Notes d’allocution – Rendez-vous du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique

Dieppe (Nouveau-Brunswick), le 15 août 2019
Raymond Théberge - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Début de dialogue

Mesdames, Messieurs, bonjour.

C’est avec grand plaisir que je prends la parole aujourd’hui à l’occasion du Rendez-vous du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. Je suis ravi d’être de retour dans la région de l’Atlantique, que j’affectionne particulièrement. À mes yeux, célébrer avec vous la fête nationale de l’Acadie et participer au symposium comptent énormément.

Avant de commencer, j’attire votre attention sur le fait que les terres sur lesquelles nous sommes réunis font partie du territoire traditionnel non cédé des Malécites et des Mi’kmaq. Aujourd’hui, ces peuples autochtones constituent un élément clé de la société néo-brunswickoise. Cette dernière, forte de son héritage autochtone, acadien et loyaliste, est le haut-lieu d’une diversité culturelle d’une grande richesse ainsi qu’un reflet de la réalité canadienne.

Le thème de cette année – la francophonie et la francophilie au cœur de nos collectivités – évoque les espaces francophones. Que ce soit à Grande Prairie, Hearst, Campbellton, Lafayette ou Lewiston-Auburn, la création de ces espaces est essentielle à une francophonie et à une francophilie dynamiques, vibrantes et épanouies.

Au Canada, le gouvernement fédéral ainsi que les provinces et territoires jouent un rôle essentiel dans la création de ces espaces et la promotion de la francophonie. Cependant, la façon dont les Canadiens vivent leur langue est aussi grandement guidée par les décisions des administrations municipales.

La Loi sur les langues officielles vise à faire en sorte que les institutions fédérales soient en mesure de communiquer avec les Canadiens d’expression française et d’expression anglaise et de leur offrir des services dans la langue de leur choix.

Cela signifie que les membres du public ont droit d’accéder à l’information et aux données rendues disponibles par le gouvernement ouvert, de participer aux consultations et de communiquer avec les institutions fédérales, le tout, dans la langue officielle de leur choix.

J’encourage donc chaque institution fédérale qui participe à cette initiative à se fixer des objectifs qui s’arriment avec ses obligations linguistiques, afin d’être en mesure de communiquer et de servir le public en français et en anglais.

En tant que palier de gouvernement très près des gens dans leur quotidien, les municipalités, par la prestation de services et l’organisation d’activités récréatives et communautaires, contribuent grandement à la création de ces espaces. Votre leadership peut permettre à vos citoyens de vivre et d’afficher leur francophonie dans leur communauté.

À titre d’exemple de leadership à l’échelle municipale, Moncton est la première ville au Canada à s’être déclarée officiellement bilingue. Cette décision historique, datant de 2002, témoigne de l’engagement de la ville à promouvoir la francophonie et à servir sa population en français. En outre, je tiens à souligner le leadership exercé par le conseil municipal de Dieppe, où nous sommes réunis aujourd’hui, lors de l’adoption de son arrêté municipal sur l’affichage bilingue, qui précise la priorité accordée au français. Il ne fait aucun doute que l’affichage est un élément essentiel à la création d’espaces francophones.

C’est aussi en créant ces espaces francophones que l’on peut profiter des bénéfices économiques liés au bilinguisme, comme le démontre la plus récente étude de mon homologue, le commissaire aux langues officielles du Nouveau‑Brunswick, sur l’incidence économique du bilinguisme dans la province. Avec ses deux langues officielles, le Nouveau-Brunswick génère annuellement 1,5 milliard de dollars en revenus grâce à des secteurs tels que le service à la clientèle et le soutien administratif, en plus d’employer plus de 15 000 personnes. D’autres études ont également démontré que le bilinguisme stimule l’économie canadienne dans son ensemble.

En fait, l’essor de la société canadienne est lié à la promotion d’un usage et d’une visibilité accrus de la langue française. Cette langue est parlée par plus de 274 millions de personnes réparties sur les cinq continents. À l’échelle planétaire, le nombre de locuteurs francophones augmente sans cesse. Le français constitue une ressource précieuse, et il nous incombe de collaborer à sa promotion non seulement au Canada, mais aussi partout dans le monde.

À l’échelle internationale, la francophonie offre donc d’innombrables possibilités à tous les gouvernements qui s’y intéressent. Des réseaux, comme celui-ci, peuvent servir de catalyseur afin d’accroître la collaboration et de créer des liens durables dans le but de favoriser l’épanouissement culturel, économique et social.

Merci de votre attention.

Date de modification :
2019-08-15