Forum sur l'éducation et la vitalité : Soutenir l'éducation des minorités de langue anglaise au Québec

Le 5 novembre 2021
Raymond Théberge - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Début de dialogue

Bonjour. Je tiens tout d’abord à souligner que je m’adresse à vous depuis le territoire visé par le traité no 1, soit le territoire traditionnel des peuples anishinaabeg, cri, oji-cri, dakota et déné, et la patrie de la Nation métisse. Je suis ravi d’être parmi vous aujourd’hui.

Je tiens aussi à remercier le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (QUESCREN) de m’avoir invité à m’adresser à vous. J’ai eu le plaisir de prononcer une allocution lors de votre forum en 2018 et je suis très heureux de participer à cette autre activité qui réunit des chercheurs, des professionnels, des intervenants et des décideurs politiques en vue de trouver des solutions pour l’avenir des diverses communautés québécoises d’expression anglaise.

Dans le contexte actuel de la pandémie, cette approche multidisciplinaire à l’égard des pratiques exemplaires et des initiatives est aussi importante que jamais. Nous devons unir nos efforts pour naviguer ensemble dans notre nouvelle normalité ainsi que pour déterminer l’incidence de la dernière année et demie sur la vitalité des communautés et les futures répercussions connexes.

En résumé, pour ceux et celles d’entre vous qui n’étaient pas au premier forum il y a trois ans, je viens d’un petit village – Sainte-Anne-des-Chênes – situé à environ 50 kilomètres au sud-est de Winnipeg, au Manitoba.

À l’époque de mon enfance, ce patelin était entièrement composé de Canadiens français, et, pourtant, je n’avais pas accès à l’école française.

J’avais 16 ans lorsque la Loi sur les langues officielles a été adoptée. C’était pour moi et pour ma génération une affirmation de qui nous étions comme Canadiens français et comme Franco-Manitobains par la suite.

Je me suis longtemps consacré aux domaines de l’enseignement, de la recherche et de l’administration universitaire, notamment en tant que recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, de 2012 à 2018.

Auparavant, j’ai occupé un poste de sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation et au ministère de la Formation, des Collèges et des Universités de l’Ontario, en plus d’assurer la direction de la Société franco-manitobaine, qui défend les intérêts de la communauté francophone au Manitoba.

Donc, l’importance de l’éducation, et surtout de l’éducation en milieu minoritaire, a toujours été et continue d’être un fil conducteur dans ma vie.

Je suis donc extrêmement ravi d’être parmi vous aujourd’hui et de participer aux importants travaux sur l’éducation et la vitalité.

Aujourd’hui, je souhaite traiter de diversité en éducation – l’un des thèmes de la conférence –, car il s’agit d’un sujet que ma vie m’a amené à bien connaître. Je souhaite aussi vous faire part de quelques réflexions et soulever certaines questions qui pourraient faire l’objet d’un examen plus approfondi alors que nous nous tournons vers l’avenir, particulièrement en ce qui concerne la façon dont les langues officielles du pays sont une composante de l’inclusion, une valeur fondamentale.

Lorsqu’il est question de diversité en éducation au Canada, il est instructif de se pencher sur la définition des notions de diversité au fil du temps et sur les changements qui sont survenus.

Si l’on remonte à 1867, par exemple, la Constitution, alors appelée l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, établissait un cadre pour la diversité religieuse en éducation : elle garantissait le droit à une éducation protestante ou catholique romaine. Cependant, dans ce cadre, les catholiques francophones hors Québec avaient de la difficulté à obtenir de l’éducation en français.

Dans ma province d’origine, le Manitoba, cette situation a donné lieu à une crise. Lors de l’adoption de la Loi de 1870 sur le Manitoba, la population non autochtone comptait des proportions approximativement égales de catholiques francophones et de protestants anglophones, et les fonds publics destinés aux écoles reflétaient cet équilibre. Toutefois, la démographie a changé au fil du temps, et les protestants anglophones sont devenus plus nombreux, ce qui a accru les tensions culturelles et religieuses et mené à la création d’un système scolaire non confessionnel en 1890. Les écoles francophones catholiques ont perdu leur financement, et toutes les écoles publiques étaient anglophones uniquement. Les Franco-Manitobains ont eu l’impression que leur langue et leur culture étaient menacées et que leurs droits avaient été violés.

Cette situation a généré des tensions religieuses non seulement au Manitoba, mais aussi entre francophones et anglophones partout au Canada. Un compromis a finalement été conclu au Manitoba, et le français a fait son entrée dans le système publique, mais seulement là où la demande le justifiaitNote de bas de page 1. Malheureusement, à la suite de ce conflit, l’anglais est devenu la seule langue officielle du Manitoba et l’est resté jusqu’en 1985, ce qui a entraîné la baisse de l’utilisation du français.

De ce fait, je n’ai pas eu accès à une éducation en français durant mon enfance. Mon manuel scolaire de sciences sociales était intitulé My British Heritage, ce à quoi aucun des enfants canadiens-français de ma classe ne pouvait s’identifier. C’est ma mère qui s’est occupée de m’enseigner l’histoire des Franco‑Manitobains et qui m’a raconté l’histoire de Louis Riel. Grâce à mes parents, qui se sont battus pour nos droits à l’éducation, mes plus jeunes frères et sœurs ont pu recevoir une éducation en français au Manitoba.

Au tournant du 20e siècle en Ontario, la diversité linguistique en éducation était menacée en raison de la mise en place du Règlement 17 en 1912, qui disposait qu’au-delà de la deuxième année dans toutes les écoles de la province, l’anglais devait être la seule langue d’instruction et de communication avec les élèves. Les catholiques francophones ont dû fréquenter des « écoles anglo-françaises » temporaires, qui étaient conçues pour faire transiter ces élèves vers l’instruction en l’anglais et leur faire abandonner l’utilisation du françaisNote de bas de page 2. Le Règlement 17 a été mis au rancart en 1927, mais son incidence continue de se faire sentirNote de bas de page 3.

Tant l’histoire du Manitoba que celle de l’Ontario illustrent la façon dont la régression de droits linguistiques a eu des effets sur des générations d’enfants. Et pendant une bonne partie du 20e siècle, un manque d’options d’éducation en français a contribué à l’assimilation des francophones hors Québec.

La diversité en éducation a évolué de façon très différente au Québec, notamment à Montréal, qui a été la plus grande ville du Canada pendant plus de la première moitié du 20e siècle. La communauté anglophone de Montréal, qui était dotée d’un solide système scolaire confessionnel, accueillait de nouvelles vagues d’immigration non anglo-saxonne (des Juifs de l’Europe orientale et des immigrants de Grèce, de l’Italie, d’autres pays européens et des Caraïbes). La plupart des immigrants ont fréquenté des écoles qui reflétaient leurs propres croyances religieuses, mais comme les Juifs n’étaient pas acceptés dans les écoles catholiques, ils se sont tournés vers les écoles protestantes. Josh Freed, chroniqueur à la Montreal Gazette, a écrit que même s’il est juif, il a fréquenté des écoles protestantes et a fini par connaître les paroles et la mélodie de « Jesus Loves Me » aussi bien que n’importe quel enfant protestant.

La Charte de la langue française du Québec, aussi appelée loi 101, a complètement changé la donne de la diversité en éducation lorsqu’elle a été adoptée en 1977. Les écoles francophones, qui faisaient encore partie, pour la plupart, du système confessionnel catholique, ont alors dû apprendre à gérer la diversité, car les immigrants n’avaient plus le droit de fréquenter l’école anglophone au titre de la nouvelle loi.

Ce n’est qu’en 1997 que la province a négocié une modification constitutionnelle avec le gouvernement fédéral, avec l’approbation de la communauté anglophone en situation minoritaire, afin que les écoles soient réorganisées en fonction des langues et non plus du cadre religieux qui était en place depuis le début de la confédération.

Pendant ce temps, la consécration de la Charte canadienne des droits et libertés dans la Loi constitutionnelle de 1982 représentait un point culminant pour l’éducation des francophones hors Québec. La nouvelle constitution de 1982 demandait aux deux majorités, les francophones au Québec et les anglophones ailleurs, d’accommoder les minorités de langue officielle en leur sein.

À titre de premier ministre, Pierre Elliott Trudeau expliqua :

la clause [23] … obligera les autres neuf provinces anglophones à donner de l’éducation à leurs minorités francophones – et, je le dis en passant, je crois que c’est un jour noble pour le Canada où enfin nous avons reconnu que les minorités scolaires francophones partout au Canada auront maintenant une garantie constitutionnelle d’être protégées. Note de bas de page 4

Cette partie de la Charte, la clause 23, est également de nature réparatrice, c’est‑à‑dire qu’elle doit être interprétée par les tribunaux de façon large et libérale afin d’aider à réparer ou à compenser les actions suppressives qui ont contribué au déclin de la vitalité de la langue française à l’extérieur du Québec, ainsi que des communautés francophones minoritaires.

L’éducation et les établissements d’enseignement ont été, sont et seront toujours foncièrement liés à la vitalité des communautés. Le QUESCREN et, de façon plus générale, les communautés de langue officielle en situation minoritaire du pays s’intéressent de plus en plus au concept de continuum en éducation. Autrement dit, bien que la clause 23 prévoie certaines garanties concernant l’éducation dans la langue de la minorité aux niveaux primaire et secondaire, d’autres difficultés se posent. À l’extérieur du Québec, des efforts sont déployés pour préserver et promouvoir l’éducation postsecondaire en français.

Nous avons vu les réactions des communautés aux coupes dans les institutions postsecondaires des communautés de langue officielle en situation minoritaire, comme à l’Université Laurentienne à Sudbury, en Ontario, et au Campus Saint-Jean, en Alberta. Ces coupes sont malavisées et ne tiennent pas compte des répercussions à long terme sur la vitalité des communautés.

Nous avons également été témoins d’une extraordinaire mobilisation des différents ordres de gouvernement et de groupes communautaires pour la construction de l’Université de l’Ontario français, qui a accueilli sa première cohorte d’étudiants de premier cycle à temps plein. C’est un dénouement très prometteur pour l’avenir du français en Ontario.

Au sein des communautés québécoises d’expression anglaise, je constate que les difficultés dans le continuum se rapportent à l’éducation de la petite enfance. C’est particulièrement le cas à l’extérieur de Montréal, où la communauté anglophone en situation minoritaire fait face à des problèmes semblables à ceux de nombreuses communautés francophones hors Québec et où il est parfois difficile d’accéder à des services à la petite enfance dans la langue officielle de la minorité.

J’ai récemment eu une rencontre à ce sujet avec le Comité d’action sociale anglophone (CASA) de la Gaspésie et le Réseau communautaire de services de santé et de services sociaux de Québec. Les besoins en éducation de la petite enfance décrits par ces groupes ressemblent à ceux que j’avais lorsque j’étais un jeune parent dans une communauté francophone en situation minoritaire au Manitoba.

Conçu par le CASA, le programme Bright Beginnings est mis en œuvre à l’échelle du Québec grâce à des fonds qui proviennent d’une fondation privée, et des mesures plus ciblées du gouvernement fédéral sont assurément nécessaires dans ce domaine. Et cela ne veut pas dire que Montréal n’a pas également ses propres besoins. À Montréal et ailleurs dans la province, il y a des pénuries de spécialistes qui offrent des services en anglais aux enfants d’âge préscolaire, notamment en orthophonie.

Les écoles anglophones du Québec font assurément face à d’importantes nouvelles préoccupations de nos jours, y compris sur le plan de la diversité.

Je suis de près les dossiers pertinents. La Loi sur la laïcité de l’État du Québec – aussi appelée projet de loi 21 – et la Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires de la province– aussi appelée projet de loi 40 –, qui a aboli les commissions scolaires et les a remplacées par des centres de services, sont actuellement contestées devant les tribunaux. Je suis donc limité dans mes commentaires, étant donné mon rôle.

Pendant ce temps, le projet de loi 96 – le nouveau projet de loi sur la langue qui vise à modifier la Charte de la langue française – pourrait avoir une incidence négative sur les futures inscriptions aux écoles anglophones. Le Commissariat mène actuellement une analyse juridique et stratégique minutieuse de la question. J’espère que le gouvernement du Québec maintiendra les voies de communication ouvertes avec les communautés d’expression anglaise dans le contexte de la modernisation de la Charte de la langue française.

Le Commissariat se penche également sur les incidences possibles du projet de loi 96 sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Le principe d’égalité réelle de nos deux langues officielles est un concept fondamental en droits linguistiques au Canada.

Bien sûr, j’ai observé les tensions linguistiques accrues relatives au projet de loi 96. Il est important que les désaccords liés à ces questions puissent être débattus dans un esprit de respect des différents points de vue.

Je m’inquiète toutefois des médias sociaux. La prolifération des réactions instinctives a un effet de division dans tout le Canada. Comment pouvons-nous faire en sorte qu’il y ait toujours un débat raisonné et un respect mutuel tout en allant de l’avant? Je crois que des conférences comme celle-ci sont essentielles. Des conférences où divers points de vue sont représentés, où nous réfléchissons sérieusement à la diversité et où nous contribuons à forger une volonté commune de progresser de façon constructive.

Il a beaucoup été question d’insécurité linguistique ces dernières années, et il est important d’établir ici un lien avec l’inclusion et l’éducation.

L’insécurité linguistique en français ou en anglais est l’idée que des gens ne sont pas à l’aise d’utiliser ces langues, qu’il s’agisse de leur première ou de leur seconde langue officielle. Par exemple, un Franco‑Albertain parfaitement bilingue peut hésiter à s’exprimer en français, sa langue maternelle, car il a l’impression qu’il rend les autres mal à l’aise. Un Anglo-Québécois peut se sentir obligé de parler en français plutôt qu’en anglais. Et bien qu’il soit content de s’exprimer en français, il peut aussi avoir l’impression que sa langue n’est pas la bienvenue ou craindre que son français soit jugé médiocre. L’insécurité est présente pour diverses raisons.

Voltaire a dit : « Le mieux est l’ennemi du bien. » J’entends souvent les gens dire qu’ils trouvent que leurs compétences dans leur seconde langue officielle ne seront jamais suffisamment bonnes. Pour être à l’aise avec ses compétences « suffisamment bonnes », il faut se faire confiance et faire le saut. Ce saut en est un important à prendre, car pour devenir à l’aise à utiliser sa langue seconde dans différentes situations, il faut s’y exercer beaucoup. C’est en fait un projet de toute une vie. C’est un message que nous essayons de transmettre lors de nos présentations aux enfants d’âge scolaire au Québec, dans les écoles de langue anglaise et de langue française, ainsi que partout au Canada.

Il s’agit d’un cercle vicieux : les personnes qui ressentent de l’insécurité à l’idée de s’exprimer dans leur langue seconde ne l’utilisent pas et elles ne s’améliorent donc pas. Par conséquent, elles continuent à ne pas utiliser leur langue seconde et ne développent jamais leurs compétences connexes.

À l’opposé, il y a le cercle vertueux : les personnes qui s’exercent à parler leur langue seconde s’améliorent et, par conséquent, elles continuent d’utiliser cette langue et s’améliorent encore plus. Qui plus est, leurs efforts peuvent inspirer autrui à s’exercer davantage dans sa langue seconde, ce qui contribue à réduire l’insécurité de tous.

Certes, il suffit parfois de quelques commentaires négatifs sur la qualité de votre seconde langue officielle, par exemple sur votre accent ou votre prononciation, pour que le cercle vertueux redevienne un cercle vicieux.

Quand nous pensons à la diversité et à l’inclusion dans le contexte d’un pays avec deux langues officielles, il est important pour nous de penser à apporter un peu plus de sécurité linguistique dans la société canadienne : la liberté d’être à l’aise de parler au niveau de la langue qui est la vôtre. Cela signifie que l’on doit mieux accepter et reconnaître les diverses variétés de français et d’anglais au Canada et les efforts des gens pour apprendre nos langues officielles.

Il convient de souligner que les deux langues officielles appartiennent à tous les Canadiens et à toutes les Canadiennes, peu importe leurs origines ethniques, culturelles ou linguistiques.

Selon les données du plus récent recensement, le Canada compte près de sept millions de personnes qui n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, mais qui utilisent l’une des langues officielles, ou les deux, pour participer à la société en général.

Au Québec, parmi les personnes qui ont l’anglais comme première langue officielle, on compte 360 000 (ou 33 %) immigrants, 330 000 (ou 30 %) membres d’une minorité visible et 45 000 (ou 4 %) Autochtones. Déjà diversifiées, les communautés québécoises d’expression anglaise le deviennent encore plus.

Trop souvent, je constate un discours qui place le respect de la diversité et de l’inclusion d’un côté, et le respect pour les langues officielles de l’autre, comme s’ils étaient mutuellement exclusifs. Ils ne le sont pas.

Le Canada devient de plus en plus diversifié, tout comme nos communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Je crois qu’il est très important de comprendre qu’au Canada, nos politiques en matière de multiculturalisme et de langues ont toujours été destinées à coexister et à se renforcer mutuellement : nous avons une politique sur les langues officielles et une politique sur le multiculturalisme, et nous avons maintenant une politique sur les langues autochtones. « Et », un mot si petit mais si fort à la fois qui représente l’inclusion, l’une de nos grandes forces en tant que pays.

Comme je l’ai dit, j’ai été directement témoin de certains changements extraordinaires dans la société canadienne, et ce, tant dans ma vie publique que dans ma vie personnelle, car j’ai des petits-enfants de descendance autochtone.

Le 30 septembre dernier marquait la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, qui vise à rendre hommage aux enfants disparus et aux survivants des pensionnats autochtones, à leurs familles et à leurs communautés. Je me suis récemment entretenu avec Jamie Moses, le nouveau commissaire à la langue crie au Québec, et j’ai appris que ses deux parents avaient fréquenté des pensionnats autochtones francophones de cette province et qu’il avait été principalement élevé par ses grands-parents. Nous prenons de plus en plus conscience que nous devons tous en apprendre davantage sur l’histoire des pensionnats autochtones afin d’aider à atténuer les lacunes de l’enseignement traditionnel de l’histoire du Canada.

La voie de la réconciliation est essentielle pour le succès de notre pays.

Cette prise de conscience a suscité un soutien accru du public envers la préservation et la promotion des langues autochtones. Oui, je suis le commissaire aux langues officielles du Canada et je soutiens pleinement la promotion, la protection et la revitalisation des langues autochtones dans le cadre du processus de réconciliation.

Je suis persuadé que l’histoire du Canada est sans fin, et c’est tant mieux! Chaque génération réexamine le passé et met en question la situation actuelle afin d’imaginer un avenir plus radieux.

Nous sommes actuellement dans une période charnière pendant laquelle nous examinons attentivement l’identité canadienne (et l’identité québécoise au Québec également) et cherchons à trouver des façons de vivre ensemble.

En conclusion, je tiens à vous féliciter d’avoir axé le forum sur la diversité et l’éducation, car parler d’éducation, c’est aussi parler des jeunes, et lorsqu’il est question des jeunes, il est également question de l’avenir.

Le système d’éducation en anglais au Québec a toujours été un terrain propice pour l’essai de nouvelles idées et approches en éducation. Votre volonté à innover continuera d’être importante à l’avenir.

Et vos recherches le seront tout autant. J’attends avec intérêt les recherches qui seront publiées sur les projets de loi 21, 40 et 96. Le QUESCREN est un centre de recherche bien placé au Québec, et je suis heureux de constater qu’un nombre grandissant de chercheurs obtiennent plus d’occasions d’apporter leur expertise en ce qui concerne des questions liées à l’éducation, à la langue et à la culture au sein des communautés québécoises d’expression anglaise.

C’est un grand honneur pour moi de servir en tant que commissaire, durant cette période à la fois stimulante et passionnante, et d’avoir l’occasion de contribuer à façonner la politique sur les langues officielles pour les années et les générations à venir.

Merci de votre attention. Je serai heureux de répondre à vos questions dans la langue officielle de votre choix.

Date de modification :
2021-11-08