Allocution dans le cadre du déjeuner d’affaires du Club canadien de Toronto

Vitalité du français en Ontario – le succès exige de la planification, et la planification exige du leadership

Toronto (Ontario), le 26 novembre 2014
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Début de dialogue

Mesdames et messieurs, bonjour.

J’aimerais remercier les organisateurs du Club canadien de m’avoir invité. C’est avec plaisir que je viens vous parler de la vitalité de la communauté francophone de l’Ontario, de mon dernier rapport annuel, ainsi que de l’importance de la visibilité de la dualité linguistique dans le cadre d’événements d’envergure, comme les Jeux panaméricains et parapanaméricains qui se dérouleront l’an prochain, ici même.

Après le repas, je vous invite à rester avec nous afin de souligner la signature d’un protocole d’entente qui officialisera la collaboration entre mon bureau, le Commissariat aux services en français de l’Ontario et le comité d’organisation des Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015 à Toronto, afin de réaffirmer notre engagement envers la dualité linguistique.

Les questions linguistiques demeurent toujours d’actualité dans le paysage politique canadien. Le simple fait que John Tory, votre nouveau maire, commence son discours de victoire électorale en français a suscité de nombreuses réactions de la part des médias et des citoyens. Ce geste symbolique est de bon augure pour la communauté francophone de Toronto, et nous permet de croire que le français sera plus visible sur la scène municipale torontoise. M. Tory se joint à un nombre grandissant de Canadiens et de Canadiennes bilingues œuvrant sur la scène nationale dans des domaines aussi divers que la politique, l’administration, les affaires et le sport. De plus en plus, le français est la langue de l’ambition.

De nos jours, la dualité linguistique et la diversité culturelle constituent des valeurs et des symboles importants de la société canadienne, qui façonnent la manière dont les Canadiens et les Canadiennes se perçoivent et dont ils sont perçus partout dans le monde. L’avenir de la dualité linguistique dépend de notre capacité à favoriser un environnement linguistique décloisonné, où le français et l’anglais ont tous deux leur place dans chaque région du pays.

Bien que la dualité linguistique ne soit pas toujours perceptible partout au pays, une majorité importante de Canadiens et de Canadiennes – plus de 70 % – appuient le bilinguisme à l’échelle nationale. Il faut le rendre visible, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de célébrations, d’anniversaires historiques et de grands rassemblements.

Plusieurs célébrations importantes seront soulignées au cours des prochaines années. Nous célébrerons 400 ans de présence francophone en Ontario; Toronto accueillera les Jeux panaméricains; et, en 2017, le pays tout entier soulignera le 150e anniversaire de la Confédération. Ces événements nous donnent l’occasion de faire le bilan des progrès accomplis dans le domaine des droits linguistiques et de déterminer des pistes de réflexion. Ils sont aussi une occasion de prendre conscience de tout le chemin parcouru, de regarder vers l’avant, et de songer à tout ce que nous avons encore à accomplir ensemble.

Vous faites partie d’une communauté dynamique, vivante, et pleine d’avenir – la plus importante communauté canadienne de langue française hors du Québec. Depuis près de 400 ans, la population francophone de l’Ontario contribue de façon importante au patrimoine culturel et historique de la province et du Canada dans son ensemble. Les festivals et les nombreux événements culturels en français permettent à la communauté francophone de se rassembler. Les Franco‑Ontariens ont su préserver leur patrimoine, leur culture et leur langue au fil des siècles. Et maintenant, la communauté franco-ontarienne se diversifie de plus en plus et accueille des francophones de partout dans le monde. C’est une excellente nouvelle pour la vitalité de la francophonie en Ontario, et au Canada.

Nos langues officielles constituent une caractéristique déterminante de l’identité canadienne. Les deux langues nous appartiennent à tous et font partie de notre identité nationale, même si nous ne sommes pas bilingues.

Il y a près de 30 ans, le gouvernement de l’Ontario reconnaissait officiellement la contribution franco-ontarienne dans l’économie, l’éducation et la culture de la province en mettant sur pied la Loi sur les services en français, qui garantit l’emploi du français dans les institutions de la législature et du gouvernement de l’Ontario. Et depuis 2007, mon collègue François Boileau veille à faire respecter cette loi en tant que commissaire aux services en français de l’Ontario. La création de cette fonction a constitué une avancée majeure permettant d’assurer que les francophones de l’Ontario aient accès aux services auxquels ils ont droit.

En créant ce poste d’ombudsman, le gouvernement ontarien a démontré que la dualité linguistique occupe une place de choix dans les traditions politiques ontariennes. Il a aussi souligné l’importance du leadership lorsqu’il est question d’assurer la vitalité de nos communautés de langues officielles.

Permettez-moi maintenant de vous donner les grandes lignes de mon rapport annuel 2013-2014, qui est axé sur  mon rôle de protecteur des droits linguistiques des citoyens. Il aborde certaines conclusions découlant de l’usage d’outils à la disposition du Commissariat aux langues officielles en vue d’instaurer des changements dans les organisations : les enquêtes et l’analyse des plaintes recevables, les vérifications, dont une qui porte sur la reddition de comptes et les langues officielles, les bulletins de rendement et les recours judiciaires.

Le rapport annuel 2013-2014 présente aussi certaines des 23 plaintes directement attribuables à la mise en œuvre du Plan d’action pour la réduction du déficit, mis en place par le gouvernement à partir de 2012. La plupart d’entre elles se sont avérées fondées.

D’année en année, sur quatre plaintes que nous recevons, trois d’entre elles méritent que l’on fasse enquête. Les institutions fédérales doivent bien réfléchir avant d’agir afin de déterminer les éventuelles conséquences négatives de leurs mesures sur les communautés de langue officielle, sur les services qu’elles offrent au public, ainsi que sur la capacité de leurs propres employés à travailler dans la langue officielle de leur choix dans les régions désignées bilingues.

Le dépôt d’une plainte entraîne souvent des changements concrets qui servent l’intérêt public. Mon rapport annuel de cette année présente un bon nombre de plaintes qui ont provoqué des changements concrets dans l’appareil gouvernemental.

Les retombées d’une enquête peuvent être importantes. L’enquête qui a fait suite aux nombreuses plaintes au sujet de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Vancouver en est un bon exemple. Elle nous a incités à publier un guide destiné aux organisateurs de manifestations sportives afin de les aider à traiter leurs enjeux linguistiques. Cet ouvrage a d’ailleurs aidé les organisateurs des Jeux d’été du Canada 2013 à Sherbrooke, au Québec, à mettre sur pied un événement exemplaire sur le plan des langues officielles. En effet, la prise en compte du français et de l’anglais à toutes les étapes ont fait des Jeux à Sherbrooke un modèle à suivre pour d’autres collectivités hôtes. J’espère qu’il en sera de même pour les Jeux panaméricains ici èa Torontomême s’il s’agit d’événements bien différents.

Ce guide a servi de base à l’élaboration d’un ouvrage semblable, cette fois destiné aux organisateurs d’événements commémoratifs et de festivités, en particulier ceux menant aux célébrations du 150e anniversaire de la Confédération. Pour les membres des deux communautés canadiennes de langue officielle, ces événements sont des occasions d’apprendre à se découvrir et à se connaître. Le guide a été conçu en vue d’assurer la réussite d’un événement bilingue et de veiller à ce que les francophones et les anglophones se sentent bien accueillis et représentés. En donnant à tous le sentiment d’avoir leur place et en racontant l’histoire de notre passé que tout le monde peut apprécier à sa juste valeur, nous contribuons à rapprocher les communautés de notre magnifique pays.

Les organisateurs y trouveront de bonnes pratiques qui seront utiles dans le cadre de leur travail; je vous invite à le consulter en ligne, sur notre site Web.

Lorsqu’il s’agit de respecter les langues officielles, le succès n’est pas le fruit du hasard. Les institutions qui réussissent sont celles qui planifient leurs mesures, consultent les communautés et évaluent leurs progrès.

Je vous remercie de votre attention et c’est avec plaisir que je répondrai à vos questions. Je vous invite également à rester avec nous pour la signature du protocole d’entente entre M. Boileau, commissaire aux services en français de l’Ontario, M. Rafi, directeur général des Jeux panaméricains et parapanaméricains, et moi-même.

Texte pour la cérémonie de signature du protocole d’entente

Merci à tous d’être présents afin de souligner la signature du protocole d’entente entre le Commissariat aux langues officielles du Canada, le Commissariat aux services en français de l’Ontario et le comité d’organisation des Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015 à Toronto.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de confiance que M. François Boileau, M. Saad Rafi et moi-même signons un protocole d’entente afin de témoigner de notre engagement envers la représentation de la dualité linguistique dans le cadre des Jeux panaméricains et parapanaméricains 2015 de Toronto. Pour que cet événement soit un succès, nous nous engageons à faire preuve de leadership, à travailler ensemble pour nous assurer que l’égalité du français et de l’anglais est une réalité et, enfin, à entretenir un dialogue productif.

En signant ce protocole d’entente, nous acceptons de maintenir notre excellente collaboration et nous affirmons notre engagement envers les citoyens des deux communautés linguistiques du Canada. Il s’agit d’un geste d’engagement de la part du gouvernement de l’Ontario, du gouvernement du Canada et du comité d’organisation des Jeux panaméricains envers les deux langues officielles et de l’expression de notre volonté de protéger la vitalité des communautés de langues officielles de l’Ontario et de l’ensemble du Canada.

Évidemment, le travail de nos organisations respectives ne s’arrêtera pas avec la signature d’un document officiel, mais ce document nous permettra de mieux collaborer à la préparation d’études et à la mise sur pied d’activités de promotion. Il s’agit également d’un geste symbolique d’engagement envers nos valeurs communes.

C’est avec beaucoup de fierté et d’optimisme que j’appose ma signature à ce document.

Je vous remercie de votre attention et c’est avec plaisir que je répondrai à vos questions.

Date de modification :
2018-09-13