Notes pour une allocution dans le cadre du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick

Fredericton (Nouveau-Brunswick), le 18 avril 2019
Raymond Théberge - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Début de dialogue

Mesdames et Messieurs, bonjour.

C’est un immense plaisir pour moi de revenir une fois de plus au Nouveau-Brunswick et de prendre la parole devant vous ce matin.

Tout d’abord, j’attire votre attention sur le fait que les terres sur lesquelles nous sommes réunis font partie du territoire traditionnel non cédé des Malécites et des Mi’kmaq.

Pendant des milliers d’années, ces peuples autochtones ont habité, chassé, commercé et voyagé ici. Ils ont été des alliés importants tout au long de l’histoire de la province. Aujourd’hui, ces peuples constituent un élément clé de la société néo-brunswickoise.

Avant d’aborder le thème de la célébration qui nous amène ici cette année, j’aimerais saluer le premier ministre, Blaine Higgs, la lieutenante-gouverneure, Jocelyne Roy Vienneau ainsi que mon homologue Michel Carrier, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Ceux qui me connaissent savent que j’ai grandi dans une communauté francophone des Prairies canadiennes et que mon parcours professionnel m’a mené jusqu’en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick. Ainsi, je m’estime chanceux d’avoir vécu l’expérience canadienne dans plusieurs contextes, chacun doté de sa propre nature et de ses propres défis.

En guise d’introduction et pour souligner le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, je vous propose de remonter un peu le temps.

Du point de vue historique, économique, géographique et surtout linguistique, aucune autre province ne représente mieux la réalité canadienne que celle du Nouveau-Brunswick.

Fort de son héritage autochtone, acadien et loyaliste, le Nouveau-Brunswick est le haut-lieu d’une diversité culturelle en pleine effervescence. Sa contribution au reste du Canada par le moyen de ses secteurs agroalimentaires, forestiers et manufacturiers est importante, et je ne peux passer sous silence la renommée de ses universités, où rayonnent la culture et le progrès.

Depuis l’adoption de la Loi sur les langues officielles, le 18 avril 1969, il y a donc 50 ans jour pour jour, le Nouveau-Brunswick demeure la seule et unique province officiellement bilingue du Canada. On ne peut sous-estimer l’influence d’une telle décision sur les autres provinces canadiennes qui, petit à petit, au cours des années, ont adopté leurs propres mesures pour faire avancer le français et l’anglais au Canada.

Cette année, la Loi sur les langues officielles du Canada fête aussi son 50e anniversaire. Dans le cadre d’un exercice de révision de la loi fédérale, je vais déposer sous peu des propositions de modifications. Certaines d’entre elles sont directement inspirées de l’expérience néo-brunswickoise, notamment la révision aux 10 ans de la législation et l’adoption d’un plan de mise en application.

Il va sans dire que la promotion et la protection des langues officielles ont été jalonnées de défis, de conflits et de tension. Toutefois, leur succès est tributaire de l’esprit de collaboration qui anime la majorité des Néo-Brunswickois, francophones, anglophones et allophones, qui ont œuvré main dans la main dans un respect mutuel, d’hier à aujourd’hui. En cette journée de célébration, je crois qu’il est primordial d’évoquer les liens qui vous unissent depuis si longtemps.

C’est dans cet esprit que le premier ministre Louis Robichaud, francophone et libéral, a fait promulguer la Loi sur les langues officielles en 1969. Et c’est toujours dans cet esprit que le premier ministre Richard Hatfield, anglophone et progressiste-conservateur, a mis cette même loi en œuvre au cours de la décennie suivante. Cette loi est l’héritage de deux groupes linguistiques et des différents partis politiques, et ce, depuis son adoption il y a un demi-siècle.

Les langues officielles n’ont rien à voir avec une compétition où l’on se dispute un prix. Comme je l’ai mentionné dans le cadre du dépôt du projet de loi fédéral sur les langues autochtones, la reconnaissance de la diversité linguistique n’implique jamais de situation gagnant-perdant, où l’on accroît ce que l’on possède aux dépens des acquis de l’autre.

À mon avis, le Nouveau-Brunswick est un modèle à suivre, et c’est ainsi que vous ferez briller les langues officielles dans votre province, au Canada ainsi qu’à l’échelle internationale.

À l’instar des pionniers de jadis, je vous invite à poursuivre les valeurs qui les ont inspirés à l’époque. Il est important que les principes d’ouverture, d’inclusion, de respect de l’autre et de protection des deux groupes linguistiques demeurent au cœur de vos décisions, tant dans les domaines culturels, de la santé que de l’éducation, et ce, dans la langue maternelle et dans la langue seconde.

Je tiens à vous rappeler que c’est en investissant dans les jeunes que nous garantirons la vitalité et l’épanouissement des langues officielles du Canada.

Depuis un demi-siècle maintenant, contre vents et marées, le Nouveau-Brunswick fait office de figure de proue en ce qui a trait aux langues officielles et à l’expérience canadienne. Quelle source de fierté! C’est pourquoi vous devez transmettre ce patrimoine précieux aux générations futures. Je vous présente mes plus sincères félicitations et je vous remercie de votre attention.

Date de modification :
2019-04-18