Discours dans le cadre de la conférence Transformation dans le secteur public : action et changement de l'Institut d'administration publique du Canada

Winnipeg (Manitoba), le 20 août 2019
Raymond Théberge - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Début de dialogue

Mesdames, messieurs, bonjour.

Je suis fort heureux de participer à ce panel et de discuter avec vous des enjeux qui découlent de la Loi sur les langues officielles, qui célèbre ses 50 ans cette année.

De nombreuses questions demeurent à ce sujet. Par exemple, qu’en est-il du respect des droits linguistiques à l’échelle du pays en 2019? Est‑ce que la situation des francophones au Canada s’est améliorée depuis l’adoption de la Loi en 1969?

Lorsqu’on parle de la modernisation de cette dernière, quelles transformations seraient souhaitables? Voilà autant de questions auxquelles je dois répondre.

La Loi sur les langues officielles vise à faire en sorte que les institutions fédérales soient en mesure de communiquer avec les Canadiens d’expression française et d’expression anglaise et de leur offrir des services dans la langue de leur choix.

Cela signifie que les membres du public ont droit d’accéder à l’information et aux données rendues disponibles par le gouvernement ouvert, de participer aux consultations et de communiquer avec les institutions fédérales, le tout, dans la langue officielle de leur choix.

J’encourage donc chaque institution fédérale qui participe à cette initiative à se fixer des objectifs qui s’arriment avec ses obligations linguistiques, afin d’être en mesure de communiquer et de servir le public en français et en anglais.

Cet après-midi, je voudrais porter un regard sur les cinquante dernières années. Je crois qu’il est important de réfléchir au chemin parcouru et de faire le point sur les réussites et les défis auxquels nous faisons face depuis l’adoption de la Loi.

Quelles sont ses réussites? Notre dualité linguistique, entre autres, que j’expliquerais dans les termes suivants.

C’est la reconnaissance de deux langues officielles, dotées d’un statut égal et appartenant à tous les Canadiens, peu importe leur origine. C’est aussi l’assurance que ces langues, tout comme leurs locuteurs, disposent d’un espace à part entière où ils peuvent s’épanouir, dans toutes les régions du pays.

Le Canada est l’hôte de deux collectivités de langue officielle pancanadiennes. Il existe deux majorités de langue officielle, francophone au Québec et anglophone dans le reste du Canada, où évoluent des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Les majorités et les minorités donnent vie à notre dualité linguistique, nécessaire au succès de cette expérience politique que nous appelons le Canada.

Cependant, ce dont nous avons besoin, c’est d’une Loi et d’une réglementation modernisées, qui n’évaluent pas la vitalité des minorités en fonction de l’importance relative des majorités. Nous avons besoin d’un régime linguistique moins vulnérable aux fluctuations constantes de l’augmentation et de la diminution de la population. Bref, d’une Loi actuelle, dynamique et robuste.

Mon équipe a travaillé sans relâche à élaborer un nouvel outil pour marquer le 50e anniversaire de la Loi en 2019. Le Modèle de maturité des langues officielles permet d’effectuer un examen diagnostic organisationnel dans les institutions fédérales, et à aider celles-ci à progresser de façon continue en matière de langues officielles. Destiné à la fonction publique fédérale, cet outil est le tout premier modèle qui met l’accent sur la capacité des institutions fédérales à poser un regard sur les processus et les systèmes en place.

Cependant, comme je l’ai soulevé lors d’une récente allocution, on ne peut tout régler à coup de législation et de mécanismes. Il s’agit d’une question de respect et de reconnaissance, mais surtout d’excellence.

Que nous réserve l’avenir si l’on continue à répéter les mêmes gestes, de prendre les mêmes décisions et d’adopter les mêmes réflexes?

Aurons-nous des visionnaires et des ambassadeurs au gouvernement fédéral et dans la société canadienne pour porter et célébrer le dossier des langues officielles pour les 50 prochaines années?

Afin que la dualité linguistique puisse nous souder les uns aux autres, les langues officielles doivent occuper la place qui leur revient.

Certes, la Loi relève du secteur fédéral. Par contre, la façon dont les Canadiens vivent leur langue est en partie éclairée par le secteur provincial et municipal, comme à l’école, au travail, en ligne ou dans les activités parascolaires. Comment alors assurer une présence significative de nos deux langues dans ces espaces, où le pouvoir de la législation fédérale est limité? Je l’ai répété à plusieurs reprises, les langues officielles, c’est l’affaire de tous.

Merci de votre attention, je passe la parole aux autres panélistes.

Date de modification :
2019-08-21