ARCHIVÉE - Infoaction – Été-automne 2000 – Volume 6, no 2

AvertissementLa Norme sur la facilité d'emploi des sites Web remplace ce contenu. Cette page Web a été archivée parce que les Normes sur la normalisation des sites Internet 2.0 ont étés annulées.

Contenu archivé

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

 



TABLE DES MATIÈRES

  1. Quelle langue parle le sport?
  2. Un jeune fonctionnaire… en route
  3. Air Canada et ses obligations linguistiques
  4. Rencontre internationale
  5. Guide indispensable
  6. Apprendre une langue seconde? C’est « super! »
  7. Plainte et heureux dénouement
  8. Une aventure à trois dimensions
  9. Lettre à la ministre du Patrimoine canadien
  10. Un message au monde municipal
  11. Grand-maman Net nous écrit
  12. Quelques mots de la fin

 

Déjà un an que je suis entrée en poste comme Commissaire aux langues officielles. Dans mon vocabulaire quotidien,quelques expressions ont été omniprésentes au cours de ces derniers 365 jours : « défi », « agent de changement », « transformation », « vision ».

   La liste ne s’arrête pas là toutefois. Ces quelques mots m’ont été un leitmotiv qui nous ont incités, moi et mon équipe du Commissariat, à réorienter nos efforts afin de devenir toujours plus de véritables agents de changement. Dès les premiers jours de mon mandat, j’ai mistout en oeuvre pour réussir à créer un réel « impact », à faire une différence. C’est ce que j’ai souhaité et ce que je vise comme objectif prioritaire, dans le but d’alimenter une vision renouvelée de la dualité linguistique canadienne.

   Avec mon équipe, nous avons initié une activité commune qui contribuera à faire en sorte que la Loi sur les langues officielles fasse partie inhérente de la culture de chacune des institutions fédérales. Défi de taille, j’en conviens. Le 29e rapport annuel de la Commissaire aux langues officielles vient de paraître. Il traite de façon plus détaillée des problèmes et des enjeux qui ont retenu mon attention et il met en relief les changements et les résultats obtenus à la suite de nos actions.

   Sans faire le bilan de cette première année, j’aimerais partager avec les lecteurs et lectrices d’INFOACTION quelques faits et gestes susceptibles de les intéresser. Tout le personnel du Commissariat, autant celui d’Ottawa que celui de nos cinq bureaux régionaux, ont participé à un exercice de réflexion qui nous a permis de repenser notre mission, notre mandat et nos objectifs en termes mieux adaptés au Canada du XXXIe siècle. L’exercice se poursuit de façon continue. Nous sommes à prendre les mesures voulues pour créer un climat de travail des plus modernes qui favorisera l’utilisation optimale de nos ressources. Un projet de plus longue durée transformera notre milieu de travail en le plaçant à la fine pointe de la nouvelle technologie, afin de mieux desservir le public canadien.

   Travailler avec les élus parlementaires et avec les fonctionnaires qui occupent des postes décisionnels m’est apparu dès le début comme une activité absolument essentielle. Au cours de la dernière année, j’ai rencontré 57 politiciens et sous-ministres et j’ai comparu 4 fois devant divers comités parlementaires. Avec eux, j’ai discuté de mesures concrètes aptes à faciliter des changements reliés à l’application de la Loi sur les langues officielles. Tout en jouant un rôle de « chien de garde », il est temps, me semble-t-il, d’agir davantage comme agent de changement afin que la Loi fasse véritablement partie de la culture des institutions fédérales. Nos communications avec ces organismes n’ont pas diminué puisque les interventions administratives auprès de divers ministères et agences représentent 230 lettres, 960 préavis lors d’enquêtes et 159 notes de breffage, sans compter les nombreuses rencontres et réunions.

   La consultation nationale que j’ai menée auprès des Canadiens et des Canadiennes a certes été un temps fort de cette première année. En collaboration avec nos bureaux régionaux, j’ai tenu 24 sessions en langue française dans 20 villes canadiennes où j’ai rencontré 288 participants francophones. J’ai aussi consulté 264 personnes de langue anglaise au cours de 22 sessions. La consultation se poursuivra au cours de l’automne. Cet exercice créera certes une différence!

   Être en communication constante avec le public canadien s’impose si on veut engendrer des changements. Depuis les mois de juillet et août 1999, j’ai participé à plus de 200 interventions médiatiques; 35 lettres ont été publiées dans les journaux. Les médias ont fait état du Commissariat à plus de 700 reprises. J’ai également prononcé une trentaine d’allocutions et de discours devant des politiciens, des gestionnaires fédéraux et des organismes communautaires. Voilà autant d’occasions qui me permettent d’être à l’écoute des Canadiens et des Canadiennes et de partager ma vision avec eux. En améliorant sans cesse son site Internet, le Commissariat multiplie ses communications avec chacun et chacune d’entre vous.

   Ces premiers 365 jours ont été un heureux et fructueux prélude à mon mandat. Au cours des six prochaines années, j’ai la ferme intention de continuer à travailler ardemment avec les communautés de langue officielle et avec les institutions fédérales afin d’assurer à la dualité linguistique la place et le respect qui lui sont dus.


 

QUELLE LANGUE PARLE LE SPORT?

Le 14 juin, Mme Dyane Adam a publié une étude spéciale en deux volumes intitulée Les langues officielles dans le système sportif canadien. Cette vaste analyse du système du sport de haut niveau porte principalement sur les chances qu’ont les athlètes canadiens d’atteindre les hauts échelons de leur sport dans la langue officielle de leur choix.

   Comme INFOACTION vous en informait dans son dernier numéro, l’étude effectuée de septembre 1999 à avril 2000, reposait sur les méthodes suivantes :

  1. plus d’une centaine de rencontres avec des représentants de Sport Canada, d’organismes nationaux de sport, d’organismes multisports et de centres nationaux du sport (Calgary, Winnipeg et Montréal), ainsi qu’avec des représentants du milieu universitaire, des entraîneurs et des athlètes;

  2. un sondage mené auprès d’athlètes francophones et anglophones qui reçoivent une aide financière du gouvernement fédéral, dans le but de sonder leurs attitudes, leurs valeurs et leurs expériences sur le plan du sport en général et sur l’emploi des langues officielles dans le sport. Le Commissariat a reçu des réponses de 107 athlètes anglophones et de 118 athlètes francophones.

   L’étude ne manque pas de souligner que, sur le plan linguistique, le système sportif a fait des progrès à plusieurs égards au cours des dernières années, mais il reste beaucoup de pain sur la planche. Comme l’a fait remarquer la Commissaire à plus d’une reprise : « Il y a encore du chemin à faire avant que le système sportif ne reflète pleinement la dualité linguistique. »

   L’étude démontre que le symptôme le plus évident de l’inégalité des deux langues officielles dans le système sportif est le fait que, bien qu’un Canadien sur quatre parle français (25 p. 100), moins d’un athlète de haut niveau sur cinq (18 p. 100) est francophone et leur présence se limite à quelques sports. À ce sujet, Mme Adam a déclaré que « la langue ne peut pas expliquer à elle seule cette situation, mais si l’on élimine les obstacles linguistiques à la participation au sport, on fait déjà un important premier pas en vue de s’assurer que les athlètes francophones et anglophones sont sur un pied d’égalité pour participer aux équipes canadiennes de sport de haut niveau ».

   Sans dresser la liste des diverses difficultés encourues par les athlètes francophones, qu’il nous suffise de mentionner la difficile transition entre le statut d’athlète d’élite provincial à celui de membre d’une équipe nationale, ainsi que l’incapacité de plusieurs organismes nationaux de sport à fournir des services adéquats en français.

   Plusieurs athlètes ont indiqué à la Commissaire que le sport l’emportait sur les questions linguistiques. Certains d’entre eux ont parlé de sentiments de confusion et de frustration face à la nécessité d’apprendre à fonctionner pour la première fois dans un milieu sportif exclusivement anglophone.

   En revanche, sur une note plus encourageante, les athlètes font preuve d’une compréhension et d’un respect profonds à l’égard du groupe parlant l’autre langue officielle. Cette constatation fait ressortir la contribution que pourrait apporter le sport à l’unité nationale.

   Les 16 recommandations formulées dans l’étude sont adressées à Sport Canada parce qu’il est le seul organisme du système du sport assujetti à la Loi sur les langues officielles. En conclusion, Mme Adam a rappelé aux instances concernées que « les athlètes canadiens ne devraient pas avoir à s’adapter aux lacunes linguistiques du système sportif. Pour s’assurer que tous les athlètes peuvent concourir sur un pied d’égalité, Sport Canada et ses partenaires doivent s’efforcer d’établir un système sportif qui reflète pleinement la dualité linguistique canadienne ».


 

UN JEUNE FONCTIONNAIRE… EN ROUTE

INFOACTION a rencontré pour vous un jeune fonctionnaire fédéral qui se sent aussi à l’aise au sein d’un groupe d’élèves que dans son bureau.

   Stéphane Obadia a vécu toute sa jeune vie à Montréal. Depuis deux ans, il occupe un poste au bureau régional du Commissariat aux langues officielles à Montréal. À peine entré en fonction, Eva Ludvig, représentante du Commissaire au Québec, lui soumettait une idée intéressante. Il n’en fallait pas plus pour que Stéphane s’engage dans une merveilleuse aventure. Mme Ludvig lui avait demandé d’élaborer les grandes lignes d’un projet éducatif à l’intention des étudiants du secondaire, dans le but de les inciter à apprendre l’anglais, leur seconde langue officielle.

   Après avoir consulté professeurs, conseillers pédagogiques et associations professionnelles, Stéphane était prêt à réaliser un projet qu’il intitula : « Deux langues, un monde d’opportunités ». Les objectifs visés : 1) présenter aux élèves les principaux avantages d’une seconde langue; 2) les motiver à connaître et à parler le français et l’anglais; 3) retracer l’évolution historique des langues officielles au Canada.

   À partir de ces objectifs et ayant en tête la psychologie des élèves du secondaire, Stéphane aborda le projet non pas comme un cours magistral mais plutôt comme un atelier interactif.

   Tout d’abord, il présente aux élèves un document audiovisuel auquel ont participé plusieurs célébrités canadiennes, dont un joueur des Alouettes, des artistes bien connus des jeunes, des animateurs de Musique Plus et de Much Music, des experts du domaine de la cyber-technologie, une étoile du monde du hockey, un agent de la station spatiale internationale, etc. Ces derniers, auxquels les étudiants s’identifient aisément, expriment ce que leur vaut le bilinguisme, autant dans leur vie personnelle que dans leurs activités professionnelles. Cette présentation audiovisuelle a pour effet de briser la glace, en facilitant un échange avec Stéphane qui anime l’atelier. Il s’ensuit une discussion sur les avantages de connaître les deux langues officielles du Canada.

   La dimension historique de l’expérience occupe une place importante dans l’atelier. Stéphane a eu la bonne idée de l’inclure à partir d’un jeu questionnaire auquel les élèves participent en équipe. Par le jeu, ils ont l’occasion de se familiariser avec l’aspect historique de l’évolution des langues officielles ainsi que des communautés qui les parlent au Canada. La correction du jeu se déroule sur place et engendre chaque fois un échange d’idées et d’opinions. Enfin, une évaluation des plus animées clôture l’expérience. L’animateur invite les élèves à participer à un concours écrit portant sur le contenu de l’atelier. Ce concours a suscité beaucoup d’intérêt.

   Étant donné que Stéphane avait présenté le contenu et le déroulement de l’atelier à des professeurs lors d’un congrès pédagogique, les demandes ne tardèrent pas à affluer au bureau régional. Le projet d’une durée de 8 semaines a donné à 4 000 élèves du secondaire et du pré-secondaire l’occasion de participer à l’un des 144 ateliers animés par Stéphane dans 15 écoles situées dans 14 villes et villages du Québec, plus précisément dans les régions des Bois-Francs, de la Mauricie, de Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Fort malheureusement, Stéphane s’est vu dans l’obligation de refuser une multitude d’invitations. C’est donc dire que le contenu de l’atelier répond à un besoin.

   INFOACTION a demandé à Stéphane Obadia ce que cette expérience lui avait apporté, ce qu’elle lui avait appris. Tout d’abord, il s’est dit très satisfait d’avoir atteint les objectifs visés. En plus de communiquer des connaissances aux élèves et de les faire réfléchir, il s’est rendu compte qu’il avait piqué leur curiosité et surtout qu’il avait un peu nourri leurs rêves. Stéphane a noté que ces jeunes rêvent de connaître leur pays et le monde, ils veulent voyager à tout prix. Au cours de l’atelier, ils ont découvert que la connaissance des deux langues officielles du Canada, c’est un passeport pour découvrir le monde entier.

   Stéphane a été particulièrement frappé par l’ouverture d’esprit de ces jeunes avides d’apprendre une seconde langue officielle. Ils étaient aussi avides et curieux de mieux connaître les autres jeunes du pays qui, à l’extérieur du Québec, parlent le français. Au cours des 144 ateliers, il n’a pas rencontré un seul élève qui s’opposait à l’apprentissage de l’anglais, langue seconde.

   Stéphane Obadia est un fonctionnaire qui croit en ce qu’il fait, qui désire communiquer le goût de la connaissance et de le faire de façon rafraîchissante, donnant aux élèves toute la place qui leur revient. Par conséquent, il ne faut pas s’étonner que le projet qu’il a si bien mené ait connu un tel succès.

   Les demandes continuent d’affluer au bureau régional du Commissariat et cette fois, les écoles de langue anglaise du Québec invitent Stéphane Obadia à partager son rêve d’un pays riche de deux langues officielles.

   « Deux langues, un monde d’opportunités », il vous suffira de rencontrer Stéphane Obadia pour le comprendre. Et ce sera fort agréable, croyez-nous !


 

AIR CANADA ET SES OBLIGATIONS LINGUISTIQUES

NOTE DE LA RÉDACTION : La nouvelle loifédérale sur le transport aérien est entrée en vigueur le 5 juillet dernier. La Commissaire aux langues officielles a suivi de très près le déroulement du projet de loi C-26, comme en témoigne l’article suivant..

   La Commissaire aux langues officielles s’est intéressée au plus haut point au projet de loi C-26 qui vise la restructuration de l’industrie aérienne canadienne. On sait que ce projet de loi devait clarifier les obligations d’Air Canada, de ses filiales et des transporteurs régionaux en ce qui a trait à l’application de la Loi sur les langues officielles.

   Comme ses prédécesseurs, Mme Adam a fortement insisté afin qu’Air Canada respecte ses obligations en ce qui a trait à l’application de la Loi. Le public canadien le lui demandait en quelque sorte puisqu’au cours des dernières années, le Commissariat a reçu plus de 1 000 plaintes contre Air Canada, dont 400 contre ses transporteurs régionaux.

   Dans son dernier numéro (Printemps 2000, p. 8) INFOACTION vous a présenté un résumé des démarches de la Commissaire auprès des principales instances gouvernementales concernées.

   Le 7 juin dernier, Mme Adam a comparu devant les membres du Comité sénatorial permanent sur les transports et les communications. Dans son allocution, elle a mentionné avoir pris connaissance avec plaisir de la décision du gouvernement fédéral de réaffirmer les obligations linquistiques d’Air Canada et de clarifier celles se rapportant à ses transporteurs aériens. Elle a aussi démontré que les obligations linguistiques d’Air Canada se fondent sur la Loi sur les langues offcicielles et sur l’article 16, paragraphe 3 de la Loi constitutionnelle de 1982 (progression vers l’égalité du français et de l’anglais). Elle a ajouté :

   « C’est également dans ce contexte qu’il faut aborder les inquiétudes bien réelles et légitimes qui ont été exprimées publiquement, notamment par l’Association des gens de l’air du Québec, et les nouvelles suggestions qui sont faites de bonifier davantage les dispositions linguistiques du projet de loi en incluant des modalités touchant l’utilisation du français et de l’anglais comme langues de travail ainsi que la participation équitable des Canadiens d’expression française et d’expression anglaise. »

   Mme Adam a vigoureusement incité Air Canada à améliorer son piètre rendement par rapport à l’application de la Loi sur les langues officielles. Voici en quels termes elle a peint la situation :

   « Air Canada a souvent été à la tête du palmarès des plaintes au cours des trente dernières années. Nous continuons encore d’enquêter sur de nombreuses questions de service au public ainsi que sur des plaintes au sujet de la langue de travail et de participation. Pour ce qui est de ses transporteurs régionaux et de ses filiales actuelles, nous disposons pour l’instant de très peu de renseignements sur la situation linguistique de leur personnel. Pour bien gérer, il est indispensable de pouvoir compter sur des données complètes et fiables, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. »

   En d’autres mots, la Commissaire souhaite qu’Air Canada change d’attitude et s’acquitte désormais de ses obligations linguistiques de façon proactive. Par ailleurs, elle s’est dite ravie, au moment de sa comparution, de constater que les membres du Comité sénatorial permanent sur les transports et les communications prennent le temps d’étudier le projet de loi C-26 en profondeur.

    Les centaines de plaintes déposées par le public canadien ont servi de preuves tangibles qui ont illustré qu’Air Canada n’assumait pas ses responsabilités linguistiques. Le Parlement a bien entendu la voix du public canadien. Il a imposé au transporteur aérien le plus important du pays des obligations qui seront partagées par ses transporteurs régionaux Air Nova, Air Alliance et Air Ontario.

   En cette période de transition, le public canadien se doit d’être vigilant en insistant plus que jamais afin que ses droits linguistiques soient respectés. La Commissaire invite tous les utilisateurs d’Air Canada et de ses transporteurs régionaux à communiquer avec elle s’ils jugent que leurs droits linguistiques n’ont pas été respectés.


 

RENCONTRE INTERNATIONALE

Le 30 juin 2000, la Commissaire a participé à une rencontre internationale à Montpellier (France) qui regroupait quelques centaines de juristes d’expression française. À cette occasion, Mme Adam a prononcé une conférence intitulée « Les droits linguistiques et les droits de la personne au Canada : des valeurs convergentes »

   Mme Adam a démontré comment le modèle canadien d’aménagement linguistique combine les avantages des diverses solutions retenues en Europe, tout en prenant avec le temps une coloration bien canadienne. Elle a expliqué l’originalité du modèle canadien, soit l’association que les Canadiens et les Canadiennes font de plus en plus entre le concept des « droits linguistiques » et celui des « droits de la personne ». Elle a illustré ce fait en évoquant le statut d’égalité dont jouissent les langues officielles dans la Charte canadienne des droits et libertés. Elle a fait état des progrès importants réalisés au Canada depuis trente ans en matière de reconnaissance formelle et pratique des droits linguistiques. À son avis, les citoyens du Canada demeurent convaincus que les meilleures perspectives d’avenir en matière de droits linguistiques se trouvent dans le parachèvement du système législatif et juridique actuel.

   La Commissaire a fait remarquer aux participants de cette rencontre internationale que les Canadiens et les Canadiennes estiment que la symbiose entre deux langues officielles et de nombreuses cultures enrichit le Canada tout en lui procurant, dans le concert des nations, un statut qu’il n’aurait pas autrement.

   En conclusion, Mme Adam a précisé que le modèle canadien d’aménagement linguistique, pas plus d’ailleurs que le modèle belge, suisse, espagnol ou finlandais, n’est pas un modèle exportable. Il en revient à chaque pays de créer le modèle le plus apte à respecter les droits linguistiques de ses citoyens et citoyennes.


 

GUIDE INDISPENSABLE

Le Canada n’échappe pas aux grands courants mondiaux qui font subir aux organismes publics et privés de profondes transformations qui modifient les rapports entre l’État et la population.

   Au cours des dernières années, le gouvernement canadien a adopté diverses mesures pour moderniser et rationaliser la prestation des services au public. Ces mesures ont des répercussions importantes sur les services offerts aux Canadiens et aux Canadiennes vivant en situation minoritaire.

   Plus d’une fois déjà, INFOACTION a traité des modalités adoptées à cet égard qui ont donné lieu à de nouvelles formes de collaboration entre le gouvernement fédéral et les communautés de langue officielle.

   Le 16 juin dernier, la Commissaire aux langues officielles a rendu publique une étude intitulée, Collaboration entre l’État et les communautés : nouvelles modalités pour la prestation de services.

   Pourquoi cette étude est-elle particulièrement importante? Pour la bonne raison qu’elle établit des principes devant guider la mise en oeuvre de partenariats pour la prestation de certains services gouvernementaux par les groupes de la communauté linguistique minoritaire.

   L’étude est également importante parce qu’elle est fondée sur trois cas types de collaboration :

  • le modèle de l’Association canadienne-française de l’Ontario, régionale de London-Sarnia, qui a signé une entente avec le ministère du Développement des ressources humaines du Canada pour la prestation des services d’emploi à la communauté francophone de la région;

  • le modèle Éducacentre en Colombie-Britannique, qui offre un éventail de programmes de formation à l’emploi en français;

  • le modèle du Comité national de développement des ressources humaines de la francophonie canadienne, dont les services sont d’envergure nationale et qui travaille de près avec les Regroupements de développement économique et d’emploi dans les provinces.

   Selon Mme Adam, ces trois cas types semblent présenter des modèles qui permettent d’offrir à la minorité linguistique un service égal à celui offert à la majorité. L’étude énumère un certain nombre de principes qui doivent régir des ententes qui contribueront indubitablement à l’épanouissement des communautés de langue officielle.

    L’étude formule aussi une série de recommandations à l’intention des groupes communautaires et des institutions fédérales pour les aider à bien encadrer ces nouvelles modalités de collaboration.

   L’une des recommandations les plus pertinentes porte sur la planification et le non-renouvellement d’une modalité de collaboration. La Commissaire entend veiller de très près à la mise en oeuvre de cette recommandation de première importance, qui se lit comme suit :

« Les institutions fédérales en cause doivent veiller à ce que toute modalité de collaboration par laquelle un groupe communautaire assure, directement ou par sous-traitance, la prestation d’un service gouvernemental fasse l’objet d’une planification pluriannuelle et soit régie par un cadre cohérent et une stratégie ministérielle réfléchie favorisant l’épanouissement des communautés visées. Elles doivent aussi prévoir une période de transition raisonnable dans le cas du non-renouvellement d’une modalité de collaboration. Dans ce cas, l’institution fédérale doit également établir des mécanismes appropriés de réintégration des services qui favorisent la progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais. »

   Mme Adam souhaite que les communautés soient saisies de cette recommandation qui les guidera dans leurs divers projets de collaboration avec les institutions fédérales.

   En rendant l’étude publique, Mme Adam a déclaré :

« J’ose espérer que ce document deviendra un guide indispensable pour s’assurer que ces nouvelles façons d’offrir des services gouvernementaux respectent la Loi sur les langues officielles et favorisent véritablement l’épanouissement des communautés. »

L’étude est affichée sur ce site.


 

APPRENDRE UNE LANGUE SECONDE?

C’EST « SUPER! »

Dans une école de Saint-Nicolas (Québec) qui porte le joli nom de Clair-Soleil, l’imagination et la créativité sont au coeur de la pédagogie, du moins quand il s’agit de l’apprentissage de l’anglais, langue seconde.

Le 11 juin dernier, le quotidien Le Soleil racontait la magnifique expérience d’un groupe d’élèves de cette école primaire qui en sont venus à clamer bien haut que « l’anglais, it’s not so boring ».

Pour motiver les élèves à devenir bilingues, la directrice Lucie Despatie, forte de l’appui des parents et de l’enthousiasme de son personnel, a sollicité l’aide de l’Université Laval et la contribution financière de la Commission scolaire des Navigateurs. Ainsi est né un projet collectif des plus vivants et des plus amusants, tout en étant fidèle à une pédagogie efficace.

Grâce à des stagiaires de l’Université Laval et à l’ingéniosité du personnel enseignant, les enfants de maternelle, de 1re, 2e et 3e années ont pu vivre deux semaines d’anglais intensif. Tout en s’amusant avec les couleurs, les formes, les mouvements, les chiffres et les animaux, les enfants se sont familiarisés avec l’anglais. Le midi, des activités parascolaires non obligatoires invitaient les enfants à des ateliers intitulés « happy lunch ».

Quant aux élèves des 4e, 5e et 6e années, ils ont eu droit à cinq périodes d’anglais au lieu de trois, pour la bonne raison que le projet émane du désir des parents et des enseignants; par conséquent, la commission scolaire paie le salaire supplémentaire du professeur d’anglais.

Ces périodes d’anglais n’avaient rien de traditionnel. Elles ont pris la forme de projets : on bricole des robots, on écrit des livres de recettes, on s’amuse sur Internet, on prépare des défilés de mode. Tout cela « all the way in English ».

En alliant le plaisir et la joie de la créativité, les enfants de l’école Clair-Soleil ont pris le goût de l’apprentissage d’une langue seconde, en l’occurrence l’une des deux langues officielles du Canada.

Apprendre une langue seconde, au dire des élèves de l’école Clair-Soleil : c’est SUPER!

Chapeau, école Clair-Soleil!


 

PLAINTE ET HEUREUX DÉNOUEMENT

BRAVO AU SOLLICITEUR GÉNÉRAL DU CANADA!

LE FAIT :

Le personnel de l’honorable Lawrence MacAuley, Solliciteur général du Canada et représentant de la circonscription de Cardigan à l’Île-du-Prince-Édouard, faisait paraître des annonces en anglais seulement dans la presse majoritaire. On ne trouvait pas l’équivalent dans le seul journal français de la province, La Voix acadienne.

   La Commissaire fut saisie de cette situation et de la déception au sein de la communauté francophone de l’Île.

   Mme Adam a soulevé la question auprès de M. MacAuley. Elle n’a pas manqué de lui préciser que dans l’accomplissement de ses fonctions de député, il n’est pas assujetti à la Loi sur les langues officielles. Elle a profité de l’occasion pour faire valoir les avantages d’utiliser La Voix acadienne, moyen unique de communication efficace en raison de sa forte pénétration dans les foyers francophones de la province.

RÉSULTAT :

Peu de temps après, on a pu constater que l’intervention de la Commissaire a connu des résultats très profitables. Les annonces du Solliciteur général ont été publiées dans La Voix acadienne, au grand plaisir de la communauté d’expression française de l’Île-du-Prince-Édouard.


 

UNE AVENTURE À TROIS DIMENSIONS

— GUICHETS UNIQUES —

Une aventure d’envergure, s’il en est une ! Née d’une initiative du gouvernement provincial du Manitoba, cette aventure assez unique en son genre n’a pas tardé à intéresser activement le gouvernement fédéral ainsi que quelques gouvernements municipaux. Le moteur de ce projet qui devient réalité : la ferme volonté politique des trois paliers de gouvernement d’assurer la livraison de services à la communauté franco-manitobaine dans la langue de son choix.

   Au cours des prochaines années, six centres de divers services gouvernementaux bilingues seront instaurés au Manitoba. Ces centres, ou guichets uniques, résultent d’une recommandation du rapport Chartier sur une étude effectuée par le Sous-comité des langues officielles du Conseil fédéral du Manitoba. Il est à noter que c’est le gouvernement provincial qui a assumé le leadership dans la mise en oeuvre de la recommandation à l’origine du projet de guichets uniques initié en 1998.

   Sans refaire la genèse de ce projet, il importe de souligner qu’il est un parfait exemple de partenariat. Le Secrétariat des services en langue française de la province du Manitoba joue un rôle prépondérant dans la mise en oeuvre des guichets uniques de services. Cinq participants fédéraux, soit Patrimoine canadien, Revenu Canada, Développement des ressources humaines, Diversification de l’économie de l’Ouest et le Commissariat aux langues officielles, prennent une part active dans le déroulement du projet.

   Deux représentants de la communauté franco-manitobaine agissent comme personnes-ressources au sein du comité de mise en oeuvre qui compte également sur la participation des élus municipaux là où les centres seront établis.

   C’est dans un esprit de grande collaboration que les trois paliers de gouvernement unissent leurs ressources afin que la communauté franco-manitobaine puisse avoir accès à des services en français qui répondent à ses besoins essentiels. Les guichets uniques assurent un partage de services selon le désir des communautés concernées.

   D’ici la fin de l’an 2000, deux centres de services gouvernementaux bilingues ouvriront leurs portes à Saint-Boniface et à Notre-Dame de Lourdes. Les autres centres seront situés à Saint-Pierre-Jolys, à Sainte-Anne, à Saint-Laurent et à Saint-Vital, et ils devraient ouvrir officiellement au cours de l’an 2001.

   Les six centres n’offriront pas des services identiques. Ils seront adaptés aux besoins spécifiques de la clientèle urbaine ou rurale.

   La communauté franco-manitobaine se réjouit de cette collaboration tripartite qui assurera la prestation de services dans sa langue et selon ses besoins.


 

LETTRE À LA MINISTRE DU PATRIMOINE CANADIEN

À titre de Commissaire aux langues officielles, Mme Dyane Adam est fort préoccupée par l’annonce de coupures budgétaires et de réductions de postes à la Société Radio-Canada. En mai dernier, elle a fait état de ses préoccupations dans une lettre adressée à Sheila Copps, ministre du Patrimoine canadien.

   La Commissaire s’inquiète particulièrement des répercussions négatives que certaines réductions budgétaires auront sur les communautés de langue officielle, autant sur la communauté anglo-québécoise que sur les communautés francophones minoritaires du Canada. Elle craint que les éventuelles réductions de personnel des stations régionales aient un impact sur la production de langue française à l’extérieur du Québec. Elle rappelle à Mme Copps que la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur les langues officielles exigent dans toutes les régions du pays une offre adéquate de services publics de radiodiffusion qui reflète les communautés.

   Évoquant l’importance fondamentale de Radio-Canada comme télévision publique pour assurer le maintien et l’épanouissement des communautés de langue officielle et promouvoir dans la société canadienne le statut et l’usage du français et de l’anglais, elle ajoute : « Il importe, je crois, comme société de se donner les moyens de réaliser nos grands objectifs publics et d’assurer à Radio-Canada les ressources suffisantes qu’exige la réalisation des objectifs statutaires de la Loi sur la radiodiffusion et de la Loi sur les langues officielles. »

   Vu l’importance des enjeux et le fait qu’il s’agit de questions d’intérêt public, la Commissaire a pris l’initiative de faire parvenir copie de sa lettre au ministre du Patrimoine canadien, à M. Robert Rabinovitch, président de Radio-Canada, ainsi qu’aux divers médias du pays.


 

UN MESSAGE AU MONDE MUNICIPAL

C’est à Rivière-des-Français (Ontario), région pittoresque du moyen-nord de la province, que s’est tenue la réunion annuelle de l’Association française des municipalités de l’Ontario. Le 28 juillet, la Commissaire a prononcé une allocution devant plus d’une centaine de participants aux assises annuelles de l’organisme.

   Mme Adam a traité de la législation linguistique actuelle de l’Ontario par rapport aux municipalités, des lacunes à combler ainsi que des transformations gouvernementales et de la décentralisation de programmes des gouvernements fédéral et provincial vers les municipalités. Malgré l’importance des services municipaux en français, la Commissaire a déploré le fait qu’ils ne sont pas suffisamment garantis dans les lois municipales actuelles. Elle a donc fortement invité les élus municipaux à s’inspirer de la Loi sur les langues officielles dans leurs interventions auprès du gouvernement provincial afin d’assurer la protection des droits linguistiques en cette période de fusions municipales. Elle a rappelé « ..qu’au niveau fédéral, l’alinéa 43(1)d) de la Loi sur les langues officielles fait référence aux services municipaux et exige que le gouvernement fédéral aide les provinces et les municipalités à offrir leurs services en français et en anglais. À titre de Commissaire aux langues officielles, j’ai donc le devoir de veiller à ce que le gouvernement fédéral prenne les mesures qui s’imposent. »

   La Commissaire s’est dite très préoccupée par les fusions municipales, notamment celles qui touchent les régions d’Ottawa et de Sudbury, en raison de la forte concentration de francophones dans ces villes. Elle est intervenue auprès des instances gouvernementales de l’Ontario pour tenter d’assurer au français un statut égal à l’anglais. Malheureusement, le gouvernement provincial n’a pas accepté sa recommandation. En décembre 1999, après l’adoption du projet de loi 25 sur les fusions municipales, sans clause linguistique, Mme Adam s’est adressée aux équipes de transition d’Ottawa et de Sudbury qui ont adopté quelques mesures relatives à la livraison de services municipaux en français. « Ces mesures demeurent assez limitées dans l’ensemble et je suis loin d’être satisfaite. J’aurais souhaité que le français soit reconnu comme langue de travail et qu’il soit considéré comme exigence de base pour l’embauche des hauts gestionnaires des villes fusionnées, » a souligné la Commissaire.

   En conclusion, Mme Adam a rappelé que le Canada et l’Ontario doivent reconnaître pleinement que la livraison des services municipaux dans les deux langues officielles est tout à fait essentielle et qu’il incombe aux gouvernements fédéral et provincial d’aider les municipalités à fournir leurs services dans ces deux langues. Elle a déclaré : « J’estime que ce principe se doit d’être reconnu et mis en oeuvre dans les rouages du monde municipal. À mon avis, ceci voudrait dire que, nonobstant un désir d’effectuer des économies, le gouvernement provincial doit reconnaître et venir en aide à toutes les municipalités où vivent des communautés de langue officielle. Il faut prévoir des mécanismes particuliers pour reconnaître les caractéristiques linguistiques et culturelles propres aux quartiers des grandes villes ayant des populations minoritaires, tel que le gouvernement du Manitoba l’a fait dans la partie 3 de la Loi qui a créé le grand Winnipeg. » Enfin, la Commissaire a invité les élus municipaux à envisager davantage de partenariats avec d’autres organismes francophones, en vue d’assurer la protection du français et de veiller à l’essor économique et social de la communauté francophone.


 

GRAND-MAMAN NET NOUS ÉCRIT

Je suis la grand-maman d’un petit-fils de 11 ans qui fréquente une école d’immersion. Souvent, il a des problèmes en faisant ses devoirs à la maison et croit que sa grand-maman a toutes les réponses, parce qu’elle est francophone. Il m’a embêtée il y a quelques jours en me demandant de traduire des expressions reliées aux ordinateurs, plus spécialement à Internet. Pauvre grand-maman ! J’ai dû admettre mon ignorance. J’ai promis à mon petit-fils que j’écrirais à INFOACTION. Vous pourrez m’aider, j’en suis sûre, parce que dans chaque numéro, vous parlez de l’importance du français sur Internet.

   Voici donc les expressions dont j’ignore la traduction française : internetter; P.C.; inkjet printer; chat; toner cartridge; surf; newsgroup; search engine; online advertising.

   Merci beaucoup pour votre aide. INFOACTION devrait publier une chronique-lexique. On ne sait pas toujours où trouver l’expression correcte.

Une grand-maman Net
du sud-ouest de l’Ontario.

RÉPONSE

Chère Grand-maman Net!

Merci d’avoir communiqué avec nous. Voici la traduction des termes qui ont posé problème à votre petit-fils et à sa grand-maman Net. Nous vous soumettons la traduction proposée par Termium Plus, une banque de terminologie du ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux.

internetter

internaute

P.C.

ordinateur personnel

inkjet printer

imprimante à jet d’encre

chat

conversation

toner cartridge

cartouche d’imprimante

surf

naviguer sur le réseau

newsgroup forum

groupe de discussion

search engine

moteur de recherche

online advertising

cyberpublicité interactive

   Écrivez-nous encore, vos demandes de renseignements peuvent rendre service à plusieurs personnes.


 

QUELQUES MOTS DE LA FIN

 1. BOUTIQUE À LA MODE

Ne vous y méprenez pas! Il ne s’agit pas d’une boutique où vous trouverez les dernières créations des grands noms de la haute couture. Disons qu’il est plutôt question de haute culture…

   Il existe maintenant une boutique virtuelle de produits culturels en français. Livres, disques, cassettes, vidéos, enfin un nombre important de produits en français de grande qualité sont maintenant accessibles sur Internet.

   Soit dit en passant, les parents d’enfants inscrits à divers programmes de français langue seconde seront particulièrement intéressés à visiter cette boutique virtuelle. Les produits qu’ils y trouveront compléteront les cours suivis à l’école. Villes et villages, de l’Atlantique au Pacifique, comptent maintenant leur librairie où tous peuvent bouquiner à volonté.

   Comment s’y rendre? Vous n’avez qu’à visiter Livres, disques, etc.

2. QUEL ÂGE A « Ô Canada »?

L’âge de son pays, 133 ans? Pas tout à fait. « Ô Canada » a eu 120 ans cet été. Le 24 juin 1880, « Ô Canada » a été chanté pour la première fois au pavillon des patineurs de la ville de Québec, à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste.

   Peu de temps avant, Théodore Robitaille, lieutenant gouverneur du Québec, avait demandé au juge Adolphe Routhier d’écrire un poème sur une musique de Calixa Lavallée en vue d’en faire l’hymne national du Canada.

   Le texte et la musique ont bien 120 ans, mais quel âge a l’hymne national? Ce n’est que le 1er juillet 1980, un siècle après avoir été chanté pour la première fois, que « Ô Canada » a été officiellement proclamé hymne national; il n’a donc que 20 ans.

   La version française n’a jamais été modifiée alors qu’il est apparu de nombreuses versions anglaises au cours des ans. La version anglaise officielle est basée sur la version composée en 1908 par le juge Robert Stanley Weir et incorpore les changements apportés au texte en 1968 par un comité mixte du Sénat et de la Chambre des communes.

3. ILS AURONT LEUR RADIO

Les francophones des Territoires du Nord-Ouest auront enfin leur radio communautaire. En effet, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications a approuvé la demande de licence soumise par la radio CIVR de Yellowknife, ce qui porte à 18 le nombre de radios communautaires de langue française au Canada. La radio CIVR est la deuxième radio communautaire francophone dans le Nord, l’autre étant celle d’Iqaluit, au Nunavut.

   CIVR diffusera 126 heures d’émission par semaine, dont 15 seront produites par la station et 111 proviendront du Réseau francophone d’Amérique de l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC). Félicitations à ses artisans et longue vie à CIVR!

4. NOUVELLES QUESTIONS

Trois nouvelles questions vous seront posées lors du prochain recensement qui aura lieu en mai 2001. Statistique Canada ajoutera une sous-question à la question traditionnelle sur la langue parlée à la maison. On demandera si la personne parle « régulièrement » d’autres langues à la maison. En ajoutant cette sous-question, Statistique Canada acquiesce à une requête du Commissariat aux langues officielles et de nombreux organismes qui soutiennent, depuis le recensement de 1996, que la réponse obtenue à la question de la langue parlée à la maison ne donne pas un portrait exact de la situation linguistique des minorités francophones, plus particulièrement au sein des couples exogames (l’un des deux conjoints est de langue maternelle anglaise). On demandera aussi quelle langue est le plus souvent utilisée au travail.

   Ces nouvelles questions ont été mises à l’essai par Statistique Canada auprès d’un échantillon de 40 000 à 50 000 ménages.

5. C’EST LYSIANE GAGNON QUI LE DIT

Vous la connaissez sans doute. Lysiane Gagnon signe une chronique dans La Presse et dans The Globe and Mail. Au cours de l’été, elle a effectué un voyage dans les Rocheuses. Non seulement a-t-elle découvert leur magnificence mais aussi la place qu’y occupent les langues officielles. Voici ce qu’elle a écrit dans sa chronique parue dans La Presse du 15 juillet dernier : « Dans les parcs des Rocheuses, on parle beaucoup français. Deux fois sur trois, nous sommes tombés sur des employés bilingues. (…) Toute la documentation des Parcs nationaux de Banff et de Jasper est publiée en version française, et tous les panneaux, ou que ce soit (sur la route, en montagne, dans les musées), sont bilingues. Mieux encore, les textes français sont fort bien écrits ». Voilà ce qui est tout à l’honneur de la dualité linguistique canadienne!