Archivé - Déclaration aux médias à l'occasion de la signature du protocole d'entente avec le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

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Fredericton, Nouveau-Brunswick, le 6 mars 2013
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles 

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Mesdames et Messieurs, bienvenue et bonjour.

Je vous remercie d’assister à cette conférence de presse qui a pour but de célébrer le 20e anniversaire de l’enchâssement de l’article 16.1 dans la Charte canadienne des droits et libertés et de souligner la signature du protocole d’entente entre le Commissariat aux langues officielles du Canada et le Bureau du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Plusieurs événements marquants sont survenus au cours des dernières années. Ils ont eu une incidence sur les langues officielles au Canada et au Nouveau-Brunswick. En 2009, nous avons célébré le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et de la Loi sur les langues officielles du Canada. En 2012, la Charte canadienne des droits et libertés, adoptée en 1982, a fêté son 30e anniversaire et, il y a 20 ans cette année, on constitutionnalisait le principe d’égalité réelle des anglophones et des francophones du Nouveau-Brunswick. Cet événement représente un moment historique pour les communautés de langue officielle de la province. Par ce geste, le gouvernement du Nouveau-Brunswick de l’époque reconnaissait, dans la loi suprême du pays, qu’il n’y pas de minorité linguistique au Nouveau-Brunswick. On trouve dans cette belle province deux communautés majoritaires qui coexistent. 

L’article 16.1 a également accordé aux communautés francophone et anglophone du Nouveau-Brunswick le droit à des institutions d’enseignement et des institutions culturelles distinctes. En donnant une dimension collective claire aux droits linguistiques, cette disposition de la Charte canadienne des droits et libertés est au cœur de la protection et de la promotion de la vitalité des communautés francophones, tout particulièrement dans le domaine de l’éducation. Elle a donné une grande latitude aux écoles francophones de la province pour qu’elles façonnent leurs programmes de manière de remplir pleinement leur double mandat : l’instruction et la construction  identitaire.

Je me sens très privilégié de célébrer cet anniversaire avec votre commissaire aux langues officielles, Michel Carrier.

Le Canada est un pays complexe. Nos enjeux linguistiques le sont aussi. Les droits linguistiques sont des droits individuels, mais aussi des droits collectifs. Ces droits n’existent pas uniquement pour protéger une personne, mais pour assurer l’épanouissement des communautés de langue officielle partout au pays. Même si les droits linguistiques sont inscrits dans une charte et qu’ils peuvent être défendus devant les tribunaux, il ne faut pas oublier que ces droits sont fondés sur des valeurs.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de confiance que Michel Carrier et moi signons un protocole d’entente. Évidemment, le travail de nos organisations respectives ne s’arrêtera pas avec la signature d’un document officiel. Ce document nous permettra de mieux collaborer à la préparation d’études et à la mise sur pied d’activités de promotion. Il s’agit également d’un geste symbolique d’engagement envers nos valeurs communes.

En signant ce protocole d’entente, nous acceptons de maintenir notre excellente collaboration et nous affirmons notre engagement envers les citoyens des deux communautés linguistiques du Nouveau-Brunswick. Il s’agit d’un geste d’engagement de la part du gouvernement du Canada envers ses deux langues officielles et de l’expression de sa volonté de protéger la vitalité de ses communautés linguistiques partout au Canada.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est le seul gouvernement provincial à reconnaître le caractère unique de sa population en se déclarant la seule province officiellement bilingue du pays. Cette province et son gouvernement ont joué dans le passé et doivent continuer à jouer un rôle de chef de file dans ce domaine.

Le succès d’un régime linguistique est tributaire de trois conditions : le leadership exercé par les différents intervenants, leur volonté de travailler ensemble pour s’assurer que l’égalité du français et de l’anglais est une réalité et, enfin, le dialogue productif entre les tribunaux, les parlementaires et les gouvernements.

Mais au-delà de la lettre de la loi, il y a l’esprit de celle-ci. Pour que l’esprit de la loi soit respecté – un esprit d’ouverture et d’inclusion –, il faut que les Canadiennes et les Canadiens reconnaissent que le français et l’anglais, et les cultures qui sont véhiculées par ces deux langues officielles, leur appartiennent. Il est essentiel que le sens du « nous » soit élargi. Aujourd’hui me semble être une occasion idéale pour célébrer cette vision.

À l’heure où les questions linguistiques resurgissent dans le paysage politique canadien, il importe particulièrement de souligner que l’avenir du bilinguisme dépend de notre capacité à favoriser un environnement linguistique décloisonné, où le français et l’anglais ont tous deux leur place au Nouveau-Brunswick, et dans chaque région du pays.

Ces célébrations nous donnent l’occasion de faire le bilan des progrès accomplis dans le domaine des droits linguistiques et de déterminer des pistes de réflexion. Mais les commémorations et les anniversaires sont aussi l’occasion de prendre conscience de tout le chemin parcouru, de se tourner vers l’avenir, et de songer à tout ce que nous avons encore à faire ensemble.

Avant de répondre à vos questions, j’aimerais ajouter une chose.

Michel Carrier, mon homologue du Nouveau-Brunswick, termine dans quelques semaines son deuxième mandat en tant que premier commissaire aux langues officielles de la province. Pendant 10 ans, Michel a fait un travail dévoué et exemplaire afin de protéger et de promouvoir les communautés de langue officielle du Nouveau-Brunswick. Parmi ses réalisations, je pense par exemple à sa contribution en vue de l’adoption d’un plan gouvernemental sur les langues officielles et à l’adoption d’une politique du gouvernement du Nouveau-Brunswick sur la langue de travail, sans oublier le leadership dont il a fait preuve dans le dossier Casino New Brunswick. Il a aussi grandement travaillé à promouvoir les deux langues officielles dans le domaine des affaires en contribuant aux initiatives Avantage Miramichi et Avantage Saint John.

Michel, je te souhaite une bonne continuité, et je te remercie pour tout ce que tu as fait pour les communautés de langue officielle du Nouveau-Brunswick.

Je vous remercie de votre attention.

Date de modification :
2018-09-13