ARCHIVÉE - Winnipeg, le 3 octobre 2009

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Notes pour une allocution à l’Assemblée générale
annuelle de Canadian Parents for French


Graham Fraser – Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour à tous.

Tout d’abord, je remercie Mme Lucian et Mme Davies de m’avoir invité à venir vous parler aujourd’hui. C’est un plaisir d’être ici.

Comme vous le savez, nous célébrons cette année le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Nous avons fait beaucoup de chemin depuis 1969, mais la route vers la dualité linguistique est encore très longue.

Depuis sa création en 1977 Canadian Parents for French (CPF) a fait beaucoup de chemin et eu un impact profond et durable sur le paysage linguistique de notre pays. Le Commissariat travaille en étroite collaboration avec l’organisation depuis ses débuts. CPF est un partenaire précieux dans le travail essentiel que nous faisons en matière d’apprentissage de la langue seconde et de promotion de la dualité linguistique dans toutes les régions du Canada.

Dans le tout premier numéro du bulletin CPF National News, un de mes prédécesseurs, Keith Spicer – le premier commissaire aux langues officielles – a écrit que les membres de CPF allaient exercer une influence considérable auprès des parents canadiens de demain en élargissant leurs horizons et en façonnant le Canada civilisé dont nous voulons tous qu’ils héritent1. Plus de 30 ans plus tard, je crois fermement que vous tous qui avez consacré du temps et de l’énergie à cette organisation et à sa mission avez atteint l’objectif que vous avait fixé le commissaire Spicer.

Les chiffres ne mentent pas. Les programmes de français langue seconde n’ont jamais connu autant de succès. Par exemple, plus de 300 000 de nos jeunes sont actuellement inscrits à des programmes d’immersion partout au pays et la demande pour ces programmes ne cesse de croître, en partie grâce à vos efforts de promotion et de soutien. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans l’Ouest, où la demande surpasse grandement la capacité des programmes d’immersion.

Bien entendu, votre travail exige des ressources aussi bien humaines que financières. En cette période de ralentissement économique, de nombreuses organisations comme la vôtre font face à des difficultés, ce qui ajoute de la pression pour faire plus avec moins.

Ce matin, alors que vous réfléchissez à l’année qui s’en vient, je vous invite à continuer d’envisager des approches nouvelles et novatrices pour relever ces défis.

Par l’intermédiaire du programme French for Life, vous avez déjà réussi à insuffler une nouvelle énergie dans les programmes de français langue seconde et vous avez créé un excellent outil pour les élèves, les parents et les enseignants. J’espère de tout mon cœur que le gouvernement fédéral reconnaîtra l’impact de ce genre de programme sur les compétences linguistiques de la population d’une province et qu’il lui accordera les fonds nécessaires pour lui permettre de rejoindre un plus grand nombre de gens encore.

Au cours de la prochaine année, je vous encourage également à établir de nouveaux partenariats avec la communauté francophone locale, ses écoles, ses organisations et ses dirigeants. En effet, le Manitoba compte une communauté francophone très vivante et engagée, particulièrement ici à Winnipeg.

On constate les résultats de ces partenariats partout au pays. Des activités comme Francofièvre et Mini francofièvre en Saskatchewan rassemblent les jeunes francophones, qu’ils proviennent des programmes d’immersion ou de la communauté francophone. On me dit souvent que des activités de ce genre sont organisées en Ontario et au Nouveau‑Brunswick, parce qu’on y retrouve davantage de communautés francophones, mais qu’elles ne peuvent réussir dans l’Ouest. Or, le contraire a été prouvé au fil des ans. Les communautés francophones de l’Ouest canadien, bien que plus éloignées les unes des autres, sont tout aussi enthousiastes à l’idée de partager avec d’autres leur amour de la culture et de la vie françaises. Un autre bon exemple de partenariats est Le français pour l’avenir et les forums annuels qu’il organise dans de grandes villes du pays, y compris ici même à Winnipeg.

En rassemblant nos jeunes, nous leur apprenons à connaître les communautés francophones locales du Canada et leur démontrons que le français est bien vivant à l’extérieur du Québec; qu’il est possible d’utiliser le français, de le vivre, d’en faire l’expérience et de l’apprécier partout au pays. Nous leur permettons également de jeter des ponts entre les communautés majoritaires et minoritaires, et, nous l’espérons, de créer des liens de toute une vie.

Avec votre soutien, nos jeunes au Manitoba, et leurs parents, continueront de reconnaître les avantages du français comme langue seconde et de participer à notre dialogue national, qui se déroule dans les deux langues officielles.

Dans l’économie mondiale actuelle, nos jeunes de plus en plus bilingues seront mieux équipés que leurs pairs unilingues pour faire face aux exigences linguistiques d’un milieu de travail cosmopolite. Il n’y a plus que la fonction publique qui soit à la recherche d’employés bilingues et polyglottes. Les entreprises du secteur privé, qui font désormais des affaires partout dans le monde, considéreront de plus en plus les candidats qui connaissent deux, trois et même quatre langues comme un atout indispensable pour leurs équipes.

Mais il reste un défi de taille à relever. Lorsque nos jeunes entrent au collège ou à l’université, il peut être plus difficile d’étudier une langue seconde selon la région. C’est une question sur laquelle se penche de près le Commissariat et une étude sur le sujet sera publiée vers la fin du mois. À la fin du mois, sur notre site Web, vous trouverez un merveilleux nouvel outil interactif qui aidera les élèves, les parents et les organisations comme CPF à repérer les universités de leur région qui offrent des programmes en français.

Comme vous suivez ces élèves durant leurs années de formation, j’espère que nous pourrons continuer de collaborer étroitement et trouver des façons de les encourager à poursuivre l’apprentissage de leur langue seconde. J’espère aussi que nous pouvons compter sur votre appui pour inciter les universités et les collèges à offrir à ces élèves les mêmes possibilités pour leur permettre de poursuivre leurs études postsecondaires en français.

Je suppose que vos discussions d’aujourd’hui porteront sur vos ressources, qu’il s’agisse de financement ou de main‑d’œuvre, et je comprends vos difficultés. Par l’intermédiaire du réseau de CPF, je rencontre des gens passionnés et talentueux. Je constate aussi qu’ils sont lassés et inquiets à l’idée que leur travail pourrait être compromis en raison d’une insuffisance de fonds ou d’un financement tardif.

Les résultats de votre travail se mesurent sur plusieurs années, voire des décennies. Il a fallu des investissements et des efforts continus pour atteindre vos réalisations à ce jour. Mais il faudra peut-être redoubler d’efforts pour continuer, innover et s’adapter. Dans ce contexte, CPF doit pouvoir compter sur un soutien adéquat et pluriannuel du gouvernement canadien pour atteindre et même dépasser son objectif. Il peut être utile de rappeler au gouvernement qu’un grand nombre des objectifs de CPF sont aussi ceux que le gouvernement s’est lui‑même fixés, que ce soit dans la Feuille de route pour la dualité linguistique ou dans le cadre des programmes de Patrimoine canadien.

Cette situation nous touche tous. Je ne veux pas dire seulement vous et moi, mais bien l’ensemble de la société canadienne. Comme l’a dit ma prédécesseure, Dyane Adam, les langues officielles doivent devenir un patrimoine collectif; cette responsabilité n’incombe pas seulement aux francophones et aux minorités. Le travail que vous faites, à titre de bénévoles et d’employés de Canadian Parents for French, contribue aussi grandement à l’atteinte de cet objectif.

Merci.



1. Keith Spicer, « Strasbourg Goose Syndrome? » dans Canadian Parents for French, CPF National News, 1er numéro, Juin 1977, http://www.cpf.ca/eng/pdf/CPF_National_News_Issue_1.pdfSite externe (en anglais seulement)