 p. 100 des postes requièrent le bilinguisme, y compris presque tous les postes de direction. Je leur ai également demandé de considérer le bilinguisme comme un atout professionnel de première importance dans un large éventail de domaines d’études, du droit jusqu’à l’administration publique, en passant par les sciences politiques et les communications.

Après avoir obtenu le bon type de soutien de la part des universités canadiennes, les nouveaux fonctionnaires qui se joignent à nous ne devraient avoir à faire qu’un dernier gros effort pour atteindre le niveau « C » convoité. Dans la mesure où nous leur donnons une avance sur le plan linguistique dès le début de leur carrière, les candidats talentueux seront beaucoup plus nombreux à remplir les conditions requises pour les postes de gestion, à mesure que ces derniers deviennent disponibles. En outre, il est beaucoup moins onéreux de faire suivre une formation à un jeune subalterne qu’à un cadre supérieur, qui aurait trouvé plus facile d’apprendre une langue 25 ans auparavant. Dès que les nouveaux employés ont acquis les compétences linguistiques visées, les institutions de la fonction publique doivent continuer de favoriser l’apprentissage linguistique et faire en sorte que tous les employés aient des possibilités en milieu de travail de conserver leurs compétences en langue seconde.

Innovation et leadership

La jeune génération devrait également constituer une source d’inspiration pour vous. C’est une génération qui veut être entendue et qui prend les mesures nécessaires pour y arriver. Les jeunes fonctionnaires fédéraux veulent faire une différence et, ce faisant, bon nombre d’entre eux démontrent leurs aptitudes en leadership.

Je vous encourage à les consulter pour obtenir des idées, des ressources et de l’appui. Leurs observations pourraient vous surprendre. En voici un bel exemple : Comme certains d’entre vous le savent, le Réseau des jeunes professionnels et professionnelles du Commissariat s’est penché sur la question de la langue de travail au cours de l’année dernière. Lors de la Conférence des champions des langues officielles à Kingston, l’été dernier, le Réseau a présenté les résultats de son premier forum sur la langue de travail, qui a réuni des jeunes fonctionnaires travaillant déjà dans le domaine des langues officielles. Bon nombre d’entre nous ont été surpris par les résultats et les opinions provenant de ce milieu. Le mois dernier, le Réseau a tenu un autre forum, d’une journée cette fois, qui a rassemblé des jeunes fonctionnaires qui ne travaillaient pas nécessairement dans le domaine des langues officielles, mais qui voulaient donner leurs points de vue sur la question. Je crois que le Réseau présentera une fois de plus aux champions des langues officielles des résultats préliminaires au cours d’une réunion en janvier.

Ces employés accomplissent de bon gré ce travail, avec l’intention de laisser leur empreinte sur la fonction publique fédérale et de la transformer pour qu’elle reflète véritablement leurs valeurs et les nôtres.

Des réseaux de jeunes professionnels s’établissent dans plusieurs institutions fédérales à travers le pays. Et, comme le réseau du Commissariat, ils sont nombreux à faire fi de l’aspect social et à utiliser leur réseau pour contribuer à l’élaboration des politiques et à la prise de décisions dans leurs institutions. Je vous incite vivement à appuyer cette pratique et à intégrer ces réseaux à la culture de votre institution.

Malgré le désir accru d’engagement de la nouvelle génération, les membres de la direction devront quand même continuer à faire preuve de leadership dans ce domaine. Ils doivent donner l’exemple à leurs employés et s’assurer que chacun se sente à l’aise de s’exprimer dans la langue officielle de son choix. À cet effet, le matériel et les séances d’information pour les nouveaux employés doivent intégrer les droits liés à la langue de travail. Selon moi, beaucoup trop d’employés comprennent mal leurs droits et leurs obligations en la matière.

Mon bureau travaille actuellement à une étude intitulée Le leadership au sein d’une fonction publique bilingue. Cette étude se penchera sur les comportements que doivent adopter les gestionnaires afin de promouvoir la dualité linguistique en milieu de travail, ainsi que sur les pratiques appropriées pour construire une fonction publique non seulement plus respectueuse mais aussi plus efficace, où chacun peut contribuer à son plein potentiel.

Cette étude s’inscrit dans une démarche qui vise un changement de culture organisationnelle, le plein respect par les institutions fédérales de leurs obligations en vertu de la partie V de la Loi sur les langues officielles et, ultimement, une fonction publique qui reflète bien la dualité linguistique canadienne.

L’étude vise à établir une série de bonnes pratiques, tant pour les gestionnaires que pour les employés, dans le but d’améliorer le milieu de travail pour les employés travaillant dans les régions désignées bilingues.

Je suis d’avis que cette étude servira d’outil important pour toutes les institutions assujetties à la Loi, et ce, afin de les appuyer dans leurs efforts pour mieux cerner leurs défis et les solutions durables.

Conclusion

Cette année, nous avons célébré le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Le temps est maintenant venu de tourner notre attention vers l’avenir afin de nous assurer que les 40 prochaines années connaîtront autant sinon plus de succès que les 40 dernières.

Notre pays a fait beaucoup de chemin en matière de respect des langues officielles et de dualité linguistique, valeur intrinsèque de notre identité canadienne. Mais le travail ne s’arrête pas là.

À mesure que notre pays évoluera, nous devrons faire face à des enjeux permanents comme la place de la diversité au sein de la dualité linguistique canadienne et le rôle du Canada dans l’économie mondiale d’aujourd’hui fondée sur le savoir. En tant que fonctionnaires, vous devez vous tenir au courant des tendances et des besoins actuels pour que la fonction publique suive le rythme par le biais de l’innovation et du renouvellement.

Dans deux mois à peine, tous les regards seront tournés vers notre pays alors que nous célébrerons les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Ce sera l’occasion de présenter la richesse de notre pays, sa diversité culturelle et sa dualité linguistique – et de montrer au monde entier comment les Canadiennes et les Canadiens sont unis par des valeurs communes.