Allocution dans le cadre du Forum sur la vitalité des communautés minoritaires par l’éducation

Montréal, (Quebéc), le 28 octobre 2018
Raymond Théberge - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je suis ravi d’être de retour à Montréal et de m’adresser à vous ce matin à l’occasion du premier forum organisé par la nouvelle Table d’éducation interordres. J’applaudis votre engagement à tenir tous les deux ans un forum de renforcement de la communauté comme celui-ci. Des recherches fiables, c’est-à-dire des recherches fondées sur des données probantes, sont essentielles à l’élaboration d’une politique judicieuse et au développement de la communauté.

Tout d’abord, je tiens à reconnaître que l’Université Concordia est située sur un territoire autochtone non cédé. C’est à Montréal que la Couronne française et 39 nations autochtones ont signé le traité de la Grande Paix de 1701. Aujourd’hui, Kanesatake et Kahnawake, deux communautés mohawks, se trouvent à proximité. La population autochtone et immigrée de Montréal est de plus en plus diversifiée. Nous respectons les liens continus avec le passé, le présent et l’avenir dans le cadre des relations que nous entretenons avec les Autochtones et les autres peuples de la communauté montréalaise.

Je remercie le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise et sa coordonnatrice, Lorraine O’Donnell, de m’avoir invité ici aujourd’hui. De plus, je tiens à saluer les membres de la nouvelle Table d’éducation interordres. J’ai déjà appris à connaître et à respecter certains de ces membres, notamment Marie-Josée Berger, de l’Université Bishop’s, Paul Zanazanian, de l’Université McGill, Sylvia Martin-Laforge, du Quebec Community Groups Network, Richard Bourhis, de l’Université du Québec à Montréal, et Martin Durand, de Patrimoine canadien.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je viens d’un tout petit village de la province du Manitoba, Ste. Anne des Chênes. À l’époque, ce patelin était entièrement composé de Canadiens français, et, pourtant, je n’avais pas accès à l’école française. Mes parents et bien d’autres ont revendiqué ce droit, et mes frères, eux, ont eu cette chance d’être scolarisés dans leur langue maternelle.

J’ai passé ma vie à étudier et à défendre la dualité linguistique. Certains diront que c’est le combat d’une vie, moi, je pense plutôt que c’est la passion de ma vie. Ces combats ont forgé l’homme que je suis aujourd’hui, et c’est donc avec grand honneur que j’ai accepté en décembre dernier le poste de commissaire aux langues officielles du Canada.

Je me suis longtemps consacré aux domaines de l’enseignement, de la recherche et de l’administration universitaire, notamment en tant que recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton de 2012 à 2018.

Auparavant, j’ai occupé un poste de sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation et au ministère de la Formation, des Collèges et des Universités de l’Ontario, notamment à la haute direction de l’Université de Saint-Boniface et au Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest, à Winnipeg, en plus d’assurer la direction de la Société franco-manitobaine, qui défend les intérêts de la communauté francophone au Manitoba.

Comme je l’ai déjà dit, je suis le commissaire des deux langues officielles, et non d’une seule. Je défendrai les droits des communautés anglophones du Québec avec autant d’énergie et de détermination que je défendrai ceux des communautés francophones hors Québec et ceux de toute la population canadienne.

Ainsi, je voyage d’un bout à l’autre du pays pour échanger avec des chercheurs, de jeunes Canadiens, des fonctionnaires, des chercheurs, des dirigeants communautaires et des intervenants de renom comme vous.

Comme je l’ai mentionné en juin dernier à l’assemblée générale annuelle du Quebec Community Groups Network (QCGN), j’ai habité à Montréal, plus précisément dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à la fin des années 1970 et au début des années 1980 lorsque j’étais doctorant en linguistique à l’Université McGill. Je connais donc très bien le stéréotype persistant de la minorité anglophone québécoise cossue et riche, mais je sais que rien n’est plus faux. Puisque je n’ai pas grandi au Québec, je peux vous dire que ce problème de perception dépasse les frontières de la province : de nombreux Canadiens ignorent que le Québec compte une communauté anglophone en situation minoritaire.

Le fait est que la communauté anglophone en situation minoritaire de la province possède un riche passé historique qui a contribué à modeler non seulement le Québec moderne, mais aussi le Canada moderne. Qu’il s’agisse de celles de la région de Montréal, de la Basse-Côte-Nord, des Cantons-de-l’Est, du Pontiac ou de la Gaspésie, les communautés anglophones de la province évoluent et font partie intégrante de la société québécoise et canadienne.

Je sais que les Anglo-Québécois hésitent parfois à s’inclure dans le « nous » collectif du Québec. En 2011, M. Paul Zanazanian et Mme Lorraine O’Donnell ont organisé ici à l’Université Concordia un séminaire portant sur la place que les anglophones devraient avoir dans le récit collectif de la province. Cette rencontre visait à revoir l’expérience historique du Québec en intégrant les anglophones dans le récit collectif sans ignorer le poids des événements du passé, afin de permettre à sa société diverse d’avancer.

La tenue de ce séminaire a été considérée comme un signe de progrès et comme une indication que le Québec pourrait être prêt à redécouvrir des pans oubliés de son histoire grâce aux expériences et aux récits de ses communautés anglophones, particulièrement en ce qui concerne leur apport au développement du Québec et du Canada.

Les récits collectifs se réinventent constamment au fil des nouvelles histoires racontées. Le Canada a besoin d’entendre et de voir – au cinéma, à la télévision, à la radio et en ligne – les histoires des anglophones élevés dans une province majoritairement francophone, que ce soit en ville, en banlieue ou en région rurale. C’est de cette façon qu’une nouvelle réflexion plus nuancée sur le passé pourra apparaître dans la conscience collective.

De façon générale, des termes homogènes, simplistes et oppositionnels sont utilisés pour représenter la communauté anglophone du Québec, des termes qui sont possiblement le reflet d’une conscience historique généralisée chez les francophones, pour qui les anglophones renvoient à des pans malheureux de leur histoire.

Dans le même ordre d’idées, les deux solitudes du Québec entretiennent souvent un dialogue de sourds lorsqu’il est question de leur sort respectif dans la province. Les francophones sont plus préoccupés par le sort de leur propre langue face à l’utilisation grandissante de l’anglais, et les anglophones sont plus préoccupés par le déclin du développement de leur communauté relativement à celle de la majorité francophone.

Il faut construire un récit qui tient compte de l’apport des communautés de langue officielle en situation minoritaire, tant francophones qu’anglophones, à l’histoire de la dualité linguistique au Canada. En tant qu’Anglo-Québécois, vous pouvez être fiers de nombreux éléments de votre histoire collective, comme vos multiples contributions au développement culturel, social, politique et économique du Québec ainsi que votre rôle de premier plan dans la réussite du pays.

En effet, depuis toujours, c’est souvent les communautés de langue officielle en situation minoritaire qui ont déployé le plus d’efforts pour favoriser une compréhension mutuelle et une collaboration interculturelle entre les Canadiens francophones et anglophones ainsi que pour encourager les deux communautés linguistiques en situation majoritaire à reconnaître les droits des minorités en leur sein.

Le politicien franco-ontarien et défenseur des droits des minorités Aurélien Bélanger a vu juste au siècle dernier lorsqu’il a affirmé, au sujet du rôle des communautés de langue officielle en situation minoritaire, qu’elles sont pour ainsi dire le chaînon manquant de l’histoire, mais aussi le chaînon essentiel à une nation canadienne digne de ce nom.

C’est dans cet esprit que Charles Howard, un Anglo-Québécois député de Sherbrooke, s’est levé dans la Chambre des communes en 1927 pour appuyer Henri Bourassa et son projet de fonction publique fédérale bilingue. Selon ce Townshipper, il était grand temps que le gouvernement reconnaisse les deux langues officielles du Canada.

Les perceptions sont influencées par l’histoire. Mais le contraire est aussi vrai. L’histoire – ou plutôt notre compréhension du passé – est influencée par nos perceptions.

Lorsque le gouvernement du Québec a adopté en 2016 un nouveau curriculum en histoire à teneur beaucoup plus nationaliste que le précédent, les leaders de la communauté anglophone sont devenus les défenseurs des enseignants mécontents d’être pris entre les nouvelles exigences pédagogiques et les omissions dans le curriculum, omissions qui allaient influencer les connaissances des élèves du Québec au sujet des anglophones et des autres minorités. Depuis, des changements ont été apportés au curriculum, et d’autres sont demandés.

Je peux certainement comprendre ces frustrations liées au curriculum. Lorsque j’étais jeune, l’école que je fréquentais dans le Manitoba rural utilisait un manuel de sciences humaines intitulé My British Heritage, et ce, même si ni moi ni aucun de mes camarades de classe francophones n’avions des ancêtres qui provenaient du Royaume-Uni.

Les écoles francophones à l’extérieur du Québec ont toujours été d’importantes pierres angulaires de l’épanouissement des communautés francophones. C’est encore plus vrai depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982 et l’augmentation subséquente du nombre d’écoles francophones à la grandeur du pays, ainsi que la reconnaissance de la gestion des communautés et de l’administration de l’instruction et des établissements d’éducation.

La communauté anglophone du Québec n’a pas vécu la même expérience. Comme les écoles anglophones ont toujours été bien établies dans les collectivités, il n’a pas été nécessaire de renforcer les liens entre la communauté et ses établissements d’éducation. Et maintenant? Qu’en est-il de votre communauté collective, qui est une minorité beaucoup plus jeune d’esprit et à la prise de conscience plus récente que les communautés francophones en situation minoritaire de l’extérieur du Québec?

À mon avis, l’opinion de plus en plus répandue que les écoles et les conseils scolaires jouent un certain rôle pour favoriser une vitalité élargie des communautés est un signe de maturité et d’avancement sur le plan politique.

Les 35 années d’existence des écoles francophones hors Québec peuvent offrir des indications utiles – à propos de l’épanouissement des communautés – sur l’avenir des écoles anglophones au Québec.

Comme la plupart d’entre vous le savent, grâce à la Charte de 1982, des centaines de milliers de jeunes Canadiens francophones qui habitent à l’extérieur du Québec ont eu l’occasion de fréquenter l’école dans leur langue, ce qu’ils pouvaient difficilement faire auparavant. Cependant, malgré les progrès accomplis à cet égard, des élèves de certaines régions n’ont toujours pas accès à une éducation dans leur langue.

Les recours judiciaires entamés par les communautés de langue officielle en situation minoritaire jouent un rôle clé dans la définition et la défense des droits linguistiques. Au fil des années, les recours dans le domaine de l’éducation ont notamment porté fruit pour les communautés concernées; je pense aux décisions dans les affaires Mahe, Arsenault-Cameron, Doucet-Boudreau, Solski et Rose-des-Vents.

Prenons par exemple le jugement de la Cour suprême du Canada en 1990 dans l’affaire Mahe. Le juge a reconnu aux parents appartenant à une minorité linguistique le droit de gérer leurs propres établissements d’enseignement, lorsque le nombre le justifie. Cette décision a marqué un jalon important dans le développement des communautés francophones en situation minoritaire, soit le droit de la minorité linguistique de disposer d’écoles et d’en assurer la gestion.

Ou même l’affaire Doucet-Boudreau, dans laquelle la Cour suprême du Canada a maintenu sa juridiction pour veiller au progrès du gouvernement de la Nouvelle-Écosse dans la construction d’une école.

L’affaire concernant l’école de Saint-Paul-de-Kent me vient également à l’esprit, dans laquelle la Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick a tout récemment invalidé la décision de l’ancien ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance de fermer l’école, jugeant que ce droit appartenait plutôt au conseil scolaire. Reste à voir la suite des choses, étant donné que le gouvernement provincial vient d’annoncer qu’il portera en appel cette décision.

Plus près d’ici, au Québec, nous constatons la façon dont la relation entre les écoles et les communautés évolue. En plus des récents changements apportés au curriculum en histoire, le projet de loi 86, déposé par le gouvernement libéral au pouvoir en décembre 2015, proposait d’éliminer les élections scolaires dans leur forme actuelle. Des défenseurs de l’éducation ont tendu la main aux communautés afin qu’ils s’opposent ensemble au projet de loi, et le QCGN a grandement collaboré à la mobilisation de la communauté et des médias contre le projet de loi 86. En mai 2016, le gouvernement du Québec a retiré le projet de loi.

Plus de deux ans se sont maintenant écoulés depuis. Lors des élections du 1er octobre dernier, le Parti libéral du Québec a été défait et remplacé par la Coalition Avenir Québec de François Legault. Le nouveau gouvernement majoritaire de ce parti a publiquement affirmé qu’il souhaite abolir l’ensemble des commissions scolaires et les remplacer par des centres de services, contrôlés par les parents.

Cependant, j’ai bon espoir que ce dossier incitera des défenseurs de l’éducation à collaborer de nouveau avec les communautés afin de favoriser leur épanouissement dans son sens le plus large. Par souci d’équité et de prudence, je vais attendre que le nouveau gouvernement diffuse de plus amples renseignements avant d’émettre d’autres commentaires.

Bien sûr, il y a aussi la question des enseignants, la nécessité d’élaborer une stratégie de recrutement d’enseignants compétents et, dans le cas des communautés anglophones du Québec, le besoin de trouver des enseignants qualifiés de français langue seconde.

Certaines écoles anglophones au Québec affichent un haut taux d’inscription, tandis que d’autres éprouvent des difficultés à cet égard.

L’une de ces difficultés consiste à garantir l’accès à une éducation de qualité en français langue seconde dans le système scolaire anglophone au Québec. Comme le français est une matière obligatoire, le taux d’inscription aux programmes de français langue seconde dans les écoles anglophones du Québec – qui s’élève à 100 % – est le plus élevé au pays, tout comme le taux d’inscription aux programmes d’immersion en français, lequel atteint 32 %. Cependant, le Québec est la seule province qui a enregistré une baisse globale du taux d’inscription aux programmes d’immersion en français ces cinq dernières années. En effet, ce taux est passé de 36 % en 2011-2012 à 32 % en 2015-2016. Les rapports et les données d’études portent à croire que les parents souhaitent que leurs enfants possèdent une bonne maîtrise du français à l’obtention de leur diplôme afin d’améliorer leurs possibilités de carrière et de les encourager à demeurer au Québec. De plus, les parents craignent que les programmes de français langue seconde dans les écoles anglophones ne répondent pas à la demande et, par conséquent, certains choisissent d’inscrire leurs enfants à l’école francophone. Ces enfants qui fréquentent des écoles francophones au Québec pourraient donc perdre leur droit constitutionnel d’envoyer leurs propres enfants dans une école de la minorité anglophone. Il s’agit d’un problème pour le secteur de l’éducation en anglais.

Les enseignants de français langue seconde sont encore très recherchés par les commissions scolaires francophones et anglophones du Québec, lesquelles se font parfois concurrence pour recruter les mêmes enseignants. Cette situation découle du fait que des commissions scolaires francophones doivent offrir des cours de français langue seconde pour permettre aux enfants d’immigrants et de réfugiés d’acquérir une certaine maîtrise du français. En outre, des commissions scolaires francophones et anglophones offrent des cours de formation linguistique en français aux immigrants et aux réfugiés d’âge adulte afin de les aider à intégrer la société québécoise et le marché du travail. D’autres établissements d’enseignement sont aussi à la recherche d’enseignants de français langue seconde, notamment les universités, les cégeps et les organisations communautaires qui offrent des cours de français langue seconde pour répondre à la demande grandissante.

Selon une recherche menée récemment pour le Commissariat aux langues officielles, enseigner dans les commissions scolaires anglophones du Québec, du moins dans certaines, peut entraîner une stigmatisation politique. En outre, les candidats aux postes d’enseignant de français langue seconde ignorent parfois que les commissions scolaires anglophones n’exigent pas qu’ils maîtrisent parfaitement l’anglais. Il s’agit d’un véritable problème, car certains candidats peuvent même renoncer à présenter leur candidature pour des postes d’enseignant de français langue seconde dans les commissions scolaires anglophones. Dans certains cas, les commissions scolaires anglophones ont dû embaucher des locuteurs français d’origine qui ne possèdent pas nécessairement tous les brevets requis pour enseigner une langue seconde, et ce, en raison de la pénurie d’enseignants de français langue seconde et de la perception erronée qu’être en mesure de parler français est la seule exigence à remplir pour enseigner cette langue.

Tous les ordres de gouvernement, les facultés d’éducation ainsi que les conseils et les commissions scolaires doivent collaborer à l’élaboration de stratégies efficaces pour remédier à la pénurie d’enseignants de français langue seconde, notamment ici, au Québec.

Les écoles anglophones au Québec et les écoles francophones hors Québec ne sont pas des monolithes linguistiques. Les élèves francophones représentent 25 % de la population des écoles anglophones du Québec. Ce haut pourcentage a permis à certaines de ces écoles situées à l’extérieur de Montréal de demeurer ouvertes, mais il a aussi complexifié davantage la construction de leur identité.

Dans les prochains mois, en 2019 et au-delà, j’espère visiter les différentes régions du Québec ainsi que leurs écoles. Je suis avide d’en apprendre davantage sur les communautés et les écoles anglophones de l’Outaouais, de l’Abitibi, de la Montérégie, des Laurentides, des Cantons-de-l’Est, de Québec, du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de la Côte-Nord, de la Basse-Côte-Nord et des îles de la Madeleine.

En tant qu’agent du Parlement, ma tâche consiste à faire la promotion des langues officielles et à protéger les droits linguistiques des Canadiens. Laissez-moi vous décrire brièvement mes trois priorités qui retiendront mon attention au cours des prochaines années.

Premièrement, je vais enjoindre aux institutions fédérales de surmonter les obstacles qui freinent l’atteinte des objectifs de la Loi, et ce, grâce à une compréhension approfondie des facteurs de réussite.

Deuxièmement, je vais intervenir auprès du gouvernement fédéral et des institutions fédérales afin que la mise en œuvre du Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 : Investir dans notre avenir donne les résultats escomptés. Comme je l’ai déjà mentionné, je suis préoccupé par la question des rôles et des responsabilités, qui ne sont pas tout à fait clairs dans le Plan d’action. La structure de gouvernance reste à déterminer, tout comme les mesures de reddition de comptes.

Finalement, je vais exercer un leadership qui incitera le gouvernement fédéral à passer de la parole aux actes pour une véritable modernisation de la Loi, afin que celle-ci reflète le Canada d’aujourd’hui et de demain. Le Commissariat a amorcé sa réflexion sur la modernisation de la Loi à l’été 2017 et a multiplié ses interventions au cours des derniers mois afin de poursuivre le dialogue avec les divers intervenants clés. Alors que la Loi aura 50 ans en 2019, je suis d’avis qu’elle gagnerait à être révisée afin de tenir compte de l’évolution de la société canadienne.

Alors qu’elle se tournera résolument vers l’avenir, il va sans dire que celui-ci appartient aux jeunes. La dernière refonte majeure de la Loi remonte à loin, bien avant Internet, les médias sociaux et la naissance de la jeunesse actuelle, les fameux « millénaux ». Plus que jamais, les jeunes revendiquent le respect de la dualité linguistique canadienne.

Ils imaginent un pays où il sera désormais normal de vivre en français et en anglais. Ils sont d’avis que le gouvernement fédéral a un rôle de chef de file à jouer dans la concrétisation de cette idée, et ils ont une soif réelle de connaître la culture de l’autre. Je crois que le vent a tourné et que le Canada doit demeurer un chef de file et un phare en matière de dualité linguistique et d’appui aux communautés de langue officielle.

Sur ce, je vous remercie de votre attention et suis maintenant prêt à répondre à vos questions, que je vous invite à poser dans la langue officielle de votre choix.

Date de modification :
2018-10-30