ARCHIVÉE - Partie 2 : Résultats des ateliers

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La langue et la culture sont intimement liées. Pour vraiment comprendre quelqu’un, il faut comprendre sa culture et sa langue.

Participant au forum

2.1 Atelier 1 : L’évolution de l’identité canadienne

Le premier atelier a traité de deux questions et on a invité les participants à discuter de leurs perceptions des valeurs fondamentales de la société canadienne dans le contexte d’une identité qui évolue et de leur compréhension de l’expression « diversité culturelle » et de ce qu’elle signifie pour eux personnellement.

Questions à discuter :

  1. Si l’on part du principe que tous les pays démocratiques ont des valeurs fondamentales, dites-nous, par ordre de priorité, ce que vous percevez comme les valeurs fondamentales de la société canadienne d’aujourd’hui?

  2. Compte tenu de vos expériences et de votre compréhension de la société canadienne, que signifie pour vous l’expression « diversité culturelle »?

Atelier 1 : Résumé des discussions

Le premier atelier a fait l’objet d’un riche débat sur la diversité culturelle, sans doute parce qu’il s’agit d’une réalité quotidienne dans les centres urbains de la Colombie-Britannique. Ont également eu lieu des discussions sur le rapport entre les valeurs fondamentales et la diversité culturelle, car les participants reconnaissaient l’impact de ces deux notions l’une sur l’autre.

(1) Les participants ont été d’avis que les valeurs fondamentales de la société canadienne évoluent en raison de l’arrivée quotidienne d’un plus grand nombre d’immigrants de diverses origines. Ils ont réfléchi aux différentes définitions de ce que nous entendons par valeurs et aux différents types de valeurs, comme les valeurs politiques ou gouvernementales, les valeurs culturelles, les valeurs sociales et les valeurs familiales. Ils se sont demandé par ailleurs si le terme « fondamentales » signifie qu’elles sont immuables, qu’il faut y sacrifier sa vie ou qu’elles peuvent changer.

Les participants ont identifié quatre grandes valeurs canadiennes fondamentales :

  • Diversité et multiculturalisme – le Canada est une mosaïque de cultures et de langues qui remonte à nos ancêtres fondateurs, y compris les Premières nations.

  • Démocratie et justice – cette valeur englobe des notions comme l’équité, l’égalité, la paix et le droit de participation.

  • Respect et acceptation – cette valeur englobe les attitudes comme l’ouverture d’esprit, la courtoisie, la sensibilité aux autres et l’amabilité. À elle seule, la tolérance n’est pas jugée suffisante pour créer une société diversifiée et beaucoup insistent sur l’importance d’une société qui prône vraiment l’intégration.

  • Développement durable – une approche et des politiques qui soulignent l’importance de satisfaire aux besoins de tous les Canadiens et de préserver les intérêts et la survie des générations futures.

(2) Les participants ont commencé par dire ce que signifie pour eux la diversité culturelle avant de s’engager dans une discussion plus générale sur ses bienfaits pour la société canadienne. Ils ont convenu de l’existence de différents types de diversité culturelle : des expressions sociétales, générationnelles et culturelles qui traduisent les intérêts, l’éducation, le travail, les loisirs et les réalités urbaines et rurales. Certains ont décrit la culture en ces termes :

Une boîte à outils que l’on ouvre quand on en a besoin; nous en utilisons une différente selon l’environnement où nous sommes (à la maison, au travail…)

Notes du groupe de travail no 5

Essentiellement, l’expression « diversité culturelle » a été liée à la notion d’identité. Au Canada, les citoyens sont autorisés à promouvoir et à vivre leur patrimoine culturel, en créant une multitude d’identités qui se confondent dans la plus grande harmonie. Les participants ont reconnu que l’identité est constituée d’éléments acquis et d’éléments empruntés à d’autres, de sorte qu’elle ne cesse de se forger au fur et à mesure que les citoyens sont exposés à différentes cultures et expériences. La diversité culturelle s’entend d’une ouverture d’esprit qui enrichit et qui conduit à une prise de conscience globale plus aiguë. La citation suivante contribue à illustrer cette notion :

Vancouver a le privilège de voir le monde, les gens et la communauté à l’œuvre (ce n’est pas une notion abstraite), une société diversifiée au travail, dans les jeux et dans les loisirs. Cet environnement en dit long sur la valeur de la diversité, les gens vivant leur existence sans obstacle. Les gens ont la possibilité de développer leur plein potentiel.

Notes du groupe de travail no 5

Un autre élément d’importance pour cette question est la notion d’appartenance, qui englobe l’acceptation, l’intégration et l’entraide. À défaut d’éprouver ce sentiment d’appartenance, certains Néo-Canadiens et nouveaux immigrants se sentiront marginalisés. Par exemple, une façon de résoudre les problèmes de polarisation ethnique dans certains quartiers consiste à améliorer la situation des nouveaux immigrants en injectant plus de ressources dans les programmes d’intégration.

Dans l’ensemble, le premier atelier a suscité un enthousiasme pour les thèmes du forum, car les participants ont pu établir un rapport avec leur expérience de vie au Canada et leurs idéaux pour l’avenir du pays. Il a ouvert la voie à des discussions animées pendant le dîner et alimenté les délibérations de l’après-midi dans le cadre du deuxième atelier.

2.2 Atelier 2 : L’interaction quotidienne de la dualité linguistique et de la diversité culturelle : Quels sont les enjeux et que devons-nous faire?

Il n’y a pas de différence entre la diversité culturelle et la dualité linguistique. […] et la langue est une expression de la culture. La diversité culturelle et la dualité linguistique sont inextricablement liées. Il est impossible de tirer un trait.

Participant au forum

Le deuxième atelier s’est articulé autour de deux grandes questions. On a demandé aux participants de faire part de leurs expériences personnelles à l’égard de la dualité linguistique et de la diversité culturelle et de proposer des pistes d’action pour l’avenir.

Questions à discuter :

  1. a)   Dans le contexte canadien de diversité culturelle accrue, comment décrivez-vous le rôle de la dualité linguistique à l’endroit où vous vivez, dans votre ville, votre province et votre pays?

    b)   À votre avis, la dualité linguistique et la diversité culturelle s’opposent-elles ou se complètent-elles? Pouvez-vous donner des exemples pour vous-même, pour votre famille et vos amis, et pour votre communauté?

  2. Quelles mesures peuvent ou devraient être prises pour améliorer l’interaction de la diversité culturelle et de la dualité linguistique? Par exemple :
    • Que peut ou devrait faire le gouvernement?
    • Compte tenu de son mandat, que peut ou devrait faire le commissaire aux langues officielles?
    • Que pouvez-vous ou devriez-vous faire? Que peut ou devrait faire votre communauté?

Atelier 2 : Résumé des discussions

Le ton de l’atelier a été donné par le récit édifiant de Peter Liang, un jeune homme de la Chine du Sud qui a immigré au Canada en 2000 (annexe 4). M. Liang a d’abord décrit la façon dont il a appris l’anglais en Grande-Bretagne. Lorsqu’il est entré à Statistique Canada, il s’est mis à apprendre le français, essentiellement par lui-même. Deux ans plus tard, en avril 2008, M. Liang a réussi aux trois tests d’évaluation du français du gouvernement du Canada. Il pense néanmoins que ces réussites marquent seulement le début d’un long apprentissage d’une vie :

Que signifie pour moi, personnellement, l’expression « dualité linguistique » en tant qu’immigrant au Canada? Cela veut dire que j’ai accès à un plus grand nombre de débouchés professionnels au sein du gouvernement fédéral. Toutefois, cela m’a surtout permis de découvrir l’autre important volet de l’identité canadienne, qui singularise notre pays des autres. Je suis plus fier que jamais de déclarer que je suis un vrai Canadien.

(3)a  La plupart des participants ont constaté la pertinence de la dualité linguistique à l’échelle politique nationale et fédérale. Les gens comprennent que la dualité linguistique joue un rôle essentiel à l’échelle nationale afin de promouvoir la cohésion sociale, l’unité et le respect des différences. Cela représente une compréhension de notre histoire, car la dualité linguistique est au cœur du patrimoine du Canada.

Parmi les thèmes qui ont ressorti de cette discussion se trouve le fait que les deux langues officielles du Canada créent une « valeur ajoutée » importante sur l’échiquier international. Si nous arrivons à communiquer dans la langue de nos partenaires commerciaux, ces derniers nous manifesteront encore plus de respect.

Il a aussi été mentionné que la dualité linguistique joue un rôle dans l’élargissement des perceptions du monde et « contribue à faire sortir les gens de leur enclave; elle fait la promotion d’une société où les gens veulent apprendre » (participant au forum).

Les participants ont été d’avis qu’il y a de l’espoir pour un nouveau Canada, car un nombre croissant d’étudiants inscrits à des programmes d’immersion en français acquièrent une meilleure compréhension de l’importance de la dualité linguistique. Certains ont soutenu que le fait de ne pas être en mesure d’apprendre le français et de maintenir sa connaissance par une immersion et des interactions continues en Colombie-Britannique constitue une entrave aux perspectives d’emploi au sein du gouvernement fédéral.

L’immigration en provenance de pays francophones a pour effet d’accroître la présence francophone en Colombie-Britannique. À cet égard, la dualité linguistique contribue à faciliter l’intégration des immigrants.

(3)b   Les avis des participants ont varié selon leur situation personnelle et la façon dont ils cherchent à répondre à cette question. Toutefois, tous ont convenu qu’il y a à la fois des complémentarités et des contradictions entre la dualité linguistique et la diversité culturelle.

Complémentarités

  • Les politiques sur la dualité linguistique et la diversité culturelle sont, de l’avis des participants, complémentaires en raison des liens historiques qui existent entre les notions et les lois respectives.
  • Le bilinguisme est le premier pas vers la diversité et, à mesure que le Canada se diversifie, il s’associe à l’accueil de gens issus d’autres cultures.
  • Le multiculturalisme est aussi perçu comme une façon de stimuler une plus grande dualité linguistique.
  • L’immigration et le développement économique sont deux importants moteurs au Canada, alimentés à la fois par la dualité linguistique et la diversité culturelle.

Contradictions

  • Il y a contradiction du fait que la dualité linguistique semble présupposer la supériorité des deux langues officielles par rapport aux autres langues. Des questions sur la place des langues des Premières nations dans ce contexte ont été soulevées.
  • Le français est perçu comme une langue de pouvoir (la majorité des hauts fonctionnaires et des politiciens sont bilingues) et c’est pourquoi les gens qui ne connaissent pas les deux langues ont de la difficulté à participer au débat national.
  • En Colombie-Britannique, où la diversité culturelle est forte, la dualité linguistique canadienne traditionnelle (français-anglais) semble inexistante dans certaines régions, ce qui semble par conséquent une contradiction entre les deux politiques.
  • Il est contradictoire que le français ne soit pas obligatoire dans le système d’éducation publique de la Colombie-Britannique étant donné que nous avons une politique de bilinguisme nationale.
  • Il est également contradictoire de ne pas avoir un accès plus étendu à des cours de français aux adultes et aux enfants en Colombie-Britannique.
  • Certains ont l’impression que les gens qui ne parlent ni l’une ni l’autre des deux langues officielles sont plus en marge de la société canadienne que ceux qui parlent le français, l’anglais ou les deux.

(4)  À propos des mesures visant à resserrer les liens entre la diversité culturelle et la dualité linguistique, il y a eu des divergences d’opinions sur les approches à adopter pour mettre en place des mesures fructueuses. Selon certains, le problème de base tient au manque de ressources financières et humaines affectées à l’intégration de la dualité linguistique et de la diversité culturelle, alors que d’autres estiment que le financement et les ressources disponibles sont suffisants. D’autres encore sont d’avis que plus d’initiatives doivent provenir de l’échelle nationale que des régions. Ottawa et les provinces doivent faire preuve de leadership et fournir de solides orientations stratégiques pour permettre aux organismes qui en ont besoin d’aider efficacement les Néo-Canadiens dans leur processus d’intégration à la société canadienne. Toutefois, la plupart conviennent qu’une plus grande ouverture d’esprit et un dialogue plus soutenu entre les deux communautés de langue officielle sont nécessaires pour maximiser les incitatifs et les retombées économiques de la dualité linguistique en Colombie-Britannique.

Les participants ont été d’avis que les initiatives gouvernementales doivent provenir de tous les ordres de gouvernement, pas seulement du fédéral, notamment dans les champs d’action suivants :

  • L’instruction bilingue devrait être accessible non seulement aux citoyens nés au Canada, mais aussi aux immigrants et aux réfugiés, et le volet de la politique qui a trait au droit d’apprendre devrait être davantage promu.
  • Il faut tendre la main aux jeunes en faisant du français une partie intégrante du système d’éducation. L’apprentissage du français de base devrait commencer plus tôt et l’apprentissage de certaines notions de français devrait être obligatoire pour chaque enfant.
  • Il faut davantage sensibiliser les gens à la dualité linguistique dans les écoles et dans les médias nationaux, en ayant recours aux programmes télévisés pour enfants dans les deux langues officielles.
  • Les raisons d’apprendre le français, ou les deux langues officielles, doivent être apparentes pour les jeunes, peut-être en leur offrant des incitatifs et des bourses pour les encourager à participer à des activités comme les programmes d’échange jeunesse.
  • Il faut élaborer des politiques qui favorisent l’intégration des deux secteurs de politique, notamment en s’inspirant des politiques qui ont donné des résultats concluants dans le passé.
  • Il faut appuyer les services de soutien aux nouveaux immigrants en s’inspirant de ce qui se fait déjà à l’international, et plus particulièrement par l’entremise d’un appui aux programmes locaux qui ont fait leurs preuves, en plus de reconnaître les diplômes d’études à l’étranger. Par exemple, un participant a conseillé de mener une recherche sur les incidences des programmes ulpan en Israël, lesquels permettent d’offrir gratuitement à tous les immigrants 500 heures de cours de base en hébreu à leur arrivée au pays4.
  • Il faut améliorer le soutien aux communautés francophones en leur offrant plus de services et plus de ressources pour permettre aux immigrants et aux réfugiés francophones de s’établir et de s’intégrer avec succès.
  • Il faut accroître le financement visant à renforcer les capacités de lecture et d’écriture en général.
  • Tout le monde a semblé d’avis que les provinces et les administrations municipales doivent collaborer avec le gouvernement fédéral et l’aider à améliorer les services pour faire du bilinguisme et du multiculturalisme des éléments importants de la société canadienne.

Le Commissariat doit prendre des mesures dans deux domaines :

  • Promouvoir l’uniformité des services linguistiques dans tout le pays, notamment dans les médias nationaux.
  • Faire connaître, par le truchement des écoles, d’un dialogue avec les régions et des médias, les motifs historiques et les avantages du bilinguisme, de même que son rapport avec la diversité culturelle.

Les groupes communautaires ethnoculturels peuvent également agir :

  • En sensibilisant leurs membres aux politiques du Canada, par l’intermédiaire du réseau scolaire et d’autres établissements d’enseignement.
  • En faisant la promotion de l’intégration économique par le truchement de leurs entreprises et communautés.

Le deuxième atelier a également suscité un débat sur la nécessité de s’ouvrir à d’autres langues. Selon certains, le Canada doit s’ouvrir à d’autres langues ou alors s’assurer que les générations futures bénéficient de meilleures occasions d’apprendre à la fois le français et l’anglais. Pour ce qui est de l’idée d’avoir une ouverture à d’autres langues, la majorité estime que les coûts sont trop élevés pour gouverner dans plus de deux langues.

Notes

4. L’ulpan est un institut qui enseigne aux adultes qui immigrent en Israël les compétences linguistiques de base en hébreu et la culture israélienne. Son objectif est de mieux intégrer de façon opportune les nouveaux immigrants en Israël. Plusieurs autres pays ont élaboré des programmes similaires, calqués sur le modèle de l’ulpan. Cependant, une étude récente remet en question la réelle efficacité de l’ulpan en raison de la faiblesse des compétences linguistiques à l’oral, à l’écrit et en matière de compréhension des participants qui ont suivi les 500 heures de formation.



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