ARCHIVÉE - Partie 1 : Cadre de discussion

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1.1   Une vision de la dualité linguistique et de la diversité culturelle 

Alden Habacon, gestionnaire des initiatives en matière de diversité au réseau de télévision anglais de la Société Radio-Canada, a prononcé le discours d’ouverture dans lequel il a exposé sa vision de la dualité linguistique et de la diversité culturelle au Canada (annexe 3). En guise d’introduction, il a posé la question suivante : « Que devons-nous faire pour voir, de notre vivant, la génération la plus instruite, la plus intelligente sur le plan culturel et la plus diversifiée de Canadiens accéder aux postes de dirigeants les plus élevés de notre pays? » 

En tant que Canadien de deuxième génération originaire des Philippines, M. Habacon a décrit l’expérience qu’il a vécue à représenter le Canada à une conférence en Asie du Sud-Est et à comprendre dans quelle mesure son éducation et sa vision du monde ont été façonnées par le fait qu’il a grandi dans un pays bilingue où la diversité est un fait accepté. « Les Canadiens sont libres d’élargir constamment leurs horizons et de réfléchir de manière critique à ce que signifie le fait de penser, de parler et d’agir comme un Canadien, et c’est dans cet espace socioculturel unique que l’interculturalisme canadien réussit à évoluer et à croître. » 

Au sujet du premier thème, l’évolution de l’identité canadienne, M. Habacon a fait une comparaison avec les technologies de l’information à l’aide d’une analogie : tout comme Internet a opéré la transition vers le Web 2.0, l’interculturalisme doit évoluer vers l’Interculturalisme 2.0. Les Canadiens ont dépassé le paradigme rigide de la mosaïque ethnoculturelle et l’ont remplacé par un schéma qu’il définit en ces termes : « une représentation interne du monde; une organisation de concepts et d’actions qui peuvent être modifiés par de nouvelles données sur le monde. » La dynamique technologique est l’influence mondiale la plus marquée aujourd’hui et elle a contribué à accroître la mobilité des Canadiens, leur interdépendance psychologique et leur assimilation à la psyché collective au-delà de leurs frontières. 

Au sujet du deuxième thème, l’interaction quotidienne de la dualité linguistique et de la diversité culturelle, M. Habacon a souligné que les Canadiens de deuxième génération et les nouveaux immigrants au Canada ont des expériences très différentes. Illustrant ce fait par des exemples tirés de sa propre vie, il pense que les Canadiens de deuxième génération comprennent intuitivement la dualité linguistique et y sont entièrement favorables. Toutefois, plusieurs jeunes professionnels dynamiques qui ne parlent pas couramment le français se heurtent à un plafond de verre lorsqu’ils convoitent des postes de dirigeants au Canada; c’est ainsi que la fonction publique perd des talents au profit du secteur privé. En outre, beaucoup de nouveaux immigrants en Colombie-Britannique estiment que l’apprentissage du français est un luxe. Ils ont suffisamment de mal à apprendre l’anglais à leur arrivée et il n’y a guère, sinon aucune, preuve que la connaissance du français favorise leur intégration sociale et culturelle. 

À propos de sa question d’ouverture, M. Habacon a déclaré que la réponse ne résidait pas dans le relâchement de nos exigences à l’égard du français, mais dans l’assurance que les prochaines générations de Canadiens deviendront vraiment bilingues. Au lieu de laisser notre politique sur les langues officielles devenir un obstacle systémique à l’obtention de postes de dirigeant dans les plus grandes institutions canadiennes, nous devons adopter une vision du Canada « où les dirigeants comprennent intuitivement sa complexité du fait qu’ils la vivent, et où leur vision du pays est influencée par la richesse de la complexité linguistique et culturelle du Canada d’aujourd’hui ». 

Son exposé a été suivi de questions des participants et d’un débat.

1.2   Un survol historique de la diversité culturelle et de la dualité linguistique 

Le commissaire aux langues officielles, M. Graham Fraser, a remercié les participants d’être venus au forum. Il a ensuite parlé de l’évolution des politiques sur les langues officielles et le multiculturalisme au Canada et a donné un aperçu de la diversité qui existe en Colombie-Britannique. 

Quelques données factuelles sur la province :

  • La Colombie-Britannique est une province éminemment diversifiée qui abrite 20 p. 100 des minorités visibles du pays, soit un peu plus d’un million de personnes1.
  • À Vancouver, deux personnes sur cinq (40 p. 100) ne sont pas nées au Canada et la même proportion ne revendique ni le français ni l’anglais comme langue maternelle2.
  • Il y a 16 016 postes au gouvernement fédéral en Colombie-Britannique et seulement 532 nécessitent une connaissance du français3.
  • La Colombie-Britannique abrite 61 000 personnes dont la première langue officielle est le français. La communauté francophone a de profondes racines dans l’histoire de la province, même si elle se compose aujourd’hui essentiellement de gens qui ont décidé de venir s’établir en Colombie-Britannique.
  • Outre l’anglais et d’autres langues, 300 000 personnes peuvent s’exprimer en français et 35 000 enfants sont inscrits à des programmes d’immersion française. 

Points de référence historiques :

C’est en 1963 qu’est créée la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. La Commission propose un nouveau partenariat entre les Canadiens d’expression française et ceux d’expression anglaise et annonce qu’elle entend faire plus pour reconnaître la contribution et le legs d’autres communautés culturelles. 

En 1967, sous la direction du premier ministre Lester B. Pearson et du ministre de la Justice de l’époque, Pierre Elliott Trudeau, les droits linguistiques sont définis comme étant doubles : le droit d’utiliser et le droit d’apprendre. 

En 1969, le gouvernement Trudeau adopte la Loi sur les langues officielles

En 1971, le gouvernement élabore une politique sur le multiculturalisme dans le cadre général de la dualité linguistique, laquelle mène à l’adoption de la Loi sur le multiculturalisme canadien en 1988

En 1982, les droits linguistiques sont davantage enchâssés dans la Constitution avec l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, qui prévoit aussi la protection des droits à l’éducation dans la langue de la minorité. 

Sur une note personnelle, M. Fraser a conclu que « l’appui à la dualité linguistique a nettement augmenté depuis dix ans. Pourtant, les Canadiens continuent de discuter de la valeur de leur type de bilinguisme dans une société qui cherche à épouser la diversité. À mon avis, la dualité linguistique et la diversité culturelle peuvent et doivent être adoptées en tant que valeurs canadiennes profondes et fondamentales ». Le commissaire a ensuite invité tous les participants à prendre part au débat qui a suivi. 

Des questions ont été posées au commissaire et un débat s’est ensuivi. 

Questionnaire précédant le forum

Carsten Quell, directeur, Politiques et recherche, au Commissariat, a présenté les résultats du questionnaire précédant le forum. Sur les 21 participants qui ont rempli le questionnaire, 18 sont nés en dehors du Canada (quatre en Europe, quatre en Afrique, trois en Amérique latine et sept en Asie et au Moyen-Orient) et tous parlent plus d’une langue. Neuf répondants sur dix conviennent que la dualité linguistique joue un rôle dans la société canadienne. Selon les répondants, il y a à la fois des avantages et des inconvénients à vivre dans un pays bilingue. 

Voici ce qu’ont déclaré certains participants :  

Idéalement, tous les Canadiens devraient avoir l’occasion de devenir bilingues. Toutefois, il existe plusieurs obstacles au bilinguisme officiel dans l’ensemble du Canada, notamment en raison des dimensions de notre pays et des ressources limitées. 

C’est un mythe de croire que les Canadiens de l’Ouest ne valorisent pas le français; il n’en est rien, mais tous n’ont pas l’occasion d’apprendre le français de manière approfondie. 

La dualité linguistique incite les gens à accepter les différences culturelles, ce qui rend les politiques publiques et le multiculturalisme plus acceptables aux yeux des citoyens canadiens.

Notes

1. Alors que le pourcentage national de minorités visibles se chiffre à 16,2 p. 100.

2. Cela représente le double de la proportion dans le reste du Canada (20 p. 100).

3. Système d’information sur les postes et la classification (SIPC) 2006 (Rapport annuel 2005-2006 sur les langues officielles de l’Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique du Canada).



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